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Poésie

Posts Tagged ‘cicatrice’

La lumière de la lune (Poème Zen)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




Les ombres des bambous balaient l’escalier,
Mais sans remuer le moindre atome de poussière.
La lumière de la lune descend jusqu’au lit de la rivière profonde,
Mais pas la moindre cicatrice sur les eaux.

(Poème Zen)

Illustration

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De l’ongle, je contourne une ombre, pour mémoire (Jean Laude)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



 

Ernest Pignon-Ernest extases 2131

De l’ongle, je contourne une ombre, pour mémoire.
Une lueur arrache le papier du mur. Il y a le silence,
la cicatrice d’un éclair, le silence.

Je marche dans la chambre, en ce réduit, il marche.
Il n’est ici qu’une parole. Une parole qui se forme.

L’abcès profond. Je vis en ce sommeil de l’arbre usurpé
par l’hiver. L’abcès profond de cette chambre.
Une douceur froide attriste les murs.
L’abcès profond de cette chambre est le profond fruit noir.

(Jean Laude)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Le jour vide ses poches (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



 

Un pont, le macadam brûlant,
le jour vide ses poches,
une chose après l’autre.
Seul dans le soir catatonique.

Le paysage : froissure de fond de fossé,
cicatrice ardente dans l’ombre qui scintille.
Crépuscule. Le rayonnement me glace,
le soleil m’aveugle. Jamais je n’oublie, c’est l’été.

C’est l’été et la chaleur foudroie.
Debout, et je sais leurs ailes immobiles,
les oiseaux, comme chérubins en flamme
dans des cages aveuglées, hérissées d’échardes.

Te souviens-tu ? Au commencement fut le vent ;
puis la terre ; puis la cage.
Feu et crottin. Et de temps en temps
quelques coups d’ailes, des réflexes vides.

Et soif. Alors j’ai demandé à boire.
J’entends encore les gorgées fiévreuses,
et j’endure impuissant, telle la pierre,
et j’éteins les scintillements.

Des années passent, années, et l’espoir —
comme une vieille casserole renversée dans la paille.

(János Pilinszky)

Illustration: Michael Whelan

 

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TOTEM (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




Illustration
    
TOTEM

Arborant
Les blessures
De nos faiblesses
Les cicatrices
De nos vaillances
Les stigmates gravés
Dans nos chairs
Tu brandis les figures
Aux yeux obliques
De nos destins
Totem
Fidèle
Et vivante vigie
Au royaume
Des ancestrales sagesses.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Les cicatrices de la varicelle (Eurydice El-Etr)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



 

Illustration: Guillaume Rist
    
Les cicatrices de la varicelle,
on les garde toute sa vie ?
Et après aussi ?
Même quand on est un oiseau ?

(Eurydice El-Etr)

 

Recueil: Je tousse de la lumière
Traduction:
Editions: La Délirante

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Confiance aux mains (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
Confiance aux mains quand les regards défaillent,
elles ont peur autant qu’elles espèrent,
elles avancent: l’espace au bout des doigts,
le temps d’attiser l’air nocturne, s’éclairent en chaque cicatrice,
chaque silence, les premiers mots, un poème en connaît-il d’autres ?
ceux qui nous engagent à leur ressembler, téméraires, vulnérables,
à faire ainsi du moindre effleurement une rencontre
en lui apportant la chair vive, une parole aimante.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Vomi du vent (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Vomi du vent, du radieux
refus, et greffé sur
la cicatrice brun-vert de ce
moment. Tu demandes
quel est ce lieu, et moi, suivant les piqûres
de ton démembrement,
je t’ai dit : la forêt
est sa propre
mémoire, cette frêle
écharde, qui voyage à travers
mon sang navigable, pour
s’échouer sur la blocaille du coeur. Tu me demandes
des mots, et je
les prononcerai — dès l’instant
où j’aurai appris
à ne te donner rien.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Chanson de Gautama (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Chanson de Gautama

What is identity, and what is difference ? (NAGARJUNA)

Chaque pétale de la fleur
et chaque flocon de neige
entraînent la roue de la mort :
le un meurt, et naît le deux.

La cicatrice du cimeterre
qui coupe la soie volante,
sépare dans la réalité
ce qui dure et ce qui passe,

comme les yeux et les bouches
qui devinent et déjà tissent
leur royaume de vains visages,
leurs parcs de roses fictives.

Toute caresse est un miroir
qui nous montre des images,
toute question est le passage
de la parole au secret.

Amour, nostalgie finale
de terrasses et de jardins,
le son du flûtiste naît
de renoncer au baiser.

Pourquoi céder aux copies,
de tant de statues de soi,
si à la fin du chemin
ce qui se perd perdure ?

Un homme qui médite au pied
de l’arbre qui sera son signe,
sait que la route du pauvre
contient la route du roi,

et que dans le deuil constant
où meurt peu à peu le monde,
revient le délire d’être un
en pleine danse d’un autre.

Peut-être pour cela la fleur
nie la beauté du soleil,
comme dans le char de la lune
le blanc aurige nie Dieu.

Peut-être pour cela la voix
est le miroir du Miroir,
et l’homme, ce rêve divin,
monte en roulant dans le vide.

***

Canción de Gautama

Cada pétalo de la flor
y cada copo de la nieve
giran la rueda de la muerte:
el uno cesa, nace el dos.

El tajo de la cimitarra
que corta el vuelo del cendal
separa en toda realidad
lo que perdura y lo que pasa,

como los ojos y las bocas
al distinguir ya están hilando
su reino de perfiles vanos,
sus parques de fingidas rosas.

Toda caricia es el espejo
que nos propone a tanta imagen,
toda pregunta es el pasaje
de la palabra a otro secreto.

Amor, al final melancolía
de parques y terrazas, música
que sólo crece en la renuncia
al beso del sutil flautista.

¿Por qué ceder a tanta réplica,
a tanta estatua de sí mismo,
si en el resumen del camino
lo que se pierde es lo que queda?

El hombre que medita al pie
de un árbol que será su signo
sabe que al paso del mendigo
contiene ya el paso del rey,

y que de tan claro despojo
donde se va anulando el mundo
nace el delirio de ser uno
en plena danza de ser otro.

Por eso, acaso, está la flor
negando al sol en su hermosura,
como en el carro de la luna
el albo auriga niega a Dios.

Por eso acaso la palabra
es el espejo del Espejo,
y el hombre, ese divino sueño,
sube cayendo hacia la nada.

(Julio Cortázar)

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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De mon enfance (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Edward Hopper

    

De mon enfance, je revois le couchant
s’étendre sur le plancher usé
et se replier lentement dans l’ombre
comme un épi trop lourd de blé.

Aux quatre coins du corps,
le coeur tire sur ses liens.
j’ai peur de vivre derrière ces vitres
tant elles sont béantes et vides.

Je ne respire pas plus qu’un objet.
Où sont les chemins descendus du soleil
vers l’après-midi si large de l’été ?
Au soir, on retrouvait les sources perdues.

Derrière les murs, plus vivantes en leur nudité
et renversées parmi leurs seins, les femmes
sont les plus belles blessures du monde
avec leur sexe, leur bouche et leurs yeux.

Au-dessus de la terre, il y a une chambre
où la solitude et le papier peint sont éternels.
Quand je n’y suis pas, des femmes de clarté
vont au-devant du jour ou de l’armoire

et, dès que je rentre, rejoignent mes yeux.
Gardiennes de secrets, elles revivent en moi
comme un buisson éperdu de printemps.
Le coeur s’enfonce dans le corps

tiède de pleurs, de plantes et de sources.
La voix n’a plus d’ombre, ni de retard
et monte comme une lame ensanglantée
de la terre entr’ouverte par le ciel.

Une grande amertume envahit la fenêtre
qui dénude le front avec un reste de jour
en y laissant la cicatrice des veines
et partout le rire jaillit des bouteilles.

(Lucien Becker)

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Tu mords dans le bras de la nuit (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

Tu mords dans le bras de la nuit
Et son ombre se défait au fond des pièges.
Une épaule remue dans l’air des montagnes
Au milieu des bulles de lumière
Dans la brume dorée des villes.

Les fleurs sauvages de l’aurore
Illuminent les petits jardins trempés de rosée.
Sur les murs couverts de cicatrices
Brillent les mains coupées des boucaniers.
Et quand le plaisir laisse pendre la langue
Les amoureux perdus sur les récifs du soir

Sentent bouger sous l’écorce de la vie
La lave amère des mensonges.
Tu te promènes dans un paysage millénaire
Où la mer se démène sans repos
Et ourle d’une écume légère et sautillante
Les lèvres des coquillages oubliés.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Christiane Vleugels

 

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