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Poésie

Posts Tagged ‘commander’

C’est nous qui avons commandé ce vacarme (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2019



Illustration : Philippe Geluck
    
C’est nous qui avons commandé ce vacarme,
parce que nous manquions de bruit.
Maintenant nous voudrions du silence,
mais le serveur ne nous entend pas.

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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JE DORMAIS (Catherine Pozzi)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration: Odilon Redon
    
JE DORMAIS

JE n’avais encore rien « senti »
JE dormais comme un coquillage
J Etais un coquillage
Les Signes pleuvaient autour de moi
Aucun n’entrait en moi
J’étais trop dur
Mais le sentiment de la vie commandait
Il fallait absolument ouvrir une porte
Et JE ne pouvais pas.

(Catherine Pozzi)

 

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Situation de l’âme (Jacques Réda)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



Situation de l’âme

La chair, oui, mais l’âme n’a pas désir d’éternité,
Elle qui rétrécit comme un rond de buée
A la vitre et n’est que syncope
Dans la longue phrase du souffle expiré par les dieux.
Elle se sait mortelle et presque imaginaire
Et s’en réjouit en secret du cœur qui la tourmente.
Ainsi l’enfant que l’on empêche de jouer
Se dérobe les yeux baissés contre sa transparence.
Mais les dieux, où sont-ils, les pauvres ? – A la cave ;
Et n’en remontent que la nuit, chercher dans la poubelle
De quoi manger un peu. Les dieux
Ont tourné au coin de la rue. Les dieux
Commandent humblement un grog à la buvette de la gare
Et vomissent au petit jour contre un arbre. Les dieux
Voudraient mourir. (Mais l’âme seule peut,
A distance des dieux et du corps anxieux
Dans son éternité d’azote et d’hydrogène,
A distance danser la mort légère.)

(Jacques Réda)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

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Roulez tambours (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019


 


Audrey Kawasaki i5

 

Roulez tambours, et grondez voix du Saint-Esprit : la jeune fille
nue a plus d’un tour dans son sac.
Peur à la peur, l’odeur s’est tue et le fonctionnaire en retraite se porte bien.
Dans son arbre généalogique il dépiste le gène chromosome et
sait extraire les coucous de sa famille.
Sûr de lui, il remonte la lourde pluie pour aller briser à Soissons ce qui reste du vase.
« Insistez dans l’inspiration  » — commandait le gymnasiarque –
 » et expirez à volonté.  »
Je crains le crocodile et la plume trempée dans le lacrymatoire.
Dans le non-sens que de richesse de savoir !

(Georges Libbrecht)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Je l’ai promis (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Abdalieva Akzhan   0

Je l’ai promis

Tu me reprends ton amitié :
Je n’ai donc plus rien dans le monde,
Rien que ma tristesse profonde.
N’en souffris-tu que la moitié,
Toi, dans ta mobile amitié,
Va ! Je plaindrai ta vie amère.
Que Dieu pour l’amour de sa mère,
Ou pour moi, te prenne en pitié !

On ne commande pas l’amour :
Il n’obéit pas, il se donne ;
Voilà pourquoi je te pardonne :
Mais tu m’as tant aimée un jour
Que j’en demeurai tout amour.
Pour une autre as-tu fait de même ?
Aime donc longtemps, si l’on t’aime :
C’est mortel quand ce n’est qu’un jour.

Et ma part de bonheur promis,
Comme aux plus humbles de la terre,
Bonheur qu’avec un saint mystère
Entre tes mains j’avais remis,
Dans l’abandon d’un coeur soumis ;
Si j’en résigne le partage,
C’est pour t’en laisser davantage :
Rien pour moi, rien ! Je l’ai promis.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Abdalieva Akzhan

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Doux est le regard de la jeune fille (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



Illustration
    
Doux est le regard de la jeune fille qui te fait signe,
Doux le regard du buveur au moment où il va boire,
Et le salut du seigneur qui pourrait commander,
Et le rayon du soleil d’automne qui nous réchauffe.
Mais plus doux que tout cela garde
Toujours présent à tes yeux, comment, vers un modeste don,
S’allonge si gentiment une main indigente,
Recevant avec une gracieuse reconnaissance ce que tu lui tends.
Quel regard ! Quel salut ! Quel désir éloquent !
Regarde-le bien, et tu donneras toujours.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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MON POITRAIL S’ALIMENTE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Mon poitrail s’alimente
Et mon coeur est un bélier
Sais-tu que je suis un portail
Qu’une main douce a commandé
Il finirait notre passage
Et sur nous se refermerait

Et dans la cour de mon château
Par ses jardins ses airs ses eaux
Ses fossés ombres et ses pierres
Tu peux tout faire ce que tu veux
Je te verrai toujours tentée
Même endormie et amusée
Ton coeur ressent tout le domaine
Mais tes pas sont bien plus glissés
A l’entour de certaines chambres

Avec la tragédie il ne faut de manières
Le coeur blessé nous a laissé
une prairie entière
Où nous pouvons nous caresser
Dans la bonté de la lumière.

(Pierre Morhange)


Illustration

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ÉLÉGIE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Illustration: François Boucher   
    
ÉLÉGIE

Je m’ignorais encor, je n’avais pas aimé.
L’amour ! si ce n’est toi, qui pouvait me l’apprendre ?
À quinze ans, j’entrevis un enfant désarmé ;
Il me parut plus folâtre que tendre :
D’un trait sans force il effleura mon coeur ;
Il fut léger comme un riant mensonge ;
Il offrait le plaisir, sans parler de bonheur :
Il s’envola. Je ne perdis qu’un songe.

Je l’ai vu dans tes yeux cet invincible amour,
Dont le premier regard trouble, saisit, enflamme,
Qui commande à nos sens, qui s’attache à notre âme,
Et qui l’asservit sans retour.
Cette félicité suprême,
Cet entier oubli de soi-même,
Ce besoin d’aimer pour aimer,
Et que le mot amour semble à peine exprimer,
Ton coeur seul le renferme, et le mien le devine ;
Je sens à tes transports, à ma fidélité,
Qu’il veut dire à la fois, bonheur, éternité,
Et que sa puissance est divine.

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une feuille de hêtre ! (Marcel Martinet)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




    
Une feuille de hêtre !

De ma fuite d’entre les hommes
Avais-je escompté
La libération sans borne et sans rivage,
La révélation magique, le miracle ?

Peut-être.

Mais je n’ai rapporté
Que cette feuille d’arbre,
Cette petite feuille à peine dentelée.

Est-ce là ce miracle
Qui m’aurait commandé de marcher jusqu’au soir
Et qui m’aurait permis de rentrer chez les hommes ?

J’avais imaginé peut-être
Des horizons prodigieux,
La découverte de secrets
Cachés encore à tous les yeux,

Des renaissances de visages,
La majesté des choses vierges
Jamais nommées, jamais connues.
Je ne me souviens plus. Peut-être.
Mais je rapporte en témoignage
La petite feuille de hêtre.

(Marcel Martinet)

 

Recueil: Une feuille de hêtre
Editions: Plein chant

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Comme un roi (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



    

Comme un roi qui appellerait le plus humble de ses sujets
à partager son trône et sa puissance,
tu m’as fait possesseur un moment du trésor de l’existence,
de la pensée, du splendide manteau de la vie.

Tu m’as mis au doigt l’anneau de Salomon,
tu m’as fait commander aux djinns.

J’habite, ô roi! dans ton palais.
Les animaux me servent comme des esclaves obéissants.
Sous l’apparence de jeunes femmes,
les houris célestes s’offrent à mes lèvres.

Mais tout à coup paraît la Mort :
tu me ravis l’anneau magique,
et tu me fais rentrer dans la nuit du néant.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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