Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Christiane Burucoa)’

Le crabe sur le sable (Christiane Burucoa)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



Le crabe sur le sable
En connait davantage
Par le flux trop lent de son sang
Par le lacis de ses artères,
Devant l’océan renaissant,
Le veilleur est toujours absent.

(Christiane Burucoa)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

HALLAGE (Christiane Burucoa)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



HALLAGE

Vous dites : la mort
Et ne savez que son angoisse
Vous dites : la nuit
Et elle vous étreint déjà.

Et lorsque la nuit sera là
Prête à investir vos paupières
La reconnaîtrez-vous, la mort
En l’ultime rayon de vie ?

Avant… Après… Les voix se taisent.
Vous demeurez seul et muet
Avec votre mort indivise
De l’instant qui lui est voué.

Vous voulez croire et vous croyez
Suivre des chemins de hallage
Le long des eaux d’éternité,
Eaux sans mémoire et sans reflets.

La barque descendra le fleuve
Son flambeau dès l’abord soufflé
Par le vent qui meut les étoiles
Dans un temps qui n’est plus compté.

(Christiane Burucoa)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE VEILLEUR (Christiane Burucoa)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



LE VEILLEUR

Comme une vague anime l’autre
Se confondant en une seule
Et comme déferle la houle
Vêtue de reflets sur reflets
Pour se briser
Sous les implacables fouets
De l’écume,
Le regard de celui qui veille
Attentif au coeur de sa sphère,
A chaque signe des paupières,
Est effacé par le mouvement qui le crée,

il croit orchestrer la marée
Alors que le reflux déjà
Ouvre l’écluse de ses gouffres.
Bien qu’il reconnaisse ses yeux,
Le veilleur n’est plus derrière eux.
il ne peut s’emplir de l’espace
Qui semble lui être donné.
Un clin d’oeil… Et la mer
Toute entière a changé,
Et la vague s’est transmuée,
L’instant du regard est passé.

L’oeil du veilleur est morcelé
En des arc-en-ciel irisés
Où la couleur fond et défaille.

(Christiane Burucoa)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOLEIL NOIR (Christiane Burucoa)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2017



SOLEIL NOIR

Le soleil noir de mes enfances
Celui du refuge à rebours
D’avant le jour
Miroite à travers ma naissance
Au profond des atomes sourds.

Depuis les bornages du monde
Et l’aube des commencements
Il est présent
Au coeur des formes vagabondes
Lorsqu’elles se vêtent de temps.

Plus infime que la poussière,
Plus léger qu’écume de mer,
Toujours offert
A l’avidité de la terre,
A la matrice de la chair.

Au désir des oiseaux vaincus
Par le vent de mer solitaire,
Sera-t-il le nuage nu
Dont se lamente et désespère
Leur vol perdu ?

Ou sera-t-il si creux d’espace
Que ni l’étoile, ni l’oiseau,
Ni l’encens de l’herbe, ni l’eau
N’en connaîtront jamais la trace
Mort sans tombeau…

(Christiane Burucoa)

Illustration: Béatrice Hunckler

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

HAUTE NUIT (Christiane Burucoa)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



 

HAUTE NUIT

En ce pays de hautes roches
Chaque passage ouvre un dédale
Où celui qui va s’ensorcelle
Du choix de tant de labyrinthes.

En bas, les tracteurs s’époumonent
Les troupeaux imprègnent les haies
De l’antique odeur du suint
Rappel de cendre et d’immortelles.

Les bêtes courent vers l’étable
L’abri, le foin, le sel et l’eau,
Les femmes activent les feux
Portent l’eau, le sel et le pain.

Du soir qui vient sourd un murmure
Qui dialogue avec le silence
Dans le court instant où la nuit
Va submerger le crépuscule.

C’est alors, dans la solitude
De qui guette l’éveil de l’être
Que l’immensité de l’attente
Suspend l’avance du néant.

(Christiane Burucoa)

Illustration: George Inness

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :