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Posts Tagged ‘clin d’oeil’

LE VEILLEUR (Christiane Burucoa)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



LE VEILLEUR

Comme une vague anime l’autre
Se confondant en une seule
Et comme déferle la houle
Vêtue de reflets sur reflets
Pour se briser
Sous les implacables fouets
De l’écume,
Le regard de celui qui veille
Attentif au coeur de sa sphère,
A chaque signe des paupières,
Est effacé par le mouvement qui le crée,

il croit orchestrer la marée
Alors que le reflux déjà
Ouvre l’écluse de ses gouffres.
Bien qu’il reconnaisse ses yeux,
Le veilleur n’est plus derrière eux.
il ne peut s’emplir de l’espace
Qui semble lui être donné.
Un clin d’oeil… Et la mer
Toute entière a changé,
Et la vague s’est transmuée,
L’instant du regard est passé.

L’oeil du veilleur est morcelé
En des arc-en-ciel irisés
Où la couleur fond et défaille.

(Christiane Burucoa)

 

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Qu’est ce qu’un baiser ? (Jacques Salomé)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Qu’est ce qu’un baiser ?

Un souffle, une douceur légèrement humide,
la palpitation de deux lèvres,
un élan de tendresse ou d’amour déposé au coin d’une joue,
d’une lèvre ou même sur tout le corps de l’autre.

Un instant arrêté aussi éphémère que la rosée d’une émotion.
Un baiser c’est comme le clin d’œil d’une étoile
dans l’immensité du cosmos ;
c’est bon comme la mie d’un pain doré par l’amour.

Aussi la vie d’un baiser est-elle très courte,
même si chaque baiser paraît contenir chaque fois
une part d’éternité.

(Jacques Salomé)

 

 

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L’univers n’est qu’un clin d’oeil (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



 

L’univers n’est qu’un clin d’oeil de notre vie torturée,
l’Oxus n’est qu’une goutte de nos larmes,
l’enfer qu’une flamme parmi celles qui nous brûlent,
le paradis qu’un instant du jour que nous donnons à la joie.

(Omar Khayam)

 

 

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BONHEUR (Hourig Mayssian)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



BONHEUR

Voilà que passe devant toi
une jolie jeune fille,
les cheveux au vent, les yeux brillants.
Un frisson agréable parcourt ton corps

Elle passe très vite à côté de toi;
un clin d’oeil magique
et sa trace est déjà perdue
dans l’épais brouillard.

Elle passe à côté de toi.
Unique souvenir, nostalgie ou douleur,
elle te laisse un fol espoir,
de la rencontrer encore un jour !

(Hourig Mayssian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

 

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Je vis caché dans un trou (Patrick Joquel)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



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Je vis caché
dans un trou
tout au fond
de mon igloo
J’attends
un peu de soleil
un petit
clin d’oeil
du ciel
Je guette
avec gourmandise
un amour
sur la banquise

(Patrick Joquel)

Illustration

 

 

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Suis-je un devin ? suis-je un rêveur ? … (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Didier Delamonica - French Mystical Fantasy painter -   (7) [1280x768]

Suis-je un devin ? suis-je un rêveur ? suis-je un homme ivre ?
un interprète des songes ? une cloche de minuit ?

Une goutte de rosée ? une vapeur et un parfum de l’éternité !
Ne l’entendez-vous pas ?
Ne le sentez-vous pas ?
Mon monde vient de s’accomplir, minuit c’est aussi midi.

La douleur est aussi une joie,
la malédiction est aussi une bénédiction,
la nuit est aussi un soleil,
— éloignez-vous,
ou bien l’on vous enseignera qu’un sage est aussi un fou.

Avez-vous jamais approuvé une joie ?
Ô mes amis, alors vous avez aussi approuvé toutes les douleurs.
Toutes les choses sont enchaînées, enchevêtrées, amoureuses, —

— vouliez-vous jamais qu’une même fois revienne deux fois ?
Avez-vous jamais dit :
« Tu me plais, bonheur ! moment ! clin d’œil ! »
C’est ainsi que vous voudriez que tout revienne !

— tout de nouveau, tout éternellement,
tout enchaîné, enchevêtré, amoureux,
ô c’est ainsi que vous avez aimé le monde, —

— vous qui êtes éternels, vous l’aimez éternellement et toujours :
et vous dites aussi à la douleur : passe, mais reviens :
CAR TOUTE JOIE VEUT — L’ÉTERNITÉ !

Toute joie veut l’éternité de toutes choses,
elle veut du miel, du levain,
une heure de minuit pleine d’ivresse,
elle veut des tombes,
elle veut la consolation des larmes versées sur les tombes,
elle veut le couchant doré —

— que ne veut-elle pas, la joie !
elle est plus assoiffée, plus cordiale, plus affamée,
plus épouvantable, plus secrète que toute douleur,
elle se veut elle même, elle se mord elle-même,
la volonté de l’anneau lutte en elle, —

— elle veut de l’amour, elle veut de la haine,
elle est dans l’abondance, elle donne,
elle jette loin d’elle,
elle mendie pour que quelqu’un veuille la prendre,
elle remercie celui qui la prend.
Elle aimerait être haïe, —

— la joie est tellement riche
qu’elle a soif de douleur, d’enfer, de haine, de honte,
de ce qui est estropié, soif du monde, —
car ce monde, oh vous le connaissez !

Ô hommes supérieurs, c’est après vous qu’elle languit,
la joie, l’effrénée, la bienheureuse,
— elle languit, après votre douleur, vous qui êtes manqués !
Toute joie éternelle languit après les choses manquées.

Car toute joie se veut elle-même, c’est pourquoi elle veut la peine !
Ô bonheur, ô douleur ! Oh brise-toi, cœur !
Hommes supérieurs, apprenez-le donc, la joie veut l’éternité,

— la joie veut l’éternité de toutes choses,
VEUT LA PROFONDE ÉTERNITÉ !

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Didier Delamonica

 

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Complainte d’une bergère de dix ans (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015



Complainte d’une bergère de dix ans

Les vaches ont fines
Cornes de dentelle
Où frémit l’oiseau.
La lune entre les cornes
Le soleil sur le taureau.
A la rondeur du pré
La ronde terre est close.

Mais une bête mais une fleur
Rameau étoilé rêve écouté
Rayon qui saute
Grenouille sotte
Et tête de linotte
En un clin d’oeil
Vident mon tablier.

La nuit j’ai peur
Un monstre ronfle
Au lit des maîtres.
Leur méchant coeur
Jamais ne dort.
Un soir se lèveront
Et me dévoreront.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration: Georges Paul François Laurent Laugée

 

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