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Poésie

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Il y a possibilité de joie (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017



Dans la clairière,
Roche blanche, tout,

Aussi bien le ciel
Que les feuillages,
Tout dit comme toi:

Puisqu’il y a lumière
Il y a possibilité de joie.

(Guillevic)


Illustration

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Ce sera un jour… (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Ce sera un jour…

Ce sera un jour pareil aux autres jours
Un matin familier avec des joies connues
Eprouvées parce qu’elles sont quotidiennes.

Avec des mots brûleurs du ciel
Avec des mots traceurs de route
Qui font du bonheur une question de patience
Qui font du bonheur une question de confiance.

Et ces femmes fières d’avoir le ventre rouge
A force de remettre au monde leurs enfants
A chaque aube, ces femmes bleuies de patience
Qui ont trop de leur voix pour apprendre à se taire.

Forte comme une femme aux mains roussies d’acier
Tu caresses tes enfants avec précaution
Et quand leur fatigue se blesse à ta patience
Tu marches dans leurs yeux afin qu’ils se reposent.

(Anna Gréki)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration

 

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Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
C’est ma manière d’avoir du cœur à revendre
C’est ma manière d’avoir raison des douleurs
C’est ma manière de faire flamber des cendres
A force de coups de cœur à force de rage
La seule façon loyale qui me ménage
Une route réfléchie au bord du naufrage
Avec son pesant d’or de joie et de détresse
Ces lèvres de ta bouche ma double richesse

A fond de cale à fleur de peau à l’abordage
Ma science se déroule comme des cordages
Judicieux où l’acier brûle ces méduses
Secrètes que j’ai draguées au fin fond du large
Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre

Là où les hommes nus n’ont plus besoin d’excuses
Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire
Ils m’ont dit des paroles à rentrer sous terre
Mais je n’en tairai rien car il y a mieux à faire
Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
Avec la rage au cœur aimer comme on se bat
Je suis impitoyable comme un cerveau neuf
Qui sait se satisfaire de ses certitudes
Dans la main que je prends je ne vois que la main
Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne
C’est bien suffisant pour que j’en aie gratitude
De quel droit exiger par exemple du jasmin
Qu’il soit plus que parfum étoile plus que fleur
De quel droit exiger que le corps qui m’étreint
Plante en moi sa douceur à jamais à jamais
Et que je te sois chère parce que je t’aimais
Plus souvent qu’a mon tour parce que je suis jeune
Je jette l’ancre dans ma mémoire et j’ai peur
Quand de mes amis l’ombre me descend au cœur
Quand de mes amis absents je vois le visage
Qui s’ouvre à la place de mes yeux – je suis jeune
Ce qui n’est pas une excuse mais un devoir
Exigeant un devoir poignant à ne pas croire
Qu’il fasse si doux ce soir au bord de la plage
Prise au défaut de ton épaule – à ne pas croire…

Dressée comme un roseau dans ma langue les cris
De mes amis coupent la quiétude meurtrie
Pour toujours – dans ma langue et dans tous les replis
De la nuit luisante – je ne sais plus aimer
Qu’avec cette plaie au cœur qu’avec cette plaie
Dans ma mémoire rassemblée comme un filet

Grenade désamorcée la nuit lourde roule
Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente
Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle
Je pense aux amis morts sans qu’on les ait aimés
Eux que l’on a jugés avant de les entendre
Je pense aux amis qui furent assassinés
A cause de l’amour qu’ils savaient prodiguer

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur

A la saignée des bras les oiseaux viennent boire

(Anna Gréki)

Illustration: Frida Kahlo

 

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Semant des navets (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



 

Jean-François Millet  _semeur_l [1280x768]

Semant des navets,
Je jette un coup d’oeil au ciel…
Disparu le soleil.

***

Sowing turnip seed
And glancing up and seeing
That the sun has gone.

(Richard Wright)

Illustration: Jean-François Millet

 

 

 

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Un dieu me fuit que j’avais inventé (Guy Chambelland)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



…Un dieu me fuit que j’avais inventé
un grand cheval me fixe dans un rêve
un ciel de honte incendie la beauté…

(Guy Chambelland)

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Pour moi, la montagne, le ciel, l’arbre… (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Pour moi, la montagne, le ciel, l’arbre…
ne sont pas que la montagne, le ciel, l’arbre
Ce sont des présences,
de hautes présences éblouissantes,
et je suis leur frère, leur compagnon

le soleil contre la fenêtre de ma salle de bains
forme un visage sans traits, une face essentielle

Les arbres, le soir,
retiennent la nuit dans leurs bras avec une telle force
qu’il semble que rien ne pourrait la leur arracher,
pas même le jour revenant

Mais le jour revient,
et les arbres, s’illuminant de tendresse,
libèrent la nuit.

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

 

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LE PETIT ESCALIER DE SAINT-CLOUD (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



LE PETIT ESCALIER DE SAINT-CLOUD

C’était un petit escalier, tout petit.
Il n’avait que trois ou quatre marches,
mais ces trois ou quatre marches
en valaient bien des quarantaines d’autres
par leur beauté.
Elles étaient recouvertes de mousse,
mais surtout de monceaux de feuilles mortes tout en or.

Il était bien content, le petit escalier
et il n’en demandait pas plus pour être heureux
et de bonne humeur.
Et depuis des années, il savourait cette joie si simple et si pure
d’être recouvert de feuilles mortes et d’admirer la nature.

Car il l’admirait !
il trouvait splendide le trou fait dans le feuillage
par lequel il pouvait regarder un morceau de ciel bleu.

Il adorait sa grande sœur, la statue,
qui se reflétait dans l’eau glauque du bassin
et les beaux troncs des arbres entourés de lierre rouge.

Quand les gens venaient visiter
ce coin isolé du parc de Saint-Cloud
et que, par hasard, ils disaient :
« Ah ! le joli petit escalier,
montons ses vieilles marches de pierre »,
il ressentait une joie énorme, mais pas d’orgueil ;
aussi sa joie était-elle très pure
et lui était-il très heureux.

C’est une tout petite histoire
que celle de ce petit escalier,
mais c’est celle de tous les gens modestes
qui savent être heureux par eux-mêmes
et par la beauté du ciel qu’ils voient.

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

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Retouche à l’apaisement (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



retouche à l’apaisement

masqué par le tilleul le ciel sommeille
la fumée du havane y peint les noms aimés
l’herbe est au souvenir de longs corps accordés
même au vieil armagnac le bonheur ne s’éveille
et le jardin ne semble faire qu’un
avec le dieu numéro un

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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L’Amour de Jérusalem (Yehuda Amichai)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



L’Amour de Jérusalem

Il y a une rue où l’on ne vend que viande rouge
et une rue où l’on ne vend qu’habits et parfums.
Il y a des jours où je ne vois qu’êtres jeunes et beaux,
et des jours où je ne vois qu’infirmes, aveugles,
lépreux, faces convulsées et rictus.

Ici on construit une maison et là on détruit
ici on creuse la terre
et là on creuse le ciel,
ici on s’assoit et là on marche
ici on hait et là on aime.

Mais celui qui aime Jérusalem
dans les guides touristiques ou les livres de prières
ressemble à celui qui aime une femme
selon le Kama sutra.

Parfois Jérusalem est une ville de couteaux :
même les espoirs de paix sont affûtés pour trancher dans
la difficile réalité, ils s’émoussent ou se cassent.

Les cloches des églises font tellement d’efforts de paix
qu’elles deviennent lourdes, comme un pilon qui broie
dans le mortier
des voix lourdes, graves et remuantes.

Et lorsque
le chantre et le muezzin entonnent leur chant
surgit le cri tranchant :
notre seigneur notre Dieu à tous est un Dieu
un et affûté.

(Yehuda Amichai)

 

 

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Peut-être étais-je trop gourmande (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Peut-être étais-je trop gourmande —
Il me faut — des ciels à tout le moins —
Car les Terres, foisonnent autant
Que les Baies, dans ma Ville natale —

Mon Panier ne contient — que — des Firmaments —
Ceux-là — à mon bras — aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont – Accablants.

***

Perhaps I asked too large —
I take — no less than skies —
For Earths, grow thick as
Berries, in my native Town —

My Basket holds —just — Firmaments —
Those —- dangle easy — on my arm,
But smaller bundles —

(Emily Dickinson)

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