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Poésie

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Au retour de ces voyages (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018




    
Au retour de ces voyages
que certaines pensées font dans l’infini,
dans ces espaces habités seulement par l’Idée,
c’est pour elles une incompréhensible vision,
que celle de ce monde réel.

Les maladies du corps et de l’âme,
les laideurs, les monstruosités, les crimes, les prostitutions,
toutes les lâchetés et toutes les folies terrestres,
toutes ces tragédies terribles ou ces comédies ridicules,
qu’éclairent tranquillement tour à tour le soleil d’or ou la lune pâle,
tout ce spectacle enfin, cette danse macabre, cette comédie plus infernale que divine,

font qu’elles se demandent,
ne pouvant croire que tant d’horreurs soient vraies,
si elles ne sont pas sous l’empire d’une hallucination bizarre,
d’un rêve sans doute maladif,
qui les torture,
mais qui leur ment.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Pour toile de fond (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018




    
Pour toile de fond, l’infini et l’éternité;
au devant, des myriades d’êtres,
comme des ombres chinoises,
s’agitant, se poussant, se pressant, paraissant et disparaissant,
avec des gestes bizarres, incompréhensibles, grotesques,
charmants quelquefois, plus souvent ridicules :

curieux théâtre, comédie effroyable!

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Sans pensée, sans énigme, aucun art n’est art (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Salvador Dali

    
— Sans pensée, sans énigme, aucun art n’est art
sans pensée, sans énigme
le beau n’est que joli
le spectacle, divertissement
la tragédie, mélodrame,
la comédie, farce,
la peinture, image,
la musique, sonorité,
le roman, fiction,
le poème, chanson,
le silence, mutisme,
la solitude, isolement ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Ne parle plus (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




    

— Ne parle plus de l’ombre, parle-moi de la nuit,
Ne parle plus de lumière, parle-moi du soleil,
Ne parle plus d’amour, parle-moi de caresse,
Ne parle plus de haine, parle-moi d’injure,
Ne parle plus de bonté, parle-moi du don,
Ne parle plus de beauté, parle-moi du regard,
Ne parle plus de paix, parle-moi du sourire,
Ne parle plus de tragédie, parle-moi d’enfants morts,
Ne parle plus de comédie, parle-moi du rire,
Ne parle plus de douleur, parle-moi des larmes,
Ne parle plus du désir, parle-moi des yeux,
Ne parle plus de famine, parle-moi du ventre,
Ne parle plus de moi, parle-moi de toi ;
Ne parle plus de la nuit, parle-moi de l’aube,
Ne parle plus du soleil, parle-moi de lumière,
Ne parle plus de caresse, parle-moi d’amour,
Ne parle plus d’injure, parle-moi de haine,
Ne parle plus du don, parle-moi de bonté,
Ne parle plus du regard, parle-moi de beauté,
Ne parle plus du sourire, parle-moi de paix,
Ne parle plus d’enfants morts, parle-moi de tragédie,
Ne parle plus du rire, parle-moi de comédie,
Ne parle plus des larmes, parle-moi de douleur,
Ne parle plus des yeux, parle-moi du désir
Ne parle plus du ventre, parle-moi de famine,
Ne parle plus de moi, parle-moi de toi ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Un jour certainement viendra (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



Illustration: Titien
    

Un jour certainement viendra
où l’homme ne voudra plus procréer son espèce.

A quoi bon?
Pour prolonger la durée de cette infernale comédie,
pour perpétuellement refaire ce travail de Sisyphe,
remuer toujours cette boue et ce néant?

Jadis on avait Dieu,
et l’espérance de la lumière,
de la vie lumineuse au delà de la mort.

Nous ne sommes plus, d’après la science moderne,
que des animaux parmi les animaux ;
nos passions ne sont que les passions de la brute,
parées de brillants mensonges;
nos éclairs de génie ne sont que des névroses ;
nos prophètes, des hallucinés, et nos religions,
des fantômes créés par nos tristes cerveaux.

L’antique voile est tombé :
pour fin de tout,
c’est la tombe ignoble, la mort sans phrases…

Et il est encore des gens
qui mangent, boivent, dorment,
et engendrent tranquillement !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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