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Poésie

Posts Tagged ‘ciel’

Retouche à passe-passe (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



Retouche à passe-passe

cercles du ciel et de l’eau
le regard vous sépare et vous lie
ainsi la maison noire et la lumière
ton visage et mes yeux, double amour,
de mains étranges douces miennes

(Daniel Boulanger)


Illustration: Escher

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Retouche à l’innocence (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



 

Ana Cruz 3

retouche à l’innocence

le ciel à longue tige
l’enfant l’agite

des couleurs tombent sur le monde
masquant un instant le désordre

(Daniel Boulanger)

Illustration: Ana Cruz

 

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Le Guet (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020


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Sur le fin taillis des ramilles
à contre-jour du ciel d’hiver
longtemps l’oiseau en silhouette
noire surveillait l’horizon.

Te voyait-il à ta lucarne
vieil homme incertain de lui-même
entre lassitude et bonheur
d’un oeil inquiet le contemplant?

De l’oiseau corneille ou corbeau
guetteur à la cime des branches,
du rêveur perdu dans la neige
de l’âge et des pensées frileuses

lequel des deux inventait l’autre
lequel à la vie démentielle,
somptueuse, éparse en l’univers,
serait messager du futur?

(Georges-Emmanuel Clancier)

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Un dur labeur le souffle (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Pas un soleil l’oiseau
Pas une femme l’amour
pas une plage le jour
Pas une voile la vie.
Que des mots les mots,

Le ciel pas un palais
Pas un songe les yeux
Ni l’ami un bonheur
Ni l’enfant un royaume.

Un dur labeur le souffle.

(Georges-Emmanuel Clancier)

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Femmes qui m’aimez (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Femmes qui m’aimez
ouvrez de nuit vos rideaux
et regardez le ciel où je chemine
lentement vers vous comme une étoile.

Femmes qui m’aimez
lancez à l’eau votre image
afin que je vous retrouve le soir
dans la plaine du Dniepr,
dans la secrète vallée du Scorff.

Femmes qui m’aimez, tuez-moi
pour que je ne devienne point
celui que vous n’aimerez plus.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

 

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Le ciel est bleu (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




Pour moi
le ciel est bleu
mais pour l’écureuil?

(Anne Tardy)

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PASSE TA ROUTE (Herri Gwilherm Kerouredan)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



PASSE TA ROUTE

I
L’égire du matin
stances muettes sur le seuil
lave ton corps déchu

avant qu’un fouet de houx
porteur d’une voix sans écaille
sillonne l’horizon

d’une main rejeté
à ta limite de l’épaule
dans la nuit de l’extase.

II
Lavandières voici minuit
l’eau trouble de la fontaine
attend déserte dans les pierres
recel d’une arche de frai
votre rencontre du blasphème
un siècle l’autre parfois

vierges jusqu’aux primes lueurs
lustrez d’oxyde les glaives
sous l’argile bleue répandus.

III
Salve dans l’oreille
dure fuyant par les ajoncs
certains qui le guettent
se terrent dans l’ajour des volets

jaunes sont les yeux
durant que le chemin se trace
déjà saccagé
par un geste aveugle de l’obscur

visage entre les bibelots
d’argile brûlé.

IV
Etreinte sombre de l’aïeul
des icônes se dérobe
lorsque cerné d’un linceul de plomb
se lève le soleil
lui franc gladiateur déjà ivre
d’un signe assèche les fleuves

bercée loin de l’étoile du gîte
sur les dalles se révulse
une complainte des sources.

V
Soleil de trembler
entre la plaine
la chute des épis
dans l’oreille vespérale
tu soulèves le vent
poitrine nue
à perte d’horizon.

VI
A midi germe de l’obscur
un pas sous le cèdre mesure
terreau d’ancienne douleur
le lieu perfide du repos

par la profusion des épis
l’oeil s’aveugle de désir.

Qui du ciel de l’été
épuise par l’hiver
l’aube des frissons

de ce geste figé
un pas dans les frimas
l’autre sous la lampe

enchante-t-il ce ciel
carmin de l’horizon
sur les routes blanches

où se bercent les corps
près des sources du soir
embaumés de songes.

Le fruit se gâte
quinquet sous la pluie
femme de ta main noire
guide vers le seuil

va quérir l’urne
mais le vent referme
qui de l’aube à la nuit
se trace des fleuves

terroir veux-tu
s’évasent les mains
brodeuses de repos
pour l’arbre du soir.

lX
Ses doigts se joignent sur sa plaie
par le sillon il titube
avant l’arbre de chez nous

le ventre s’ouvre sur la terre
appelant de l’océan
l’ondée du matin sur lui

passe ta route dira l’hôte
une pierre dans les yeux.

X
Mante glaciale du regard
contre la vitre dressé
recouvre de ton charme l’os
d’une blême nudité
hors la pluie se glissant caverne
flammes sur des lèvres de cire

brise la fleur des fournaises
souffle ce maître verrier
teintant de nuit l’âme des sables.

(Herri Gwilherm Kerouredan)

Illustration: Josiane Moïmont

 

 

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Ar re goz (Anthony Lhéritier)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Ar re goz

Et regardez les vieux, plus anciens que la pluie
Le ciel pesait sur eux avant d’être nommé
Maigres cadavres ambulants
Presque honteux d’être vivants
Le temps ne peut plus rien contre eux, le temps s’ennuie
Et c’est Dieu le plus étonné.

Ils n’iront pas au Panthéon
A Saint-Denis, aux Invalides,
Par un doux soir d’accordéon
Ils gagneront leur Paradis à la godille.

Chacun son temps, chacun son tour
Chez nous on meurt au jour le jour.

(Anthony Lhéritier)

Illustration

 

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J’aime l’haleine quand il gèle (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



J’aime l’haleine quand il gèle,
L’hiver l’aveu léger de la buée :
Ici le je, et là-bas le réel.

Un gamin aux pommettes rouges
S’est élancé tête baissée
Seigneur et tyran de sa luge.

Et moi, parlant avec le monde, avec la liberté,
Je cède à la contagion du traîneau
Dans les franges, les parenthèses argentées,

Et le siècle plus léger que l’écureuil tomberait,
Plus léger que l’écureuil au bord moelleux du ruisseau,
Avec un demi-ciel dans les feutres, dans les jambes !

(Ossip Mandelstam)

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Rite de passage (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


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Du ciel vient le son d’une rose qui s’entrouvre.
J’étouffe horriblement… Des vols d’ange.
En fermant les paupières, j’aperçois
plein de personnes dans la chambre,
qui marmottent, qui marmottent
sans me perdre des yeux.
On aura prononcé les paroles qu’il faut,
les vieilles femmes et le prêtre. Des enfants chuchotent
parce qu’une hirondelle joue entre les piliers.
Tout le monde sera là, de la commune et ses écarts,
hormis le voisin, ce vieux chien qui sera damné,
mais je lui pardonne.

(André Frénaud)

 

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