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Locutions des Pierrots (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Locutions des Pierrots

Les mares de vos yeux aux joncs de cils,
Ô vaillante oisive femme,
Quand donc me renverront-ils
La Lune-levante de ma belle âme?

Voilà tantôt une heure qu’en langueur
Mon coeur si simple s’abreuve
De vos vilaines rigueurs,
Avec le regard bon d’un terre-neuve.

Ah! madame, ce n’est vraiment pas bien,
Quand on n’est pas la Joconde,
D’en adopter le maintien
Pour induire en spleens tout bleus le pauv’monde!

(Jules Laforgue)


Illustration: Raphaël

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J’ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



puma

J’ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,
sans manger je vais par les rues, et je me tais,
sans le soutien du pain, et dès l’aube hors de moi
je cherche dans le jour le bruit d’eau de tes pas.

je suis affamé de ton rire de cascade,
et de tes mains couleur de grenier furieux,
oui, j’ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
je veux manger ta peau comme une amande intacte,
et le rayon détruit au feu de ta beauté,

je veux manger le nez maître du fier visage,
je veux manger l’ombre fugace de tes cils,
j’ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule

et je te cherche, et je cherche ton coeur brûlant
comme un puma dans le désert de Quitratúe.

***

Tengo hambre de tu boca, de tu voz, de tu pelo,
y por las caltes voy sin nutrirme, callado,
no me sostiene el pan, el alba me desquicia,
busco el sonido líquido de tus pies en el día.

Estoy hambriento de tu risa resbalada,
de tus manos color defuriosogranero,
tengo hambre de la pálida piedra de tus uñas,
quiero comer tu piel como una intacta almendra.

Quiero comer el rayo quemado en tu hermosura,
la nariz soberana del arrogante rostro,
quiero comer la sombra fugaz de tus pestañas

y hambriento vengo y voy olfateando el crepúsculo
buscándote, buscando tu corazón caliente
como un puma en la soledad de Quitratúe.

(Pablo Neruda)

 

 

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TANT (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




    
TANT

Tant je l’ai regardée caressée merveillée
et tant j’ai dit son nom à voix haute et silence
le chuchotant au vent le confiant au sommeil
tant ma pensée sur elle s’est posée reposée
mouette sur la voile au grand large de mer
que même si la route où nous marchons l’amble
ne fut et ne sera qu’un battement de cil du temps
qui oubliera bientôt qu’il nous a vus ensemble
je lui dis chaque jour merci d’être là

et même séparés son ombre sur un mur
s’étonne de sentir mon ombre qui l’effleure

(Claude Roy)

 

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Dentelle de cils (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Dentelle de cils
courbe du rêve
couloir du ciel
lèvres des rives

(Bernard Pozier)

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Souvenir (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Allan Douglas Davidson a-reclining-female-nude-in-a-sunlit-glade

Souvenir

Le ciel, aux lueurs apaisées,
Rougissait le feuillage épais,
Et d’un soir de mai, doux et frais,
On sentait perler les rosées.

Tout le jour, le long des sentiers,
Vous aviez, aux mousses discrètes,
Cueilli les pâles violettes
Et défleuri les églantiers.

Vous aviez fui, vive et charmée,
Par les taillis, en plein soleil ;
Un flot de sang jeune et vermeil
Pourprait votre joue animée.

L’écho d’argent de votre voix
Avait sonné sous les yeuses,
D’où les fauvettes envieuses
Répondaient toutes à la fois.

Et rien n’était plus doux au monde
Que de voir, sous les bois profonds,
Vos yeux si beaux, sous leurs cils longs,
Etinceler, bleus comme l’onde !

O jeunesse, innocence, azur !
Aube adorable qui se lève !
Vous étiez comme un premier rêve
Qui fleurit au fond d’un coeur pur !

Le souffle des tièdes nuées,
Voyant les roses se fermer,
Effleurait, pour s’y parfumer,
Vos blondes tresses dénouées.

Et déjà vous reconnaissant
A votre grâce fraternelle,
L’Etoile du soir, blanche et belle,
S’éveillait à l’Est pâlissant.

C’est alors que, lasse, indécise,
Rose, et le sein tout palpitant,
Vous vous blottîtes un instant
Dans le creux d’un vieux chêne assise.

Un rayon, par l’arbre adouci,
Teignait de nuances divines
Votre cou blanc, vos boucles fines.
Que vous étiez charmante ainsi !

Autour de vous les rameaux frêles,
En vertes corbeilles tressés,
Enfermaient vos bras enlacés,
Comme un oiseau fermant ses ailes ;

Ou comme la Dryade enfant,
Qui dort, s’ignorant elle-même,
Et va rêver d’un Dieu qui l’aime
Sous l’écorce qui la défend !

Nous vous regardions en silence.
Vos yeux étaient clos ; dormiez-vous ?
Dans quel monde joyeux et doux
L’emportais-tu, jeune Espérance ?

Lui disais-tu qu’il est un jour
Où, loin de la terre natale,
La Vierge, d’une aile idéale,
S’envole au ciel bleu de l’amour ?

Qui sait ? L’oiseau sous la feuillée
Hésite et n’a point pris l’essor,
Et la Dryade rêve encor…
Un Dieu ne l’a point éveillée !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Allan Douglas Davidson

 

 

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La fille aux cheveux de lin (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Lauri Blank -    (39)

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Lauri Blank

 

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Le corps de la femme que j’aime (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Que se disperse dans la crise,
pour une nouvelle genèse, dans le cataclysme,
le corps de la femme que j’aime,
en obsidienne, en agate, en saphir,
en granite fouetté
par le vent de sel d’Antofagasta.
Que son corps menu,
ses cils,
ses pieds, ses seins, ses jambes de pain,
ses lèvres charnues, sa parole rouge
prolongent la peau de l’albâtre :
que son coeur défunt
chante en roulant et qu’il descende
avec les pierres
du fleuve, vers l’océan.

(Pablo Neruda)

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POUR MON ENFANT FRAIS (Denise Jallais)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



POUR MON ENFANT FRAIS

Comme une petite pêche mûre
Tu vas tomber dans ma vie
Et je te cueillerai avec soin
Pour garder longtemps
Ton odeur de fruit
Et ta peau d’aurore
Tu dormiras
Tes cils sur ta joue
Comme de l’herbe marine
Et je te regarderai
Etonnée d’être à la fois
L’arbre
Et la terre (…)

Noël est plein de sapins
Les repas de famille
Sentent le gigot et l’ennui
Toi
Tu n’y comprends rien
Tu voudrais manger les bougies
Alors
Je te donne Bambi la biche
Et pour mieux t’endormir
Tu lui mords l’oreille

(Denise Jallais)

Illustration: Julia Pappas

 

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Cils de la nuit (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



Illustration
    
Cils de la nuit
entre les joncs
blonds sur encre

Cils immobiles
remous d’ombres
ciel paisible

Sous les paupières
des ténèbres
l’aube mûrit

Parée de frais
loin de la nuit
désemparée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Instantanés (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018





Illustration

    

Instantanés

J’appartiens au silence
Que troublent parfois
Des bruits non désirés
Et je foudroie du regard
Le clapotis des vagues

Les étoiles pâlissent
Que le soleil éclabousse
Fantasque
La lune cabriole
Sur la densité de la nuit
Et des images naviguent
Dans un coin de clarté et de paix
Où sous des cils sombres
Ton regard clair
Décape l’air frais
Sous un ciel coiffé de son bonnet d’hiver

La lumière traverse les volets
Pour modeler ton corps
Et jouer à cache-cache
Avec l’ombre de tes seins

Je sais que c’est par espièglerie
Que tu laisses sur le drap de lit
Ton empreinte indélébile
Mais je dois m’en contenter

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

 

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