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Le trésor du beau jour s’amasse (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



 

Guy Baron_la_montagne_bleue [1280x768]

Le trésor du beau jour s’amasse
Au sûr gré de qui sait prévoir;
Laisse choir tes cheveux, en masse
Clair-odorante! laisse choir

Ton beau corps, dans l’herbe étonnée
D’éteindre son poids tiède et blanc!
Quel dieu des Payens t’a donnée
A la Joie?… ô tes longs cils tremblants…

Quelle force m’étreint et nous dresse,
Sous le soleil pur, enlacés?
Suis-je ton jeune dieu, prêtresse?
De quel temple effacée…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Guy Baron

 

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Retouche à la matinale (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020


 


 

Alexander Bartashevich  802

retouche à la matinale

du livre sous l’édredon
monte encore l’appel de la chouette
laineuse et posée sur une ligne

adolescente aux longs cils

d’en bas traîne à venir
sévère mais soulevant sa robe
l’odeur du café

(Daniel Boulanger)

Illustration: Alexander Bartashevich 

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Retouche au paysage (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



 

Christian Deberdt (22)

retouche au paysage

il a sa réplique en moi
avec des lignes plus espiègles

des cils battent à l’intérieur des choses

(Daniel Boulanger)

Illustration: Christian Deberdt

 

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LA PIE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



 

pie

LA PIE

L’averse a cessé; le vieux soleil rit
Sur la route rose et blanche
Mais il reste encor des gouttes aux branches
Du pommier gris.

La carriole roule comme une folle
Et l’essieu mal huilé crie;
La pie secoue ses plumes dans la prairie
Puis s’envole.

Ma vie est ainsi :
Certes la douleur ancienne est assoupie
Et le passé peu à peu s’effeuille;
Mais des larmes pourtant pointent parfois aux cils
Et mon coeur reste en demi-deuil,
Comme cette pie.

(Tristan Klingsor)

Illustration

 

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Si l’olive se souvient de son planteur (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2020




    
Si l’olive se souvient de son planteur
Son huile se transformera en larmes
Oh ! sagesse des ancêtres, notre corps
pour vous deviendra un habit de protection.
On va éplucher les épines par nos cils
et on va couper la tristesse
et l’enlever de notre terre.
L’olivier conservera sa couleur verte à jamais
et rentrera dans la terre comme une arme

(Mahmoud Darwich)

 

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PLAISIR D’AMOUR (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

PJ Lynch 1c_500

PLAISIR D’AMOUR

Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,
Et la rose que vous offrirent ce matin
Des doigts fins de damoiseau tendrement
Aura ce soir froissé ses habits de satin;
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment
Et ne laisse qu’un souvenir lointain.
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,
Mignonne, ayez-en plus souci;
Ne renvoyez pas vos princes charmants
Avec une larme au bout de leurs cils;
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment :
Chagrin d’amour aussi.

(Tristan Klingsor)

Illustration: PJ Lynch

 

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Défense de stationner (Armand Monjo)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



aimer

 

Ne cesse pas mon oeil de regarder

Le temps d’un cil qui bat
et les fleurs sont passées
les filles se font femmes
et les pommes pourrissent

Ne cesse pas ma main de caresser

Un rien d’inattention
et la beauté se fripe
le rat saigne l’oiseau
la volupté se fane
le soleil a déteint

Ne cesse pas ma bouche de crier

Le silence a du sang
aux pointes de ses lances
au loin la forêt hurle
et les bourreaux transpirent

La mer évaporée
les poissons éclatés
tous les dés sont jetés
dans un chaudron de braise

Ne cesse pas d’aimer

(Armand Monjo)

 

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LE COUTEAU CARNIVORE (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Juan Gris
    
LE COUTEAU CARNIVORE

Un couteau carnivore,
aile douce et homicide,
soutient son vol et son éclat
autour de ma vie

Rayon métallique crispé
Affaissé totalement,
me picote le flanc
pour y construit un triste nid.

Mon temple, balcon fleuri
dès mon plus jeune âge
est noir et mon cœur,
sur mon cœur des cheveux gris.

Telle est la mauvaise vertu
du rayon qui m’entoure,
que je vais à ma jeunesse
comme la lune à mon village.

Je collecte avec mes cils
le sel de l’âme et le sel de l’œil
et des fleurs de toiles d’araignées
de ma tristesse je collecte.

Où irai-je sans aller
à rechercher ma perte ?
Ton destin c’est la plage
ma vocation c’est la mer.

Se reposer de ce travail
d’ouragan, d’amour ou d’enfer
n’est pas possible, et la douleur
sera mon éternelle peine.

Mais enfin je peux vaincre,
oiseau et rayon séculaire,
cœur, de la mort
personne ne doit me faire douter.

Suis ensuite le couteau, suis-le
volant, me blessant. Un jour
le temps jauni se retrouvera
sur ma photographie.

***

Un carnívoro cuchillo

Un carnívoro cuchillo
de ala dulce y homicida
sostiene un vuelo y un brillo
alrededor de mi vida.

Rayo de metal crispado
fulgentemente caído,
picotea mi costado
y hace en él un triste nido.

Mi sien, florido balcón
de mis edades tempranas,
negra está, y mi corazón,
y mi corazón con canas.

Tal es la mala virtud
del rayo que me rodea,
que voy a mi juventud
como la luna a mi aldea.

Recojo con las pestañas
sal del alma y sal del ojo
y flores de telarañas
de mis tristezas recojo.

¿A dónde iré que no vaya
mi perdición a buscar?
Tu destino es de la playa
y mi vocación del mar.

Descansar de esta labor
de huracán, amor o infierno
no es posible, y el dolor
me hará a mi pesar eterno.

Pero al fin podré vencerte,
ave y rayo secular,
corazón, que de la muerte
nadie ha de hacerme dudar.

Sigue, pues, sigue cuchillo,
volando, hiriendo. Algún día
se pondrá el tiempo amarillo
sobre mi fotografía.

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

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Après la mort ce sera doux (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



 

Audrey Kawasaki  0

après la mort ce sera doux
comme une paupière après la mort

oeil tremble: un cil de l’orage

un pays arrêté
remonte avec l’eau

(Martine Broda)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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La fille aux cheveux de lin (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Daniel F. Gerhartz - Tutt'Art (11) [800x600]

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Daniel F. Gerhartz 

 

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