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Poésie

Posts Tagged ‘coccinelle’

La Vieille (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017



vieille-dame

La Vieille

Dans le bois, l’y a-t-une vieille qui passe quatre-vingts ans.
C’est la femme d’un pauv’ vieil homme qu’on a tué pour son argent.
— La vieille s’en va dansant, sous les branches, sous les branches.
— C’est la femme d’un pauv’ vieil homme qu’on a tué pour son argent.

Il avait trois francs six sols dans son gousset de bûcheron.
La vieille crie à tous les vents :
Qui c’est-y qu’a vu mon homme ?
— Elle s’en va glissant, sautant, sous les branches, sous les branches.
— La vieille crie à tous les vents :
Qui c’est qu’a vu mon amant ?

Deux mouches vertes aux paupières, une araignée au menton,
la vieille s’en va dansant,
— qu’elle est belle !
qu’elle est belle !
— et toute une fourmilière en grains de beauté plaisants,
la vieille s’en va sautant,
— qu’elle est belle joliment !

Cheveux gris pleins de rosée, tout brouillés de coccinelles,
la vieille s’en va glissant,
— qu’elle est belle !
qu’elle est belle !
— deux scarabées aux oreilles, une marguerite aux dents,
la vieille s’en va dansant,
— qu’elle est belle joliment !

Elle embrasse tous les passants, les glissants et les sautants,
— la folle s’en va chantant, sous les branches, sous les branches,
— les sautants et les glissants, les crapauds et les serpents.
Elle s’en va chantant, la folle :
Qui c’est donc qu’a vu mon homme ?

Elle embrasse tous les passants, le rossignol sur la gorge,
— elle s’en va chantant, la folle, sous les branches, sous les branches,
— baise l’ortie sur la fleur et le voleur sur le front.
La folle s’en va chantant :
Qui c’est qu’a vu mon amant ?

(Paul Fort)

Illustration trouvée ici: https://www.tripalbum.net/andes/vieille-dame/

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TOUT LE LONG DE LA VIE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



TOUT LE LONG DE LA VIE

Paysages de songe en des miroirs brisés,
Putains agglutinées comme boyaux de moules,
Soudain un grand cri vert a jailli de la foule
Le soleil se brossait sur les Champs-Élysées !

Sordides et mafflus et geindres et braillards
Vont à pas de fourmis tout le long de la vie,
Dans les bistrots poisseux où l’on boit sans envie,
Dans les trains surpeuplés d’aveugles babillards.

Mais le printemps sonore éclate à coups de fleurs
Délivre la fanfare timide des rainettes
Fait rutiler de ciel toutes ces marionnettes,
Hisse d’un bond les joies au pavois des couleurs.

L’ortie l’aride ortie s’éveille au fond des cours,
Éclate en rémouleur l’orgue de Barbarie.
Que des pantins barbus dégoisent des discours,
Que Brigadier sifflote en sa gendarmerie

Et le paon et le pont et le rampatapon,
Coccinelle égarée sur le sein blanc des filles,
Puis la valse où la cloche évoque le jupon,
Puis les tumultueux quadriges des quadrilles…

Sur cela sont levés les ciels lavés de lune
Et coule la fontaine au vent sous les tilleuls,
Pour y passer la vie chacun a sa chacune
Jusqu’au bout c’est fatal on se trouve enfin seul.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Félix Vallotton

 

 

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Droit au soleil, à la musique, au vague à l’âme (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



« Je suis le Président-Directeur Général
de l’univers », dit Dieu,
« une entreprise
que je souhaite plus rentable.
Le moindre travailleur, coccinelle ou taureau,
y a droit au soleil,
à la musique, au vague à l’âme.
Je n’exclus pas les apprentis,
comme la source du ruisseau
ou le bourgeon de la pivoine.
Même les retraités,
l’étoile veuve et la très vieille lune
doivent connaître le bonheur.
Je leur rendrai visite, un de ces jours:
ensemble, soyons productifs. »

(Alain Bosquet)

 

 

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NOTES POUR UN PLURIEL (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



NOTES POUR UN PLURIEL

L’aurore sait qu’il faut se vendre.
Là-bas, des fleuves
songeraient à tuer.
L’étoile, par contrat,
s’engage à devenir étoile.
Les choses :
cravate, carafon,
miroir où court la coccinelle,
complotent contre nous.
Les lilas se détestent.
Les neiges trichent.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

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JEUNESSE (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



JEUNESSE

Sur un doigt la colombelle
Nu l’esclave à la flambelle
Et plus loin sur la Margelle
Vérité grosse pucelle
De tout son ventre étincelle
Chaque sein sa coccinelle
Mais au fond de la venelle
On voit danser l’afumelle
Ah que n’est-ce villanelle
Et pour si grand damoiselle
Légère comme nigelle
Parez-vous telle bardelle
La fille veut pimprenelle
Et tout l’or de la coupelle
Elle a marqué d’un obèle
Tout mort qui la dit mortelle

(Pierre-Albert Birot)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

 

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La guerre (Alain Serres)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2016



Un matin, très tôt,
la coccinelle d’un coquelicot
part à la guerre,
avec, pour seule munition,
un grand ciel bleu sur le dos.

Elle écrase cent idées de chars d’assaut
neutralise mille désirs de bombardiers
et revient, trois instants après:
« La guerre contre la guerre, je l’ai gagnée
mais elle m’a fait perdre
trois instants de coquelicot,
ce matin,
très tôt ».

(Alain Serres)

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Aucune chanterelle (Jean-Hughes Malineau)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



 

Aucune chanterelle
Mais une coccinelle sur l’épaule
Au sortir du bois

(Jean-Hughes Malineau)

Illustration

 

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Le bruissement des arbres dans les pages (Gilles Baudry)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2016



Le bruissement des arbres dans les pages

Observé à genoux
une coccinelle
escalader une tige

si nous étions vraiment humbles
un seul brin d’herbe suffirait
à nous faire de l’ombre

(Gilles Baudry)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

 

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Chanson de l’heure qu’il est (Jean-Luc moreau)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2016



Chanson de l’heure qu’il est

– monsieur, monsieur , s’il vous plaît,
Dites-nous qu’elle heure il est !

– Il est ma petite fille
L’heure où l’escargot s’habille ;
Il est, mon petit garçon
L’heure où sort le limaçon,

L’heure étrange et solennelle
Où chantent les coccinelles

Où la puce et ses enfants
Vont dîner chez l’éléphant ;

Il est l’heure où la panthère
Épouse un coléoptère,

L’heure où tout peut arriver…
Où je dors… où vous rêvez…

(Jean-Luc moreau)

Illustration: Alexander Sulimov

 

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Le moqueur moqué (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016



Un escargot
se croyant beau, se croyant gros,
se moquait d’une coccinelle.
Elle était mince, elle était frêle
Vraiment, avait-on jamais vu
Un insecte aussi menu!
Vint à passer une hirondelle
qui s’esbaudit du limaçon.
– Quel brimborion! s’écria-t-elle,
C’est le plus maigre du canton
Vint à passer un caneton.
– Cette hirondelle est minuscule,
voyez sa taille ridicule
dit-il d’un ton méprisant.
Or, un faisan aperçut le canard et secoua la tête:
– Quelle est cette minime bête?
au corps si drôlement bâti?
On n’a jamais vu plus petit
Un aigle qui planait, leur jeta ces paroles
– Êtes-vous fous? Êtes-vous folles?
Qui se moque du précédent
sera moqué par le suivant.
Celui qui d’un autre se moque
à propos de son bec, à propos de sa coque,
de sa taille ou de son caquet,
risque à son tour d’être moqué.

(Pierre Gamarra)

Illustration

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