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La Carte du Royaume des Précieuses (Charles Sorel)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



La Carte du Royaume des Précieuses

On s’embarque sur la Rivière de Confidence
pour arriver au Port de Chuchoter.

De là on passe par Adorable, par Divine, et par Ma Chère,
qui sont trois villes sur le grand chemin de Façonnerie
qui est la capitale du Royaume.

A une lieue de cette ville est un château bien fortifié
qu’on appelle Galanterie.
Ce Château est très noble,
ayant pour dépendances plusieurs fiefs,
comme Feux cachés, Sentiments tendres et passionnés
et Amitiés amoureuses.

Il y a auprès deux grandes plaines de Coquetterie,
qui sont toutes couvertes d’un côté par les Montagnes de Minauderie
et de l’autre par celles de Pruderie.

Derrière tout cela est le lac d’Abandon,
qui est l’extrémité du Royaume.

(Charles Sorel)

voir ici: Carte DE Tendre (et pas « du ».. Tendre est un Pays.. un BEAU Pays!)  de Madeleine de Scudéry (15/11/1607  02/06/1701)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Tendre
http://www.miscellanees.com/t/tendre01.htm

 

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Le soleil (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration: Joseph Galante
    
L’herbe : sur l’herbe je n’ai rien à dire
mais encore quels sont ces bruits
ces bruits du jour et de la nuit
Le vent : sur le vent je n’ai rien à dire

Le chêne : sur le chêne je n’ai rien à dire
mais qui donc chantonne à minuit
qui donc grignote un pied du lit
Le rat : sur le rat je n’ai rien à dire

Le sable : sur le sable je n’ai rien à dire
mais qu’est-ce qui grince ? c’est l’huis
qui donc halète ? sinon lui
Le roc : sur le roc je n’ai rien à dire

L’étoile : sur l’étoile je n’ai rien à dire
c’est un son aigre comme un fruit
c’est un murmure qu’on poursuit
La lune : sur la lune je n’ai rien à dire

Le chien : sur le chien je n’ai rien à dire
c’est un soupir et c’est un cri
c’est un spasme un charivari
La ville : sur la ville je n’ai rien à dire

Le coeur : sur le coeur je n’ai rien à dire
du silence à jamais détruit
le sourd balaye les débris
Le soleil : ô monstre, ô Gorgone, ô Méduse
ô soleil.

(Raymond Queneau)

 

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Absence (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



Absence

Quelques gouttes de pluie ont frappé à la vitre
et j’ai soudain senti combien tu me manquais;
Nous habitons pourtant la même ville
Sans pour ainsi dire nous voir jamais.
Ce matin j’ai l’impression que l’automne
débute avec de drôles d’idées:
pas de cigognes dans le ciel morne,
pas d’arcs-en-ciel après l’ondée.
Une phrase d’Héraclite, il me semble,
m’est revenue je ne sais trop comment:
«Les gens éveillés vivent ensemble;
ceux qui dorment, séparément.»
En quel mauvais rêve avons-nous été engloutis
pour ne plus pouvoir nous réveiller?
A la vitre ont frappé quelques gouttes de pluie
et j’ai soudain senti combien tu me manquais.

(Ismaïl Kadaré)


Illustration

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DANS LES SIRÈNES (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



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DANS LES SIRÈNES

Dans les sirènes d’usine
Dans les klaxons
de cinq heures
dans le crissement des pneus
Dans le fracas
continu de la ville
J’entends la mer

Dans les profondeurs du sommeil
pans les secrets voyages de la nuit
Dans le noir blessé des néons
Je vois la mer

Et près des réverbères perdus
Je me suis appuyé les soirs de pluie
A la rambarde des trottoirs
Sans parapluie

(Gilles Vigneault)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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