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LETTRE À MON PÈRE (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018


 


 

Alexander Anufriev

LETTRE À MON PÈRE

Un jour mon père quand je serai grand
je t’engendrerai je t’offrirai des ailes

une mémoire habitable avec tous les secrets
de l’amour et comment vivre de nous

je te donnerai la combinaison du coffre
de l’enfance et le chiffre de la mer

que tu n’as jamais traversée. Je
te donnerai la barbe du bon Dieu

et un grand tourbillon de voyelles
pour effrayer tes anges casaniers

et te mériter un petit paradis
perdu près de ma source.

(Guy Goffette)

Illustration: Alexander Anufriev

 

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FIN DE SIÈCLE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



 

Illustration: Vincent Van Gogh
    
FIN DE SIÈCLE

Une mouche marchait sur l’initiale
d’un drap lourd de silence
on éveilla l’enfant
un trente et un décembre
pour qu’il pût voir la fin d’un siècle
des visages épuisés
s’en adoucirent aux lueurs des flammes ;
fronces, guipures, tresses
résisteraient des mois encore
l’avare ayant ouvert son coffre
avait rassasié son regard
mille ans après
tombe toujours la pluie
sur un village.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans la chambre du grand-père (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



Dans la chambre du grand-père
il y avait un coquillage
qui soupirait et chantait
comme le vent de la mer.

Dans la chambre du grand-père
il y avait un petit coffre
en bois luisant jaune clair,
qu’il rapporta de ses voyages
et que lui seul savait ouvrir.

Il y avait deux Japonais
en ivoire, sous un globe;
et tout au fond d’un tiroir,
dans son écrin de velours vert,
– bijou poli par les vagues –
la pipe en écume de mer!

(Madeleine Ley)

Illustration: Christian Lloveras

 

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Entre les seins (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Alain Bonnefoit
    
entre les seins
de la sauvage
Marj reposent des hommes aux larges
épaules qui glorifient

le corps caressable aux angles arrondis
de Marj de ces hommes
les doigts balancent des coffres
déplacent des sacs roulent des barils ils

nouent
l’amour
autour
de bières

le monde possède
les mains de ces hommes mais leur
grand corps picoleur
appartient à

Marj
la verteplate bourse duquel –
visage s’ouvre
sur un grasgarnid’or

***

between the breasts
of bestial
Marj lie large
men who praise

Marj’s cleancornered strokable
body these men’s
forgers toss trunks
shuffle sacks spin kegs they

curl
loving
around
beers

the world has
these men’s hands but their
bodies big and boozing
belong to

Marj
the greenslim purse of whose
face opens
on a fatgold

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Retouche la rupture (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




    
retouche la rupture

Le jour s’en allait à reculons et nous nous retournions vers la ville dans les foins,
coffre à bijoux attaqué par la rouille.
La clé de notre chambre d’hôtel pendait pour d’autres et ma tête devint notre alcôve.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Roseaux (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Roseaux

Si je t’écris, enfant de ma poitrine,
C’est pour te dire amour à perdre haleine.

Pour éclairer la neige ton sourire
Et pour printemps le fruit de tes yeux noirs.

J’entends la nuit des voix qui me caressent
Et je m’éveille en embrassant ton nom.

Pour toi je plane au-dessus de la ville
Et je te vois parmi tous les herbages.

L’encre du jour sur la page nocturne
Trace un poème et tu dors dans mon livre.

Les jours d’été je quitte le poème
Pour mieux entrer dans la grâce des mots.

Désaltéré par l’aube, j’entends vivre
Ton coeur, bijou parmi la nuit des coffres.

Tel un roseau devenu flûte ou flèche,
Je me fais plume et danse dans ton sang,

Et nous mourons de mort surnaturelle.

(Robert Sabatier)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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J’aime sous les voûtes les silences argentés (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



J’aime sous les voûtes les silences argentés
Des Te Deum, le mouvement des requiem,
A Saint-Isaac (chacun lui doit reconnaissance)
Le rite émouvant de l’office des morts.

Et la démarche mesurée du prêtre,
La lente élévation du Saint Suaire,
Et dans la nasse ancienne l’obscurité de Génésareth —
L’obscurité du Grand Carême.

La fumée biblique sur les autels fervents,
L’exclamation mélancolique du prêtre,
L’humble en gloire — chasubles effarouchées
Et neige pure sur les épaules.

Cathédrales éternelles de Sophie et de Pierre,
Granges du bien universel,
Réservoirs d’air et de lumière,
Silos du Nouveau Testament.

Non ce n’est pas vers vous qu’au temps des lourds désastres
Est attiré l’esprit. Ici, sur les larges degrés sinistres
Du malheur rampe la trace du loup.
Jusqu’à la fin des temps nous lui serons fidèles.

Vu que l’esclave est libre ayant vaincu sa peur
Et que nous fut à profusion gardé
Dans les greniers ombreux et les coffres profonds
Le grain de la foi profonde et parfaite.

(Ossip Mandelstam)

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Alchimie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



Alchimie

Mon cœur immobilise
La lenteur du temps
Et je mixe les mots avec les sons
Au crépuscule de la mélancolie
Avec un rictus
Je salue les intempéries

Sous ce ciel d’améthyste
Je me sens joyeusement triste
Alors que tes seins de vierge
Tes seins de chair
Bombent de vitalité
L’ombre bleu clair du présent
Flotte au-dessus du sol pesant
Où le vert du pré s’égaie

Le soleil métamorphose le toit
Mais un nuage l’assombrit
Et malgré l’ironie du vent
La rivière promet toute sa fraîcheur

Je dérobe le temps au coffre de l’horloge
Pour le transformer en lingots d’insouciance.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Pascal Gonzalez

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Le coffre-faible (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



Le coffre-faible
où nous entassons
nos larmes.

(Laurent Albarracin)

 

 

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J’ai dans mon coeur (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



J’ai dans mon coeur

J’ai dans mon coeur, dont tout voile s’écarte,
Deux bancs d’ivoire, une table en cristal,
Où sont assis, tenant chacun leur carte,
Ton faux amour et mon amour loyal.

J’ai dans mon coeur, dans mon coeur diaphane,
Ton nom chéri qu’enferme un coffret d’or;
Prends-en la clef, car nulle main profane
Ne doit l’ouvrir ni ne l’ouvrit encor.

Fouille mon coeur, ce coeur que tu dédaignes
Et qui pourtant n’est peuplé que de toi,
Et tu verras, mon amour, que tu règnes
Sur un pays dont nul homme n’est roi !

(Théophile Gautier)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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