Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cilice’

LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR…
A Maurice Fombeure.

Le vent se lève avec le jour
Et fait le tour de la maison
Où la douleur sommeille encore
Entre les bras qui l’on bercée
A l’ombre des futaies du sang.

Le vent se lève avec le jour
Et crache noir dans la rosée
Sur les chalands aux longes molles
Sur les ferrailles oubliées
Qui recommencent d’exister.

Le vent se lève avec le jour
Et sous l’aisselle un vieux soleil
Qui roule à travers la mémoire
Comme un morceau de pain rouillé
Sur les dalles de la prison.

L’homme ne tardera plus guère
On l’entend geindre et se débattre
Dans le cilice de sa chair
Et réchauffer de son haleine
L’oeuf purulent de son amour.

(Jean Rousselot)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche à l’exigence (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Retouche à l’exigence

fervente du cilice
n’admettant que son rang
la ronce aux fleurs de sang
met l’amour au supplice

(Daniel Boulanger)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 4 Comments »

Une course blanche (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




Illustration: Takahiro Hara
    
Une course blanche,
de l’or mêlé,
deux sangs déserts,
un cilice de baisers.

Quatre mains pour jouer,
de l’acier pour mourir,
un feu très clair,
et des veilleuses sans compter.

L’haleine de l’enfer
à la gorge des vents,
le souvenir d’un ciel
où les astres explosent.

Un manteau de tonnerre
où la foudre est humide,
un ruisseau d’herbes sèches
où sommeillent des pierres.

Le plus doux des néants
sous la souffrance intime,
les deux âges complices
endormis de ciguë.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ENERVEMENT D’ANGOISSE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



daria-petrilli-_artodyssey-15

ENERVEMENT D’ANGOISSE

Douce juive, décloue ma dormition d’argile,
décloua ma tension nerveuse et ma douleur…
Décloue, éternelle aimée, mon interminable ahan et les
deux clous de mes ailes et le clou de mon amour !

Je reviens du désert où je suis beaucoup tombé ;
retire la ciguë et offre-moi tes vins ;
chasse, dont la mimique est la cécité ferrée de Longins,
mes sicaires, avec des pleurs d’amour.

Décloue mes clous, oh ma nouvelle mère!
Symphonie d’oliviers, verse à longs flots tes pleurs !
Alors, tu attendras, assise près de ma chair morte,
la menace qui cède et l’alouette qui s’enfuit !

Tu passes… tu reviens… Ton deuil tresse mon grand cilice
avec des gouttes de curare, tranchants de l’humanité,
la dignité de roc présente dans ta chasteté,
le mercure judithesque de ton miel intérieur.

Il est huit heures d’un matin sorcier crème…
Il y a du froid… Un chien passe rongeant l’os de l’autre
chien qu’il fut. Commence à pleurer dans mes nerfs
l’allumette que j’éteignis en capsules de silence!

Dans mon âme hérétique, chante sa douce fête asiatique
un dionysiaque ennui de café…!

***

NERVAZÓN DE ANGUSTIA

Dulce hebrea, desclava mi tránsito de arcilla;
desclava mi tensión nerviosa y mi dolor….
Desclava, amada eterna, mi largo afán y los
dos clavos de mis alas y el clavo de mi amor!

Regreso del desierto donde he caído mucho;
retira la cicuta y obséquiame tus vinos:
espanta con un llanto de amor a mis sicarios,
cuyos gestos son férreas cegueras de Longinos!

Desclávame mis clavos ¡oh nueva madre mía!
¡Sinfonía de olivios, escancia tu llorar!
Y has de esperar, sentada junto a mi carne muerta,
cuál cede la amenaza, y la alondra se va!

Pasas… vuelves… Tus lutos trenzan mi gran cilicio
con gotas de curare, filos de humanidad,
la dignidad roquera que hay en tu castidad,
y el judithesco azogue de tu miel interior.

Son las ocho de una mañana en crema brujo….
Hay frío….Un perro pasa royendo el hueso de otro
perro que fue….Y empieza a llorar en mis nervios
un fósforo que en cápsulas de silencio apagué!

Y en mi alma hereje canta su dulce fiesta asiática
un dionisiaco hastío de café….!

(César Vallejo)

 Illustration: Daria Petrilli

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Blanche (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2015



Blanche.

Elle divise le temps
en deux.
Sceptre et cilice.

L’écume ne meurt pas

lèvres ouvertes
aux lèvres.

Blanche.

Emmurant l’oiseau.
Tranchant le nerf fragile des coquilles.

sans que la voix
revienne.

Nue dans le sel.

(Claude Esteban)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :