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Poésie

Posts Tagged ‘colporter’

Juste un peu de lumière (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Illustration: Remy Disch
    
Juste un peu de lumière,
Cette bonne nouvelle colportée,
de branche en branche,
Par l’aile des oiseaux,

Ce trois fois rien qui nous console,
Ce frémissement de pauvreté et de joie,

Ce passant attardé qui nous hèle,
Ce vide en nous qui appelle,
Ce souffle au bout de nos pas,

Et cette Source qui nous relève
Tant que nous avons soif,
Que nous nous laissons traverser par elle,

Tant que nous espérons.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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LES OIES INQUIETES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Illustration: Christiane Marette
    
LES OIES INQUIETES

Les oies qui traînent dans le bourg
Ainsi que des commères grasses
Colportant les potins du jour,
En troupeaux inquiets s’amassent.
Un gros jars qui marche devant
Allonge le cou dans la brume
Et frissonne au souffle du vent
De Noël qui gonfle ses plumes…

Noël ! Noël !
Est-ce au ciel
Neige folle
Qui dégringole,
Ou fin duvet d’oie
Qui vole.

Leur petit œil rond hébété
A beau s’ouvrir sans trop comprendre
Sur la très blanche immensité
D’où le bon Noël va descendre,
A la tournure du ciel froid,
Aux allures des gens qui causent,
Les oies sentent, pleines d’effroi,
Qu’il doit se passer quelque chose.

Les flocons pâles de Noël
– Papillons de l’Hiver qui trône –
Comme des présages cruels
S’agitent devant leur bec jaune,
Et, sous leur plume, un frisson court
Qui, jusque dans leur chair se coule.
L’heure n’est guère aux calembours,
Mais les oies ont la chair de poule.

Crrr !… De grands cris montent parmi
L’aube de Noël qui rougeoie
Comme une Saint-Barthélemy
Ensanglantée du sang des oies ;
Et, maintenant qu’aux poulaillers
Les hommes ont fini leurs crimes,
Les femmes sur leurs devanciers
Dépouillent les corps des victimes.

(Gaston Couté)

 

 

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Pensées (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



Penser, vivre, mer peu distincte;
Moi – ça – tremble,
Infini incessamment qui tressaille.
Ombres de mondes infimes: ombres d’ombres,
cendres d’ailes.
Pensées à la nage merveilleuse,
qui glissez en nous, entre nous, loin de nous,
loin de nous éclairer, loin de rien pénétrer;
étrangères en nos maisons,
toujours à colporter,
poussières pour nous distraire
et nous éparpiller la vie.

(Henri Michaux)

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Moissonner les rivages (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



moissonner les rivages
les temples et les regards
colporter le fugace et le précaire
demeurer même mal
dans l’énigme de la clarté

(Jack Keguenne)

Découvert chez Lara ici

Illustration: André Derain

 

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Quand j’ai trouvé le Vrai (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2016



Quand j’ai trouvé le Vrai, je me suis attaché au Vrai,
j’ai fait le commerce du Vrai,
Et tout en colportant ma charge de vrais trésors,
je suis arrivé près du Trésorier.

Lui-même est la Perle, la Gemme et le Diamant,
Lui—même est le Joaillier,
Lui-même est les dix régions de l’Univers et Celui qui les
meut,
le Marchand immobile!

Fais de l’Esprit la bête de somme, de l’Amour le chemin,
et remplis tes sacs de Sagesse…
Dit Kabîr : O Saints, écoutez,
fructueux fut mon voyage!

(Kabîr)

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Chanson (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Chanson

Cortèges des semaines
les voix qui chantent faux
le jargon de nos peines
les amours mécanos

la jarre est dans l’eau morte
les espoirs verrouillés
les secrets sans escortes
et les corps lézardés

sept jours comme des flûtes
les balcons qui colportent
le front las qui se bute
au seuil muet des portes

sur une grande artère
s’en vont les mains fanées
le soupir des années
et l’orgue de misère…

(Gaston Miron)

Illustration: Gilbert Garcin

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