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Posts Tagged ‘colombe’

LES FLEUVES BLEUS DU FEU… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



Les fleuves bleus du feu
Déchirent la campagne laiteuse.
On entend craquer les os
De la terre
Qui se met à sentir
Comme une femme en amour.
Bonne sueur de joie
Remontant les grilles de la pluie,
Bonnes larmes
Et larmes pour les jambes des femmes
Inquiétantes colombes.

(Jean Rousselot)

 

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Cris d’aveugle (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019



 

Jules Bastien Lepage -

Cris d’aveugle

L’oeil tué n’est pas mort
Un coin le fend encor
Encloué je suis sans cercueil
On m’a planté le clou dans l’oeil
L’oeil cloué n’est pas mort
Et le coin entre encor

Deus misericors
Deus misericors
Le marteau bat ma tête en bois
Le marteau qui ferra la croix
Deus misericors
Deus misericors

Les oiseaux croque-morts
Ont donc peur à mon corps
Mon Golgotha n’est pas fini
Lamma lamna sabacthani
Colombes de la Mort
Soiffez après mon corps

Rouge comme un sabord
La plaie est sur le bord
Comme la gencive bavant
D’une vieille qui rit sans dent
La plaie est sur le bord
Rouge comme un sabord

Je vois des cercles d’or
Le soleil blanc me mord
J’ai deux trous percés par un fer
Rougi dans la forge d’enfer
Je vois un cercle d’or
Le feu d’en haut me mord

Dans la moelle se tord
Une larme qui sort
Je vois dedans le paradis
Miserere, De profundis
Dans mon crâne se tord
Du soufre en pleur qui sort

Bienheureux le bon mort
Le mort sauvé qui dort
Heureux les martyrs, les élus
Avec la Vierge et son Jésus
O bienheureux le mort
Le mort jugé qui dort

Un Chevalier dehors
Repose sans remords
Dans le cimetière bénit
Dans sa sieste de granit
L’homme en pierre dehors
A deux yeux sans remords

Ho je vous sens encor
Landes jaunes d’Armor
Je sens mon rosaire à mes doigts
Et le Christ en os sur le bois
A toi je baye encor
O ciel défunt d’Armor

Pardon de prier fort
Seigneur si c’est le sort
Mes yeux, deux bénitiers ardents
Le diable a mis ses doigts dedans
Pardon de crier fort
Seigneur contre le sort

J’entends le vent du nord
Qui bugle comme un cor
C’est l’hallali des trépassés
J’aboie après mon tour assez
J’entends le vent du nord
J’entends le glas du cor

(Tristan Corbière)

Illustration: Jules Bastien Lepage

 

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Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



Illustration: Marie-Claude Gironde
    
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Dresse-moi comme un rameau d’olivier et sois ma colombe

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Oh laisse-moi contempler ta beauté quand les témoins sont partis
Laisse-moi ressentir tes mouvement comme ils le font à Babylone
Montre-moi lentement ce dont je connais seulement les limites
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’au mariage maintenant, fais-moi danser et re-danser
Fais-moi danser tendrement et très longtemps
Nous sommes tout deux sous la coupe de l’amour, et bien au dessus
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’aux enfants qui demandent à naître
Fais-moi danser et passer les barrières que nos baisers ont brisées
Monte-toi un abri de toile désormais, mais sache que chaque fil est brisé
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Touche-moi à mains nues ou de ton gant
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

***

DANCE ME TO THE END OF LOVE

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We’re both of us beneath our love, we’re both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I’m gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

(Leonard Cohen)

 

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Oui, j’aime ce morceau de terre que tu es (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Oui, j’aime ce morceau de terre que tu es,
moi qui, parmi toutes les prairies planétaires,
ne possède pas d’autre étoile. L’univers
c’est toi qui le répètes et qui le multiplies.

En tes larges yeux il y a la lumière
qui des constellations vaincues vient jusqu’à moi,
ce sont les chemins qui palpitent sur ta peau
parcourus par le météore dans la pluie.

Tes hanches furent toute la lune pour moi,
le soleil, les plaisirs de ta bouche profonde,
et l’ardente lumière et tout le miel dans l’ombre

ce fut ton coeur brûlé par de longs rayons rouges :
je parcours de baisers la forme de ton feu,
ma petite planète, géographie, colombe.

***

Amo el trozo de tierra que tú eres,
porque de las praderas planetarias
otra estrella no tengo. Tú repites
la multiplicación del universo.

Tus anchos ojos son la luz que tengo
de las constelaciones derrotadas,
tu piel palpita como los caminos
que recorre en la lluvia el meteoro.

De tanta luna fueron para mí tus caderas,
de todo el sol tu boca profunda y su delicia,
de tanta luz ardiente como miel en la sombra

tu corazón quemado por largos rayos rojos,
así recorro el fuego de tu forma besándote,
pequeña y planetaria, paloma y geografía.

(Pablo Neruda)

 

 

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Pour Uriel, pas de temple (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



Uriel [800x600]

Hommage aux anges
[18]

Pour Uriel, pas de temple,
mais partout,

les enceintes externes et les places
sont fragrantes ;

le festival ouvre comme avant
avec le murmure des colombes ;

pour Uriel, pas de temple
mais les bosquets sacrés de l’Amour,

flétris à Thèbes et à Tyr,
fleurissent ailleurs.

***

For Uriel, no temple
but everywhere,

the outer precincts and the squares
are fragrant;

the festival opens as before
with the dove’s murmuring;

for Uriel, no temple
but Love’s sacred groves,

withered in Thebes and Tyre,
flower elsewhere.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Étends la paix (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019



Étends la paix

Pour frère Roger de Taizé

Par le ciel épargné
Par le juste tombé
Par l’âme qu’on assassine
Retiens la paix
Par la gorge serrée
Par l’oiseau qui se tait
Par l’aube que l’on devine
Garde la paix
Par le baiser perdu
Par le chant arrêté
Par la nuit confondue
Porte la paix
Par la fenêtre ouverte
Par le matin qui tremble
Par la joie redonnée
Étends la paix

Par la terreur glacée
Par la haine triomphante
Par la colombe tuée
Retiens la paix
Par le vol suspendu
Par l’instant qui gravite
Par le regard volé
Garde la paix
Par le soleil taché
Par trois gouttes de sang
Par l’espoir envolé
Porte la paix
Par le ciel ton ami
Par la rose coupée
Par la source endormie
Étends la paix

Par l’enfant que j’étais
Par la beauté trahie
Par l’astre qui n’est plus
Retiens la paix
Par le sel de tes larmes
Par la peur familière
Par les journées vaincues
Garde la paix
Par le bonheur gagné
Par la vie déployée
Par la confiance nue
Porte la paix
Par la fraternité
Par la gerbe nouée
Et par le pain rompu
Étends la paix

Par les greniers vidés
Par le grain dispersé
Par la moisson ardente
Retiens la paix
Par la folie têtue
Par l’âme prisonnière
Par le mensonge armé
Garde la paix
Par le chant par le rire
Par les voix du bonheur
Par toutes tes enfances
Porte la paix
Par l’attente étonnée
Par le silence aimé
Par les mots dans le cœur
Étends la paix

Par l’éclat des douleurs
Par la plus lourde branche
Par la mort devancée
Retiens la paix
Par l’écriture blanche
Par le poème dressé
Par la juste ferveur
Garde la paix
Par la route qui est longue
Par la terre qui est ronde
Par le feu des chansons
Porte la paix
Par le soleil qui luit
Par le vent qui dessine
Par la vie qui chemine
Étends la paix

Par l’âme qui se souvient
Par le chant retrouvé
Par le sourire ailé
Retiens la paix
Par les mille couleurs
Par l’arc-en-ciel en fête
Par la terre incendiée
Garde la paix
Par le geste qui invite
Et le jour qui se lève
Par le visage neuf
Porte la paix
Par la main qui console
Par la tendresse offerte
Par ton rire étoilé
Étends la paix

(Jean Lavoué)

 

 

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Rumeur du monde (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



 

Remedios Varo Uranga_revelation mystique [1280x768]

Rumeur du monde

Écoute
autour de la maison
l’âpre rumeur du monde :
meurtres, massacres,
épouvante, incendie,
tyrannie et torture.

En d’autres lieux, dans d’autres cœurs
bien sûr !

Mais ne te crois ni agneau ni colombe.
Comme chacun
tu portes en toi le loup, le tigre
et la vipère,
en toi dans des ténèbres
où leur rage enchaînée
sourdement siffle et gronde.

Dans l’angoisse, la crainte
mais aussi l’espérance,
veille sur les remparts, en toi,
et prie pour que les chaînes ne se rompent.

(Jean Joubert)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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Délia (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




Délia, parmi toutes ces feuilles
de l’arbre de vie,
ta présence
au feu,
ta vertu
de rosée:
dans le vent irrité
une colombe.

(Pablo Neruda)

Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

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La paix de la colombe est-elle paix ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



La paix de la colombe est-elle paix ?
Le léopard fait-il la guerre ?

Pourquoi le maitre enseigne-t-il
la géographie de la mort ?

Qu’arrive-t-il aux hirondelles
qui sont en retard au collège ?

Est-il vrai qu’elles distribuent,
à travers ciel, des lettres transparentes ?

(Pablo Neruda)


Illustration: Pablo Picasso

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Les iris (Yves Broussard)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Jusqu’au plus haut du ciel
la trace cursive
de la colombe

Et l’odeur
aimantée
des iris
bien ancrés

cependant que te parviennent
les bruits imprécis
de la création

(Yves Broussard)


Illustration: Vincent Van Gogh

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