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Posts Tagged ‘cloche’

Place des Vosges (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




Place des Vosges

Sur la place des Vosges
un matin d’avril
le marchand d’oranges
passait en chantant

Les pigeons du square
dans les arbres bleus
regardaient les feuilles pousser
sous le ciel du printemps

et sous les arcades
d’un très vieil hôtel
une jeune fille
a rougi…

On entendait les cloches de Saint-Paul
et le pas d’un cheval
sur le pavé de grès
Mon Dieu comme l’air est léger
sur la place des Vosges!

Les façades roses
brillaient au soleil
le marchand d’oranges
s’était approché
de la jeune fille
pour lui demander
son coeur en dentelle tremblant
sous le ciel du printemps

et sur la palette
de Monsieur Dufy
la place des Vosges
chantait…

(Francis Blanche)

Illustration: Jean-Charles Decoudun

je n’ai pas trouvé celle de Raoul Dufy

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La reine (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



La reine

Je t’ai proclamée reine.
Il en est de plus grandes que toi, de plus grandes.
Il en est de plus pures que toi, de plus pures.
Il en est de plus belles que toi, de plus belles.

Mais toi tu es la reine.

Marches-tu dans la rue,
nul ne te reconnaît.
Nul ne voit ta couronne de cristal, nul ne regarde le
tapis d’or fauve
que foule ton pied où tu passes,
le tapis qui n’existe pas.

Mais quand tu apparais
tous les fleuves tintinnabulent
dans mon corps, les cloches ébranlent
le ciel entier,
en un hymne remplit le monde.
Seuls toi et moi,
seuls toi et moi, ô mon amour,
nous l’entendons.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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JUSQUE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020




    
JUSQUE

Par milliers millions milliards
voie lactée incalculable
forêt chaque arbre un rappel
chaque campanule autant de cloches
dans les prés du souvenir
chaque nuage jamais retrouvé
dans le ciel de la mémoire
écumes que l’océan impose
pour toutes les marées
celles de la honte du désespoir
de la mélancolie
et les vagues de regrets de remords
qui se brisent quand vient la nuit
Orages oubliés éclairs de colère
éclairs des déchirements
le sang coulera-t-il longtemps
le prochain orage qu’on n’attendait plus
plus jamais
Et pourtant le premier coup de tonnerre
la même catastrophe et la même chanson

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Cotapos a dit de ton rire (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Cotapos a dit de ton rire qu’il tombe
comme fond le faucon du haut des tours soudaines
tu traverses, c’est vrai, le feuillage du monde
d’un éclair pourfendeur et parent de ton ciel.
ll tombe, et sautent les langues de la rosée,
les eaux du diamant, la lumière d’abeilles
et là où le silence habitait dans sa barbe
grenades du soleil, étoiles, tout éclate.
Avec le ciel c’est la nuit sombre qui descend,
et cloches et oeillets brûlent à pleine lune,
tandis que courent les chevaux des bourreliers :
je sais, tu es toute petite ; cependant
le rire pleut de toi comme d’un météore,
la nature par toi porte un nom électrique.

***

que cae, y corta, y saltan las lenguas del rocío,
las aguas del diamante, la luz con sus abejas
y allí donde vivía con su barba el silencio
estallan las granadas del sol y las estrellas,
se viene abajo el cielo con la noche sombría,
arden a plena luna campanas y claveles,
y corren los caballos de los talabarteros :
Cotapos dice que tu risa cae
como un halcón desde una brusca torre
y, es verdad, atraviesan el follaje del mundo
con un solo relámpago de tu estirpe celeste
porque tú siendo tan pequeñita como eres
dejas caer la risa desde tu meteoro
electrizando el nombre de la naturaleza.

(Pablo Neruda)

 

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ANESTHÉSIE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020




    
ANESTHÉSIE

Il fait encore jour et tu n’as pas fini
de raconter l’histoire II est beaucoup trop tôt
pour aller se coucher Aucun enfant ne dort
avant que les vers luisants soient sortis de leurs trous

L’enfant qui ne veut pas dormir
s’endort sans le savoir en continuant à dire
d’une voix de plus en plus engourdie de brume
qu’il n’a pas sommeil et ne veut pas dormir

Il dort sur l’épaule qui le porte à son lit
et il entend parler dans la pièce à côté
les grandes personnes au ralenti avec des mots
qui glissent simplement les uns après les autres
comme des ondées de cloches résonnent
dans le clocher

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Le soir venu (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Le soir venu
rassembler toutes choses
dans l’enclos

Traiter nourrir
Nettoyer l’auge
pour les astres

Mettre de l’ordre dans le proche
gagne dans l’étendue
comme le bruit d’une cloche
autour de soi

(Philippe Jaccottet)

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Nostalgie (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020




Nostalgie

Le doux tintement du soir
Résonne sur la campagne.
Mais il m’apprend
Qu’en ce monde personne
N’a vraiment trouvé
Le pays natal et le bonheur du pays :
A peine sortis des langes de la terre,
Nous retournons à la terre.

Quand les cloches tintent ainsi,
Je ressens que tous
Nous sommes encore en chemin
Vers la patrie éternelle.
Heureux celui qui sans trêve
Lutte pour s’arracher à la terre
Et chante des chants nostalgiques
De cette béatitude.

(Friedrich Nietsche)

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LES CLOCHES (Edgar Allan Poe)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




LES CLOCHES

Des traîneaux entendez les cloches…
Les petites cloches d’argent !
Quel monde de gaîté leur mélodie appelle !
Comme elles tintent, tintent, tintent,
Dans l’air glacial du crépuscule !
Tandis que les étoiles qui, là-haut, parsèment
Tout le ciel, dirait-on, scintillent
D’un plaisir de cristal;
Marquant le temps, le temps,
Le temps, en une sorte de rythme runique,
Du tintement qui, musicalement, sourd
Des cloches, cloches, cloches, cloches,
Des cloches, cloches, cloches…
Du tintamarre et du drelin-drelin des cloches.

***

THE BELLS

Hear the sledges with the bells—
Silver bells!
What a world of merriment their melody foretells!
How they tinkle, tinkle, tinkle,
In the icy air of night!
While the stars that oversprinkle
All the heavens, seem to twinkle
With a crystalline delight;
Keeping time, time, time,
In a sort of Runic rhyme,
To the tintinnabulation that so musically wells
From the bells, bells, bells, bells,
Bells, bells, bells—
From the jingling and the tinkling of the bells.

(Edgar Allan Poe)

Illustration: Vsevolod Vyacheslavovich Ivanov

 

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NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

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NOEL (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



 

 

NOEL

Les carillons de Noël
Dans le vent nocturne…
Qui sait où sont aujourd’hui
Les cloches
Et les sons de jadis ?

Les sons vivants
Des ans écoulés
Avec leur beauté enfantine
Et leurs cheveux parfumés
Leurs cheveux parfumés de l’odeur de résine
Avec des lèvres et des boucles
Alourdies par les rêves ?

Et d’où viennent les cloches
D’aujourd’hui

Les vagabondes cloches d’aujourd’hui ?
Les jours présents
Glissent dans un souffle.
Qui écoute seulement si c’est une plainte
Ou le rieur mois de Mai
Le rougissant fleurissant mois de Mai ?

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration

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