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Posts Tagged ‘ciel’

CIEL NOCTURNE (Mario Wirz)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2022



CIEL NOCTURNE

Un ciel nocturne
se déploie au-dessus de nous
dans un grand mouvement
maternel
nous marchons ainsi
un instant protégés

(Mario Wirz)

 

 

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Elle est sauvage et craintive (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2022



Elle est sauvage et craintive,
elle s’enferme dans ses mains de verre,
ses mains qui l’étonnent comme le passage des saisons,
les rébellions de sa chevelure et de ses rêves.
L’ombre de l’été est incertaine.
Elle s’épaissit mais devient courte.
Il ne lui reste qu’un liséré d’ombre.
Encore un peu, c’en est fait, la lumière la brûlera vive.
Ses yeux vont s’ouvrir, ses mains se briser,
si le paysage soudain gelé ne s’unissait au ciel
pour faire ainsi un bloc transparent,
pour les craintes d’Elise une prison de verre
jusqu’à la fin des temps.

(Paul Nougé)

 

 

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L’arbre (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



L’arbre

L’arbre de Simone pousse ses branches vers le ciel
et ses racines vers le centre de la terre.
Il y a des années qu’il en est ainsi.
Si bien que les feuilles bruissent au milieu des nuages
et les racines rôtissent au feu qui est sous la terre.
Simone tourne le dos, elle ignore son arbre.
Simone est morte ce matin.

(Paul Nougé)

Illustration: Carmen Meyer

 

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Bonne volonté (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



Alberich Mathews winter94_o

Bonne volonté

Chacun y mettait du sien
La forêt, ses croupes bleues.
Le ciel, son plus blanc nuage.
L’eau, sa transparence.
Marie, toute nue, son corps au fil de l’eau.
Et toi, dans le paysage, ton pas égal vers la mer.

(Paul Nougé)

Illustration: Alberich Mathews

 

 

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Conte d’amour II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Conte d’amour II

Je veux un amour plein de sanglots et de pleurs,
Un amour au front pâle orné d’une couronne
De roses dont la pluie a terni les couleurs,
Je veux un amour plein de sanglots et de pleurs.

Je veux un amour triste ainsi qu’un ciel d’automne,
Un amour qui serait comme un bois planté d’ifs
Où dans la nuit le cor mélancolique sonne ;
Je veux un amour triste ainsi qu’un ciel d’automne,
Fait de remords très lents et de baisers furtifs.

(Jean Moréas)

 

 

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J’ai un ciel de désir, un monde de tristesse (Marguerite De Valois)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



J’ai un ciel de désir, un monde de tristesse,
Un univers de maux, mille feux de détresse,
Un Etna de sanglots et une mer de pleurs.
J’ai mille jours d’ennuis, mille nuits de disgrâce,
Un printemps d’espérance et un hiver de glace;
De soupirs un automne, un été de chaleurs.

Clair soleil de mes yeux, si je n’ai ta lumière,
Une aveugle nuée ennuitte ma paupière,
Une pluie de pleurs découle de mes yeux.
Les clairs éclairs d’Amour, les éclats de sa foudre,
Entrefendent mes nuits et m’écrasent en poudre:
Quand j’entonne mes cris, lors j’étonne les cieux.

Belle âme de mon corps, bel esprit de mon âme,
Flamme de mon esprit et chaleur de ma flamme,
J’envie à tous les vifs, j’envie à tous les morts.
Ma vie, si tu vis, ne peut être ravie,
Vu que ta vie est plus la vie de ma vie,
Que ma vie n’est pas la vie de mon corps!

Je vis par et pour toi, ainsi que pour moi-même;
Je vis par et pour toi, ainsi que pour toi-même:
Nous n’aurons qu’une vie et n’aurons qu’un trépas.
Je ne veux pas ta mort, je désire la mienne,
Mais ma mort est ta mort et ma vie est la tienne;
Ainsi je veux mourir, et je ne le veux pas!…

(Marguerite De Valois)

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SES YEUX (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022


 

SES YEUX

Ses yeux où se blottit comme un rêve frileux,
Ses grands yeux ont séduit mon âme émerveillée;
D’un bleu d’ancien pastel, d’un bleu de fleur mouillée,
Ils semblent regarder de loin, ses grands yeux bleus.

Ils sont grands comme un ciel tourmenté que parsème
— Par les couchants d’automne et les tragiques soirs —
Tout un vol douloureux de longs nuages noirs;
Grands comme un ciel, toujours mouvant, toujours le même !

Et cependant des yeux, j’en connais de plus beaux
Qui voudraient sur mes pas promener leurs flambeaux,
Mais leur éclat répugne à ma mélancolie.

Les uns ont la chaleur d’un ciel oriental,
D’autres le mol azur des lointains d’Italie,
Mais les siens me sont chers ainsi qu’un ciel natal.

(Georges Rodenbach)

Illustration: Mandy Tsung

 

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Vendange (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Les vendangeurs lassés ayant rompu leurs lignes,
Des voix claires sonnaient à l’air vibrant du soir
Et les femmes, en choeur, marchant vers le pressoir,
Mêlaient à leurs chansons des appels et des signes.

C’est par un ciel pareil, tout blanc du vol des cygnes,
Que, dans Naxos fumant comme un rouge encensoir,
La Bacchanale vit la Crétoise s’asseoir
Auprès du beau Dompteur ivre du sang des vignes.

Aujourd’hui, brandissant le thyrse radieux,
Dionysos vainqueur des bêtes et des Dieux
D’un joug enguirlandé n’étreint plus les panthères;

Mais, fille du soleil, l’Automne enlace encor
Du pampre ensanglanté des antiques mystères
La noire chevelure et la crinière d’or.

(José-Maria de Hérédia)

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Le démoniaque (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Le démoniaque

Ai-je sucé les sucs d’innommés magistères ?
Quel succube au pied bot m’a-t-il donc envoûté ?
Oh ! Ne l’être plus, oh ! Ne l’avoir pas été !
Suc maléfique, ô magistères délétères !

Point d’holocauste offert sur les autels des Tyrs,
Point d’âpres cauchemars, d’affres épileptiques !
Seuls les rêves pareils aux ciels clairs des tryptiques,
Seuls les désirs nimbés du halo des martyrs !

Qui me rendra jamais l’hermine primitive,
Et le lis virginal, et la sainte forêt
Où, dans le chant des luths, Viviane apparaît
Versant les philtres de sa lèvre fugitive !

Hélas ! Hélas ! Au fond de l’Erèbe épaissi,
J’entends râler mon coeur criblé comme une cible.
Viendra-t-on te briser, sortilège invincible ? –
Hâte-toi, hâte-toi, bon Devin, car voici

Que l’automne se met à secouer les roses,
Et que les jours rieurs s’effacent au lointain,
Et qu’il va s’éteignant le suave matin :
Et demain, c’est trop tard pour les métamorphoses !

(Jean Moréas)

Illustration

 

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ON SE DIT ADIEU EN AUTOMNE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Zhao Ji
    
ON SE DIT ADIEU EN AUTOMNE
Sur l’air de  » La Cloche tintant dans la pluie  »
—Liu Yong

Le cri des cigales paraît douloureux
hors d’un pavillon où l’on se dit adieu.
L’averse a cessé,
Je ne veux plus boire,
mon coeur est brisé.

Aux portes de la ville, nous nous attardons
bien que le bateau me hâte au départ,
nous nous regardons les larmes aux yeux,
la main dans la main,
les mots se figent sur nos lèvres,
entrecoupés de brefs sanglots.

Dans ma pensée se déroule le voyage
sur la vaste étendue des flots brumeux.
Là-bas le ciel du Sud est chargé de nuages.
Ceux qui s’aiment s’affligent de se séparer,
Surtout quand vient le froid de la fête automnale.

Où serai-je quand je serai dégrisé ?
Sur une rive de saules bordée,
Avec un lambeau de lune et la brise matinale.
Je t’aurai quittée pour toute une année.

Pour qui tous ces beaux paysages et ces belles journées ?
De quelque ardeur je puisse m’enflammer,
à qui désormais me confier ?

(Anonyme)

***

 

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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