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Poésie

Posts Tagged ‘clown’

Tendresse (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020




J’ai connu un commissaire de police
qui était clown en dehors de ses heures de service

J’ai connu des glycines roses plus que la rose elle-même
c’était dans un jardin
chez les Bénédictins
à Solesmes
J’ai connu des cinémas pour bonbons à la menthe
j’ai connu ce vieux zèbre triste qui se lamente
et lentement se décolore au Jardin des Plantes
J’ai même connu l’homme qui prêtait sa voix pour l’horloge parlante
mais un matin lavé de ma vie de mes livres
neuf comme une larme Adieu tour Eiffel
je reviendrai vers l’arbre aux sources du vivre
apprendre à chanter pour le vent

Et le vent m’apprendra les parfums de la plaine
et le vent m’apprendra les senteurs de l’été
Coquillages d’odeurs dans la brume incrustés
vous ne reviendrez plus aviver quelque peine
Non je n’ai plus soif et je laisse
cette vie d’ardoise et de pierre
couler couler
et déborder les verres

Tendresse

(Francis Blanche)

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Un clown rigolo (Roland Topor)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



 

Un clown rigolo
Qui s’appelle Coquelicot
On lui donne une claque
Ca le rend patraque
On lui donne un baiser
Il tombe de côté
Il tombe sur un os
Ca lui fait une bosse
Il tombe dans le feu
Ca lui fait des bleus.
Aille! Ouille!
Ca lui fait mal
J’ai les yeux qui mouillent
comme une grenouille

(Roland Topor)

Illustration

 

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Maman, plus tard, moi je serai (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020




Illustration: Lia R.
    
Maman, plus tard, moi je serai
blanchisseur de nuages ou berger d’oiseaux,
peut-être compteur de gouttes d’eau,
arbitre pour combats d’escargots,
garde du corps pour papillons,
acupuncteur pour hérissons,
clown pour passants fatigués,
imprimeur pour sans-papiers,
décorateur de coccinelles,
empêcheur de tomber du ciel.
Puis, j’inventerai la machine à ne rien faire
qui se tendra en hamac depuis la Terre
vers un point très lointain du vaste univers.
Alors, on m’élira comme la plus lente
et la plus mignonne étoile filante.
Respirant le grand air des galaxies,
à cheval sur l’Ourse, sur la queue de Castor,
employé des affaires privées de l’infini,
je connaîtrai enfin l’âge d’or.

(Carl Norac)

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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La mort du clown (Jan Van Nijlen)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



La mort du clown

Je ris parce que je sais que je vis toujours
et je rirai toujours quand je ne serai plus :
l’ombre luisante laissée par l’amour
est un astre qu’on voit, bien qu’il ait disparu.

***

Ik lach omdat ik weet dat ik blijf leven,
en lachen zal als ik niet meer zal zijn :
de door de liefde nagelaten schijn
is als een ster, zichtbaar ofschoon verdwenen.

(Jan Van Nijlen)


Illustration

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Clowns (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2018



 

 
    
Je me souviens du clown russe Popov
et du clown suisse Grock

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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Comme ils disent (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Comme ils disent

J’habite seul avec maman
Dans un très vieil appartement
Rue Sarasate
J’ai pour me tenir compagnie
Une tortue, deux canaris
Et une chatte

Pour laisser maman reposer
Très souvent je fais le marché
Et la cuisine
Je range, je lave, j’essuie
À l’occasion je pique aussi
À la machine

Le travail ne me fait pas peur
Je suis un peu décorateur
Un peu styliste
Mais mon vrai métier
C’est la nuit
Où je l’exerce travesti
Je suis artiste

J’ai un numéro très spécial
Qui finit a nu intégral
Après strip-tease
Et dans la salle je vois que
Les mâles n’en croient pas leurs yeux
Je suis un homme, oh!
Comme ils disent

Vers les trois heures du matin
On va manger entre copains
De tous les sexes
Dans un quelconque bar-tabac
Et là, on s’en donne a cœur joie
Et sans complexes
On déballe des vérités
Sur des gens qu’on a dans le nez
On les lapide
Mais on le fait avec humour
Enrobé dans des calembours
Mouillés d’acide

On rencontre des attardés
Qui pour épater leur tablée
Marchent et ondulent
Singeant ce qu’ils croient être nous
Et se couvrent, les pauvres fous
De ridicule

Ça gesticule et parle fort
Ça joue les divas, les ténors
De la bêtise
Moi, les lazzis, les quolibets
Me laissent froid, puisque c’est vrai
Je suis un homme, oh!
Comme ils disent

À l’heure où naît un jour nouveau
Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J’ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude

Je me couche mais ne dors pas
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
À ce garçon beau comme un dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
À ma mémoire
Ma bouche n’osera jamais
Lui avouer mon doux secret
Mon tendre drame
Car l’objet de tous mes tourments
Passe le plus clair de son temps
Au lits des femmes

Nul n’a le droit en vérité
De me blâmer, de me juger
Et je précise
Que c’est bien la nature qui
Est seule responsable si
Je suis un homme, oh!
Comme ils disent

(Charles Aznavour)

 

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En piste (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



En piste

Maestro, musica !

C’est moi le pitre des étoiles
Le magicien de ma p’tite vie
Mais qui nous força
D’entrer en piste
Qui ordonna le saut de la mort

En piste

Tout dans le son et la chanson
Je cabriole et je gambade
Aussi libre qu’un bouffon
Je cahote, je cavalcade

En piste

Je suis le saltimbanque de mes vertiges
J’offre du cirque à ma p’tite vie
À ma p’tite vie
Mais qui décréta notre entrée en piste
Qui ordonnera notre saut de la mort

Tantôt figurant
Tantôt régisseur
Tantôt pantin
Marionnettiste
Tantôt dompteur
Tantôt dompté
Tantôt clown blanc
Tantôt auguste

C’est moi le pitre des étoiles
Le magicien de ma p’tite vie
De ma p’tite vie

(Andrée Chedid)


Illustration: Marc Chagall

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JE ME DESSÉCHÉ, INERTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
JE ME DESSÉCHÉ, INERTE,
et commence à vieillir;
sur la terre déserte
je reste sans dormir.

Les sèves de la vie
délaissent mes artères,
ne donnant plus d’envie
qu’à ma tristesse amère.

Ma vue faiblit, mes yeux
sont cernés de fossés;
s’étend la taie sur eux
d’un vieux sage blessé.

Me font tourner sans trêve
les clowns de la mémoire
et puis rejouent en rêve
mon passé dérisoire.

Ce chagrin est de plomb.
Pour mon cerveau, quel poids !
Rajeunis-moi ! … Pardon,
bel amour de Flóra !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Ce n’était pas la peine (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018




    
Ce n’était pas la peine
de trancher le cou du clown
pour montrer que la foire est finie,
le cadavre suffisait et ce gilet de coutil.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

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Savez-vous ce qui est comique ? (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




Savez-vous ce qui est comique ?

Une oie qui joue de la musique
Un pou qui parle du Mexique
Un boeuf retournant l’as de pique
Un clown qui n’est pas dans un cirque
Un âne chantant un cantique
Un loir champion olympique

Mais ce qui est le plus comique
C’est d’entendre un petit moustique
Répéter son arithmétique.

(Maurice Carême)

Illustration

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