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Poésie

Posts Tagged ‘clarté’

Il n’existe aucun chemin (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Il n’existe aucun chemin;
la quête que nous poursuivons
repose en chaque chose approchée
en chaque instant qui délivre ses clartés.

Le temps ne s’écoule pas. Le temps
brûle à nos côtés, silencieux
et bordé de roc qu’il fissure
lentement, dans le désert intérieur.

Aucun chemin. Juste quelques pas
à la lisière de l’aube.

(Hélène Dorion)

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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Quel nom donner à ce langage (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Toujours les mots nous font imaginer l’être où ne se
trouve que la simple réalité.

Quel nom donner à ce langage qui pourrait s’en tenir
à la pauvreté du réel ?

Quel nom donner à ce langage qui saurait parler de
ce qui n’est pas ?

***

Un langage du réel, en sa nudité, sa simplicité
natives. Un langage d’avant la connaissance du bien et du mal.

Un langage affranchi de toute vérité. Témoin seulement d’une présence.

Des mots pour ne rien dire. Pour dire précisément ce rien.

***

Les mots du langage ordinaire veulent toujours, malgré nous, trop en dire.
Mais ces mots-là, que nous diraient-ils ? Étrangement muets. Comme les choses.

Des mots qui seraient là. Un grouillement d’existence, sous nos yeux. Imperceptible.

Un langage d’avant la tentation de l’être.
Non plus ce discours délirant qu’invente notre angoisse.

***

Voici tant de siècles que le discours de l’être nous tient prisonniers en sa caverne.
Nous sommes tellement habitués à ses ombres et ses clartés.
Nous en avons oublié l’immensité nocturne du ciel.

Maintenant, simplement faire silence.
Nous laisser saisir par le silence des choses.

Entrer dans cette nuit sans peur.
Accepter que chaque corps, chaque instant reposent en cette obscurité.

(Gérard Pfister)

Illustration: René Magritte

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Le mur travers (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Le mur travers

Il y a des nuits sans lune
des pays sans rivière
et des yeux sans regard

Il y a des chambres sans fenêtre
des villes sans lumière
et des lèvres sans chanson

il y a des chemins sans village
des matins sans clarté
et des enfants sans pain

Mais il y a une porte
dans chaque mur
à inventer à ouvrir…

(Jean-Pierre Siméon)

 

 

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Les Poètes allument des Lampes – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Les Poètes allument des Lampes –
Eux-mêmes – s’éteignent –
Ils remontent les Mèches
Si la Clarté vitale
Perdure comme les Soleils –
Chaque Âge sera un Verre
Qui diffusera leur
Halo de lumière –

***

The Poets light but Lamps –
Themselves – go out –
The Wicks they stimulate
If vital Light
Inhere as do the Suns –
Each Age a Lens
Disseminating their
Circumference –

(Emily Dickinson)

Illustration

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L’Espérée (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2017



 

L’Espérée

Je pense à toi
au plus profond des îles du sommeil
comme à une clarté
dans le gris de ma tristesse

(Paul Louis Rossi)

 

 

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Le cœur et l’œil (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



Le cœur et l’œil

Le cœur sent, l’œil cherche. Il voit le chemin
Qui mène à l’amour de la belle fille.
Et quand celle-ci ne semble pas loin
Palpite le cœur, tandis que l’œil brille,
Comprend le désir. C’est qu’il le connaît!
Cher et doux trésor, quel est ton souhait?

Quand l’amour s’enfuit de celle qu’on aime,
Le cœur, tout à coup, veut se révolter.
Égoïste cœur qui pense à lui-même
Et ne tarde pas à rire ou chanter.
C’est que nul souci, vraiment, ne le hante.
Il s’est séparé sans nulle épouvante.

L’œil lave son être, humble et tourmenté.
Son trésor caché, tout seul, il le pleure.
Mais à quoi sert-il, ce pleur qui l’effleure?
L’œil aura perdu sa vive clarté
Sitôt que ce pleur offert à la belle
Ne coulera plus, retiendra son zèle.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Arrachement (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



Arrachement: ce mot me fit trembler,
soudain rageur, blessure du silence.
Il est partout: dans l’ombre et la clarté,
à l’aube dans ma bouche comme le goût des rêves.
Partout. Sitôt levé, il rôde, il règne, il va saisir
– arrachement – et le voici contre les seins de l’amoureuse.

(Jean Joubert)


Illustration: Albert Edelfelt

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CROQUIS (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



CROQUIS

Le soleil aux luisantes dagues
Et puis l’océan familier.
Un canot joue à déplier
L’herbe musicale des vagues.

La mer fleurit comme un jardin,
Et l’île que mes yeux font naître
S’érige tel un lys marin
Qu’une blanche clarté pénètre.

Je vois des étoiles nageant
Au-dessus du soir atlantique
Se muer en poissons d’argent
Autour d’une lune extatique.

La mer amoureuse halète
Et gonfle sa chair qui blêmit
Une ultime blancheur frémit
Dans l’ombre houleuse et violette.

Ô voyageur du soir, regarde
La mer clignotante de feux
Aériens, feux hasardeux
Qui sont blessures qu’elle garde.

(Jules Tordjman)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Ils se cherchaient dans la boue comme dans les étoiles (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Ils se cherchaient dans la boue
comme dans les étoiles
la tranquillité de l’herbe au pied des murs

les forêts Souveraines
les déserts de clarté

Nous aurions dû aimer
plus encore disaient-ils

(Georges Bonnet)

 

 

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