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Posts Tagged ‘cochon’

ON TUE UN COCHON (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Valérie Bertoni 97 [800x600]

ON TUE UN COCHON

Long cri planté dans mes novembres d’enfance
comme une croix sanglante.
Et te souviens-tu, maman, du porcelet d’avril
qui gambadait dans la prairie, un bleuet entre les dents.

Déjà l’éponge et le vinaigre.
Et déjà les dés qui roulent.
O Golgotha de kermesse aux boudins.

— Le mot cri et le mot crime.

(Norge)

Illustration: Valérie Bertoni

 

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On s’en tirera (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018




    
« On s’en tirera »,

Grogne au matin
Le cochon de lait.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Possibles futurs
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONJONCTURE (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




    
CONJONCTURE

Ce que vous mangez ce n’est pas
ce que vous croyez ce n’est pas
de la viande qu’on vous donne à bouffer,
c’est de l’appât, c’est bon
(peut-être les pêcheurs ont-ils
oublié leur ligne, peut-être
ont-ils fait le voeu
de jeûner désormais?)

L’hameçon n’a pas un goût de gâteau
mais le goût du sang
il va vous arracher à votre bouillon tiède :
Comme l’air est froid au bord de la Bérézina!
Et vous allez dévaler
sur un sable étranger
sur des glaces étrangères :
Groenland Nevada,
vos membres vont agripper
la peau du désert de Nubie.

Soyez sans crainte ! Les pêcheurs distingués
ont bonne mémoire et vieille expérience.
Ils ont pour vous l’affection
du charcutier pour son cochon.
Les voici sagement assis au bord du Rhin,
du Potomac, de la Bérézina,
au bord de tous les fleuves du monde.
Ils vous font paître. Ils attendent.

Et vous, vous déchirant la gorge à belles dents,
dans votre crainte de crever de faim,
vous vous battez pour le mortel appât.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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CHEVAUX DE BOIS CHEVAUX DE MON ENFANCE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




    
CHEVAUX DE BOIS
CHEVAUX DE MON ENFANCE

Chevaux de bois, bêtes d’apocalypse,
Sommeils d’enfants, calèches de velours,
Tournez pour nous dans les fêtes foraines,
A mi-chemin de la terre et du ciel.

Pistons crevés, hurlantes limonaires,
Cacophonie haletante d’enfer,
Kiosque braillant de cris et de lumières
Combien plus beau que le chemin de fer !

Virez, chevaux couronnés de visages,
De convoitise et de rires envieux,
Ménagerie des illusions sans âge :
Coqs et cochons, girafes, éléphants.

Nous, pour vous voir, nous venions des villages
La tête rase et les yeux grands ouverts,
Chevaux tout droits cabrés dans la fanfare
Montant, baissant comme la houle en mer.

Coeurs fracassés sous la lune des filles,
Sous le tonnerre ambroisien des tambours.
Le soir venait, lent, chaussé d’espadrilles,
La nuit s’ouvrait sur les champs de velours.

(Maurice Fombeure)

 

 

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MANÈGE (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



MANÈGE

Les chevaux de bois sont pas tous en bois
Les petits cochons vont pas tous en rond.

La dernière fois
Le cheval de bois
Que j’avais monté
Voulait m’renverser.
J’ai pris son oreille
Je lui ai mordu
Le sang de l’oreille
Je lui ai tout bu.
Alors il m’a dit :
« Pourquoi tu m’fais mal ?
Je n’suis qu’un cheval
Tu n’es pas gentil. »
Et il m’a promis
Que quand je voudrais
Il m’emporterait
Jusqu’au Paradis !

Le petit cochon
Aux yeux de cochon
Que j’avais monté
Un beau jour d’été
Voulait s’échapper
Des autres cochons.
Il courait si vite
Qu’il faillit me tuer,
Ça sentait les frites
De tous les côtés !
Mais j’tirai si fort
Sur sa queue en or
Qu’elle me resta
Entre les dix doigts.
Je l’ai rapportée
L’soir, à la maison,
Ça sert aux diners
Comme tire-bouchon.

Les chevaux de bois sont pas tous en bois
Les petits cochons vont pas tous en rond.

(René de Obaldia)

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Il est beau (Aphorismes Bretons)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



Illustration
    
Hennezh a zo koant
Evel ur porc’hell e-mesk ar fank.

Il est beau
Comme un cochon
dans la boue.

(Aphorismes Bretons)

 

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La lame d’un couteau (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



La lame d’un couteau
Sanglant, léchée par un chat;
On tue le cochon.

***

A bloody knife blade
Is being licked by a cat
At hog-killing time.

(Richard Wright)

Illustration

 

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SANS MÉTAPHORE (Kazue Shinkawa)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



 

Ana Cruz  Fruit-defendu

SANS MÉTAPHORE
HIYU DE NAKU

Les pêches après avoir mûri tombent : comme l’amour
L’incendie des dépôts des quais s’éteint : comme l’amour
Les matins du septième mois s’engourdissent : comme l’amour
Le porc dans la maison d’un pauvre tenancier maigrit : comme l’amour

Oh!
Sans métaphore
Moi l’amour
L’amour cette chose je la cherchais et

Des choses comme l’amour
J’en ai rencontré je ne sais combien mais
Elles ne pouvaient s’accrocher à moi
Pas plus qu’à un fétu de paille flottant sur la mer,
dans la paume de cette main

Aussi moi ai-je essayé de parler d’une autre façon
Mais après tout là également l’amour était une métaphore

L’amour : gouttes sucrées qui tombent une à une des pêches
L’amour : incendie des dépôts des quais poudre à explosion
flamme qui se dresse verticalement
l’amour : matins étincelants du septième mois
l’amour : un cochon qui grossit tout rond

Il me ferma la bouche avec ses lèvres
Et me prit dans ses bras cet homme
Ténèbres d’un parc Feuilles des arbres qui embaument Jet d’eau qui jaillit
Dans tous les sens c’était comme l’amour dans tous les sens

Les heures ont passé par-dessus les heures seules
Elles portaient une lame parfaitement aiguisée sur ma joue
Elles ont fait couler du sang

(Kazue Shinkawa)

Illustration: Ana Cruz

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LES ABSINTHES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



LES ABSINTHES

Attends-moi ce soir, m’as-tu dit, maîtresse ;
Et, tout à l’espoir d’avoir ta caresse,
Je me suis assis au banc d’un café ;
Mes yeux inquiets vont de la terrasse
Au clair va-et-vient des femmes qui passent,
Croyant chaque fois te voir arriver.

Tout en t’attendant j’ai pris une absinthe.
L’heure où tu devais venir, l’heure tinte
Tu n’es pas là. Mon verre est vide. Une autre absinthe !

L’eau tombe en mon verre à très lentes gouttes
Et mon cœur où tel vient tomber le doute
Pose des questions tout seul et tout bas ;
Gardant comme un leurre un brin d’espérance
Tandis que le soir s’engrisaille, il pense
Au deuil de ma nuit si tu ne viens pas.

Tout en t’attendant, j’ai pris deux absinthes.
Ton heure est passée, une autre tinte
Et rien encor ! Mon verre est vide… Une autre absinthe !

Non, décidément ! Assez de t’attendre !
Tu ne viendras pas, car je crois comprendre
Ce que je saurai peut-être demain ;
En partant me voir, d’autres t’ont suivie.
Tu m’as oublié puisque c’est la vie
Et t’es arrêtée à moitié chemin.

Tout en t’attendant j’ai pris trois absinthes,
Et compté trois fois les heures qui tintent.
C’est bien fini ! Mon verre est vide. Une autre absinthe !

Je veux me saouler à rouler par terre.
Comme un vrai cochon. Quant à toi, ma chère,
Si quelque regret te ramène ici,
Et que tu me voies sous les pieds des tables,
Ne t’arrête pas et va-t’en au diable !…
J’ai le cœur trop sale en ce moment-ci.

Je ne t’attends plus et prends des absinthes
Sans me soucier des heures qui tintent…
Holà ! garçon ! Mon verre est vide !… Une autre absinthe !

(Gaston Couté)

Illustration: Viktor Oliva

 

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CHANT DE TUAN MAC CAIRILL (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



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CHANT DE TUAN MAC CAIRILL

Cinq invasions furent en Irlande,
personne n’y vint avant le déluge,
après le déluge, personne n’y vint
avant trois cent douze ans.
Partholon, fils de Sera, vint en Irlande,
en exil avec vingt-quatre hommes,
avec chacun leur femme.

Puis vint Nemed, fils d’Agnoman
qui prit la terre d’Irlande.
Son père était frère du mien.
Je le voyais du haut des rochers
mais je ne voulus pas me montrer.
J’avais de grands cheveux, de grands ongles,
j’étais gris, décrépit et nu,
dans la misère et la souffrance.
Un soir je me suis endormi et je me suis réveillé sous la forme d’un cerf.

Je fus jeune et mon esprit se réjouit.
J’ai revêtu encore un autre aspect,
un poil rude et gris.
Quand j’eus pris cette forme animale,
je devins chef des troupeaux d’Irlande.
De grandes troupes de cerfs couraient autour de moi
quelques chemins que j’allasse.
Telle fut ma vie au temps de Nemed.

Or j’étais sur le seuil de mon antre,
le souvenir m’en est resté,
je sais que changea l’aspect de mon corps
et je pris un sanglier.
Alors je fis des vers sur cette merveille :

Aujourd’hui je suis sanglier,
je suis roi, fort et victorieux.
Autrefois dans les assemblées,
mon chant était agréable,
il plaisait aux jeunes et jolies femmes,
mon char était beau et majestueux,
ma voix avait des sons graves et doux,
j’étais rapide dans les combats,
j’avais un visage charmant,
aujourd’hui je suis un noir sanglier.

Puis j’atteignis encore la vieillesse,
j’avais l’esprit triste, je ne pouvais
faire ce que je faisais autrefois.
J’habitais de sombres cavernes,
des rochers perdus, j’étais seul.
Je suis rentré dans ma demeure
me souvenant de mes formes antérieures
et j’ai jeûné pendant trois jours.
Au bout de trois jours je n’avais plus de force.
Je fus changé en un grand vautour,
en un énorme aigle de la mer.
Mon esprit fut de nouveau joyeux,
je fus capable de tout faire,
je devins chercheur et actif,
je parcourus toute l’Irlande
et je sus ce qui s’y passait.
Alors je chantai ces vers :

Vautour aujourd’hui,
j’étais sanglier autrefois.
Je vécus d’abord dans la troupe des cochons,
me voici maintenant dans celle des oiseaux.

J’ai gardé cette forme de vautour
jusqu’à ce que j’allasse en un trou d’arbre
au bord d’une rivière où je jeûnai neuf jours.
Le sommeil m’a alourdi,
j’ai été changé en saumon.
Alors je fus en la rivière.
J’y fus bien, j’y fus actif et heureux.
Je savais bien nager.
et j’échappai longtemps à tous les périls.

Mais un pêcheur me prit et me porta
à la femme de Cairill, roi de ce pays,
je m’en souviens très bien.
L’homme me mit sur le gril,
la femme eut envie de moi
et me dévora en entier.
Et je fus en son ventre.
Je me souviens du temps où j’étais
dans le ventre de la femme de Cairill,
je me souviens aussi qu’après cela
je commençais à parler comme les hommes.
Je savais tout ce qui fut en Irlande,
je fus prophète, on me donna un nom :
on m’appella Tuan fils de Cairill.

Leabhar na hUidhre.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

 

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