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Un! deux! trois! quatre! Tous en rond pon! (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Un! deux! trois! quatre!

Un! deux! trois! quatre! Tous en rond pon!

Ah! que j’aimais vos cheveux longs…
quand nous jouions, enfants, pleins d’été des campagnes

Au bout de la prairie,ô verte aquarelliste
zinzinule un ruisseau et nous buvons dedans
quand nous avons bien chaud l’eau qui glace les dents

Elles rient! Elles rient!
Je les entends encore…
Un! deux! trois! quatre! Beau colimaçon pon!

Elles rient, elles rient, gorges d’anges harpistes
leurs lèvres neuves sont des grappes de groseilles
luisantes de salive au feu d’or d’un rayon

Ah! que j’aimais ces baisers longs
que je nous supposais, virginales compagnes

En vous quittant le soir j’étais timide et triste
J’en pleurerais encore…

Adieu, vieil horizon
Elles s’en vont, je pars, et s’égrènent les ans
Tout s’espace, tout meurt, on tourne les talons
(Elles avaient des boucles d’argent aux oreilles)

Un! deux! trois! quatre! Allons

Ah! que j’aimais vos blancs jupons pon!

(Louis Calaferte)

 

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ENTRE URBINO ET URBANIA ET AU-DELA (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



ENTRE URBINO ET URBANIA ET AU-DELA

Entre Urbino et Urbania et au-delà
des rochers rosés te disent de ne pas penser,
des routes qui montent au sommet de la colline, de ne pas descendre,
de la vieille ferraille résonne dans les vallées
dans le colimaçon bleu de l’esprit
mains qui voletez sans aucun son.

Elle s’enroule dans l’esprit et dans le coeur
lumière qui ne sait donner d’autre amour
qu’elle-même : l’amour, une Voie Lactée un peu plus loin
que la lumière, une écharpe pour l’esprit que le coeur irrigue
de couleurs indélébiles et fait rougir jusqu’à la honte,
l’arbre violet seul là sur le pla-
teau parmi les schistes bleus de l’air.
Mais plus loin, plus haut, comme au sommet
d’un colimaçon iridescent
lumière pétrifiée qui entend autre chose
et répond à autre chose, dans son tourbillon
solide est le rien qui se ride de larmes.

Des routes tactiles, des sentiers enflammés,
les eaux tranquilles du Métaure accueillent
lacrimas rerum : toi, ne pleure pas, tu sais
que là où tu parles, s’ouvrent les angéliques
tombes : tout est à son comble si toi, tu n’as rien,
tout touche surpris ton bruissement.

***

TRA URBINO E URBANIA E OLTRE

Tra Urbino e Urbania e oltre
sassi rosati ti dicono di non pensare,
strade che salgono in cima al colle, di non scendere,
vecchi ferri suonano nelle vallate
o nella coclea azzurra della mente
maní che svolazzate senza suono.

S’arrotola nella mente e nel cuore
la luce che non sa dare altro amore
che se stessa : l’amore, una Via Lattea un po’ più in là
della luce, una sciarpa per la mente che it cuore irrora
di colon indelebili e fa arrossire fino alla vergogna,
l’albero viola solo là sul piano-
ro tra gli schisti azzurri dell’aria.
Ma più in là, più in su, come al sommo
d’una chiocciola iridescente
luce petrificata ch’altro sente
e ad altro risponde, nel suo vortice
solido è it niente che si riga di lacrime.

Strade tattili, viottoli infiammati,
onde tranquille del Metauro accolgono
lacrimas rerum : tu non piangere, sai
che ove parli, ivi s’aprono le angeliche
tombe : tutto è al colmo se tu, niente hai,
tutto tocca sorpreso il tua stormire.

(Piero Bigongiari)

Illustration

 

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