Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘colombe’

La belle (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



La belle

Belle fille mordant la pluie
Dans les salines de l’ennui
Belle fille dorant la nuit
Dans la plume chaude, à minuit

Belle, je dis belle à ta bouche
Ouverte sur la poix du sang
Belle, je dis belle à ta jambe
A ta main piégeuse, à ta langue

Belle, je dis belle à l’eau pure
Qui t’éclaire de sa blessure
Je dis belle à ta voix d’amour
Qui gonfle et gorge les colombes

Je dis la marée belle au monde
La câline levant les ongles
Je dis belle à la forêt moite
A la source où le soleil boite

Belle, je dis belle à toi
Et seule belle entre mes bras.

(Luc Bérimont)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PETITE FIN DU MONDE (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



PETITE FIN DU MONDE

Oh ! Oh !
Les oiseaux
morts

Les oiseaux
les colombes
nos mains

Qu’est-ce qu’elles ont eu
qu’elles ne se
reconnaissent plus

On les a vues autrefois
Se rencontrer dans la pleine clarté
se balancer dans le ciel
se côtoyer avec tant de plaisir et se connaître
dans une telle douceur

Qu’est-ce qu’elles ont maintenant
Quatre mains sans plus un chant
que voici mortes
désertées

J’ai goûté à la fin du monde
et ton visage a paru périr
devant ce silence de quatre colombes

devant la mort de ces quatre mains
Tombées
en rang côte à côte

Et l’on se demande
A ce deuil
quelle mort secrète
quel travail secret de la mort
par quelle voie intime dans notre ombre
où nos regards n’ont pas voulu descendre
La mort
a mangé la vie aux oiseaux
a chassé le chant et rompu le vol
à quatre colombes
alignées sous nos yeux

de sorte qu’elles sont maintenant
sans palpitation
et sans rayonnement de l’âme.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Bénédicte Pontet

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La prière des Mères (Yael Deckelbaum)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



 

priere-des-meres-800x600

La prière des Mères

Un
murmure
de vent d’océan
Souffle de loin
Et la lessive
flotte
À
l’ombre
du mur Entre
le ciel et la terre
Il y a des gens qui
veulent vivre en paix
N’abandonnez pas, continuez
à rêver De paix et de prospérité
Quand les murs de la peur fondront-ils
Quand reviendrai-je de l’exil
Et mes portes s’ouvriront
À ce qui est
vraiment
bon

***

Hébreu — arabe

(les paroles en arabe
sont tirées d’une chanson
d’enfants, chantée par Feiruz)

Viens dormir ! —
Un autre lever de soleil
Viens dormir —
Et le matin est là
Nous
abattrons —
Une mère envoie
Une colombe pour vous
Avec une prière
Envole-toi colombe,
n’y crois pas —
Son enfant à l’école
Nous allons rire avec l’enfant —
au son Pour qu’il puisse dormir —
de guerre
Les murs
de
la peur
fondront un jour
Et je reviendrai de l’exil
Mes portes ouvriront
À ce qui est
vraiment
bon

(anglais et arabe)

Du nord au
sud
De
l’ouest
à l’est Écoute
la prière des mères
apporte leur la paix
La lumière monte de l’est
à la prière des mères
pour la
paix.

***

Prayer Of The Mothers

רחישת רוח ים
מנשבת מאי שם
וכביסה מתנפנפת
לצילי החומה

بين الأرض والسما
ناس كتير
بيعيشوا سوى
ما تخافوا تحلموا
بالسلام والأمان

מתי ימסו חומות הפחד
ושבתי מגלותי
יפתחו שעריי
אל הטוב האמיתי

يلا تنام עוד זריחה
تندبحلك طير الحمام בוקר בא
روح يا حمام אם שולחת
בתפילה لا تصدّق
את ילדה לבית הספר
نضحك ع الطفل ت ينام
לצלילי מלחמה

עוד ימסו بيكفي خوف
חומות הפחד تعوا نبدا من جديد
ושבתי מגלותי
יפתחו שעריי ونفتح الأبواب
אל הטוב האמיתי

from the north to the south
from the west to the east
hear the prayer of the mothers
bring them peace
bring them peace

من الشمال
للجنوب
من الغرب
صوب الشرق
إسمع صلاة الأمهات
للسلام
بدنا السلام

אור עולה מהמזרח
מול תפילת האמהות
לשלום

(Yael Deckelbaum)

Illustration

 

chrétiennes-juives-musulmanes-elles-chantent-la-priere-des-mères

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon bien-aimé est frais et vermeil (Le Cantique des cantiques)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



illustration-marc-chagall-amour

LA BIEN-AIMÉE

Mon bien-aimé est frais et vermeil,
il se reconnaît entre dix mille.
Sa tête est d’or, et d’un or pur ;
ses boucles sont des palmes,
noires comme le corbeau.
Ses yeux sont des colombes,
au bord des cours d’eau se baignant dans le lait,
posées au bord d’une vasque.
Ses joues sont comme des parterres d’aromates,
des massifs parfumés.
Ses lèvres sont des lis ;
elles distillent la myrrhe vierge.
Ses mains sont des globes d’or,
garnis de pierres de Tarsis.
Son ventre est une masse d’ivoire,
couverte de saphirs.
Ses jambes sont des colonnes d’albâtre,
posées sur des bases d’or pur.
Son aspect est celui du Liban,
sans rival comme les cèdres.
Ses discours sont la suavité même,
et tout en lui n’est que charme.
Tel est mon bien-aimé,
tel est mon époux, filles de Jérusalem.

(Le Cantique des cantiques)

Illustration: Marc Chagall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle ! (Le Cantique des cantiques)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



illustration-marc-chagall-amour

Le Bien-Aimé

Que tu es belle, ma bien-aimée,
que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes,
derrière ton voile ;
tes cheveux comme un troupeau de chèvres,
ondulant sur les pentes du mont Galaad.
Tes dents, un troupeau de brebis à tondre
qui remontent du bain.
Chacune a sa jumelle et nulle n’en est privée.
Tes lèvres, un fil d’écarlate,
et tes discours sont ravissants.
Tes joues, des moitiés de grenades,
derrière ton voile.
Ton cou, la tour de David,
bâtie par assises.
Mille rondaches y sont suspendues,
tous les boucliers des preux.
Tes deux seins, deux faons,
jumeaux d’une gazelle,
qui paissent parmi les lis.

Avant que souffle la brise du jour
et que s’enfuient les ombres,
j’irai à la montagne de la myrrhe,
à la colline de l’encens.

Tu es toute belle, ma bien-aimée,
et sans tache aucune !

Viens du Liban, ô fiancée,
viens du Liban, fais ton entrée.
Abaisse tes regards, des cimes de l’Amana,
des cimes du Sanir et de l’Hermon,
repaire des lions,
montagne des léopards.

Tu me fais perdre le sens,
ma sœur, ô fiancée,
tu me fais perdre le sens
par un seul de tes regards,
par un anneau de ton collier !
Que ton amour a de charmes,
ma sœur, ô fiancée.
Que ton amour est délicieux,
plus que le vin !
Et l’arôme de tes parfums,
plus que tous les baumes !
Tes lèvres, ô fiancée,
distillent le miel vierge.
Le miel et le lait sont sous ta langue ;
et le parfum de tes vêtements
est comme le parfum du Liban.

Elle est un jardin bien clos,
ma sœur, ô fiancée ;
un jardin bien clos,
une source scellée.
Tes jets font un verger de grenadiers,
avec les fruits les plus exquis : le nard et le safran,
le roseau odorant et le cinnamome,
avec tous les arbres à encens ;
la myrrhe et l’aloès,
avec les plus fins arômes.
Source des jardins, puits d’eaux vives,
ruissellement du Liban !

(Le Cantique des cantiques)

Illustration: Marc Chagall

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chevaux de bois (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017




Chevaux de bois

Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
Tournez cent tours, tournez mille tours,
Tournez souvent et tournez toujours,
Tournez, tournez au son des hautbois.

Le gros soldat, la plus grosse bonne
Sont sur vos dos comme dans leur chambre,
Car en ce jour au bois de la Cambre
Les maîtres sont tous deux en personne.

Tournez, tournez, chevaux de leur coeur,
Tandis qu’autour de tous vos tournois
Clignote l’oeil du filou sournois,
Tournez au son du piston vainqueur.

C’est ravissant comme ça vous soûle
D’aller ainsi dans ce cirque bête :
Bien dans le ventre et mal dans la tête,
Du mal en masse et du bien en foule.

Tournez, tournez sans qu’il soit besoin
D’user jamais de nuls éperons
Pour commander à vos galops ronds,
Tournez, tournez, sans espoir de foin

Et dépêchez, chevaux de leur âme :
Déjà voici que la nuit qui tombe
Va réunir pigeon et colombe
Loin de la foire et loin de madame.

Tournez, tournez ! le ciel en velours
D’astres en or se vête lentement.
Voici partir l’amante et l’amant.
Tournez au son joyeux des tambours !

(Verlaine)

Illustration: Edouard Goerg

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Rondel sur la neige (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



mendiant-neige

Rondel sur la neige

La neige fine, fine, tombe
Du ciel hier profond et bleu,
Et dans la rue enflée un peu,
La neige par endroit surplombe.

La neige fine tombe. Il pleut
Comme un fin duvet de colombe.
La neige fine, fine, tombe
Du ciel hier profond et bleu.

Le teint du mendiant se plombe ;
Il gèle. Ah ! qu’on fasse du feu
Et qu’on héberge, au nom de Dieu,
Le pauvre, de peur qu’il succombe !
La neige fine, fine, tombe…

(Albert Lozeau)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Nous suivrons la musette (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2017



Nous suivrons la musette aux lieux abandonnés.
Là-bas, dans l’ombre du nuage, au pied de la tour,
Le romarin conseille de dormir ; et rien n’est beau
Comme l’enfant de la brebis couleur de jour.
Le tendre instant nous fait signe de la colline voilée.
Levez- vous, amour fier, appuyez- vous sur mon épaule ;
J’écarterai la chevelure du saule,
Nous regarderons dans la vallée.
La fleur se penche, l’arbre frissonne : ils sont ivres d’odeur.
Déjà, déjà le blé
Lève en silence, comme dans les songes des dormeurs.
Et la ville, elle aussi, est belle dans le bleu du temps ;
les tours
Sont comme des femmes qui, de loin,
Regardent venir leur amour.
Amour puissant, ma grande sœur.
Courons où nous appelle l’oiseau caché des jardins.
Viens, cruel cœur.
Viens, doux visage ;

La brise aux joues d’enfant souffle sur le nuage
De jasmin.

La colombe aux beaux pieds vient boire à la fontaine ;
Qu’elle s’apparaît blanche dans l’eau nouvelle !
Que dit-elle ? où est-elle ?

On dirait qu’elle chante dans mon cœur nouveau.
La voici lointaine…

Que le monde est beau, bien-aimée, que le monde est beau !
Viens, suis-moi ! je connais les confins de la solitude,
La femme des ruines m’appelle de la fenêtre haute :
Vois comme sa chevelure de fleurs folles et de vent
S’est répandue sur le chéneau croulant.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Petite valse Viennoise (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



Petite valse Viennoise

À Vienne il y a dix jeunes filles,
une épaule où sanglote la mort
et un bois de colombes empaillées,
Il y a un fragment de matin
au musée du givre.
Il y a un un salon à mille fenêtres.
Cette valse, valse, valse
De oui, de mort et de cognac,
Qui mouille sa traîne dans la mer.

Je t’aime, t’aime, t’aime,
avec le fauteuil et le livre mort,
dans le couloir mélancolique,
au grenier sombre de l’iris,
dans notre lit de la lune
et par la danse que rêve la tortue.

Prends cette valse aux reins cambrés.

À Vienne il y a quatre miroirs
où jouent ta bouche et les échos.
Il y a une mort pour piano
qui peint en bleu les jeunes gars.
Il y a des mendiants sur les toits.
Il y a de fraîches guirlandes de pleurs.

Prends cette valse qui meurt dans mes bras.

Parce que je t’aime, je t’aime, amour,
dans le grenier où vont jouer les enfants,
rêvant de vieux lustres de Hongrie
dans la rumeur du tendre après-midi,
voyant des brebis et des iris de neige
dans le silence obscur de ton front.

Je prends la valse « Je t’aime toujours. »

À Vienne, je danserai avec toi
dans un déguisement qui aura
une tête de fleuve.
Vois mes rives de jacinthes !
Je laisserai ma bouche entre tes jambes,
mon âme dans des lis et des photographies
et dans la vague obscure de ta démarche
je veux, mon amour, mon amour, laisser,
violon et sépulcre, les rubans de la valse.

***

Pequeño vals Vienés

En Viena hay diez muchachas
un hombro donde solloza la muerte
y un bosque de palomas disecadas
Hay un fragmento de la mañana
en el museo de la escarcha.
Hay un salón con mil ventanas
Ay! Ay! Ay!
Toma este vals, este vals con la boca cerrada.

Este vals, este vals, este vals,
de sí, de muerte y de cognac.
que moja su cola en el mar.

Te quiero,te quiero, te quiero
con la butaca y el libro muerto
por el melancólico pasillo,
en el oscuro desván del lirio
en nuestra cama de la luna
Y en la danza que sueña la tortuga.
Ay! Ay! Ay!
Toma este vals de quebrada cintura.

En Viena hay quatro espejos
Donde juegan tu boca y los ecos
Hay una muerte para piano
que pinta de azul a los muchachos.
Hay mendigos por los tejados
Hay frescas guirnaldas de llanto.
Ay! Ay! Ay!
Toma ese vals que se muere en mis brazos.

Porque te quiero, te quiero, te quiero, amor mío,
en el desván donde juegan los niños,
Soñando viejas luces de Hungria
por los rumores de la tarde tibia,
Viendo ovejas y lirios de nieve
por le silencio oscuro de tu frente.
Ay! Ay! Ay!
Toma este vals del « te quiero siempre ».

En Viena bailaré contigo
con un disfraz que tenga
cabeza de río.
¡ Mira qué orillas tengo de jacinto !
Dejaré mi boca entre tus piernas,
mi alma en fotografias y azucenas,
y en las ondas oscuras de tu andar
quiero amor mío, amor mío, dejar,
violín y sepulcro, las cintas del vals.

(Federico Garcia Lorca)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Félix Vallotton

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA VOLIERE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



LA VOLIERE

Ma tête est une volière
où mille et mille oiseaux sont pris…
d’une folie familière :
colombes, loris, colibris
Se battent et se débattent
paroles, plumes et pattes
et j’en suis tout assourdie
— loriquet, jacquot, mainate !
On dit que je suis étourdie,
mais c’est parce que je vous écoute
que ma tête je la perds toute,
oiseaux ! Chez lui, j’oublie mon parapluie;
chez elle, j’oublie mon ombrelle :
on me punit, on me querelle
— toucan toco, tisserin, spréo
Rien ne vient à bout du fléau…
Les tangaras multicolores
— mes rêves — ne font qu’éclore
à chaque instant au creux des nids,
se multiplient à l’infini…
Le visage sur le grillage,
oh ! quel plaisir de contempler
(on dit que je suis indolente)
leurs arabesques rutilantes
sans voir les heures s’envoler,
en oiseaux-mouches, une par une
On dit… que je suis dans la lune…

(Christiane Barrillon)

Illustration: Jean-Pierre Augier

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :