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Poésie

Posts Tagged ‘clarté’

D’une main l’autre (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



Illustration: ArbreaPhotos
    
D’une main l’autre
Le secret avoué
demeure secret
À l’instar
de l’ombre transparente
ou de l’opaque clarté
Qui s’attarde
Entre
La carafe remplie de vin
Et le bol
au cœur vide

Offrande
à l’Inespéré
Que perpétuent
jour après jour
Deux mains jointes

(François Cheng)

 

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Par les chemins (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



Par les chemins

Dans le sentier qui riait sous mes pieds
Mon cœur courait vers toi
Et je venais poser l’ombre
D’un baiser sur ta joue
Sur laquelle glissait la clarté.

Nous traversions de chastes forêts
Pour y chercher des cachettes
Et y découvrir le plaisir.
Nous quittions des rivages moribonds
Pour des îles bien vivantes
Et y trouver le bonheur

Nous avons parcouru
Tous les sentiers de l’enfance
Les mille chemins de l’adolescence
Avant d’emprunter
L’unique route de l’âge adulte.

Il faut bien vieillir

(Jean-Baptiste Besnard)

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Epouvantable clarté (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017



Eparpille, cherchant le lieu d’asile,
L’ordre fermé, le centre où se dissout
la meute de poussière – tu tournoies.

Quel messager? Le feu, la nuit, la pierre,
l’arbre fige ou bien l’oiseau fuyant
son propre cri dans le déluge de lumière?

– alors insaisissable, qui lacère
le visage mêlé au froid de sa dérive.

Dans le grand jour panique se dispersent
l’arbre, le feu, la terre délitée…

Saison d’appel, homme sans ombre,
glorieuse, épouvantable clarté.

(Jean Joubert)

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L’inquiet désir (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Voici l’été encor, la chaleur, la clarté,
La renaissance simple et paisible des plantes,
Les matins vifs, les tièdes nuits, les journées lentes,
La joie et le tourment dans l’âme rapportés.

– Voici le temps de rêve et de douce folie
Où le coeur, que l’odeur du jour vient enivrer,
Se livre au tendre ennui de toujours espérer
L’éclosion soudaine et bonne de la vie,

Le coeur monte et s’ébat dans l’air mol et fleuri.
– Mon coeur, qu’attendez-vous de la chaude journée,
Est-ce le clair réveil de l’enfance étonnée
Qui regarde, s’élance, ouvre les mains et rit?

Est-ce l’essor naïf et bondissant des rêves
Qui se blessaient aux chocs de leur emportement,
Est-ce le goût du temps passé, du temps clément,
Où l’âme sans effort sentait monter sa sève?

– Ah! mon coeur, vous n’aurez plus jamais d’autre bien
Que d’espérer l’Amour et les jeux qui l’escortent,
Et vous savez pourtant le mal que vous apporte
Ce dieu tout irrité des combats dont il vient…

(Anna de Noailles)

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Moissonner les rivages (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



moissonner les rivages
les temples et les regards
colporter le fugace et le précaire
demeurer même mal
dans l’énigme de la clarté

(Jack Keguenne)

Découvert chez Lara ici

Illustration: André Derain

 

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Le visage que tu portes (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2017



Le visage que tu portes,
où tu caches sous la peau
de farouches animaux
qui rôdent dans les clairières,

arrache-le! Tu retrouves
sous la ténébreuse image
la nuit d’un autre visage
qu’il faut encore déchirer.

Et de visage en visage,
arrachés et déchirés,
lèvres noires, plaies figées
au rivage du miroir,

tu gagnes ta propre images
ta demeure d’écorché
où des griffes de clarté
poussent d’étranges ravages:

beau visage de vivant,
camaïeu d’os et de nerfs,
forêt de veines, d’artères
où battent les tambours du sang.

(Jean Joubert)


Illustration

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Pont de bois sur le torrent du Drac (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



Pont de bois sur le torrent du Drac

Passé le pont
que sommes-nous
quel écho de nos songes?

Nos pas résonnent
sur les planches
l’eau grise souffle une ombre,

sur la forêt
l’oiseau décoche
un dernier cri.

Et quel silence alors
quelle clarté nous broient
dans cet espace sans espace

où silence et clarté
se fondent, se dissolvent
dans l’indicible froid?

Que sommes-nous, perdus
sans rive ni mémoire –
transparents,
immobiles?

tandis qu’ailleurs
l’eau glisse entre les arches
et que l’oiseau aveuglément poursuit son vol.

(Jean Joubert)

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LA VACHE AU TAUREAU (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2017



Illustration: Louis Flahaut

    

LA VACHE AU TAUREAU

À l’aube, à l’heure exquise où l’âme du sureau
Baise au bord des marais la tristesse du saule,
Jeanne, pieds et bras nus, l’aiguillon sur l’épaule,
Conduit par le chemin sa génisse au taureau.

Compagnonnage errant de placides femelles,
Plantureuses Vénus de l’animalité,
Qui, dans un nonchaloir plein de bonne santé,
S’en vont à pas égaux comme deux sœurs jumelles.

Si le pis est pesant, les seins sont aussi lourds,
L’une a les cheveux drus, l’autre les crins opaques,
Et leurs yeux sont pareils à ces petites flaques
Où la lune projette un rayon de velours.

Aussi, rocs et buissons, les chênes et les chaumes
Semblent leur dire, émus de cette humble union,
Qu’en ce jour c’est la fête et la communion
Des formes, des clartés, des bruits et des arômes.

(Maurice Rollinat)

 

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La lumière (Joseph Joubert)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2017




    
La lumière est l’ombre de Dieu;
la clarté, l’ombre de la lumière.

(Joseph Joubert)

 

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DOMINUS DOMINO (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

DOMINUS DOMINO

L’eau qui affleure entre les saules invente un abîme d’étoiles.
L’espace à y rêver je le déploie et il m’obsède.
Mon songe crée ce vide où il s’aggrave.
Ma profondeur me montre en moi mon défaut
mais je suis sa borne en elle,
nous nous sommes étrangers corps à corps.

[…]

Paroles et brises se font de plus en plus impalpables.
La clarté s’amenuise sans une ombre.
Exister s’exténue comme un hymne. Mon absence
me pleure de joie dans les mains.

(Jean Grosjean)
Illustration: ArbreaPhotos

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