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Poésie

Posts Tagged ‘coeurs’

Ta clarté montre la voie (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



Sur l’étang passent les chasseurs
que nos coeurs voulaient oublier
mais qui n’oublient ni la mort
ni le temps des voix brisées.

Délace ta robe noire,
jette aux rives le satin
qui dérobe leur victoire
à ces tueurs incertains.

Baigne ton corps dans le reflet
de la haute futaie d’azur,
et qu’aux branches emmêlées
s’emmêle ta chevelure.

Tu es l’ordre, le silence,
l’orage sous la toison,
et le feu de sang qui dort
dans la gorge des buissons.

Sur l’eau sombre où tu glisses,
ta clarté montre la voie.
Les chasseurs et les supplices
s’enlisent au fond des bois.

(Jean Joubert)


Illustration: Félix Vallotton

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A trop vouloir démonter les statues (Isabelle Pinçon)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2016



 

A trop vouloir démonter les statues

A trop vouloir démonter les statues,
on tombe sur des coeurs qui bougent à peine.

On devrait suivre le bonheur de plus près
et ne retenir du monde que ses grands titres.

(Isabelle Pinçon)

 

 

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Sous les cieux (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2015


C’était la ferme au beau pressoir
aux coeurs les mieux placés
il en partait des voix chantantes
des lézards y venaient
toute une heure
qui durait comme un siècle d’homme.
Le bruit que fait
la chute d’une pomme
l’enfant l’entendait
en buvant le lait d’une femme
grave et marquée
sur sa peau hâlée
de grains et de lignes
d’une disposition unique
dans l’ordre des créatures.

(Jean Follain)

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Apparition de la vieille (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2015


 

L’escalier craquait sous son pas
son dos ployait
sous la ramée.
C’était la vieillarde ridée
des contes de veillée
à la chaumière intacte.
Parfois elle revient dans la nuit de nos coeurs
couchés dans une ville ardente
son pain a la couleur des siècles
ses escabeaux et ses écuelles
forment le mobilier que gardent
les fins greniers
de nos mémoires.

(Jean Follain)

Illustration

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