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Poésie

Posts Tagged ‘cohue’

Il n’y a de langue qui vaille (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration: Antoine Mercier
    
Il n’y a de langue qui vaille !
Mais les entrailles, mais les entrailles !
Quelqu’un se rapetisse
et pénètre en ce corps tuméfié.
L’univers est à l’envers.
Le sang, la cohue.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je cherche les yeux (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



D’une cohue l’autre
je cherche les yeux
qui cherchent les miens
Les passants
ont-ils encore des yeux?

(Abdellatif Laâbi)

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Je rêve de passer ma vie en quelque coin (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018


 


Cayetano De Arquer-Buigas 383

 

Je rêve de passer ma vie en quelque coin
Sous les bois verts ou sur les monts aromatiques,
En Orient, ou bien prés du pôle, très loin,
Loin des journaux, de la cohue et des boutiques.

Mais vous aimez la foule et les éclats de voix,
Le bal de l’Opéra, le gaz et la réclame.
Moi, j’oublie, à vous voir, les rochers et les bois,
Je me tue à vouloir me civiliser l’âme.

Je vous ennuie à vous le dire si souvent :
Je mourrai, papillon brûlé, si cela dure…
Vous feriez bien pourtant, vos cheveux noirs au vent,
En clair peignoir ruché, sur un fond de verdure !

(Charles Cros)

Illustration: Cayetano De Arquer-Buigas

 

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Autour (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Autour, ce n’est que vaste plaine,
Cohue de souches calcinées.
Puis — la vallée chère à mon coeur,
Sous les nuages qui s’étirent.

Et rien ne me séduit là-bas,
Je touche le lointain du doigt.
C’est ici, qu’entre ciel et terre,
Morose, séjourne l’ennui.

Il creuse jour et nuit la terre,
Il creuse et retourne le sable.
Parfois il pousse un cri plaintif,
Et puis se tait — jusqu’au suivant.

Tout ce qui vient, tout ce qui fut —
Ce n’est que cendre froide et morte,
Comme ces pierres sur la tombe
De l’amour, dans les champs perdue.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Excuse (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



 

Excuse

Aux arbres il faut un ciel clair,
L’espace, le soleil et l’air,
L’eau dont leur feuillage se mouille.
Il faut le calme en la forêt,
La nuit, le vent tiède et discret
Au rossignol, pour qu’il gazouille.

Il te faut, dans les soirs joyeux,
Le triomphe ; il te faut des yeux
Eblouis de ta beauté fière.
Au chercheur d’idéal il faut
Des âmes lui faisant là-haut
Une sympathique atmosphère.

Mais quand mauvaise est la saison,
L’arbre perd fleurs et frondaison.
Son bois seul reste, noir et grêle.
Et sur cet arbre dépouillé,
L’oiseau, grelottant et mouillé,
Reste muet, tête sous l’aile.

Ainsi ta splendeur, sur le fond
Que les envieuses te font,
Perd son nonchaloir et sa grâce.
Chez les nuls, qui ne voient qu’hier,
Le poète, interdit et fier,
Rêvant l’art de demain, s’efface.

Arbres, oiseaux, femmes, rêveurs
Perdent dans les milieux railleurs
Feuillage, chant, beauté, puissance.
Dans la cohue où tu te plais,
Regarde-moi, regarde-les,
Et tu comprendras mon silence.

(Charles Cros)

 

 

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Désespoir (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017




Désespoir

Au loin les cloches tintent,
la nuit passe avec une rumeur sombre.
Je ne sais que faire:
ma joie est morte, mon coeur est lourd.

Les heures filent en un silence spectral,
la cohue du monde, son mugissement résonnent dans le lointain.

Je ne sais que faire :
mon coeur est lourd, ma joie est morte.

La nuit est si sombre, si effroyable
la blême lumière cadavérique de la lune.
Je ne sais que faire :
La tempête fait rage, je ne l’entends pas.

Je n’ai ni répit ni repos,
Je marche silencieux jusqu’à la plage,
vers les vagues, vers la tombe,
mon coeur est lourd, ma joie est morte.

(Friedrich Nietsche)

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APRÈS LA PLUIE (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017




APRÈS LA PLUIE

Cohue aux fenêtres : les feuilles sont là!
Le ciel, ce chablis, jonche encor le gazon.
Le calme revient. Mais vous auriez vu ça
D’abord ! A présent, c’est une autre chanson.

D’abord on l’a vu qui se rue, trublion,
Franchit les enclos et décoiffe les branches,
Piétine le parc, et de pluie en grêlons,
Et puis de hangar en terrasse de planches !

Goûtez à présent l’air épais et corsé !
Et le peuplier, si ses veines éclatent,
C’est l’air du jardin que, sodé, fait mousser
L’amer peuplier, tel du bicarbonate.

La vitre transpire et ruisselle, évoquant
La hanche et le dos frissonnants d’une ondine.
Le coin des fraisiers est glacé et brillant,
La grêle — égaillée en gros sel de cuisine.

D’un fil d’araignée tombe un rai de soleil
Qui semble un moment se tapir dans l’ortie,
Mais proche est l’instant qui verra l’escarbille
Flamber dans la haie et souffler l’arc-en-ciel.

(Boris Pasternak)

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On cherche (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Ici
on cherche toujours quelque chose
dans les cafés, les églises, les places
et jusque dans les poubelles
on cherche en l’autre, en soi
dans la cohue des trottoirs
l’accalmie des ponts
dans l’eau stagnante des fontaines
et sur les bancs indiscrets
on cherche en bas, en haut, devant soi
un ticket de métro
une terre ou une femme perdus
un livre qu’on lira
sur un lit d’hôpital ou en prison
une chanson sans titre
un ouvre-boîtes solide
un oiseau qui ne chante que de nuit
On cherche
un regard qui fera basculer votre vie
un graffiti à vous seul adressé
un heurtoir arabe sur une porte italienne
une carte postale que vous avez envoyée il y a vingt ans
et que le destinataire a revendue
votre date de mort inscrite

(Abdellatif Laâbi)

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JE T’AI TANT DE FOIS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



JE T’AI TANT DE FOIS…

Je t’ai tant de fois attendue,
Porteuse d’astres, de fourrures,
O, souffle chaud qui me rassures
Dans la sarabande des rues !
Et chaque fois tu es venue…

Es-tu flamme dans la cohue ?
Es-tu femme dans ta peau nue ?
Puis-je dire que je t’ai vue ?
C’est toi, c’est moi, ce peu de sel
Qui sèche dans nos mains fidèles.

Ceci m’appartient ; c’est mon ombre.
Tu ne peux pas ne pas m’aimer
Ni moi te refuser, te rompre,
Toi que j’ignore, qui jamais
Ne franchiras les bords du songe.

(Jean Rousselot)

Illustration: Alfons Mucha

 

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LA VITRE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



LA VITRE

Toute ma mort, je me rappellerai
Ce remuement risible sous la vitre,
Cette poignée de serpents qu’attirait
Au grand soleil quelle fugue sans titre ?

Toute ma mort je me demanderai
Pourquoi je ne pouvais briser la vitre
(Si mince ! une eau qui court !) et le secret
M’échappera, qui me permit de vivre,

Gerbe étranglée, si longtemps dans mon corps.
Et je pourrai mourir toute ma mort
Que je ne saurai pas pourquoi, si fort,

M’appelait cette flûte qui s’est tue
A l’instant même où, dans l’or de la rue,
La vitre, enfin, crevait sous ma cohue.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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