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COLLOQUE DE SOURDS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




    
COLLOQUE DE SOURDS

Je sortirai de moi-même. Oui
je partirai. Je porterai secours.
Je me sacrifierai.

Si tu choisis (même le bien,
même la paix) tu engendres le
massacre.

Vois ce visage de femme
Écoute la musique Réjouis-toi
des couleurs !

La mort est dans nos racines ;
sans elle, rien ne vit.

J’aime la vérité. J’irai au bout
du vrai.

Es-tu bien sûr de toi?
Une goutte de mensonge au
fond du verre et toute l’eau est
empoisonnée.

Pourtant j’exerce la parole :
elle est mouvement pur, par elle
je m’envole.

L’univers est sourd, aveugle,
muet. Son silence est intradui-
sible.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE COLLOQUE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



LE COLLOQUE

Devant nos pas la nuit s’ouvrait à deux battants. Chacun
de nous sentait se creuser ses veines, bruire ses pensées,
mais le mot qui eût libéré les sources obturait nos lèvres.

Pouvions-nous témoigner des noces de l’homme et de sa parole ?

Nos fronts oscillèrent au poids des heures ; les lucioles
apparurent le corselet craquant ; une écume légère
trembla enfin aux plis d’une bouche.

Voix réunies, méduses muettes.

L’aurore était là.
Et nous la regardions avec des yeux
de paille et de poutre.

(Jules Tordjman)

Illustration: Michel Ogier

 

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LE JOUR DU COLLOQUE (1561) (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015



Théodore_de_Bèze_au_colloque_de_Poissy_en_septembre_1561 [800x600]

LE JOUR DU COLLOQUE (1561)

Elle laisse tristement tomber
de ses mains d’aubépine
ce petit encrier grêle
où s’accroche une encre durcie
et qui se casse en morceaux irisés.
Sa bouche luit ;
tout près de là dans leur jargon
discutent les délégués
du colloque de Poissy
et des huguenots la faconde
bruit derrière la tenture noire ;
lentement elle se dévêt
et l’enfant calque avec prudence
dans la pièce voisine sans images.
Quinze cent soixante et unième année
de l’ère du Christ.
Ce jour-là le corps a faim
fût-il suave comme est le sien.

(Jean Follain)

 

 

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