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Poésie

Posts Tagged ‘clore’

La Caresse (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



La Caresse

Mes chaudes mains, baigne-les
Dans les tiennes… Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.

Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières

Et le mal s’étale, tant,
Comme une dalle est polie,
Une caresse l’étend
Jusqu’à la mélancolie.

(Paul Valéry)

 

 

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Au coeur solitaire du bonheur (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Au coeur solitaire du bonheur,
Devenu mon coeur même,
Quelle paix divine en ce jour,
Et quelle plénitude suprême !

Ô le rire adorable d’amour
De tout ce qui m’environne !
Autour de mon bonheur en fleur
Une abeille éternelle bourdonne…

Elle se clôt doucement et s’apaise,
Mon âme heureuse ;
Elle se tait,
La rose qui chantait.

(Charles Van Lerberghe)

 

 

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REPOS (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018




    
REPOS

Les fleurs quand j’étais
fatigué me procuraient
du silence pour me reposer.
Tellement, qu’il ne leur échappait
un son jusqu’au matin.

Et même à l’univers
avec ses étoiles flottantes
le silence avait
(phénomène rare)
clos les lèvres.

Et ma mère retira
sa voix qui est,
même à présent que j’ai vieilli,
une musique douce
et continue :

« Dors, mon enfant « .

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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L’accent circonflexe (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




    
L’accent circonflexe clôt un espace.
Je l’aimerais creuset,
paumes ouvertes ou ailes en vol.
Recueil au lieu d’éteignoir.

À l’intérieur, tiendraient
tous les chǎteaux, les gǎteaux
et les rěves de gosse.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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Ça ne cesse pas (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018




    
ça ne cesse pas

manque le pouvoir d’interrompre

de clore le corps
à volonté

on prend à chaque instant on taille
dans l’épaisseur de l’air
et les morceaux deviennent
douleur ou mots simplement
en passant

même dans le jardin
on n’en mène pas large

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Caisse claire
Traduction:
Editions: Points

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L’attente (Jules Verne)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Hugues Gillet
    
L’attente

Je suis dans la douce attente ;
Au nocturne rendez-vous,
Je guette ma belle amante ;

La lune amoureuse argenté
Le gazon flexible et doux ;
Je suis dans la douce attente ;

L’ombre tiède et frémissante
Se prépare à point pour nous ;
Je guette ma belle amante ;

De sa beauté ravissante
Déjà je me sens jaloux ;
Je suis dans la douce attente ;

Il lui faudra quitter tante,
Père, mère, sœur, époux !
Je guette ma belle amante ;

Bien couverte de sa mante,
Elle doit les tromper tous ;
Je suis dans la douce attente ;

Dans ce bosquet d’amarante,
Il ne faut pas de verrous !
Je guette ma belle amante ;

Elle arrive diligente !…
Je la contemple à genoux !
Dans une bien douce attente
J’ai guetté ma belle amante !

Ma douce amante, pourquoi,
Alors que je me réveille,
Ta bouche pure et vermeille
Que tu viens pencher vers moi,
Se clôt-elle à mon oreille ?

Serait-ce pas un baiser ?
Quelquefois je le suppose,
Que de tes lèvres de rose
Tu voudrais sur moi poser
Secrètement et pour cause ?

Ou plutôt à mon chevet,
Retenant ta fraîche haleine,
Crains-tu que je ne surprenne
Dans ton coeur quelque secret
Qu’il me dérobe avec peine ?

Mais pour guérir ta douleur,
Car ta souffrance me touche
Quand l’ombre ceint ma couche,
Dépose l’un dans mon cœur,
Pose l’autre sur ma bouche !

(Jules Verne)

 

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Etre poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2018



Etre poète,
c’est avoir de l’appétit
pour un malaise
dont la consommation,
parmi les tourbillons
de la totalité des choses
existantes et pressenties,
provoque,
au moment de se clore,
la félicité.

(René Char)

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Être poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



René Charjpg

Être poète, c’est avoir de l’appétit pour un malaise dont la consommation,
parmi les tourbillons de la totalité des choses existantes et pressenties,
provoque, au moment de se clore, la félicité.

(René Char)

 

 

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Pourquoi, lumière (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
Pourquoi, lumière, te retires-tu
de moi dans les choses que je regarde
et plus loin encore
dans les autres que je ne vois pas ?
Close l’histoire, effacée la personne,
perdu ou gagné le combat ?
Ou bien
est-ce l’autre qui mûrit
et resplendit, l’amour plein,
le plein anéantissement
dans quoi ? dans quelle unique substance,
dans quelle totale inessence —
impossible à savoir,
n’y a-t-il pas de témoin, pas de chant ?

Elle pense ou rêve que quelqu’un pense
dans le remous de paix
du tourbillon sanglant…

***

Perché, luce, ti titrai
da me nelle cose guardate
e più addentro ancora
nelle altre non vedute ?
Chiusa la storia, cancellata la persona,
perso o vinto l’agone ?
Oppure
è l’altro che matura
e splende, l’amore pieno,
il pieno annientamento
in cosa ? in che unica sostanza,
in che totale inessenza —
impossibile saperlo,
non c’è testimone, non c’è canto ?

Lei pensa o sogna che qualcuno pensi
nel risucchio di pace
del mulinello cruento…

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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SUPRÊME ÉTREINTE (Anatole Belval-Delahaye)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Andrei Protsouk  
    
SUPRÊME ÉTREINTE

Ah ! laisse, mon amour, ces divines oiselles,
Nos deux âmes s’unir au silence divin.
L’ivresse de l’extase, en nous versant son vin,
Clôt les bouches de chair de ses deux blanches ailes.

Mon luth reste muet devant tant d’infini.
Je vois dans tes grands yeux l’azur qui se colore,
Le désir embrasé monte comme une aurore.
Emergeant de ton cœur comme d’un lac béni.

La pourpre du plaisir ensanglante les roses,
Ta bouche est la grenade ouverte à mon baiser,
Tu ne peux, cher amour, hélas ! me refuser
Le temple de ta chair pour nos apothéoses.

Les instants de bonheur, au sablier du temps,
Sont à peine minute au siècle de souffrance,
Et nous pesons si peu dans la juste balance,
Qu’un souffle nous emporte à l’aube d’un printemps.

L’Ecriture nous dit qu’au delà du mystère
11 est un paradis qu’il nous faut mériter,
Mais j’en sais un, ma douce, où luit la volupté ;
Vivons, si tu m’en crois, cet Eden sur la Terre.

Aimons-nous follement, l’amour est le plus fort;
Cherchons vers le bonheur où la vie est en source,
Buvons l’oubli des jours, des nuits et de leur course.
Et restons enlacés, noués jusqu’à la mort.

(Anatole Belval-Delahaye)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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