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Poésie

Posts Tagged ‘cloche’

Dessous la cloche (Suigyoku)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2020




    
Dessous la cloche
elle n’a laissé de trace
la froide averse

(Suigyoku)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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À tant crier (Rakugo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2020




    
À tant crier
elles n’entendent la cloche du soir
ces grenouilles

(Rakugo)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Sans doute te suis-je inutile, O nuit (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Sans doute te suis-je inutile,
O nuit; de l’abîme du monde,
Comme une coquille sans perle,
Je suis jeté sur ton rivage.

Indifférente tu fais écumer ton flot
Et tu chantes sans conciliation,
Mais tu vas aimer et apprécier
D’une coquille inutile le mensonge.

Sur le sable tu seras près d’elle,
Vêtiras ta chasuble, à
Jamais unie avec elle
L’énorme cloche de la houle.

Et la frêle paroi de la coquille,
Maison d’un coeur inhabité,
Tu la rempliras des murmures
De l’écume, de vent, de pluie, de brume

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Alexandre Séon

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Virées à bicyclette (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Virées à bicyclette

1

Dans le marais où la brume stagne,
Un long son de cloches s’égrenait
De Saint Samson de Dol de Bretagne
Jusqu’au village de La Fresnais.

Nous poursuivions jusqu’à La Gouesnière
Dans les champs, nous griffant les genoux
Et, en trébuchant dans les ornières,
Nous atteignions enfin Saint Guinoux

Suivant le vol lent d’un goéland
Tournant au-dessus d’un lourd chaland,
Nous longions le canal d’Ille et Rance
Où nous poussait notre folle errance.

Nous faisions une halte à Dinan.
Nous buvions quelques fraîches et bonnes
Bolées avec des crêpes bretonnes
Et nous nous embrassions en dînant.

2

Nous circulions dans l’odeur des haies.
Des voiles évoluaient dans la baie.
En grognant, la pointe du Grouin,
Dans la mer, enfonçait son groin.

Un soleil d’or secouait ses élytres
Sur Cancale et le port de la Houle,
Sur sa jetée et ses parcs à huîtres,
Sur Le Vivier et ses parcs à moules.

Le soir nous trouvait à Saint-Servan,
Dégustant un plat d’huîtres verdâtres
Et des sardines grillées dans l’âtre
Une bonne en patois nous servant.

Quand nous sortions, la Tour Solidor
Piquait la nuit dans la poudre d’or
D’un phare qui tournait dans la brume
Sur Cézembre noir, ourlé d’écume.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Bruges (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Bruges

Cancanent tes canards,
Bruges-les-Saules,
Sous les planches des môles,
Bruges-les-Arts.

Quand les soleils t’essuient,
Bruges-les-Eaux,
Miroitent tes canaux,
Bruges-la-Pluie.

Tu te mets en dentelles,
Bruges-la-Brique,
Pour tes nuits électriques,
Bruges-la-Belle.

Bière blanche de Bruges,
Bruges-l’Ancienne
Aux cloches magiciennes,
Bruges-Déluge !

Bruinent tes ciels de cendre,
Bruges-les-Ponts,
Tintent tes carillons,
Bruges-la-Flandre.

Tes pignons à redans,
Bruges-la-Brume,
Qu’éclaire un quart de lune,
Bruges-le-Vent !

Bruges, hors du Temps.

(Bernard Lorraine)


Illustration

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Le vent nous précède et nous pousse (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Michel Bez  Cylclade-4-550

 

Le vent nous précède et nous pousse,
La poussière de nos pas
Les devance, chère douce,
Qui ris bien, mais ne souris pas;

Je suis de tout là-bas, où tinte
Une cloche d’argent dans le jour,
Où s’espace la demi-teinte
Du peuplier et du labour;

Tout t’y semblerait triste et pâle,
Le fleuve et la plaine et les cieux :
J’y sais une chose sans égale :
Le Sourire silencieux.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Michel Bez

 

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Coeur de bois (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration
    
Coeur de bois

Amandine si hautaine
Amandine au coeur de bois
Ce soir, je serai ton Roi.
Si tu veux, tu seras la Reine.

J’ai ôté mon tablier
J’ai mis mes plus beaux souliers
Dans ma poche des sous neufs
Pour les distribuer aux veufs

Comme trône j’ai le fauteuil
Du Grand Oncle Cancrelat
Qui fume dans son cercueil
Une pipe en chocolat.

Ma couronne vif argent
Vient tout droit du pâtissier.
Sur mes épaules flotte un drap
On se cachera dedans.

Le fauteuil est à roulettes
Quelle aubaine pour un Roi !
Je le déplace et les traîtres
Frappent au mauvais endroit.

Amandine, tes yeux verts
Illuminent toutes mes nuits.
Je voudrais t’écrire en vers
Quand je serai plus instruit

Amandine, tu m’as dit .
« Je viendrai sept heures sonnées.
Je viendrai dans ton grenier
Avec ma chemise à plis. »

L’heure passe et je suis là
Ma couronne pour les rats !
Ah ! ce bruit de patinette !
Mais non, ce n’est pas ici.

Le sang me monte à la tête
J’entends les cloches aussi.
Et pourtant, je suis le Roi !
Tu devrais, genou en terre,

Baiser le bout de mon drap
Et pleurer pour la manière !
« Madame, relevez-vous »
Te dirai-je noblement !

Et sur tes lèvres de houx
T’embrasserai jusqu’à cent.
L’heure fuit , mes oripeaux
Juste bons pour les corbeaux !

Amandine, tu te moques
Tu te ris toujours de moi.
Quand tu remontes tes socques
Je tremble et ne sais pourquoi…

Amandine, je vais mourir
Si vraiment tu ne viens pas.
Je t’ordonne de courir
De grandir entre mes bras !

Le silence, seul, répond
Aile blanche sur mon front.

Le grenier comme un navire
Se balance dans la nuit.
Le trône vide chavire
L’Oncle fume en son réduit.

Amandine sans foi ni loi
Amandine ne viendra pas.
Jamais elle ne sera Reine
D’Occident ou de Saba

Jamais elle ne régnera
Sur c’qu’il y a de plus sacré.
Peste noire ou choléra
Jamais ne pourra pleurer.

Et pourtant comme je l’aime
Amandine des chevaux d’bois
De Jean-Pierre et de Ghislaine
De tout le monde à la fois !

Et pourtant comme je l’aime
(À mes pieds tombe le drap)
Amandine si hautaine
Amandine au coeur de bois.

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

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Le saule s’effeuille (Matsuo Bashô)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2020



Le saule s’effeuille –
nous écoutons la cloche
le maître et moi

(Matsuo Bashô)


Illustration

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Fenêtres ouvertes Le matin – En dormant (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



Illustration: Mustapha Merchaoui
    
Fenêtres ouvertes
Le matin – En dormant

J’entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.
Une cloche est en branle à l’église Saint-Pierre.
Cris des baigneurs. Plus près ! plus loin ! non, par ici !
Non, par là ! Les oiseaux gazouillent, Jeanne aussi.
Georges l’appelle. Chant des coqs. Une truelle
Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.
Grincement d’une faux qui coupe le gazon.
Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.
Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.
Musique militaire arrivant par bouffées.
Brouhaha sur le quai. Voix françaises. Merci.
Bonjour. Adieu. Sans doute il est tard, car voici
Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.
Vacarme de marteaux lointains dans une forge.
L’eau clapote. On entend haleter un steamer.
Une mouche entre. Souffle immense de la mer.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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Eau-Couleur (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



Eau-Couleur

Liquide est le Pays de la Couleur; il est
dans l’aniline des bocaux de pharmacie.
Tout juste un regard, et je plane sur le vert
non pas le vert forêt, mais le vert d’outre-vert.

Et dessous la cloche le bleu est une baie.
Je voudrais y naître; je suis en train de naître.
Du jaune je traverse la lagune d’or.
La couleur est l’étant; le reste, bavardage

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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