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Poésie

Posts Tagged ‘clignoter’

Les grenouilles (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



Les grenouilles

Elles s’en vont au loin s’accroupir sur les pierres,
Sur les champignons plats, sur les bosses des troncs
Et clignotent bientôt leurs petites paupières
Dans un nimbe endormeur et bleu de moucherons.

Emeraude vivante au sein des herbes rousses
Chacune luit en paix sous le midi brûlant ;
Leur respiration a des lenteurs si douces
Qu’à peine on voit bouger leur petit goître blanc.

Elles sont là, sans bruit, rêvassant par centaines,
S’enivrant au soleil de leur sécurité ;
Un scarabée errant, du bout de ses antennes,
Fait tressaillir parfois leur immobilité.

Les autres, que sur l’herbe un bruit laisse éperdues
Ou qui préfèrent l’onde au sol poudreux et dur,
A la surface, aux bords, les pattes étendues,
Inertes, hument l’air, le soleil et l’azur.

(Maurice Rollinat)

Illustration

 

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NOCTURNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



NOCTURNE

L’oubli venait… il est arrivé… solitude…
Une larme qui tombe aussitôt tout se tait.
La lampe a clignoté, prise de lassitude,
Tout objet effleuré dit : laissez-moi en paix…

Et puis, dorénavant…
La pluie… écoute donc sa plainte familière,
Le tumulte du vent,
Derrière un escarpin, dans le parc de naguère…

Je m’endors… j’écoute…
A la fenêtre, sur la route,
L’automne a soupiré :
Mon Dieu !

(George Bacovia)

Illustration

 

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Le centre est imprévisible (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



Illustration: Odilon Redon
    
Le centre est imprévisible,
clignotant et errant dans l’être
comme un rêve dans un espace perdu.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Les lumières de la ville (Guy Boucher)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Les lumières de la ville à travers les feuillages,
L’une d’elles se détache,
Clignote et s’éteint : une luciole !

(Guy Boucher)

 

 

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Un mot phare au bout de la langue (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Illustration: Georges de La Tour
    
un mot phare au bout de la langue clignote et tous les autres
mots assaillant par tous ses bouts la langue

.

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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HESPÉRUS (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Edward Burne-Jones
    
HESPÉRUS

Hespérus le jour s’est enfui
La rosée tombe silencieuse
Sur mainte fleur perle une larme
Et la vie du ciel est en toi

Hespérus, le soir qui descend
Nous enveloppe de douceur
On dirait qu’un enfant respire
Quand le jour rencontre le soir

Hespérus la fleur qui se ferme
Sur le sol humide s’endort
Comme pleut sans bruit la rosée
Et qu’alentour le ciel respire

Hespérus, ta lueur clignotante
Rayonne dans le bleu du ciel
Et dit au voyageur en route
La terre sera pardonnée

***

HESPERUS

Hesperus the day is gone
Soft falls the silent dew
A tear is now on many a flower
And heaven lives in you

Hesperus the evening mild
Falls round us soft and sweet
Tis like the breathings of a child
When day and evening meet

Hesperus the closing flower
Sleeps on the dewy ground
While dews fall in a silent shower
And heaven breathes around

Hesperus thy twinkling ray
Beams in the blue of heaven
And tells the traveller on his way
That earth shall be forgiven

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Feuille de millepertuis (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017




Feuille de millepertuis

Comme si, par la serrure,
On épiait d’aventure
Quelque chose qui se passe,
Dans les trous du haut espace
As-tu vu la Voie Lactée,
As-tu vu Cassiopée,
Le Chariot, la Grande Ourse?
As-tu suivi dans sa course
Cette lune de magie?
Ô mon elfe, si ta vie
Tourne encore avec la terre,
Prends cette feuille plus claire,
Mets-y ton oeil qui clignote.
Lorsque le grillon grignote
Le silence de la croûte,
Fin pertuis, l’oreille écoute,
Et je transcris ton extase,
Et le poème est un vase
Où la feuille un peu trouée
Aspire cette rosée
Qu’il fallait la dernière
Etoile entre ciel et terre.

(Pierre Menanteau)

Illustration

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La fruste chanson (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La fruste chanson

Le soleil a fondu la neige,
Plus rouge qu’un coquelicot,
Margot mets ton beau caraco,
Enfile ta jupe de bouège.

Il pleut des fleurs à l’aventure,
Le vent a des meuglements sourds
Comme un taureau qui fait l’amour;
Viens-t-en nous deux à la pâture.

Dans l’odeur des épines blanches
Clignotant leurs yeux de rubis,
Nerveuse échine et maigre hanche,
Les boucs caressent les brebis.

Les crapauds dont la gorge halète,
S’accouplent au chant des coucous.
Ah! Margot, l’amour est bien doux
Pour les gens comme pour les bêtes!

(Marie Dauguet)

 

 

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Chaque vie scellée par le silence (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Alfred Kubin     
    
Chaque vie scellée par le silence se perd
dans l’espace clignotant de jours et de nuits
et c’est au moment de la mort qu’elle apprend
que les siècles ont le battement de la mer.

C’est le pas cadencé sur la dalle éternelle,
c’est le cri sans écho qui tournoie dans la nuit
comme un peu de foudre, c’est le cri sur lequel
se ferme pour toujours la bouche de l’homme.

Pars vite. Tu ne peux déjà plus me rejoindre.
L’amour est un peu de soleil sur un naufrage.
Séparée de moi par des plaines de retard,
tu ne coïncides pas avec ma minute éternelle.

Et pourtant la joie de vivre se fait femme
au seuil des portes trop hautes du jour
où les hommes se lavent à grand soleil
avec l’ombre rejetée d’un coup derrière eux.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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La petite chercheuse de coquillages (Jacqueline Saint-Jean)7

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



Il marche au milieu du lignage secret
L’écolier court à l’avant
les doigts violents dans les cavales du vent
Il marche comme on se multiplie
amarré à son peuple d’ombres
à ses fables de survie
Par vagues revient comme un chant errant
Mais la plaine s’amplifie
On voit clignoter le cavalier des leurres
et les moissons cachent leurs morts
Reste dans la fragilité des marges
fugace comme un signe
la petite chercheuse de coquillages

(Jacqueline Saint-Jean)


Illustration

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