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Poésie

Posts Tagged ‘ciel’

Pesante douceur (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Pascal Renoux

Pesante douceur

La douceur est
dans le creux de nos mains,
quand la paume
consent à la forme étrangère.

La douceur est
dans le ciel et sa voûte nocturne,
quand le lointain
à la terre s’accommode.

La douceur est
dans ta main et la mienne,
quand la proximité brusquement
nous enferme.

La mélancolie est
dans ton regard et le mien,
quand la pesanteur
nous accorde l’un à l’autre.

***

Schwere Sanftmut

Sanftmut ist
Im inneren unserer Hände,
wenn die Fläche sich
zur fremden Form bequemt.

Sanftmut ist
Im Nacht-gewölbten Himmel,
wenn die Ferne sich
der Erde anbequemt.

Sanftmut ist
In deiner Hand und meiner,
wenn die Nähe jäh
uns gefangen nimmt.

Schwermut ist
In Deinem Blick und meinem,
wenn die Schwere uns
ineinander stimmt.

(Hannah Arendt)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Ce que le coeur apprend (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018


mélancolie

Le malheur m’a appris la chose la plus belle,
ce que le coeur apprend auprès des roses rouges:
qui attend quelque chose ne peut rien recevoir,
puique la beauté vient quand on ne l’attend pas.
Le ciel exige tout de ceux qui sont parfaits,
les anges sont plus beaux que tout ce qu’on peut voir,
la beauté de la nuit est notre seul espoir,
la pourpre de l’aurore n’est pas celle du soir
et la beauté n’est pas ce qu’il y a de plus beau.
Le malheur m’a aimée si intelligemment:
la beauté permettait aux roses de s’ouvrir,
la violette avouait son faible pour le ciel,
comme si le malheur n’avait pas existé.

(Lydie Dattas)

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Je t’aime, toi (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Je t’aime, toi… Mais ne va point me plaindre,
Arbre de vie aux fruits délicieux,
Puisque ta forme et ses dons précieux
Sur tous mes cieux ne cessent de se peindre.

Oui, tous mes jours… Mais les nuits le font mieux :
A peine vient ma lampe de s’éteindre
L’ombre s’éveille, et mes regards de feindre
Ce qu’ils verraient et virent dans tes yeux.

L’obscurité m’ouvre ta chambre claire
Où si souvent ton sourire m’apprit
A t’inventer ce qui pourrait te plaire…

Ô pour ma soif de toi seule et d’esprit
Est-il au monde une autre récompense
Qu’être à nous deux la tendresse qui pense ?

(Paul Valéry)

Illustration: Françoise Martin-Marie

 

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Amants, heureux amants (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



– Amants, heureux amants,

tous autant que nous sommes
– Nous vous aimons
– Nous vous envions
Dans le bouillonnement d’être un homme,
une femme, deux verticalités
Pull contre pull,

deux tensions qui se prodiguent la moiteur
– Deux biographies qui d’étreignent,
échangent leurs frontières, ivres
– D’être plus que le terre, le ciel,
les quatre éléments,
ivres dans l’imposture délicate
Du verbe durer
– Vous condensez en quelques respirations,
l’histoire de la tendresse au plaisir accordée
Et le silence autour de vous n’a plus la même certitude
– Ni les murs, ni la faim
Vous êtes une naissance de paumes,
un midi à hauteur des lèvres

Vous êtes, vous êtes …
– Amants, heureux amants …

(Gérard Noiret)

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Un pauvre rayon, avec sa mesure froide (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Un pauvre rayon, avec sa mesure froide,
Sème la lumière dans l’humide forêt.
Je porte lentement dans mon coeur la tristesse,
Comme un oiseau gris.

Que faire d’une bête blessée ?
Le ciel s’est tu, il a expiré.
D’un clocher embrumé
On a ôté la cloche.

Et l’air se tient
Muet, orphelin —
Tel une blanche tour vide
Où c’est silence et brume.

Matin, insondable de tendresse —
Mi-songe et mi-réel,
Évanouissement inapaisé —
Le vague carillon de la pensée…

(Ossip Mandelstam)

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HARPISTE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018


HARPISTE

L’enfer existe. Il n’existe
Même vraiment que l’enfer.
Mais cette belle harpiste
L’invente tout à l’envers.

C’est du ciel, du ciel, du ciel
Que parlent ses jeunes cordes
Comme l’ange Gabriel
Lors que Marie il aborde.

… J’entends des jardins futurs
Briller, flotter sans entrave,
J’obéis à de suaves
Envols de grâce et d’azur.

Le ciel existe, il existe
Et cette fille aux mains d’or
Montre follement sa piste
De ses mille doigts sonores.

(Norge)

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Ondes (Isabelle Minière)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018


 

Ondes

Quand tu en as besoin
ou bien
quand tu ne vas pas bien
je t’envoie des ondes
des ondes minuscules
des micro ondes

Je les enveloppe
avec beaucoup de soin
je les place tout au milieu
de quelques gouttes d’eau
c’est mon paquet cadeau
Et quand il pleut
sur tes cheveux
sur ta peau
sur ton chemin
ce n’est pas que de l’eau
cette pluie-là
ce sont mes pensées pour toi
tombées du ciel

Ou bien encore
avec beaucoup d’attention
j’éparpille mes petites ondes
minuscules
sur la paume de ma main
et puis je souffle, doucement
je sème
c’est mon jardinage
magique
microscopique

Et quand tu sens
sur ton visage
sur ta peau
sur ton chemin
cette petite bise
venue du ciel
ce sont mes pensées pour toi

Parfois tu ne les perçois pas
Ce n’est que de l’eau
Ce n’est que du vent
Mais souvent
tu les reçois
cinq sur cinq

J’aime cette magie-là
abracadabra
Tu vois, c’est juste ça :
on est sur la même longueur d’ondes

(Isabelle Minière)

 

 

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VIVRE D’ATTENDRE (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



 

enfant Varsovie

VIVRE D’ATTENDRE

vivre d’attendre
attendre de vivre
mais le ciel est en nous
puisque nous le respirons
l’enfant ne passe toujours pas
en moi
c’est lui qui voit
par moi
c’est moi qui marche par lui
les bras levés dans la tête
le vélo vole à travers champs
maintenant les bombes
explosent ailleurs
les autres tombent quelque part en moi
c’est pourquoi j’ai mal
mais c’est ainsi qu’on se parle
entre inconnus si proches
nous nous racontons nos guerres
les souvenirs ont la main
sur le ventre pour s’endormir

(Henri Meschonnic)

 

 

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Il faut si peu d’espace… (Emmy Guittès)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Il faut si peu d’espace
Pour que rentre le ciel
Dans ma triste demeure,

Il faut si peu de grains
Pour que l’oiseau chante et s’envole
Dans l’or du frais matin,

Il faut si peu d’amour
Pour fleurir un cœur pur qui souffre
Sur la route du Soleil.

Il faut si peu d’espace
Pour dormir un jour dans la terre
Repue de Beauté et d’amour.

Il faut si peu de joie
Pour adorer le Surhumain,
Point vibrant de l’Immensité.

(Emmy Guittès)

Illustration: Stefan Caltia

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Ciel et fleuves s’encouragent (Emmanuel Dall’aglio)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Ciel et fleuves s’encouragent,
naître est leur amitié.

(Emmanuel Dall’aglio)

Illustration

 

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