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Poésie

Posts Tagged ‘cigarette’

Des étoiles vides (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



    

Des étoiles vides
L’horizon à portée de main

Une brume d’argent s’interpose

Sous mon drap léger
Comme un papier à cigarette
J’écoute

Les battements du coeur sec
D’une pendule

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Ce n’est pas l’allumette (Alirezâ Rôshan)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



 

ce n’est pas l’allumette
mais le chagrin de ton absence
qui allume ma cigarette

(Alirezâ Rôshan)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Benoit Colsenet

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LES NUAGES PASSENT (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



LES NUAGES PASSENT

Je n’écrirai plus rien aujourd’hui…
Un peu de vin, une cigarette…
Et passent les heures de midi
Telles de fugaces silhouettes…

Ce qui est important, c’est ceci,
Que toujours, par toute la planète,
S’écoulent les heures de midi
Telles de fugaces silhouettes…

(George Bacovia)

 

 

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En chemise bleue (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

fumée bleue

En chemise bleue

Un fume-cigarette dort en chemise bleue
Bleu d’azur sombre bleu de fumée
Fumée de cigarettes défuntes
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

Cauchemar peuplé de rires
Rire jaune rire de cristal
Cristal de larmes fugitives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

Dans un cendrier couleur de nuit
Nuit de mains lasses de mains fiancées
Fiancées nubiles fiancées lascives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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LE ROSSIGNOL (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2019




    
LE ROSSIGNOL

La parole s’est usée, les miettes sur la table
pèsent soudain comme l’atmosphère
où la fumée de cigarette s’est accumulée
on ouvre la fenêtre sur la nuit et la montagne
et glissent posément sur les toits, les arbres
les gammes nocturnes du rossignol
— avec des pauses où nous découvrons
des écluses en nous doucement ouvertes.

(Paul de Roux)

 

Recueil: Les pas
Traduction:
Editions: L’Alphée

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Votre rire est éclatant comme un bel oiseau des Iles (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



I

Votre rire est éclatant
Comme un bel oiseau des Iles.
Mais à rire on perd son temps,
O ma soeur, ma soeur fragile !

Vous savez des jeux plus fous
Que celui de « pigeon-vole ».
C’est un mauvais point pour vous,
O ma soeur, ma soeur frivole !

Vous manquez de sérieux
Et de vertus ménagères.
Vous n’irez jamais aux cieux,
O ma soeur, ma soeur légère !

II

Pourquoi ces mains, dont vous ne faites
Qu’un usage absolument vain ?
Mais quelle fête,
Quand je saisis leurs doigts divins !

Pourquoi ces yeux où ne réside
Rien du tout, pas même l’ennui ?
Mais quel suicide
Que de les perdre dans la nuit !

Pourquoi ces lèvres d’où j’écoute
Tomber des mots sans intérêt ?
Mais quelle absoute
Leur seul baiser me donnerait !

III

Le rire clair, l’âme sans reproche,
Un regard pur comme du cristal,
Elle viendra, puisque c’est fatal !
Moi, je l’attends les mains dans les poches.

A tout hasard, je me suis pourvu
D’un stock d’amour et de prévenances,
N’oubliant point qu’en cette existence
Il faut compter avec l’imprévu.

Tu n’auras donc, petite vestale,
Qu’à t’installer un jour dans mon coeur,
Il est, je crois, plus riche en couleur
Que ton album de cartes postales.

IV

Depuis tant de jours il a plu!
Pourtant, voilà que recommence
Un printemps comme on n’en voit plus,
Chère, sinon dans tes romances.

Adieu rhumes et fluxions !
Adieu l’hiver, saison brutale !
C’est, ou jamais, l’occasion
D’avoir l’âme sentimentale.

Que ne puis-je, traînant les pieds,
Et mâchonnant ma cigarette,
Cueillir pour toi, sur les sentiers,
De gros bouquets de pâquerettes !

V

Amie aux gestes éphémères,
Cher petit être insoucieux,
Je ne veux plus d’autre chimère
Que l’azur calme de tes yeux.

Pas besoin d’y chercher une âme !
De tels objets sont superflus.
Le seul bonheur que je réclame,
C’est de m’y reposer, sans plus.

Que m’importe l’horreur du vide ?
Je vais plonger, à tout hasard,
Ainsi qu’un nageur intrépide,
Dans le néant de ton regard.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Jeff Scher

 

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JE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Ernest Pignon-Ernest n

JE
(Extraits)

L’aventure touchée au ventre
Se casse en deux. Il est midi.
Je n’ai pas faim. La ville rentre
A son impavide appétit.

Un peu de monde, une voiture,
Un mort tout neuf sur le pavé :
A la police de conclure
Quelle soif la terre approuvait…

A la terre un jour de me dire
Quelle sagesse m’a perdu.
Je m’en vais. Cela doit suffire
Au bonheur, un homme étendu.

*

Ombre qui me revient
par la vertu des lampes
et me fuit aussitôt
je t’appelle ma vie.

Rafales de plein fouet,
le vent grille pour moi
la lourde cigarette
des condamnés sans mort.

Un jour de lâcheté
va s’ajouter aux autres.
Une arme au cran levé
tiédit contre le coeur.

(Axel Toursky)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Eté (Nakahara Chûya)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



Illustration: Odilon Redon
    
Eté

Moi sur ma table,
Je n’avais rien d’autre qu’un stylo de l’encre du papier quadrillé,
Et chaque jour que dieu faisait, sans fin, m’y tenais coi.

Mais attendez, en plus il y avait aussi des allumettes des cigarettes,
Et un buvard ou des petites choses comme ça.
Mais que dis-je, parfois encore apportant une bière,
Il m’arrivait de la boire.

Dehors les cigales chantaient à qui mieux mieux.
Et les vents, du moins les vents frais d’être passés sur les rochers
fréquemment soufflaient.
Sans pensée, sans journées ni sans mois le temps passait,

Quand un beau matin, je me retrouvai mort.
Et le peu de choses disposées sur ma table,
Pour finir en un clin d’oeil furent débarrassées par la bonne.
– Mon dieu quel soulagement. Mon dieu quel soulagement.

(Nakahara Chûya)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Poèmes
Traduction: Yves-Marie Allioux
Editions: Picquier poche

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Mon Dieu (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



 

Tour Eiffel brume_  b [1280x768]

Mon Dieu je pense à vous comme à un homme
Assis sur la dernière plate-forme de la Tour Eiffel
Et qui roule tranquillement une cigarette
Au-dessus de tous ces gens qui se noient
Voici longtemps que n’avons passé
Ensemble des vacances.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

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A présent je viens je vais là-bas (Yves Artufel)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
A présent je viens je vais là-bas
ça va être long
toutes ces pages à vivre
comme à travers une nuée de papillons
et tout ce qui se perd dans la fumée
de cigarettes au bord d’un cendrier
ou près d’un feu de bois
qui s’est éteint sur un chemin
où personne ne passe plus
mais qui garde en ses pierres
la mémoire du bois mort
et des murs écroulés
les méandres du passé
ce que la main peut contenir
de mémoire et d’extase
de moments hors du temps
d’horizons intérieurs
de papillons bleus des origines
ou des lacs noirs de la détresse

(Yves Artufel)

 

 

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