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Ce qu’il faut au poète (Marie-Caroline Quillet)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Ce qu’il faut au poète

Enfant de la nature,
Il lui faut ses bouquets;
Ses tapis de verdure
Et l’or de ses guérets.

Mais il faut au poète
Des rythmes inconnus,
Les clartés du prophète
Et les nuits de Jésus.

Il lui faut des études
Aux aspects infinis:
D’austères solitudes
Pour nourrir ses esprits.

C’est là que le génie,
Au souffle créateur,
Infiltre l’harmonie
Dans le front du penseur…

(Marie-Caroline Quillet)

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L’OEIL CLOS (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



L’OEIL CLOS

Voici l’heure où se lève
l’ancre de la lumière :
un remous fait trembler
le saule sur l’étang…

Lentement
entre les rives floues
meurt la clarté liquide,
le noir de la pupille
noie le vert de l’iris.

Lentement
la nuit descend des cimes,
se pend aux basses branches.
La nuit aux doigts de plomb
pèse sur les paupières.

Voici l’heure où,
poussé par le souffle du rêve,
dérive au ras de l’eau
l’oeil qui trempe ses cils…

(Christiane Barrillon)

 

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Je porte en moi (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Dédicace
Pour Henri

Je porte en moi, parmi des clartés de vitrail,
Des fleuves étalés, des cités fulgurantes,
Des bouleaux d’argent pur, des prés de frais émail,
Des jardins constellés de lys et d’amaranthes.

Je nourris des dragons en de lointains bercails;
Mais rien ne transparaît du rêve qui me hante;
Je suis ce manuscrit fleuri d’absurdes plantes
Qui recèle à l’abri de mon double fermail,

– Magique parchemin et dont la garde est vierge,
Que nul doigt n’effleura sous sa gaine de serge, –
Des psaumes exaltés et d’amoureux cantiques.

A toi, j’offre aujourd’hui les cités, les chimères,
Le vitrail d’or liquide et le livre mystique
Où repose mon coeur comme en un reliquaire.

(Marie Dauguet)

Illustration: Guy Baron

 

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Bateau sur le ruisseau limpide (Tchang Hiu)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Bateau sur le ruisseau limpide

Le voyageur, appuyé sur la rame de son bateau,
Fredonne un air plaintif, le soir tombant.
En riant, il tend ses bras vers la lune du ruisseau bleu;
«Cette pure clarté, je ne m’en lasserai jamais!»

(Tchang Hiu)

 Illustration

 

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Après quelques coups de tonnerre (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Après quelques coups de tonnerre il a plu Il pleuvait
Des clartés enjambaient les arbres
tiraient à travers l’orage des filets pleins d’oiseaux-lyres
Il n’a pas reconnu le pain qu’il mangeait
il n’a pas reconnu le bruit d’une porte battant dans le noir
J’ai su que la joie passait tous feux éteints je le lui ai dit
Mais il dormait le souffle égal alors j’ai détourné les yeux
J’étais ici
Ne me demandez pas de vous parler de moi

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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Il n’existe aucun chemin (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Il n’existe aucun chemin;
la quête que nous poursuivons
repose en chaque chose approchée
en chaque instant qui délivre ses clartés.

Le temps ne s’écoule pas. Le temps
brûle à nos côtés, silencieux
et bordé de roc qu’il fissure
lentement, dans le désert intérieur.

Aucun chemin. Juste quelques pas
à la lisière de l’aube.

(Hélène Dorion)

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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Quel nom donner à ce langage (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Toujours les mots nous font imaginer l’être où ne se
trouve que la simple réalité.

Quel nom donner à ce langage qui pourrait s’en tenir
à la pauvreté du réel ?

Quel nom donner à ce langage qui saurait parler de
ce qui n’est pas ?

***

Un langage du réel, en sa nudité, sa simplicité
natives. Un langage d’avant la connaissance du bien et du mal.

Un langage affranchi de toute vérité. Témoin seulement d’une présence.

Des mots pour ne rien dire. Pour dire précisément ce rien.

***

Les mots du langage ordinaire veulent toujours, malgré nous, trop en dire.
Mais ces mots-là, que nous diraient-ils ? Étrangement muets. Comme les choses.

Des mots qui seraient là. Un grouillement d’existence, sous nos yeux. Imperceptible.

Un langage d’avant la tentation de l’être.
Non plus ce discours délirant qu’invente notre angoisse.

***

Voici tant de siècles que le discours de l’être nous tient prisonniers en sa caverne.
Nous sommes tellement habitués à ses ombres et ses clartés.
Nous en avons oublié l’immensité nocturne du ciel.

Maintenant, simplement faire silence.
Nous laisser saisir par le silence des choses.

Entrer dans cette nuit sans peur.
Accepter que chaque corps, chaque instant reposent en cette obscurité.

(Gérard Pfister)

Illustration: René Magritte

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Le mur travers (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Le mur travers

Il y a des nuits sans lune
des pays sans rivière
et des yeux sans regard

Il y a des chambres sans fenêtre
des villes sans lumière
et des lèvres sans chanson

il y a des chemins sans village
des matins sans clarté
et des enfants sans pain

Mais il y a une porte
dans chaque mur
à inventer à ouvrir…

(Jean-Pierre Siméon)

 

 

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Les Poètes allument des Lampes – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Les Poètes allument des Lampes –
Eux-mêmes – s’éteignent –
Ils remontent les Mèches
Si la Clarté vitale
Perdure comme les Soleils –
Chaque Âge sera un Verre
Qui diffusera leur
Halo de lumière –

***

The Poets light but Lamps –
Themselves – go out –
The Wicks they stimulate
If vital Light
Inhere as do the Suns –
Each Age a Lens
Disseminating their
Circumference –

(Emily Dickinson)

Illustration

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