Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cocon’

Secrets (Georges Friedenkraft)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration: Sigrid Hofmann
    
Secrets

Je ne peux te dire mes secrets
Car mes secrets mûrissent encore en moi
(Meier, poétesse chinoise contemporaine)

Je ne peux te dire mes secrets

Mes secrets sont des graines de fenouil
Enfermées dans leur prison d’humus
Mais qui rêvent de germer

Mes secrets sont des chenilles
Doucement assoupies dans la chaleur du cocon
Mais qui rêvent de devenir papillons

Je ne peux te révéler mes secrets si troubles
Ils te feraient rougir comme une écolière
Ils te feraient frémir comme un saule à la première brise

Non, laisse mes secrets mûrir en moi
Laisse-les exploser à la vie
Alors peut-être, si tu es patiente
Un jour je te les dirai

***

GEHEIMEN

Ik kan je mijn geheimen niet verklappen
Want mijn geheimen rijpen nog in mij
(Meier, hedendaagse Chinese dichteres)

Ik kan je mijn geheimen niet verklappen

Mijn geheimen zijn zaden van venkel
Opgesloten in hun gevangenis van humus
Maar die dromen om te ontkiemen
Mijn geheimen zijn rupsen
Rustig sluimerend in de warmte van de cocon
Maar die dromen om vlinders te worden
Ik kan je mijn warrige geheimen niet onthullen
Ze zouden je doen blozen als een schoolmeisje
Ze zouden je doen huiveren als een wilg in de eerste wind
Nee, laat mijn geheimen in mij rijpen
Laat ze ontploffen en tot leven komen
Dan misschien, als je geduldig bent,
Zal ik ze je op een dag verklappen .

***

SECRETS

I cannot tell you about my secrets
as my secrets are still ripening inside me
(Mei Er, contemporary Chinese poet)

I cannot tell you my secrets.

My secrets are seeds of fennel
locked up in their humus prison
but dreaming to germinate.

My secrets are caterpillars
gently asleep inside the warmth of the cocoon
but dreaming to become butterflies
I cannot reveal to you my shady secrets.
They would make you blush like a schoolgirl.
They would make you tremble like a willow at the first breeze.
No, let my secrets ripen inside me.
Let them explode to life,
and, maybe if you are patient,
one day I will talk to you about them.

***

SECRETOS

No puedo desvelarte mis secretos
Porque mis secretos aún maduran dentro de mí
(Mei Er, poeta contemporánea chino)

No puedo desvelarte mis secretos
Mis secretos son semillas de hinojo
Encerrados en su prisión de humus
Pero que sueñan con germinar
Mis secretos son gusanos
Dormitando suavemente al calor del capullo
Pero que sueñan convertirse en mariposas
No puedo revelarte mis secretos tan enmarañados
Que te sonrojarían como a una colegiala
Te estremecerían como a un sauce con la primera brisa
No, deja que mis secretos maduren en mí
Déjalos que se abran a la vida
Quizás entonces, si eres paciente
algún día te los desvelaré.

***

秘 密
我不能告诉你我的秘密
因为我的秘密还在我体内成熟
——中国当代诗人 梅尔

我不能告诉你我的秘密

我的秘密是茴香的种子
被关在他们的腐殖质监狱里
但在梦想发芽。

我的秘密是毛虫
温柔地睡在茧壳的温暖里
但在梦想着化蝶

我不能向你透露我暧昧的秘密。
它们会让你脸红得像个女学生。
它们会让你像柳树一样在初春风中颤抖。

不,让我的秘密在我体内成熟。
让它们爆炸成生命,
如果你有耐心的话,
总有一天我会和你谈起它们。

***

GEHEIMNISSE

Ich kann dir meine Geheimisse nicht sagen/enthüllen
Den meine Geheimnisse reifen noch in mir
(Mei Er, chinesische Lyrikerin der Gegenwart)

Ich kann dir meine Geheimnisse nicht enthüllen
Meine Geheimnisse sind Samen des Fenchels
In ihrem Gefängnis von Humus eingesperrt
Aber sie träumen davon, zu keimen.
Meine Geheimnisse sind Raupen
Ruhig schlummernd in der Wärme des Kokons
Aber sie träumen davon, Schmetterlinge zu werden
Ich kann dir meine wirren Geheimnisse nicht enthüllen
Sie würden dich wie ein Schulmädchen erröten lassen
Sie würden dich wie eine Weide in der ersten Brise schaudern lassen
Nein, lass meine Geheimnisse in mir reifen
Lass sie explodieren und Leben werden
Dann vielleicht, wenn du geduldig bist
Werde ich sie dir eines Tages erzählen.

(Georges Friedenkraft)

 

Recueil: Germain Droogenbroodt ITHACA 568
Traduction: Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Wan Hua Chapouthier –Stanley Barkan / Espagnol Rafael Carcelén / Chinois William Zhou / Allemand Wolfgang Klinck /
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Néfertiti (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
Néfertiti

Qu’est-il advenu de l’âme
après tant d’amours

ah ce n’est plus un oiseau géant
qui agite ses ailes blanches
jusqu’à l’aube de chaque nuit

un papillon
est sorti des lèvres
de Néfertiti morte
un papillon
comme un souffle
coloré

que la route est longue
du dernier soupir
à l’éternité la plus proche

le papillon vole au-dessus de la tête
de Néfertiti morte
il l’enserre d’un cocon
de soie

Néfertiti
ô larve
faut-il attendre longtemps
ton départ

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOUS L’AILE ROSE DE TES DOIGTS (Thierry Sajat)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



 

caresse

SOUS L’AILE ROSE DE TES DOIGTS

Sous l’aile rose de tes doigts
Le poème à fleur de paupières
Frôle des bleuets de lumière,
Tandis que marche sur le toit,

Jouant à saute lune, un chat…
L’encre est plus belle sur ma feuille
Depuis que l’aube la recueille
Sur tes miroirs… Je sais déjà

Combien l’écriture te porte
Sur mon coeur, hors du temps d’aimer…
Ma poésie est parfumée
De tes regards et puis m’apporte

La soie des mots… Dans le cocon
De tes sourires je compose
Des musiques serties de roses
Qui grimpent jusqu’à ton balcon.

Sous l’aile flamme de tes doigts
Le poème à fleur de paupières
Frôle des bleuets de lumière,
Tandis que marche sur le toit,

Jouant à saute lune, un chat…

(Thierry Sajat)

Illustration: Marwan George Khoury

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Vertige (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Andrei Protsouk
    
Vertige

Dévorant son minois de lait et de flocons
Duveteux. Je conjugue ainsi son corps ! Délices !
Alouvi ! Butinant comme les papillons…
Un vif effet volcan confina mes blandices.

Secret d’une Égérie, une fugue ! L’éveil
D’une mort de l’égo, et triomphe une étoile
Vêtue de chair sucrée, une ouate ce réveil !
Fascinant ce cocon ! Une soie se dévoile.

Un vertige puissant ! Ô reine des jasmins !
Je cueille ton amour aux essences avides,
Une dolce Vita aux rubans très coquins
Moissonne mes égards, l’extase se transvide.

(James Denis)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Brisé le cristal de l’identité (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



-belier

Les murs ne tombent pas
[21]

Brisé le cristal de l’identité,
fracassé le vaisseau de l’intégrité,

jusqu’à ce que le Seigneur Amen,
bien planté sur le sol,

porteur des cornes torsadées,
mugisse à l’horizon :

me voici, moi, Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier ;

temps, temps de commencer
une nouvelle spirale,

ainsi – je te lance dans le tourbillon des étoiles ;

jusqu’à ce que plein de pitié,
flairant le sol,

me voici, murmure Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier,

sois cocon, emmitouflé de laine,
sois Agneau, nouvelle naissance.

***

Splintered the crystal of identity,
shattered the vessel of integrity,

till the Lord Amen,
paw-er of the ground,

bearer of the curled horns,
bellows from the horizon:

here am I, Amen-Ra,
Amen, Aries, the Ram;

time, time for you to begin a new spiral,
see—I toss you into the star-whirlpool;

till pitying, pitying,
snuffing the ground,

here am I, Amen-Ra whispers,
Amen, Aries, the Ram,

be cocoon, smothered in wool,
be Lamb, mothered again.

(Hilda Doolittle)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CONTE DE FEES (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



CONTE DE FEES

Si j’étais une fée … je te ferais Princesse !
Toi ma petite fille au regard limpide
Ta vie résonnerait en un chant d’allégresse
Pour t’offrir un destin sans image livide.

Tes châteaux en Espagne auraient un goût de vrai
Où tu irais danser au-delà de minuit
Ta pantoufle de vair, par bonheur échouerait
Dans les mains d’un héros des Mille et Une Nuits.

Tes jardins seraient pleins de citrouilles dorées
Pour que de ma baguette en sortent des carrosses
Qui anéantiraient comme un raz de marée
Les crapauds malveillants et les Fées « Carabosse ».

Tes voyages lointains sur des tapis volants
Te feraient découvrir le Pays des Merveilles …
La Lampe d’Aladin, dans le soleil couchant
T’éclairerait sans fin de ses rayons de miel …

Quand je te vois dormir au creux de ton berceau
Soudain je t’imagine en Belle au Bois Dormant
Sortant de son cocon de soie et de cristaux
Et qui prendrait l’Amour pour un Prince Charmant !

Mais … je rêvais tout haut … me revoici sur terre
C’est Toi qui es la Fée de notre quotidien
Lorsque tu apparais, tu portes la lumière
Eblouissant nos vies de tes yeux enfantins !

(Jacqueline Commard)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MÉTAMORPHOSE (Chantal Boqueho)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017




MÉTAMORPHOSE

De branche en branche se tortille la chenille
Dévorant toutes les feuilles sur son passage.
Elle rampe ainsi jusqu’au bout d’une brindille
Où des fleurs coquines dégrafent leur corsage.

Soudain, devant elle, une ombre se profile.
Frémissante et curieuse, elle relève la tête
Et voit, illuminé par le soleil, gracile,
Un être, aux ailes chatoyantes, qui volette.

Eblouie, elle fixe cette apparition
Et soupire. Oh ! Comme je t’envie bel ange.
J’ aimerais tant voler, quitter ma reptation.
On t’admire ; on me chasse car je dérange.

Ne désespère pas ma bien-aimée soeur.
Un beau jour toi aussi tu obtiendras des ailes
Pour butiner les corolles, ivre de bonheur.
Aie confiance, la métamorphose est réelle.

Sceptique, mais une lueur d’espoir au coeur,
La chenille poursuit lentement son chemin.
Bientôt elle ressent une profonde langueur.
Une force l’immobilise un beau matin.

La belle, dans son cocon blanc, s’est endormie.
C’est une mystérieuse transmutation
Qu’entame en grand secret l’Energie de la Vie.
Aux rayons du soleil est né le papillon.

(Chantal Boqueho)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je demande (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



A la pluie je demande de marcher pieds nus le long des prairies à double fond
Au soleil je demande de ne pas bouger puis de résumer d’un jet la naissance et la mort
A la route je demande d’organiser par la campagne obnubilée dissidence et circulation des idées
Au cheval je demande son galop choquant et sa présence constructive
Au village je demande la secousse du déjà vu et un rien de vulgarité
A la forêt je demande de transparaître et de signaler à notre évidence raisonnable la certitude qu’elle est une île
A l’arbre je demande le cri de l’homme seul et son effort à jaillir du cocon de l’hiver
Qui suis-je pour exiger moi qui ne vis que par poussées et me délite à toute vitesse dans l’odeur des terres après la pluie ?

(Paol Keineg)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le papillon (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2016



Le papillon

Né au pays de la soie fine
Dans un cocon venu de Chine,
L’Orient est peint sur ses ailes.

Jaune ou bleu, vert ou vermeil,
Il vole, il va, il vit sa vie
A petits battements ravis.
Dans l’air doux, comme un éventail.

On le voit, on ne le voit plus,
Il est ici, il est là,
Ou bien c’est un nouveau venu
Son jumeau qui passe là-bas.

Ah ! mettez au clou vos filets,
Jetez épingles et bouchons,
Laissez-le libre car il est
La poésie, le papillon !

(Marc Alyn)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »