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Poésie

Posts Tagged ‘ciel’

Une sorte de repos (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



 

Une sorte de repos

Une sorte de repos
à regarder un ciel passant

Tout ce qui pèse fut relégué
Le désespoir pas de bruit dort sous la pluie

La Poésie est une Déesse
dont nous avons entendu parler

Son corps trop pur pour notre coeur
Dort tout dressé
Par bonheur c’est de l’autre côté

Nous n’entreprendrons pas maintenant
De lui voler des bijoux
qu’elle n’a pas étant nue.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Otto Theodore Gustav Lingner

 

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Le ciel était encore clair (Béatrice Marchal)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Le ciel était encore clair
sur la masse des arbres noirs,
à la brume se mêlait une odeur
de feu de bois.
Un élan soudain
vers la joie l’amour
soulevait l’enfant
dans le crépuscule d’automne.

Sur la profondeur entrevue
se refermait la nuit,
il fallait rentrer.

(Béatrice Marchal)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Lisa Lea Bemish

 

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A la pleine lune qui se lève (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017


Vas-tu sitôt m’abandonner?
A l’instant tu étais si proche!
De lourdes nues t’entourent d’ombre,
Et maintenant tu n’es plus là.

Mais tu sens quelle est ma tristesse,
Ton bord surgit comme une étoile!
Tu viens me témoigner qu’on m’aime,
Si loin de moi que soit l’aimée.

Monte donc! Epands ta clarté
Au ciel pur, dans tout son éclat!
Si mon coeur bat plus vite et souffre,
La nuit est transportée de joie.

(Goethe)


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LE CHARTIER EMBOURBÉ (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



 

LE CHARTIER EMBOURBÉ

Le Phaéton d’une voiture à foin
Vit son char embourbé. Le pauvre homme était loin
De tout humain secours. C’était à la campagne
Près d’un certain canton de la basse Bretagne
Appelé Quimpercorentin.
On sait assez que le destin
Adresse là les gens quand il veut qu’on enrage.
Dieu nous préserve du voyage !
Pour venir au Chartier embourbé dans ces lieux,
Le voilà qui déteste et jure de son mieux.
Pestant en sa fureur extrême
Tantôt contre les trous, puis contre ses chevaux,
Contre son char, contre lui-même.
Il invoque à la fin le Dieu dont les travaux
Sont si célèbres dans le monde :
Hercule, lui dit-il, aide-moi ; si ton dos
A porté la machine ronde,
Ton bras peut me tirer d’ici.
Sa prière étant faite, il entend dans la nue
Une voix qui lui parle ainsi :
Hercule veut qu’on se remue,
Puis il aide les gens. Regarde d’où provient
L’achoppement qui te retient.
Ote d’autour de chaque roue
Ce malheureux mortier, cette maudite boue
Qui jusqu’à l’essieu les enduit.
Prends ton pic et me romps ce caillou qui te nuit.
Comble-moi cette ornière. As-tu fait ? – Oui, dit l’homme.
– Or bien je vas t’aider, dit la voix : prends ton fouet.
– Je l’ai pris. Qu’est ceci ? mon char marche à souhait.
Hercule en soit loué. Lors la voix : Tu vois comme
Tes chevaux aisément se sont tirés de là.

Aide-toi, le Ciel t’aidera.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Je suis un arbre (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration
    
 
Je suis un arbre
et respire mon
feuillage chuchotant

Du ciel
descend un ange
et embrasse
mes racines

***

Ich bin ein Baum
und atme mein
flüsterndes Laub

[tom Himmel
kommt ein Engel
und küsst
meine Wurzeln

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Chant funèbre (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Chant funèbre

Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu’il cesse d’aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.

Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l’agent de la circulation.

C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.

On ne veut plus d’étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lue et démonte le soleil,
Vide l’océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.

***

Funeral blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.

(Wystan Hugh Auden)

 

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Seule (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017




    
Seule

Je vis solitaire
Avec le chant

Mes questions
Demeurent inachevées

Le ciel répond
Non
Oui

Je ne sais
Où la fin commence
Et le début s’achève

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Entre les pôles du conscient et de l’inconscien (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 

    
Entre les pôles du conscient et de l’inconscient,
l’esprit se balance.
A cette balançoire sont suspendus tous les êtres et tous les mondes ;
et cette balançoire ne cesse jamais de se balancer.

Des millions d’êtres y sont accrochés :
le soleil et la lune, dans leur course, s’y balancent.
Des millions d’âges passent et toujours la balançoire se balance.

Tout est balancé :
le ciel et la Terre et l’air et l’eau et le Seigneur Lui-même qui se personnifie :
Et la vue de tout ceci a fait de Kabîr le serviteur de son Dieu.

(Kabîr)

 

 

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A quel rivage veux-tu atteindre, ô mon coeur ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    
A quel rivage veux-tu atteindre, ô mon coeur ?
Il n’y a aucun voyageur devant toi.
Il n’y a pas de route.
Où est l’action, où est le repos sur ce rivage ?

Il n’y a pas d’eau : aucun bateau, aucun marin ne sont en vue.
Il n’y a pas même de corde pour hâler le bateau, ni d’homme pour la tirer.
Ni terre, ni ciel, ni temps; rien n’y existe : ni fleuve, ni rive.

Il n’y a là, ni corps, ni esprit
et où pourrais-tu y apaiser la soif de ton âme ?
Tu ne trouverais rien dans ce néant.

Sois fort et rentre en toi-même.
Là tu seras sur un terrain solide.
Considère ceci, ô mon coeur !
Ne va pas ailleurs.

Kabîr dit : « Rejette toute imagination et
affermis-toi dans ce que tu es. »

(Kabîr)

 

 

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Un nuage nuancier (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Arturo Souto
    
Un nuage nuancier
traverse le ciel de la ville

nu, le corps s’appuie
au chambranle blanc de la fenêtre.

On vit sur un rebord heureux du temps
de quoi se souvenir.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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