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Poésie

Posts Tagged ‘chuchoter’

Odelette (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Odelette

Si j’ai parlé
De mon amour c’est à l’eau lente
Qui m’écoute quand je me penche
Sur elle ; si j’ai parlé
De mon amour, c’est au vent
Qui rit et chuchote entre les branches ;
Si j’ai parlé de mon amour, c’est à l’oiseau
Qui passe et chante

Avec le vent ;
Si j’ai parlé
C’est à l’écho.

Si j’ai aimé de grand amour,
Triste ou joyeux
Ce sont tes yeux ;
Si j’ai aimé de grand amour,
Ce fut ta bouche grave et douce,
Ce fut ta bouche ;
Si j’ai aimé de grand amour,
Ce furent ta chair tiède et tes mains fraîches:
Et c’est ton ombre que je cherche.

(Henri de Régnier)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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L’évidence du silence (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2022


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La voix
n’est pas la voix
seulement l’oreille du silence

la mémoire
qui chuchote
dans l’évidence du silence…

(Bernard Mazo)

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Notre maison (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




    
Notre maison

Ma maison a un jardin
qui me fait signe d’entrer

Ma maison a une allée
qui conduit mes pas.

Ma maison a une porte
qui ouvre mon coeur.

Ma maison a une cheminée
qui chuchote mes rêves.

Mais ma maison sans toi…
C’est comme une rue sans fin
un jardin sans fleurs
Une porte sans poignée
une cheminée sans feu.

Alors viens quand tu peux,
un et un font plus que deux.
Viens quand tu veux…
Pour que ma maison ait une âme
Pour que ma maison ait un nom.

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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J’ai ta main (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (22) [1280x768]

J’ai ta main

Nous sommes allongés
Sur l´herbe de l´été.
Il est tard.
On entend chanter
Des amoureux et des oiseaux.

On entend chuchoter
Le vent dans la campagne.
On entend chanter la montagne.

J´ai ta main dans ma main.
Je joue avec tes doigts.
J´ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l´on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Tout fleuri, palpitant, tendre et mystérieux.

Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu´il n´est pas de plus charmant bonheur
Que ces yeux dans le ciel, que ce ciel dans tes yeux,
Que ta main qui joue avec ma main.

Je ne te connais pas.
Tu ne sais rien de moi.
Nous ne sommes que deux vagabonds,
Fille des bois, mauvais garçon.

Ta robe est déchirée.
Je n´ai plus de maison.
Je n´ai plus que la belle saison

Et ta main dans ma main
Qui joue avec mes doigts.
J´ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l´on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Tout fleuri, palpitant, tendre et mystérieux.

Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu´il n´est pas de plus charmant bonheur.
On oublie l´aventure et la route et demain
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.

(Charles Trenet)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

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Avancez! Reculez ! Arrêtez ! (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Avancez! Reculez ! Arrêtez ! – Des ordres
chuchotés haletants à l’oreille. Obéis !
(Capitaines cachés dans la faim et la soif)
Fuis ! Montre-toi ! Un salut !
Signe tais-toi réponds prends garde !

Que d’ordres venus de partout !
Le soleil ? – La main sur les yeux !
La pluie ? – Courbe le dos !
L’amour qui arrive ? – Attention !
Et ces morts en travers du chemin tout à coup !

Chocs et contre-temps de la ville
et de la vie je suis tranquille
seulement si mon souffle et mon pas vous rassemblent.
L’instable est mon repos.

(Jean Tardieu)


Illustration: Herbert Bayer

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Le citadin (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Le citadin

Avancez! Reculez! Arrêtez! – Des ordres
chuchotés haletants à l’oreille. Obéis!
(Capitaines cachés dans la faim et la soif)
Fuis! Montre-toi! Un salut!
Signe, tais-toi, réponds, prends garde!

Que d’ordres venus de partout!
Le soleil? – La main sur les yeux!
La pluie? – Courbe le dos!
L’amour qui arrive? – Attention!
Et ces morts en travers du chemin tout à coup!

Chocs et contretemps de la ville
et de la vie, je suis tranquille
seulement si mon souffle et mon pas vous ressemblent.

L’instable est mon repos.

(Jean Tardieu)

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SALUT À LA LUNE NOUVELLE (Li Duan)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2021




    
SALUT À LA LUNE NOUVELLE

Ecartant le rideau,
j’aperçois la lune nouvelle.
En courant, je descends
les marches de mon jardin.
Je m’incline devant elle.
Je chuchote,
personne ne m’entend,
seul le vent du nord
dénoue le ruban
de ma robe.

(Li Duan)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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LA NUIT DERNIÈRE (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration: Chai Qiu Nong
    
LA NUIT DERNIÈRE

La nuit dernière,
dans mon rêve
je l’ai vue clairement
sur l’oreiller.
Longtemps nous avons chuchoté.
Son visage toujours frais
comme une fleur de pêcher,
souvent elle baissait les paupières
pareilles aux feuilles de saules.
Moitié timide, moitié gaie,
prête à partir, elle s’attardait.
En me réveillant, j’ai su
que ce n’était qu’un rêve.
Une tristesse infinie
a inondé mon coeur.

(Wei Zhuang)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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VIERGE MODERNE (Edith Sôdergran)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2021



    

VIERGE MODERNE

Je ne suis pas une femme. Je suis neutre.
Je suis un enfant, un page, une résolution hardie
je suis un rai de soleil écarlate qui rit…
Je suis un filet pour poissons gloutons,
je suis un toast porté en l’honneur de toutes les femmes,
je suis un pas vers le hasard et la ruine,
je suis un bond dans la liberté et le soi…
Je suis le sang qui chuchote à l’oreille de l’homme
je suis fièvre de l’âme, désir et refus de la chair,
je suis l’enseigne à la porte de paradis interdits,
Je suis une flamme exploratrice et gaillarde,
je suis une eau profonde mais téméraire jusqu’aux genoux,
je suis eau et feu loyalement, librement unis…

(Edith Sôdergran)

Trad. : Carl Gustaf Bjurstom et Lucie Albertini

***

Jag är ingen kvinna. Jag är ett neutrum.
Jag är ett barn, en page och ett djärvt beslut,
jag är en skrattande strimma av en scharlakanssol…
Jagr ett nit för alla glupska fiskar,
jag är en skål för alla kvinnors ira,
jag är ett steg mot slumpen och fördàrvet,
jag är ett språng I friheten och sj ilvet…
Jag är blodets viskning i mannens öra,
jag är en sj lens frossa, köttets liingtan och förvägran,
jag är en ingångsskylt till nya paradis.
Jag är en flamma, sökande och käck,
jag är ett vatten, djupt men dristigt upp till knäna,
jag är eld och vatten I ärligt sammanhang på fria villkor…

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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LE BONHEUR EST EN MOI… (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



LE BONHEUR EST EN MOI…
A Carmen.

Le bonheur est en moi comme une eau si tranquille
Que le jour et la nuit n’y mêlent plus leurs eaux
Plus dur que les rochers, plus tremblant que les îles
Comme un bateau s’en va sur deux sillons de laine
Comme un lourd front d’auroch qui partage les eaux

Le bonheur est en moi comme une flûte d’aube
Qui s’allume et s’endort, ô ma rainette d’eau
Ma rainette d’eau claire sur les rives d’argile,
Ce bonheur caressé comme une harpe d’eau.
Douce tête sans nid, douce tête sans rides
Épaule du sommeil, vague au faîte des arbres
Tous les sommeils chantaient en moi comme les eaux

Pour se poser la lune écarte les roseaux
Je retrouve avec toi les printemps éternels
L’arôme des rosiers, les murmures des masques
Les oiseaux sont couchés sur la paille du ciel
Et ton coeur lentement chuchote jusqu’à moi
Doux comme une souris dans le palais des livres
Le rire silencieux de l’herbe déserte

Tout m’entraîne vers toi, tout conspire à ta perte
Ame fraîche, éblouie sous cette averse d’or.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Alexander Sigov

 

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