Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cobra’

Le ragara (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018




Existe-t-il, le Ragara,
Sur les bords du Niagara
Ou court-il dans les bois, là-bas,
Sur les flancs de l’Himalaya?
Il existe bien un lama,
Un ara parlant, un cobra,
Un chinchilla, un alapaca.
Pourquoi mon animal à moi,
Plus doux que le chat angora,
Pourquoi, mais oui, pourquoi
N’existerait-il pas?

(Maurice Carême)

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En moi (le ver) certainement n’est pas droiture (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Les murs ne tombent pas
[6]

En moi (le ver) certainement
n’est pas droiture, mais cette —

persistance ; j’échappai au piège de l’araignée,
griffe d’oiseau, bec de charognard,

me cramponnai au brin d’herbe,
au dos d’une feuille

quand la tempête
l’arracha de sa tige ;

j’échappai, j’explorai
la forêt de rose-ronces,

précipitée par la pluie
dans la vallée d’une feuille ;

puis déposée dans l’herbe
où mât après mât incrusté

portait des enchevêtrements distincts
de matière gemmée

de la brume
à chaque hampe de bannière :

peu intimidée par la multiplicité
de la beauté glorifiée,

que ton grand oeil terne
de gorgone ne peut ni fixer

ni saisir, je profite
de chaque calamité ;

me fraye une sortie en mangeant ;
gorgée de feuille de vigne et de murier,

parasite, je trouve nourriture :
quand tu cries de dégoût,

un ver sur la feuille,
un ver dans la poussière,

un ver sur un épi de blé,
je reste impénitente,

car je sais que le Seigneur Dieu
s’apprête à se manifester, quand moi,

le ver industrieux,
je tisse mon propre linceul.

[7]

Dieux, déesses
portent la coiffe ailée

de cornes, telles les antennes
du papillon,

ou la crête érigée du cobra
pour montrer comment évolue le ver.

***

In me (the worm) clearly
is no righteousness, but this—

persistence; I escaped spider-snar
bird-claw, scavenger bird-beak,

clung to grass-blade,
the back of a leaf

when storm-wind
tore it from its stem;

I escaped, I explored
rose-thorn forest,

was rain-swept
down the valley of a leaf;

was deposited on grass,
where mast by jewelled mast

bore separate ravellings
of encrusted gem-stuff

of the mist
from each banner-staff:

unintimidated by multiplicity
of magnified beauty,

such as your gorgon-great
dull eye can not focus

nor compass, I profit
by every calamity;

I eat my way out of it;
gorged on vine-leaf and mulberry,

parasite, I find nourishment:
when you cry in disgust,

a worm on the leaf,
a worm in the dust,

a worm on the ear-of-wheat,
I am yet unrepentant,

for I know how the Lord God
is about to manifest, when I,

the industrious worm,
spin my own shroud.

Gods, goddesses
wear the winged head-dress

of horns, as the butterfly
antennae,

or the erect king-cobra crest
to show how the worm turns.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Odilon Redon

 

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Parce que je T’Aime (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


phenix

Parce que je t’aime
j’inviterai autour de ton lit
une troupe de jongleurs chinois,
qui sauront ensorceler des assiettes
et transformer d’un seul geste
et d’un sourire des voiles de soie
qui deviendront nuages et tempêtes
et d’où s’échapperont des vols de grues et de hérons…

Parce que je t’aime
je saurais découvrir pour toi
l’edelweiss et la rose noire,
la flûte de jade et la pierre de lune,
l’oiseau phénix et le rossignol de l’Empereur de Chune,
un agneau de Bethléem et le linge de Véronique.

Et toi,
toi mon amour, parce que tu ne m’aimes pas
je sais que tu m’offriras par trois fois le chant du coq,
le baiser de Judas,
la flèche et le poison,
la flûte et le cobra.

(Bernard Dimey)

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