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Poésie

Posts Tagged ‘clair-obscur’

GNEISS (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



GNEISS

Plis. Feuillets. Pages clivées des bibles refroidies.
Pupilles des micas au clair-obscur des quartz.
J’aime ton nom de cendre et de granite gris,
ces méandres ourlés où hésita le feu.
Et tes rides étales au clair-obscur des quartz.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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La pomme rouge (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

Le Tintoret peignit sa fille morte
il passait des voitures au loin
le peintre est mort à son tour
de longs rails aujourd’hui
corsettent la terre
et la cisèlent
la Renaissance résiste
dans le clair-obscur des musées
les voix muent
souvent même le silence
est comme épuisé
mais la pomme rouge demeure.

(Jean Follain)

 

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L’encrier (Gaspard Hons)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



pen

L’encrier

Sur l’encrier une tache de clarté, une lumière douce,
l’ombre de la mémoire passant du veilleur au dormeur.
Quand le jour se lève sur l’encrier condamné au silence,
verrons-nous se dresser des mots non écrits,
des naufragés réclamant le droit de rester les maîtres du clair-obscur ?

(Gaspard Hons)

Découvert chez Lara ici

 

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Soleil du large (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Tina Palmer
    
Soleil du large

Soleil du large
Sévère est ta naissance étagée hors des brumes
Qui laisse au rêveur
Toute une place de larmes

Éblouie j’ai cessé un instant de tout croire
Montée droite des hordes
D’oiseaux de clair-obscur

Au large où parmi les mers grandir
Volait de son propre amour

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Au sol (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Philippe Zacharie
    
Au sol

Silencieuse et aimante
Et les arbres de la voûte légère t’éclairaient
Et les forêts brillaient dans un repli d’oiseaux
Veillaient le passage clair-obscur de ton nom

Je songe à toi comme un soleil des eaux
Émue du nuage dans ces oiseaux de l’ombre

Tu descends parmi les clairières odorantes
C’est aussi un chemin
Où grandissent les pas où la lumière est comble

Jusqu’aux terres permises tu descends maintenant
Je te maintiens malgré
Tes caresses de mort
Malgré tes mains subissant le supplice

Je te garde comme l’être loin qui s’est perdu
En mon sein je te garde, tu es nue et personne

Et je t’éclaire obscure comme un sol pénétrant.

Je t’appellerai d’un langage plus léger
Je te prendrai par la main de personne
Nous aurons la peau lavée, les yeux noyés
Tu cesseras de retenir tes mains contre les grilles
Nous grandirions sans retour

Je toucherai ta peau comme pour revivre
Tremblant du bruit de ton sourire
De ton prénom de neige à la mesure des yeux
De l’âpreté de tes mains

Orée grise d’oiseaux, nous grandirions
Près des fleurs qu’on sèche dans les vases
Près des vitres embaumées de la lumière
Un doigt déchire enfin la vitre

Le jour au nord est mûr
Sans un vent.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Le vin nouveau (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Le vin nouveau

Le soleil allume en clair-obscur
L’ombre du frêne dans l’ombre d’or
Du petit bois; les vitraux
De l’église aux histoires mortes
Vibrent sous le rire des cloches,
Et l’ample robe d’une femme
En aventure fait au passage frémir
La saillie du chemin dans les herbes.
Je te quitte parce que tu n’es plus
Personne
, a-t-elle dit à son amant
Devant un carafon de vin nouveau
Dont la splendeur réchauffait la pièce.
Elle marche en souriant, laissant
Aussi glisser des larmes sur ses lèvres.

(Hédi Kaddour)

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LUNE MAGIQUE (Paul Reboux)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



LUNE MAGIQUE

Dès que plus un bruit
N’éveille la nuit,
Que l’astre au ciel luit,
Changeant,
Et que, par l’allée
De brume voilée,
La mousse est criblée
D’argent,

Sous les clartés blanches,
Ecartant les branches,
Svelte et de pervenches
Coiffée,
Frôlant les forêts
De son pas discret,
Voici qu’apparaît
La Fée…

Dans le clair-obscur
Un blond rayon sur
Sa robe d’azur
Se rit,
Et caresse et moire
Son beau corps d’ivoire
Dont la jeune gloire
Fleurit.

Derrière s’élance,
Eclos du silence,
Ce que sa puissance
Protège,
Nains, sylphes, qui font
Par vol et par bond
Comme un vagabond
Cortège.

Mais la Fée a vu
Briller — épandu
Sous le bras tordu
Qu’étend,
Protecteur, un chêne —
Ridé par l’haleine
De l’ombre sereine,
L’étang.

Comme s’y déploie
Le ciel qui chatoie,
Elle effleure, en joie,
L’eau brune,
Et de ses doigts blancs
Cueille, à gestes lents,
Des reflets tremblants
De lune…

(Paul Reboux)

 

 

 

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Mes deux Filles (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




Mes deux Filles

Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,
L’une pareille au cygne et l’autre à la colombe,
Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur !
Voyez, la grande soeur et la petite soeur
Sont assises au seuil du jardin, et sur elles
Un bouquet d’oeillets blancs aux longues tiges frêles,
Dans une urne de marbre agité par le vent,
Se penche, et les regarde, immobile et vivant,
Et frissonne dans l’ombre, et semble, au bord du vase,
Un vol de papillons arrêté dans l’extase.

(Victor Hugo)

 

 

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LES RUES (Serge Brindeau)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



LES RUES

Les rues m’habillent de lumière

J’aime le nom des sources
Et la couleur du ciel
J’aime le clair-obscur
Des ailes et des feuilles
J’aime la nuit marquée de signes
Mais pour des milliers de fleurs rouges
Et pour un roi criant plus haut que sa légende
Je lacère le ciel
Où j’ai choisi d’exalter mon enfance

Autrefois
Quand les hiboux rêvaient de varech
Je glissais mes mains sous la terre
Et j’étais en voyage
Je dénudais les sommets des collines
Le vert s’arrache aux feuilles
Comme un gant
Je transformais la pluie en étoiles d’argent
Je prenais le Sud avec moi
J’étais Seigneur et Valet du printemps
Je buvais aux sources du jour
Avec les agneaux et les tigres
Et les premières fleurs éclataient dans mes veines

Puis ce fut le temps de fer
Où nous goûtions la chair des mots
Tous mes amis
En souvenir des terres odorantes
Retenus au creux des saisons
Tous mes amis posaient leurs mains à plat
Sur le soleil
Et nous chantions face aux prisons
Face aux statues rouillées dressées contre nos murs
Et nous chantions sans modestie
Le chant guerrier de nos vingt ans
Ce fut le temps du pain de moisissure
Où nous parlions d’amour aux quatre vents

Tu as traversé la plaine
Mêlé ton rêve à mon orgueil
Je t’ai donné le nom d’une ville inconnue
Petite
Avec des toits couverts de lierre
Des déesses rouges dansant sur la paille
Et des lucarnes sur la neige
Les pavés et les roses
Te guidaient vers l’aurore
Je t’ai suivie
Comme un insecte son chemin
Comme un enfant suit la lumière
Pour la prière
Et pour l’amour
Nous avons uni nos mains d’ombre
Nos mains de terre
Au long des rues je m’en souviens

Tes lèvres prolongeaient mon enfance
De toute la nuit tiède des chansons.

Personne au monde ne croyait plus à la guerre

Les peupliers ne chantent plus si clair
Aux fontaines taries
Mais j’ai gardé confiance
Dans le grand soleil simple
Qui pèse de tout son poids de moisson droite
Au coeur des hommes
Je laisse derrière moi
Des traces de fougère
Mes mains crispées au sol
Pendant qu’à chaque fenêtre
La couleur des carreaux me montre les chemins d’eau
De la mort

(Serge Brindeau)

Illustration

 

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Caffe Parnaso (Margarita Guarderas de Jijon)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2016



Il vente, la présence se faufile,
prend le vert des sapins,
traverse le cristal des portes,
va de la terrasse aux oiseaux
au clair-obscur des parasols.
Plus on regarde et plus on peut
compter les mots, Rome au loin,
comme aux tables les garçons.

(Margarita Guarderas de Jijon)

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