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Poésie

Posts Tagged ‘colombe’

Le dieu de foudre (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Le dieu de foudre ne se décèle
sinon de dos nef sur l’astre faible
tanguée elle te jette en éclats
proue obscure et trouble et prophétique

poupe bâtie de chant des cordages
et de la houle l’éclair t’embrasse
selon le pur nombre du naufrage
coupe et colombe tu resplendis

(Bernard Manciet)


Illustration: Aelbert Cuyp

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A celle qui est voilée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020



    

A celle qui est voilée

Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour !

(Victor Hugo)

 

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Mille chemins, un seul but (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020




    

Mille chemins, un seul but

Le chasseur songe dans les bois
À des beautés sur l’herbe assises,
Et dans l’ombre il croit voir parfois
Danser des formes indécises.

Le soldat pense à ses destins
Tout en veillant sur les empires,
Et dans ses souvenirs lointains
Entrevoit de vagues sourires.

Le pâtre attend sous le ciel bleu
L’heure où son étoile paisible
Va s’épanouir, fleur de feu,
Au bout d’une tige invisible.

Regarde-les, regarde encor
Comme la vierge, fille d’Ève,
Jette en courant dans les blés d’or
Sa chanson qui contient son rêve !

Vois errer dans les champs en fleur,
Dos courbé, paupières baissées,
Le poète, cet oiseleur,
Qui cherche à prendre des pensées.

Vois sur la mer les matelots
Implorant la terre embaumée,
Lassés de l’écume des flots,
Et demandant une fumée !

Se rappelant quand le flot noir
Bat les flancs plaintifs du navire,
Les hameaux si joyeux le soir,
Les arbres pleins d’éclats de rire !

Vois le prêtre, priant pour tous,
Front pur qui sous nos fautes penche,
Songer dans le temple, à genoux
Sur les plis de sa robe blanche.

Vois s’élever sur les hauteurs
Tous ces grands penseurs que tu nommes,
Sombres esprit dominateurs,
Chênes dans la forêt des hommes.

Vois, couvant des yeux son trésor,
La mère contempler, ravie,
Son enfant, cœur sans ombre encor,
Vase que remplira la vie !

Tous, dans la joie ou dans l’affront,
Portent, sans nuage et sans tache,
Un mot qui rayonne à leur front,
Dans leur âme un mot qui se cache.

Selon les desseins du Seigneur,
Le mot qu’on voit pour tous varie ;
– L’un a : Gloire ! l’autre a : Bonheur !
L’un dit : Vertu ! l’autre : Patrie !

Le mot caché ne change pas.
Dans tous les cœurs toujours le même ;
Il y chante ou gémit tout bas ;
Et ce mot, c’est le mot suprême !

C’est le mot qui peut assoupir
L’ennui du front le plus morose !
C’est le mystérieux soupir
Qu’à toute heure fait toute chose !

C’est le mot d’où les autres mots
Sortent comme d’un tronc austère,
Et qui remplit de ses rameaux
Tous les langages de la terre !

C’est le verbe, obscur ou vermeil,
Qui luit dans le reflet des fleuves,
Dans le phare, dans le soleil,
Dans la sombre lampe des veuves !

Qui se mêle au bruit des roseaux,
Au tressaillement des colombes ;
Qui jase et rit dans les berceaux,
Et qu’on sent vivre au fond des tombes !

Qui fait éclore dans les bois
Les feuilles, les souffles, les ailes,
La clémence au cœur des grands rois,
Le sourire aux lèvres des belles !

C’est le nœud des prés et des eaux !
C’est le charme qui se compose
Du plus tendre cri des oiseaux,
Du plus doux parfum de la rose !

C’est l’hymne que le gouffre amer
Chante en poussant au port des voiles !
C’est le mystère de la mer,
Et c’est le secret des étoiles !

Ce mot, fondement éternel
De la seconde des deux Romes,
C’est Foi dans la langue du ciel,
Amour dans la langue des hommes !

Aimer, c’est avoir dans les mains
Un fil pour toutes les épreuves,
Un flambeau pour tous les chemins,
Une coupe pour tous les fleuves !

Aimer, c’est comprendre les cieux.
C’est mettre, qu’on dorme ou qu’on veille,
Une lumière dans ses yeux,
Une musique en son oreille !

C’est se chauffer à ce qui bout !
C’est pencher son âme embaumée
Sur le côté divin de tout !
Ainsi, ma douce bien-aimée,

Tu mêles ton cœur et tes sens,
Dans la retraite où tu m’accueilles,
Aux dialogues ravissants
Des flots, des astres et des feuilles !

La vitre laisse voir le jour ;
Malgré nos brumes et nos doutes,
Ô mon ange ! à travers l’amour
Les vérités paraissent toutes !

L’homme et la femme, couple heureux,
À qui le cœur tient lieu d’apôtre,
Laissent voir le ciel derrière eux,
Et sont transparents l’un pour l’autre.

Ils ont en eux, comme un lac noir
Reflète un astre en son eau pure,
Du Dieu caché qu’on ne peut voir
Une lumineuse figure !

Aimons ! prions ! les bois sont verts,
L’été resplendit sur la mousse,
Les germes vivent entr’ouverts,
L’onde s’épanche et l’herbe pousse !

Que la foule, bien loin de nous
Suive ses routes insensées.
Aimons, et tombons à genoux,
Et laissons aller nos pensées !

L’amour, qu’il vienne tôt ou tard,
Prouve Dieu dans notre âme sombre.
Il faut bien un corps quelque part
Pour que le miroir ait une ombre.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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LE CIMETIÈRE MARIN (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2020




    
LE CIMETIÈRE MARIN

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée!
Ô récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux!

(Paul Valéry)

 

Recueil: Charmes
Traduction:
Editions:

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TU VIENS D’AVOIR VINGT ANS (Christian Arabian)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Guy Baron_l_adolescente [1280x768]

TU VIENS D’AVOIR VINGT ANS

Quand l’amour a plus d’importance
Que le grondement de la violence
Il n’y a ni couleur ni race
Ni jeuness’ qui ne se lève en masse
La route qui mène chez toi
Passe peut-êtr’ par le combat
Si tu m’appell’s je serai là
Tu peux compter sur moi.

Puisque c’est ton anniversaire
Je veux ce soir lever mon verre
Tu viens juste d’avoir vingt ans
Ton pays tout autant

Nous ferons jaillir l’espérance
Comme la colombe au ciel s’élance
Nos coeurs n’auront aucune peine
A découvrir un jardin sans haine
Et puis le temps redeviendra

C’est le renouveau
On a fatigué les jeunes chevaux
Cueilli le muguet, coupé les lilas
Oublié le froid de la Saint-Nicolas
Longtemps asservi
Le sang des forêts renaît à la vie
Et dans les fourrés, venue s’égarer
Une biche à pas menus fait l’ingénue.

(Christian Arabian)

Illustration: Guy Baron

 

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Conte d’amour X (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Conte d’amour X

Ce jour-là, les flots bleus susurreront plus bleus
Le long des côtes blanches,
Et du soleil frileux, les rayons plus frileux
Se joueront dans les branches.

Malgré le rude hiver, les fleurs de l’églantier
Souriront grand’ouvertes,
Et l’on verra changer les cailloux du sentier
En émeraudes vertes.

Les loups pour les agneaux auront des soins exquis,
Et sous l’oeil bon des aigles,
Les grands vautours feront la cour, en fins marquis,
Aux colombes espiègles.

Les dames, aux propos galants des séducteurs,
Ne seront pas rebelles,
Et les Almavivas, malgré les vieux tuteurs,
Enlèveront leurs belles.

Car ce jour-là, jour saint, vaillamment attendu,
Dans tes chastes prunelles,
Mes yeux retrouveront le paradis perdu
Des amours éternelles.

Car ce jour-là, les coeurs par le bonheur brisés,
Mes lèvres dans les tiennes,
Nous nous rappellerons en de nouveaux baisers
Nos caresses anciennes.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Si pour toi je quitte tout (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2020




    

Si pour toi je quitte tout, en échange
Seras-tu tout pour moi ? N’aurais-je point
Regret du baiser que chacun reçoit
A son tour, et ne trouverais-je étrange,
Levant la tête, de voir de nouveaux murs ?
Comment … Une autre maison que celle-ci ?
Combleras-tu cette place auprès de moi
Pleine de trop tendres yeux pour changer ?
C’est le plus dur. Si vaincre l’amour est
Eprouvant, vaincre la peine plus afflige ;
Car la peine est amour et peine aussi.
Las, j’ai souffert et suis rude à aimer.
Mais aime-moi – Veux-tu ? Ouvre ton cœur,
Et drape en lui les ailes de ta colombe.

(Elizabeth Browning)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Quelqu’un plus tard se souviendra de nous
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’infinie (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



L’infinie

Tu vois ces mains ? Elles ont mesuré
la terre, elles ont séparé
minéraux et céréales,
elles ont fait la paix, la guerre,
abattu les distances
de toutes les mers et de tous les fleuves,
pourtant,
quand elles te parcourent
toi, la petite,
le grain de blé, l’alouette,
elles n’arrivent pas à t’étreindre en entier,
elles peinent pour atteindre
les colombes jumelles
qui sur tes seins reposent ou volent,
elles parcourent les distances de tes jambes,
elles s’enroulent à la clarté de ta ceinture.
Tu es pour moi un trésor plus chargé
d’immensité que la mer et ses grappes
et tu es blanche et bleue et tu es vaste comme
la terre à l’heure des vendanges.
Sur ce territoire,
de tes pieds à ton front
je passera ma vie
à marcher, à marcher, à marcher.

(Pablo Neruda)


Illustration: John Collier

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L’infinie (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




L’infinie

Tu vois ces mains ? Elles ont mesuré
la terre, elles ont séparé
minéraux et céréales,
elles ont fait la paix, la guerre,
abattu les distances
de toutes les mers et de tous les fleuves,
pourtant,
quand elles te parcourent
toi, la petite,
le grain de blé, l’alouette,
elles n’arrivent pas à t’étreindre en entier,
elles peinent pour atteindre
les colombes jumelles
qui sur tes seins reposent ou volent,
elles parcourent les distances de tes jambes,
elles s’enroulent à la clarté de ta ceinture.
Tu es pour moi un trésor plus chargé
d’immensité que la mer et ses grappes
et tu es blanche et bleue et tu es vaste comme
la terre à l’heure des vendanges.
Sur ce territoire,
de tes pieds à ton front
je passera ma vie
marcher, à marcher, à marcher.

(Pablo Neruda)

Illustration: Fernand Cormon

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Maison dans le matin, confuse vérité (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Maison dans le matin, confuse vérité
de plumes et de draps, origine du jour
errant, sans direction, comme une pauvre barque,
entre les horizons de l’ordre et du sommeil.
Ô choses désirant entraîner des vestiges,
adhérence immobile et stérile héritage,
les papiers cachent des voyelles chiffonnées,
la bouteille de vin veut poursuivre son hier.
Tu passes, ordonnatrice, ô ma vibrante abeille,
les régions que tu touches échapperont à l’ombre,
de ta blanche énergie tu conquiers la lumière.
Et se reconstruisant alors dans la clarté,
les choses à nouveau vont au vent de la vie
l’ordre établit enfin son pain et sa colombe.

***

La casa en la mañana con la verdad revuelta
de sábanas y plumas, el origen del día
sin dirección, errante como una pobre barca,
entre los horizontes del orden y del sueño.
Las cosas quieren arrastrar vestigios,
adherencias sin rumbo, herencias frías,
los papeles esconden vocales arrugadas
y en la botella el vino quiere seguir su ayer.
Ordenadora, pasas vibrando como abeja
tocando las regiones perdidas por la sombra,
conquistando la luz con tu blanca energía.
Yse construye entonces la claridad de nuevo :
obedecen las cosas al viento de la vida
y el orden establece su pa ny su paloma.

(Pablo Neruda)

Illustration: Louise Georgette Agutte

 

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