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LES PEUPLIERS DE KERANROUX (Charles Le Goffic)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



 

LES PEUPLIERS DE KERANROUX

Le soir a tendu de sa brume
Les peupliers de Keranroux.
La première étoile s’allume;
Viens-t’en voir les peupliers roux.
Fouettés des vents, battus des grêles,
Et toujours sveltes cependant,
Ils lèvent leurs colonnes grêles
Sur le fond gris de l’occident.
Et dans ces brumes vespérales
Les longs et minces peupliers
Font rêver à des cathédrales
Qui n’auraient plus que leurs piliers.

(Charles Le Goffic)

 

 

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BRÈCHE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Gustave Doré Lac en Ecosse après l'orage

BRÈCHE

La montagne beige
S’effeuillait en lames

La porte s’ouvrit
Entre les colonnes

J’attendais l’Esprit
Renaissant de l’ombre

Un dieu de la pierre
Sous des formes d’homme

L’escorte des morts
Arrachés au roc

Mon regard fouillait
Dans l’épaisseur noire

L’ouverture inerte
Béait au vent du soir.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Gustave Doré

 

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L’Oreille cassée (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2019




    
L’Oreille cassée
Le vivant, le vrai

Nos visages ravagés de rides se souviennent des sillons de larmes
et notre colonne vertébrale se voûte sous le poids des tristesses passées.

Un corps vivant ne reste pas longtemps vierge et lisse;
la santé, la joie de vivre n’excluent pas les coups ;

bien au contraire, nous n’existons que de souffrances vaillantes contre l’adversité ;
les bons organismes présentent une tête burinée, un corps las et courageux,
une puissance dévastée, mais toujours debout.

Avant le premier coup de corne,
comment savoir si le torero se conduit avec courage ?

Il n’y a de vrai vivant que déchiré.
Les cicatrices renforcent.

Il n’y a de vérité que falsifiée.
Le faux plaide pour le vrai.

Il n’y a de bonté que tentée.

Quelle vertu sans tribulations ?
Il n’y a de bon système que cassé.
Si tout marche, rien ne marchera.

Chaque épreuve me précipite au devant de ce fétiche :
il n’y a de vrai dieu que blessé.

(Michel Serres)

 

Recueil: Hergé mon ami
Traduction:
Editions: Le Pommier

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Un couple là-bas s’endort (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Odd Nerdrum

 

Un couple là-bas s’endort
dans la barque de la mort.
Ne vous pressez pas, vous dis-je,
nous attendons un prodige.
Cannelure des colonnes
c’est de vous que sortit l’homme :
or au fond des propylées
la gorge était profilée.
Pins odorants de soleil
pour qui sonna le sommeil ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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Il faudrait être stylite (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: William Laparra
    
Il faudrait être stylite,
mais où est la colonne?

Je ne vois que les colonnes brisées
d’un temple en ruine
dans le désert.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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La colonne-de-nuée (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



nuee

Les murs ne tombent pas
[36]

D’aucune façon n’est la colonne-de-nuée
qui allait devant

différente de la colonne-de-nuée
qui vient après ;

le chasme, schisme en conscience,
doit être comblé ;

nous sommes chacun, propriétaire,
chacun avec un trésor ;

il est temps de réévaluer
notre butin secret

à la lumière du passé comme de l’avenir,
car, qu’il s’agisse de

pièces, pierres, or
gobelets, plats

ou simplement
de talismans, archives ou parchemins,

explicitement, il en ressort
qu’il contient,

pour tout scribe
ayant été instruit,

des choses nouvelles
et anciennes.

***

In no wise is the pillar-of-fire
that went before

different from the pillar-of-fire
that comes after;

chasm, schism in consciousness
must be bridged over;

we are each, householder,
each with a treasure;

now is the time to re-value
our secret hoard

in the light of both past and future,
for whether

coins, gems, gold
beakers, platters,

or merely
talismans, records or parchments

explicitly, we are told,
it contains

for every scribe
which is instructed,

things new
and old.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Nulle Issue (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Nulle Issue – les Cieux étaient cousus –
Les Colonnes se rapprochaient
La Terre renversa ses Hémisphères –
Je touchai l’Univers –

Mais il se déroba – et seule –
Simple Point sur un Globe –
J’errai à la Circonférence –
Plus loin que Plongeon de Cloche –

***

I saw no Way – The Heavens were stitched
Ifelt the Columns close –
The Earth reversed her Hemispheres –
I touched the Universe –

And back it slid – and I alone –
A speck opon a Ball –
Went out opon Circumference –
Beyond the Dip of Bell –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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LA ROSE QUI DURE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
LA ROSE QUI DURE

… A peine le dos tourné
Que l’horloge va plus vite.
Le temps voleur en profite
Aussitôt pour me flouer
De quelque riche minute.

À peine un jour commencé
Lisse au coeur, doux au toucher
Qu’un autre invente sa chute,
Je le vois s’effilocher
Le front bas et l’oeil poché.

Et quand mes paumes retiennent
Des perles dans mes années
Je retrouve les colliers,
Tout poussiéreux et fanés
Au bout de quelques semaines.

Le haut mur de la cité
Que soutenaient mes colonnes
Quel mistral me l’a soufflé
Comme une brume d’automne ?

Adieu, jardins fugitifs,
Amours, saisons, écritures
Et musiques passagères
Qu’écrase l’ombre des ifs !

Moi, je veux la fleur sévère,
Je veux la fleur inventée.
J’invente la fleur qui dure
Et s’appelle éternité.

(Norge)

 

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Stylite inébranlable (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018




Stylite inébranlable sur la ferme colonne
Des vers où je demeure,
L’interne mouvement créateur, je le sais,
Par quoi j’ai été leur auteur
Passe, et je survis, moi, sans plus être celui
Dont j’écris qu’il les fit.
Lorsque l’heure viendra, je passerai aussi
Et mes vers, qui ne ressentent rien,
Seront l’unique permanence posée
Sur quelques chapiteaux du temps.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 

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Pour que demeure le secret (Max Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018


 


 

Pour que demeure le secret
Nous tairons jusqu’au silence

Nul oiseau n’est coupable
Du tumulte de nos coeurs

La nuit n’est responsable
De nos jours au fil de mort

Il n’est que grande innocence
Et des colonnes en marche

Mais les plaines soulignent
Notre solitude de leur blé.

(Max Pol Fouchet)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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