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Posts Tagged ‘citronnier’

MARIANA (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 

Albena Vatcheva   (22)

MARIANA

Don Pedro viendra à cheval
Comme un fou quand il saura
Que je suis emprisonnée
Pour avoir brodé son pavillon.
Et si l’on me tue, il viendra
Pour mourir à mon côté,
Car il me l’a dit un soir
En m’embrassant les cheveux;
Il viendra comme un saint Georges
De diamants et d’eau noire,
Laissant flotter en l’air la fleur
Eclatante de sa cape vermeille.
Et parce qu’il est noble et modeste,
Pour que personne ne le voie,
Il viendra au petit matin,
Dans le petit matin frais
Alors que sur l’air obscur
Le citronnier brille à peine
Et que l’ombre dessine dans les vagues
Des frégates d’ombre et de soie.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Nuage déchiré (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



Nuage déchiré… l’arc-en-ciel
brille déjà dans le ciel,
et d’un fanal de pluie
et de soleil le champ est enveloppé.

Je me suis éveillé. Qui trouble
le cristal magique de mon rêve?
Mon coeur battait,
pâmé et diffus.

… Le citronnier fleuri,
les cyprès du jardin,
le pré vert, le soleil, l’eau, l’arc-en-ciel!…
L’eau dans tes cheveux!…

Et tout se perdait dans la mémoire
comme une bulle dans le vent.

(Antonio Machado)

 

 

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Jardin de jadis (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



Illustration: Claude Monet
    
Jardin de jadis

Aller à nouveau au jardin clos,
Qui passées arches et palissades,
Entre magnolias et citronniers,
Préserve le charme de l’eau.

Entendre à nouveau dans le silence
Bruissant d’oiseaux et de feuillages,
Le doux chuchotement de l’air
Où vaguent les âmes du passé.

Revoir le ciel profond
Au loin, la tour svelte
Telle une fleur de clarté sur les palmes :
Toutes choses à jamais belles.

Éprouver à nouveau, comme alors,
La pointe aiguisée du désir,
Tandis que resurgit la jeunesse
Perdue. Rêve d’un dieu sans âge.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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Le citronnier suspend alangui (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Le citronnier suspend alangui
une branche pâle et poussiéreuse
sur l’enchantement de la fontaine limpide,
et là-bas, tout au fond, rêvent
les fruits d’or…

C’est une claire après-midi,
quasi printanière,
tiède après-midi de mars
qui porte déjà le souffle d’avril;
et je suis seul, dans le patio silencieux,
recherchant une vieille et candide illusion :
quelque ombre sur le mur tout blanc,
quelque souvenir, dormant sur la margelle
en pierre de la fontaine, ou bien, dans l’air,
quelque errance de tunique légère.

Dans l’atmosphère de l’après-midi
flotte cet arôme d’absence
qui dit à l’âme lumineuse : jamais,
et au coeur : attends.

Cet arôme qui évoque les fantômes
des fragrances vierges et mortes.

Oh! oui, je me souviens de toi, après-midi joyeuse et claire,
quasi printanière,
après-midi sans fleurs, lorsque tu m’apportais
les bonnes senteurs de la verveine
et du basilic
que ma mère gardait dans des pots de terre.

Tu m’as vu plonger mes mains pures
dans l’eau sereine,
pour atteindre les fruits enchantés
qui rêvent aujourd’hui au fond de la fontaine…

Oh! oui, je te connais, après-midi joyeuse et claire,
quasi printanière.

(Antonio Machado)

 

 

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LES VIEUX (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



LES VIEUX

Parmi les troncs griffus des citronniers
Sous les feuillages chantants
Piqués de fruits d’or
Ils promènent leurs os cassants
D’un air faussement distrait.

Insectes et fleurs interchangeables
Ils se reconnaissent de loin
Se flairent à distance
Captent un pollen dans l’air
Un amour en perdition qui s’évapore.

Ils se saluent profondément
Se font des tas de petites manières polies
Parlent du beau temps et de la pluie

Insomnies douleurs et courants d’air
Sont évoqués avec déférence

Intarissables comme si le temps leur appartenait encore
Il semblent ignorer qu’ils sont morts
Depuis pas mal d’années.

(Anne Hébert)

Illustration

 

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Dans mon rêve a fleuri (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    
Dans mon rêve
a fleuri la fleur de citronnier
et toute la chambre embauma!

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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Les citrons (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Les citrons

Citrons regards, citrons visages,
Ils ont souffert, ils ont aimé,
Ils vivent dans le voisinage.
Citrons larynx, ils ont mimé

L’homme jusqu’à devenir hommes,
Citrons bourgeois portant habit,
Très solennels et qui se nomment
Maîtres citrons. Quel alibi,

Citrons vertèbres, quelle excuse ?
Objet notaire, objet tailleur,
Un fruit discute, un fruit s’amuse
A s’inventer un sort meilleur.

D’accord! nous prendrons votre place
Au citronnier; vous serez nous,
Et nous serons pendus. L’audace
Vous sourira, citrons genoux.

(Alain Bosquet)

 

 

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Le Figuier (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



Le Figuier

Parce qu’il est rugueux et laid
parce que toutes ses branches sont grises,
j’ai pitié pour le figuier.

Dans ma villa il y a cent beaux arbres :
pruniers ronds
droits citronniers
et orangers aux bourgeons lustrés.

Au printemps,
tous se couvrent de fleurs
autour du figuier.

Et le pauvre semble si triste
avec ses branches tordues qui jamais
ne s’ornent de bourgeons serrés.

Alors,
chaque fois que je passe à ses côtés
je dis, en procurant
à mon accent la douceur et l’allègresse :
« C’est le figuier, le plus beau
des arbres de mon jardin. »

S’il m’écoute,
s’il comprend la langue que je parle,
quelle douceur si profonde se nichera
dans sa sensible âme d’arbre !

Et peut être la nuit,
quand le vent évente sa palme,
engourdi de joie, le figuier lui raconte :
« Aujourd’hui l’on m’a dit que j’étais beau. »

***

LA HIGUERA

Porque es áspera y fea,
porque todas sus ramas son grises,
yo le tengo piedad a la higuera.

En mi quinta hay cien árboles bellos:
ciruelos redondos,
limoneros rectos
y naranjos de brotes lustrosos.

En las primaveras,
todos ellos se cubren de flores
en torno a la higuera.

Y la pobre parece tan triste
con sus gajos torcidos que nunca
de apretados capullos se visten…

Por eso,
cada verz que yo paso a su lado,
digo, procurando
hacer dulce y alegre mi acento:
-Es la higuera el más bello
de los árboles en el huerto.

Si ella escucha,
si comprende el idioma en que hablo,
¡qué dulzura tan honda hará nido
en su alma sensible de árbol!

Y tal vez a la noche,
cuando el viento abanique su copa,
embriagada de gozo, le cuente:
-Hoy a mi me dijeron hermosa.

(Juana de Ibarbourou)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

 

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LE JARDIN DES FILLES BRUNES (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



LE JARDIN DES FILLES BRUNES
(Fragments)

PORTIQUE

L’eau
joue de son tambour
d’argent.

Les arbres
tissent le vent
et les roses le teintent
de parfum.

Une immense
toile d’araignée
fait de la lune
une étoile

ACACIA

Qui a fauché la tige
de la lune ?
(nous laissant des racines
d’eau.)
Qu’il nous serait facile de couper les fleurs
de l’éternel acacia!

RENCONTRE

Maria del Reposo,
te voici de nouveau
près de la source froide
aux citronniers.
Vive la rose au rosier!

Maria del Reposo,
te voici de nouveau,
chevelure de brume,
prunelles de cristal.
Vive la rose au rosier!

Maria del Reposo,
te voici de nouveau.
Ce gant de lune que j’ai oublié,
où est-il ?
Vive la rose au rosier!

LE BOIS DE CITRONNIERS

Citronniers.
Instant
de mon rêve.

Citronniers.
Nid
de seins
dorés.

Citronniers.
Seins où boivent
les brises de la mer.

Citronniers.
Orangers défaillants,
orangers moribonds,
orangers exsangues.

Citronniers.
Vous avez vu mon amour brisé
par la hache d’un geste.

Citronniers.
Mon amour enfant, mon amour
sans soutien et sans rose.

Citronniers.

(Federico Garcia Lorca)

 

Illustration: James Tissot

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