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Poésie

Posts Tagged ‘comblé’

Haie claire des cils (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



haie claire des cils
tant ta douceur
vers le miroir

gorge de labour riche
aux longs déplacements musqués
de la lenteur

tes pêches appétits
soudain pétrels
plongeants

la peau
serrures des mains
qui s’écartent comblées

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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Vraie vie (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



Illustration: Carrie Vielle
    
Vraie vie

Il n’y a pas d’ailleurs,
la vraie vie est ici.

La vraie vie
c’est les nuages qui nous fuient,
l’amour qui nous néglige,
les soleils à contretemps
et les ciels à moitié dépolis.

C’est les ongles rongés
dans les salles d’attente combles,
et vouloir le plein jour
au milieu de la nuit.

La vraie vie,
c’est d’ignorer l’avenir,
d’oublier le passé,
de passer à travers le présent trop friable
sans pouvoir en garder une miette.

La vraie vie,
cette corvée, c’est du plein et du vide,
des plages de silence,
des parasites et des interférences,
et parfois le miracle ordinaire
d’une joie pure.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Anthologie La Poésie cent ans après Apollinaire
Traduction:
Editions: Proverbe lamaisondepoesie@gmail.com

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Le recueillement des rives (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Illustration: Tatiana Fruleva
    
Le recueillement des rives,
Le silence des vases,
Le frémissement des eaux,
Le glissement furtif des nuages,
Le frôlement du vent dans les roseaux
Ont la même ardente présence
Que cet espace sans prises
S’ouvrant au-dedans de nous
Et dont nous sommes parfois,
Quand s’écartent nos pensées,
Le papillon miraculeux,
Le pêcheur paisible
Et le témoin comblé.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Un enfant tient un trésor entre ses mains (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2018



Illustration: Edouard Boubat
    
Un enfant tient un trésor entre ses mains.
Un missel, une bille, un coquillage.
Il serre les mains si fort sur son bien qu’il le fait entrer sous ses ongles, dans ses veines, son cerveau,
le métamorphose en lumière dont l’enfant n’est plus lui-même qu’un accident bienheureux, comblé.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Je suis là (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

suicide

Je suis là

Je suis là
peinant dans la trace
d’un autre
erratique.
Demi-dieu
inventé
dans les combles
d’un bordel
de bons
sentiments.
Il s’est passé des choses
que ma morale réprouve.
Puis
c’est passé…
C’est le seul suicidé
de ma paroisse
qui m’ait dit :
«Surtout !
Survis !»
Une croix
d’eau bénite
une prière à Marie
près de moi un calibre.
Je ne le prendrai pas
je le laisse
comme moi
presque vide.

(Balbino)

 

 

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L’amoureux comblé (Oscar Mandel)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Illustration: Anita Burnaz
    
L’amoureux comblé

Quand méprisé je gémissais,
que de poèmes pleuvaient!
Tu m’as ouvert la porte.
Ma plume est morte.

***

No more poems

While i wept Ah woe is me
I sobbed a bucket-full of poetry.
But now, unbarred her door,
drop, dumb pen, drop to the floor.

(Oscar Mandel)

 

Recueil: Cette guêpe me regarde de travers
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Avec une intensité soudaine (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

la-femme-peintre

Avec une intensité soudaine,
comme si l’espace d’une seconde,
elle l’eût vu net,
elle mena une ligne,
là, au centre.
Tout était fini.
Oui, songea-t-elle, reposant son pinceau,
au comble de l’épuisement,
j’ai eu ma vision.

(Virginia Woolf)

 

 

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SILENCE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    
SILENCE

Il s’étale, effrayant: c’est la mer murmurante,
C’est un champ infini de toutes parts neigeux.
C’est la Mort déguisée attrapant mes cheveux,
Chagrine et qui fait peur. La Mort caracolante.

Je dépose à ses pieds mon âme pantelante.
Mon coeur bat-il encor? Je l’écoute, anxieux.
Musique monotone… et pourtant — justes cieux ! —
J’aime l’entendre vivre au sein de ma tourmente.

Je marche, dirait-on, sur un frêle terrain.
Quand le sol se défait sous mon pied incertain,
Je prétends résister comme fou qui s’éveille.

Puis je baisse la tête au comble de l’émoi.
Car la vase, déjà, vient boucher mon oreille.
Interdit, je me rends. Qu’adviendra-t-il de moi?

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Définir le cri (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


mains-couple1

inapaisables mains
pas plus tôt comblées
nous voudrions crier

comme des flammes trompées
crier doucement tendrement
et recoucher sur ta carène
nos ombres puis passer la nuit
dans ce voyage lisse
dans ce voyage lisse
descendre à prudentes foulées
et prisonnières de la prunelle
au foyer silencieux dormir

deviner le retour de la brise
et asservies aux pressentiments
étendre l’insécurité de la course
à toute une polynésie aux aguets

(Mohammed Dib)

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LA FILLE MAIGRE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Alexandr Sulimov -   (39)

LA FILLE MAIGRE

Je suis une fille maigre
Et j’ai de beaux os.

J’ai pour eux des soins attentifs
Et d’étranges pitiés

Je les polis sans cesse
Comme de vieux métaux.

Les bijoux et les fleurs
Sont hors de saison.

Un jour je saisirai mon amant
Pour m’en faire un reliquaire d’argent.

Je me pendrai
À la place de son cœur absent.

Espace comblé,
Quel est soudain en toi cet hôte sans fièvre?

Tu marches
Tu remues;
Chacun de tes gestes
Pare d’effroi la mort enclose.

Je reçois ton tremblement
Comme un don.

Et parfois
En ta poitrine, fixée,
J’entrouvre
Mes prunelles liquides

Et bougent
Comme une eau verte
Des songes bizarres et enfantins.

(Anne Hébert)

Illustration: Alexandr Sulimov 

 

 

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