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Poésie

Posts Tagged ‘cierge’

Les dés éternels (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2019




    
Les dés éternels
Pour Manuel Gonzalez Prada

Mon Dieu, je pleure sur l’être que je vis
je regrette d’avoir pris ton pain;
mais la pauvre boue pensive que je suis
n’est pas croûte fermentée dans ton flanc :
toi tu n’as pas de Maries qui s’en vont!

Mon Dieu, si tu avais été un homme,
aujourd’hui tu saurais être Dieu;
mais toi, qui as toujours été bien,
tu ne sens rien de ta création.
En fait l’homme te souffre : le Dieu c’est lui!

Aujourd’hui que dans mes yeux sorciers luisent des chandelles,
comme dans ceux d’un damné,
mon Dieu, tu vas allumer tous tes cierges,
et nous jouerons avec le vieux dé…
Peut-être que, oh joueur! sortant le chiffre
de l’univers entier
surgiront les cernes de la Mort,
comme deux funèbres as de boue.

Mon Dieu, en cette nuit sourde, obscure,
tu ne pourras plus jouer, car la Terre
est un dé rongé et désormais rond
à force de rouler à l’aventure,
qui ne peut s’arrêter que dans un trou,
le trou d’une immense sépulture.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Je suis l’enfant qui allume les cierges (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



 

Je suis l’enfant qui allume les cierges,
Qui garde le feu de l’encensoir.
Sans penser à rien, sans rien dire
Elle se rit sur l’autre rive.

J’aime la prière du soir,
Dans l’église blanche auprès de la rivière,
Le village avant le crépuscule,
La confusion de l’ombre bleue.

Docile à son doux regard
Je contemple le secret de la beauté ;
Je jette des fleurs blanches
Par dessus les murs de l’église

(Alexandre Blok)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Chaïm Soutine

 

 

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Petite chapelle (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Petite chapelle

Peuples du Christ, j’expose,
En un ostensoir lourd,
Ce coeur meurtri d’amour
Qu’un sang unique arrose.

Ardente apothéose,
Mille cierges autour
Palpitent nuit et jour
Dans une brume rose.

Ainsi que, jour et nuit,
Se lamentent vers lui,
Comme vers leur idole,

Les coeurs crevés venus
Pour ces maux inconnus
Dont rien, rien ne console.

(Jules Laforgue)

Illustration: ArbreaPhotos

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Au vitrail (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



Aux cierges, au vitrail,
D’un autel en corail,
Une jeune Madone
Tend, d’un air ébaudi,
Un beau coeur de rubis
Qui se meurt et rayonne!

Un gros coeur tout en sang,
Un bon coeur ruisselant,
Qui, du soir à l’aurore,
Et de l’aurore au soir,
Se meurt, de ne pouvoir
Saigner, ah! saigner plus encore!

(Jules Laforgue)

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OBSCURITÉ (Mourid Al-Barghouti)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
OBSCURITÉ

Quelle est donc la belle qui insiste pour voir nos visages
se pénétrer de nos traits
les cheveux, le front, les yeux, les lèvres
nos traits précis ?
Ne voyez-vous pas Madame que l’obscurité est profonde ?
Ne voyez-vous pas que nous donnons notre vie pour
un cierge
à la clarté duquel
nous espérons vous voir ?

(Mourid Al-Barghouti)

 

Recueil: Adbdellatif Laâbi La poésie palestinienne contemporaine anthologie
Traduction:
Editions: Messidor

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Pension (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

Bougie à L'Eglise

Pension

Une pension au bord des ramblas,
un mur de plus pour t’appuyer.
Ta jeunesse a fui les rues
les artères
catalanes.

Un cierge dans l’entrée
pour la vierge des cyclopes.
Vieille
étrange bâtisse
tu n’as vu que d’un oeil
l’insurrection
la phalange et…
les drapeaux noirs.

On entre dans les chambres par la rue
à travers un rideau
qui devine…
Le miroir contre le mur est indemne
c’est le sol qui croule
sous le poids des prunelles
pressées
d’être ailleurs.

(Balbino)

 

 

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SOIR RELIGIEUX (Emile van Arenbergh)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



SOIR RELIGIEUX

La vesprée automnale a la paix d’une église.
Çà et là, sous la lune, un astre, au fond du soir.
Scintille ainsi qu’un cierge au pied d’un ostensoir,
Et, tel un flot d’encens, monte une brume grise.

Comme une foule en deuil massée à l’horizon,
Là bas s’étale au flanc des monts la forêt sombre,
Et sa plainte, à travers le mystère de l’ombre,
Longuement psalmodie une sourde oraison.

Tandis qu’en s’étoilant, les tombantes ténèbres
Sèment de pleurs d’argent leurs tentures funèbres,
L’écarlate vitrail du couchant flambe encor ;

Et l’orbe du soleil, de ses lueurs dernières,
Dans les pourpres rubis des célestes verrières,
Fait au loin flamboyer une rosace d’or.

(Emile van Arenbergh)

Illustration

 

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La musique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
La musique dissout la pesanteur de l’homme,
éclaire la maison des signes,
accélère les corrélations du coeur,
perfore les rêves et soude les morceaux détachés de l’éternité,
signalant à la fois que celle-ci n’est pas une seule.

Les mots sont une partie mystérieuse de cette musique,
à laquelle ils incorporent les subtiles métamorphoses musicales du sens jumelées au silence,
qui recueille les vaet-vient de l’occulte et allume les coïncidences du réel,
comme s’il rapprochait la flamme des cierges éteints
et toujours disponibles d’un candélabre aux bras infinis.

La poésie multiplie la musique et, en le faisant,
parfait d’une certaine manière le langage expectant de la réalité.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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A propos des poèmes (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration

 

A propos des poèmes

Ce sont les picotements de l’insomnie,
C’est la mèche des cierges tordus,
C’est le premier coup, le matin,
De cent blancs campaniles…
C’est l’appui tiède de la fenêtre
Au clair de lune à Tchernigov
C’est le mélilot et l’abeille,
Poussière, ombre et canicule.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Sur le radeau (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Omer Charlet  naufrages-saint-trojan-026 [800x600]

Sur le radeau, j’allumerai un cierge
et j’inventerai ma prière
Je laisserai à la vague inspirée
le soin d’ériger son temple
Je revêtirai de ma cape
le premier poisson
qui viendra se frotter à mes rames
J’irai ainsi par nuit et par mer
sans vivres ni mouettes
avec un bout de cierge
et un brin de prière
J’irai ainsi
avec mon visage d’illuminé
et je me dirai
ô moitié d’homme, réjouis-toi
tu vivras si tu ne l’as déjà vécu
un abrégé d’éternité

(Abdellatif Laâbi)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Omer Charlet

 

 

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