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Poésie

Posts Tagged ‘choses’

Choses (Guilllevic)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



armoire

 

L’armoire était de chêne
Et n’était pas ouverte.

Peut-être il en serait tombé des morts,
Peut-être il en serait tombé du pain.

Beaucoup de morts.
Beaucoup de pain.

(Guilllevic)

 

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Avant même la lumière (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



avant même la lumière
la confidente haleine des choses

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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Comment ? (Jean-Claude Renard)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



Comment voir
ce que les yeux ne voient pas?

Comment faire
ce que les mains ne font pas?

Comment être
ce que les choses ne sont pas?

Comment dire
ce que les mots ne disent pas?

(Jean-Claude Renard)

 

 

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L’Ecolière (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



L’Ecolière

Bon Dieu! que de choses à faire!
Enlève tes souliers crottés,
Pends donc ton écharpe au vestiaire,
Lave tes mains pour le goûter,

Revois tes règles de grammaire.
Ton problème, est-il résolu?
Et la carte de l’Angleterre,
Dis, quand la dessineras-tu?

Aurai-je le temps de bercer
Un tout petit peu ma poupée,
De rêver, assise par terre,
Devant mes châteaux de nuées?
Bon Dieu! Que de choses à faire

(Maurice Carême)


Illustration

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LA FEMME DE MENAGE (Raymond Federman)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



LA FEMME DE MENAGE

le seul plaisir que ma mère,
a dû avoir dans sa vie de misère
c’est quand elle faisait
le ménage dons les maisons
des quartiers riches

pendant les longues heures
qu’elle passait à genoux
à cirer les parquets
des maisons riches
elle se disait c’est beau ici
je me sens un peu comme chez moi
chaque fois que je fais le ménage ici

et pendant qu’elle astiquait
les meubles dernier cri des riches
époussetait leurs bibelots
faisait leurs lits
lavait leur vaisselle
repassait leurs cols de chemises
en prenant bien soin
de ne pas faire de faux-plis
elle se disait qu’est-ce qu’ils ont
comme belles choses ces gens-là
tout en contemplant d’un air absent
ses mains gercées

***

THE CLEANING WOMAN

the only pleasure my mother
must have had
in her miserable life
was when she cleaned
the houses of the rich

during the long hours she spent
on her knees scrubbing floors
she would say to herself
it’s so beautiful here
I always feel like I am at home
whenever I come here

and while she polished
the fancy furniture
dusted the bibelots
made the beds
washed the dishes
pressed the shirts of monsieur
being very careful not to make
a double crease in the collar
she would say absently
while contemplating
her bruised hands
what beautiful things
these people have

(Raymond Federman)

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J’entends ce qu’on n’entend pas (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



 

j’entends
ce qu’on n’entend pas
je sais qu’on ne l’entend pas
que je suis seul à l’entendre
ce sont les choses à venir
et je les ai dans ma bouche
mais je ne sais pas les saisir.

(Henri Meschonnic)

Illustration: Adrian Chesterman

 

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Saisissement par la beauté comme par le rire (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Saisissement par la beauté comme par le rire.
La même sensation d’étrangeté absolue.
Mais dans le rire, ce qui nous est révélé,
c’est le caractère illusoire de l’être.
Par la beauté, la perfection de notre appartenance au néant.

Le rire nous secoue, nous étrangle.
La beauté nous frappe. Nous écrase.

L’amitié des choses a bien de ces rudesses
lorsqu’il s’agit de nous réveiller.

(Gérard Pfister)

Illustration: Pol Ledent

 

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Courir dans les champs, sentir le vent (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



Courir dans les champs,
sentir le vent,
ce n’était pas assez.
Comme tous ceux
qui n’ont rien dans la tête,
moi aussi j’ai cru
qu’il fallait faire des choses.

(Alexandre Romanès)

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Ne reste que le fil (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018


olbinski
Je ne sais plus.
Si je continue, si je recommence.
Je perds les choses au fur et à mesure,
l’arbre, ses feuilles, la montagne, le jour, la brume, les mains…
Je les perds, je les retrouve, je les reperds.
Oui, comment m’y reconnaître?
Parfois, l’une ou l’autre s’arrête.
Elle me regarde.
Je la regarde.
Entre nous, un fil se tend,
et c’est là qu’il faut marcher.
En équilibre.
Prendre conscience de chaque pas,
de chaque geste.
Pour ne pas tomber.
Avancer encore.
encore un peu.
Vers ce qui recule à mesure que j’avance.
Ou qui s’avance, et c’est moi qui recule,
qui me rétrécis, qui m’efface.
Ne reste que le fil.
Il ne porte plus rien:
il vibre …
Ou il casse.
Mais je ne tombe pas.
Je reste dans la stupeur d’être et de n’être pas.
En suspens.
A écouter l’inaudible.
Une circulation souterraine, ou aérienne,
un voyage silencieux:
des corps y flottent, se heurtent, se défont.
Je les reconnais à peine.
Un nom, parfois s’en détache.
« Déjà? dit une voix
– Tout est si court. »
Je vois un visage.
Je ne le vois plus.
Je cherche.
« Reste encore », dit la voix.
Pas de réponse.
Le jour est gris.
Les choses semblent attendre,
mais c’est moi qui attends.

(Jacques Ancet)

Illustration

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La véritable compréhension des choses (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Cette surprise qui nous saisit par instant :
le soudain souvenir de notre parfaite communion au réel.

Comme une lucidité extrême vis-à-vis des corps et, tout à coup,
il nous devient possible de les voir comme en transparence.

Trouver cette limpidité en nous et en toutes choses,
ce n’est que nous laisser saisir par le ciel.

La véritable compréhension des choses est de l’ordre de l’amitié.

(Gérard Pfister)

 

 

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