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Posts Tagged ‘cimetière’

Les temps vécus… (Gérard Berréby)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2021



    

Les temps vécus…

les temps vécus n’étaient pas ceux d’aujourd’hui
après avoir distillé
la discorde à tous les étages
nous voilà bardés
d’incertitudes majeures
apeurés et perdus
le bruit de l’impuissance
les gens meurent et d’autres parlent
trop beaucoup trop
il n’y a plus de place dans les cimetières
l’espace se rétrécit
le temps se dilate
les heures se confondent
et les jours s’éloignent
la maladie d’un monde malade
peur angoisse terreur
suintent sous le masque tragique
des apparences

(Gérard Berréby)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Silence des mots
Traduction:
Editions: Allia

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Poèmes d’un rescapé (Matsuo Atsuyuki)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



Illustration: Roger Somville    
    
Poèmes d’un rescapé
1965

La tumeur
de mon bras a eu
vingt ans cet été

Mes globules blancs
suffisent à peine
C’est l’été dirait-on

Libellules au ciel
Dans ma tête les enfants
qui ne vieilliront jamais

Lauriers-roses dans la ville
Criant dans les rues je défile
cette année encore

Comme à l’ordinaire
les érables rougissent où
sont les cendres des enfants

Pour le nouvel an
couper une branche de prunier au
cimetière des enfants

Seule chose au monde en
quoi je puis croire cette
pierre que je caresse

(Matsuo Atsuyuki)

In Je ne peux le croire
Fukushima Nagasaki, Hirosghima, haïkus & tankas, 2018.
Traduits du japonais par Kemmoku Makoto et Patrick Blanche.

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CHANT DU DÉSESPÉRÉ (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Charles Vildrac
    
CHANT DU DÉSESPÉRÉ

Au long des jours et des ans,
Je chante, je chante.
La chanson que je me chante
Elle est triste et gaie :
La vieille peine y sourit
Et la joie y pleure.
C’est la joie ivre et navrée
Des rameaux coupés,
Des rameaux en feuilles neuves
Qui ont chu dans l’eau ;
C’est la danse du flocon
Qui tournoie et tombe,
Remonte, rêve et s’abîme
Au désert de neige ;
C’est, dans un jardin d’été,
Le rire en pleurs d’un aveugle
Qui titube dans les fleurs ;
C’est une rumeur de fête
Ou des jeux d’enfants
Qu’on entend du cimetière.
C’est la chanson pour toujours,
Poignante et légère,
Qu’étreint mais n’étrangle pas
L’âpre loi du monde ;
C’est la détresse éternelle,
C’est la volupté
D’aller comme un pèlerin
Plein de mort et plein d’amour !
Plein de mort et plein d’amour,
Je chante, je chante !
C’est ma chance et ma richesse
D’avoir dans mon cœur
Toujours brûlant et fidèle
Et prêt à jaillir,
Ce blanc rayon qui poudroie
Sur toute souffrance ;
Ce cri de miséricorde
Sur chaque bonheur.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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A celle qui est voilée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020



    

A celle qui est voilée

Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour !

(Victor Hugo)

 

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DIEU EST NÈGRE (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020



Louis Armstrong
    
DIEU EST NÈGRE

Y avait dans la gorge à Jimmy
Tant de soleil à trois cents balles
Du blues, du rêve et du whisky
Tout comme dans les bars de Pigalle
Dieu est nègre!

C´est à la une des quotidiens
Ça fait du tort aux diplomates
Jimmy l´a vu au p´tit matin
Avec un saxo dans les pattes
Dieu est nègre!

Armstrong est reçu chez le président
Il y est allé sans sa trompette
Depuis qu´il est entré là-dedans
C´est plus du blues, c´est la tempête
Dieu est nègre!

Ça fait du bruit dans le monde entier
À faire danser tous les cimetières
Les orgues à Saint-Germain-des-Prés
En perdent le souffle et la prière
Dieu est nègre!

Il a des p´tits cheveux d´argent
Qui font au ciel comme des mirages
Et dans sa gorge y a du plain-chant
Comme dans les bars du Moyen Âge
Dieu est nègre!

Et dans la gorge à mon Jimmy
Y a du soleil à trois cents balles
Du blues, du rêve et du whisky
Comme dans les bars de Pigalle
Dieu est nègre!

Et dans l´aube grise et toute glacée
Jimmy s´endort dans l´ caniveau
En jouant d´ la trompette bouchée
Dans sa bouteille de Jéricho
Pauvre et maigre!

(Léo Ferré)

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Dure Limite (Téléphone)(Jean-louis Aubert)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



 

 
    
Dure Limite

Est-ce l’envie?
Ou est-ce ton corps?
Est-ce notre vie
Qui fait que ça dure encore?

Est-ce ton bonheur?
Où est-ce mon honneur
qui me tient prisonnier
ou qui me fait geôlier?

Est-ce l’habitude,
Toujours la même attitude,
le vide de chaque jour,
Ou le manque d’amour?

Est-ce l’amour,

Étrange amour ?
Est-ce la douceur
de tes caresses mon cœur?

Une dure limite, un mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr

Mur, tessons de bouteilles
Grilles et chiens qui veillent
Chacun sur ses gardes, qui monte la garde
Les frontières, échecs d’hier
Les autres terres, tous nos cimetières

Une dure limite, un mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr

Dure limite, mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr {2x}

Et le mur de Berlin n’a pas,
n’a pas de fin
Non le mur de Berlin,
t’en as un, j’en ai un
Il coupe la terre en deux,
comme une grosse pomme
Il coupe ta tête en deux,
comme la première pomme un peu
Il coupe ta tête en deux
et te fait femme ou homme,
si tu veux
Puis il serpente entre deux terres
et te fait faire toutes les guerres,
toutes les guerres

Une dure limite, un mur d’amour
Une dure limite
Moeurs d’amour, mœurs d’amour
Une dure, dure, dure limite {3x}
Dure limite

(Téléphone)(Jean-louis Aubert)

 

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L’ÉTOILE QUI FLAMBE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

Zdzislaw Beksinski 14638

L’ÉTOILE QUI FLAMBE

Pierres lancées des hauteurs
nous nous écrasons. A quoi bon ?
Pour ne devenir, à coup sûr,
que de la boue au cimetière.

Et s’il doit en être ainsi
telle l’étoile qui flamboie
dans la flamme et le feu
de la chute éperdue

traversons donc brûlants,
flamboyants, projetés,
la fournaise du vide
que fut notre existence

et sans savoir la fin
qui attend notre vie
que celui qui a pu
la voir passer se dise :

qu’elle fut éblouissante !

(Gyula Illyès)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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LE CIMETIÈRE MARIN (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2020




    
LE CIMETIÈRE MARIN

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée!
Ô récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux!

(Paul Valéry)

 

Recueil: Charmes
Traduction:
Editions:

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Les genêts (François Fabié)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Les genêts

Les genêts, doucement balancés par la brise,
Sur les vastes plateaux font une boule d’or ;
Et tandis que le pâtre à leur ombre s’endort,
Son troupeau va broutant cette fleur qui le grise ;

Cette fleur qui le fait rêver d’amour, le soir,
Quand il roule du haut des monts vers les étables,
Et qu’il croise en chemin les grands boeufs vénérables
Dont les doux beuglements appellent l’abreuvoir ;

cette fleur toute d’or, de lumière et de soie,
En papillons posée au bout des brins menus,
Et dont les lourds parfums semblent être venus
De la plage lointaine où le soleil se noie…

Certes, j’aime les prés où chantent les grillons,
Et la vigne pendue aux flancs de la colline,
Et les champs de bleuets sur qui le blé s’incline,
Comme sur des yeux bleus tombent des cheveux blonds.

Mais je préfère aux prés fleuris, aux grasses plaines,
Aux coteaux où la vigne étend ses pampres verts,
Les sauvages sommets de genêts recouverts,
Qui font au vent d’été de si fauves haleines.

***

Vous en souvenez-vous, genêts de mon pays,
Des petits écoliers aux cheveux en broussailles
Qui s’enfonçaient sous vos rameaux comme des cailles,
Troublant dans leur sommeil les lapins ébahis ?

Comme l’herbe était fraîche à l’abri de vos tiges !
Comme on s’y trouvait bien, sur le dos allongé,
Dans le thym qui faisait, aux sauges mélangé,
Un parfum enivrant à donner des vertiges !

Et quelle émotion lorsqu’un léger froufrou
Annonçait la fauvette apportant la pâture,
Et qu’en bien l’épiant on trouvait d’aventure
Son nid plein d’oiseaux nus et qui tendaient le cou !

Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles
Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent,
– Précoces braconniers, – de revenir souvent
Tendre en vos corridors des lacets pour les merles.

Mais il fallut quitter les genêts et les monts,
S’en aller au collège étudier des livres,
Et sentir, loin de l’air natal qui vous rend ivres,
S’engourdir ses jarrets et siffler ses poumons ;

Passer de longs hivers dans des salles bien closes,
A regarder la neige à travers les carreaux,
Éternuant dans des auteurs petits et gros,
Et soupirant après les oiseaux et les roses ;

Et, l’été, se haussant sur son banc d’écolier,
Comme un forçat qui, tout en ramant, tend sa chaîne,
Pour sentir si le vent de la lande prochaine
Ne vous apporte pas le parfum familier.

***

Enfin, la grille s’ouvre ! on retourne au village ;
Ainsi que les genêts notre âme est tout en fleurs,
Et dans les houx remplis de vieux merles siffleurs,
On sent un air plus pur qui vous souffle au visage.

On retrouve l’enfant blonde avec qui cent fois
On a jadis couru la forêt et la lande ;
Elle n’a point changé, – sinon qu’elle est plus grande,
Que ses yeux sont plus doux et plus douce sa voix.

 » Revenons aux genêts ! – Je le veux bien ?  » dit-elle.
Et l’on va côte à côte, en causant, tout troublés
Par le souffle inconnu qui passe sur les blés,
Par le chant d’une source ou par le bruit d’une aile.

Les genêts ont grandi, mais pourtant moins que nous ;
Il faut nous bien baisser pour passer sous leurs branches,
Encore accroche-t-elle un peu ses coiffes blanches ;
Quant à moi, je me mets simplement à genoux.

Et nous parlons des temps lointains, des courses folles,
Des nids ravis ensemble, et de ces riens charmants
Qui paraissent toujours si beaux aux coeurs aimants
Parce que les regards soulignent les paroles.

Puis le silence ; puis la rougeur des aveux,
Et le sein qui palpite, et la main qui tressaille,
Au loin un tendre appel de ramier ou de caille…
Comme le serpolet sent bon dans les cheveux !

Et les fleurs des genêts nous font un diadème ;
Et, par l’écartement des branches, haut dans l’air.
Paraît comme un point noir l’alouette au chant clair
Qui, de l’azur, bénit le coin d’ombre où l’on aime !…

Ah ! de ces jours lointains, si lointains et si doux,
De ces jours dont un seul vaut une vie entière,
– Et de la blonde enfant qui dort au cimetière, –
Genêts de mon pays, vous en souvenez-vous ?

(François Fabié)

 

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ENFANTS MORTS (Melech Ravitch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020



Illustration: Vincent Van Gogh
    
ENFANTS MORTS
(extrait)

La mort c’est la dépouille un soir d’automne
D’un enfant de sept jours
Dans sa caisse clouée, longue de dix-huit pouces,
Portée dévotement par sa grand-mère
À travers champs jusqu’au paisible cimetière
Où la pluie fait tinter sur les tombes
Son cantique du coeur.
D’un enfant de sept jours la mort est la dépouille
Poussée dans la terre humide et glacée ;
L’aïeule rentre à la maison, et l’on attendait son retour
Avec le pain noir odorant, le bol brûlant de chicorée :
Telle est la mort.

(Melech Ravitch)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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