Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cinquantaine’

Eventail (Issa)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018



dans la cinquantaine prendre une jeune épouse
un éventail
pour me cacher le visage

(Issa)

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Anniversaire (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Anniversaire

« Et j’avais cinquante ans quand cela m’arriva. »

Je ne crois plus au langage des fleurs
Et l’Oiseau bleu pour moi ne chante plus.
Mes yeux se sont fatigués des couleurs
Et me voici las d’appels superflus.

C’est en un mot, la triste cinquantaine.
Mon âge mûr, pour tous fruits tu ne portes
Que vue hésitante et marche incertaine
Et ta frondaison n’a que feuilles mortes !

Mais des amis venus de l’étranger,
— Nul n’est, dit-on, prophète en son pays —
Du moins ont voulu, non encourager,
Consoler un peu ces lustres haïs.

Ils ont grimpé jusques à mon étage
Et des fleurs plein les mains, d’un ton sans leurre,
Souhaité gentiment à mon sot âge
Beaucoup d’autres ans et santé meilleure.

Et comme on buvait à ces vœux du cœur
Le vin d’or qui rit dans le cristal fin,
Il m’a semblé que des bouquets, en chœur,
Sortaient des voix sur un air divin ;

Et comme le pinson de ma fenêtre
Et le canari, son voisin de cage,
Pépiaient gaiement, je crus reconnaître
L’Oiseau bleu qui chantait dans le bocage.

(Paul Verlaine)

Illustration: Remy Disch

 

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La chambre en désordre (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



La chambre en désordre

Au virage périlleux de la cinquantaine
J’ai dérapé sur cet amour. Quelle douleur!
quel sensible et secret pétale me tourmente
et me provoque à la synthèse de la fleur

dont on ignore comme elle est faite: l’amour,
dans la quintessence du mot, l’amour muet
d’un naturel silence ne peut plus tenir
dans ce grand geste pour recueillir et aimer

le nuage que son ambiguïté dilue
en cet objet plus imprécis que le nuage
davantage défendu aussi, corps! corps, corps,

vérité si finale, soif variée,
et ce cheval en liberté parmi le lit,
qui de celui qui aime promène le coeur.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Jean-Baptiste Valadie

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