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Poésie

Posts Tagged ‘coïncidence’

C’est par coïncidence (Clarice Lispector)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2019




    
C’est par coïncidence
que moi je suis moi.

(Clarice Lispector)

 

Recueil: Un souffle de vie
Traduction: Jacques Thiériot & Teresa Thiériot
Editions: Des femmes

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Tu conjugues la veille à l’éternelle absence (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Illustration: Francine Van Hove
    
Tu conjugues la veille
à l’éternelle absence,
conjonction des figures et des pauses,
ce qui tombe et se relève avec le soir.

Des oiseaux bleus quelquefois
traversent ton regard. Tu retournes
à la table peinte, à tes plumes,
tes ciseaux, tes phrases, tes silences.

Tant de choses inexplicables passent
par le détail des mois et des années.
Tu reviens de partout

Si pâle du sommeil refusé,
cherchant le lieu et la limite
ou la coïncidence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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La musique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
La musique dissout la pesanteur de l’homme,
éclaire la maison des signes,
accélère les corrélations du coeur,
perfore les rêves et soude les morceaux détachés de l’éternité,
signalant à la fois que celle-ci n’est pas une seule.

Les mots sont une partie mystérieuse de cette musique,
à laquelle ils incorporent les subtiles métamorphoses musicales du sens jumelées au silence,
qui recueille les vaet-vient de l’occulte et allume les coïncidences du réel,
comme s’il rapprochait la flamme des cierges éteints
et toujours disponibles d’un candélabre aux bras infinis.

La poésie multiplie la musique et, en le faisant,
parfait d’une certaine manière le langage expectant de la réalité.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Le centre de l’amour (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



    

Le centre de l’amour
ne coïncide pas toujours
avec le centre de la vie.

L’un et l’autre centre
se cherchent alors
comme deux animaux affligés.
Mais presque jamais ne se trouvent,
car la clef de la coïncidence est autre :
naître ensemble.

Naître ensemble,
comme devraient naître et mourir
tous les amants

(Roberto Juarroz)

 

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Le centre de l’amour (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



Illustration: Vladimir Kush
    
Le centre de l’amour
ne coïncide pas toujours
avec le centre de la vie.

L’un et l’autre centres
se cherchent alors
comme deux animaux affligés.
Mais presque jamais ne se trouvent,
car la clé de la coïncidence est autre :
naître ensemble.

Naître ensemble,
comme devraient naître et mourir
tous les amants

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Le poète (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
Le poète

Dur d’oreille et sans rêve, peu différent du plus vieux pâtre,
voici qu’un jour aussi peut-être et malgré lui l’esprit s’abat,
perce sa surdité, induisant le murmure — en lui le plus éloigné.

Voici qu’après des millions de tours le sort tombe sur lui,
homme dur comme une bille de lichen ou un fromage;
et dans le coeur pourtant la parole le fend.

La greffe prend à son flanc et maintenant avec une ramure de poème
il ressemble au dix cors de légende qu’il moquait.
La douleur a creusé une fenêtre par les tempes.
Un croisillon de sang draine l’épaisse cornée.
Des morts qui erraient font en lui leur sépulture

Le poète aux yeux cernés de mort descend à ce monde du miracle.
Que sème-t-il sans geste large sur runique sillon de la grève
— où de six heures en six heures pareille à une servante illettrée
qui vient apprêter la page et l’écritoire la mer en coiffe blanche
dispose et modifie encore l’alphabet vide des algues ?
Que favorise-t-il aux choses qui n’attendent rien dans le silence du gris ?

la coïncidence

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un silence (Yves Namur)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Ettore Aldo Del Vigo -   (95)

Il y a tout au fond de la fatigue
Tout ce qu’un homme a de plus beau à donner :

Son courage peut-être,
Sa sueur perlée, sa respiration difficile
Et ses blessures déjà anciennes.

Et au sommet de la colline,
Près des myrtilles, des bruyères et de la pluie,

Il y a aussi ce secret bien gardé

Que seule
La Nature est prête à partager avec lui.

***

Un silence
Qui ne se mesure pas au nombre de mètres qu’il faut pour l’enjamber
Et passer dans l’histoire d’un autre silence,

Un silence
Qui est parfois rempli de pétales de roses
Et de tristesse,

Un silence
Qui ressemble parfois à ces choses qu’on a perdues,
Englouties par des torrents de pluie
Ou des amours déçues.

Un silence comme ça nous renverse parfois,
Comme si nous n’étions qu’un simple tas de paille
A la merci du vent.

(…)

***

J’ai souvent pensé à ceci :

Il doit encore bien exister quelque part dans le monde
Des fragments de silence
Dont l’homme ne s’est jamais approché.

Quelques fragments,
Cachés peut-être tout au fond d’un puits perdu

Ou sur les parois d’une caverne profonde
Et encore inexplorée.

En quelque sorte des lambeaux,
Des fragments de ce qui pourrait être du silence originel

Dont seuls quelques insectes minuscules
Partageraient les secrets.

Et je me dis parfois que penser ainsi n’est pas bon,
Et qu’il n’y a que les poètes pour se nourrir de hasard, de coïncidences et de riens …

(Yves Namur)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

Découvert chez la boucheaoreilles ici

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Le profane n’existe pas (anonyme africain)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017


mandala_mani1_jpg

 

Rien n’est vraiment une distraction simple.
Le profane n’existe pas.
Tout est religieux, tout a un but, tout a un motif.
Le hasard n’existe pas.
Il y a seulement des « lois de coïncidence » dont nous ignorons le mécanisme,
un ordre supérieur que nous ne comprenons pas.

(anonyme africain)

 

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La terre est bleue (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


Terre

 

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Oeil de sourd
Faites mon portait.
Il se modifiera pour remplir tous les vides.
Faites mon portrait sans bruit, seul le silence,
A moins que – s’il – sauf – excepté –
Je ne vous entends pas.

Il s’agit, il ne s’agit plus.
Je voudrais ressembler –
Fâcheuse coïncidence, entre autres grandes affaires.
Sans fatigue, têtes nouées
Aux mains de mon activité.

(Paul Eluard)

 

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Une seule fois (Nuno Júdice)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



Aron Wiesenfeld l

 

Une seule fois

l’amour a suspendu sa phrase ;
une seule fois
le fleuve a débordé sur la berge ;
une seule fois
les astres se sont éteints ;
une seule fois
j’ai entendu le silence des vents.
Le hasard
ne conjugue pas les coïncidences :
il les résout
dans un échange de regards que les amants avaient cru
éternel
Et je descends cette page
jusqu’au bout de la rue
– en vain.

Le bureau de tabac
A fermé ce soir,
Seulement une fois
– la dernière fois.

(Nuno Júdice)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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