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Posts Tagged ‘commencement’

LA FEMME INTÉRIEURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022



Chen Yan Ning  (27) [1280x768] 

LA FEMME INTÉRIEURE

belle
comme la foudre s’arrêtant à mi-ciel
pour choisir son arbre

inconnue
proche à faire peur
rassurante pourtant
comme une halte en pays tempéré

feu de position
qui détient en sa pupille
la direction de la nuit

friable
comme une poignée de main
entre deux êtres sans avenir

dure
comme le commencement du monde

visage clos
visible une fois par vie
en appuyant sur la gâchette.

(Georges Henein)

Illustration: Chen Yan Ning

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COMMENCEMENT DES CHANTS DE LA GRANDE JOIE DU CŒUR (Egypte)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2022



    

COMMENCEMENT DES CHANTS DE LA GRANDE JOIE DU CŒUR
(Premier chant)

L’Unique, la bien-aimée, la sans pareille,
La plus belle du monde,
Regarde-la, semblable à l’étoile brillante de l’an nouveau,
Au seuil d’une belle année.
Celle dont brille la grâce, dont la peau rayonne,
A des yeux au regard clair,
Et des lèvres au doux parler.
Jamais elle ne prononce une parole superflue.
Elle, dont le cou est long, la poitrine lumineuse,
Possède une chevelure de lapis véritable.
Ses bras surpassent l’éclat de l’or,
Ses doigts sont semblables aux calices des lotus.
Celle dont les reins sont alanguis, et les hanches minces,
Celle dont les jambes défendent la beauté,
Celle dont la démarche est pleine de noblesse,
lorsqu’elle pose ses pieds sur la terre,

Chants d’amour de l’Egypte ancienne.
(Traduit de l’allemand par Paule KRIEGER)

(Egypte)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Pourquoi distinguer le commencement de la fin ? (Hangmyòng)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2022



Illustration: Bang Hai Ja Souffle de lumière
    
Pourquoi distinguer
le commencement de la fin ?
L’hiver passe, le printemps vient,
une année a coulé
Le Ciel aurait-il deux faces ?
L’homme ignorant erre dans ses rêves

(Hangmyòng)

Recueil: Les mille monts de lune Poèmes de Corée
Traduction: Sunmi Kim
Editions: Albin Michel

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Au commencement (Franck Bouysse)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2022




    
Au commencement
Il suffit d’un mot
Posé sur un billot
Et de le fendre en deux
Pour en faire jaillir
Un bruit
Un démon
Un ange
Ou encore un silence

Il suffit d’une phrase
Pour dire la saison
Les corps dans les flammes
La rivière souterraine

(Franck Bouysse)

Recueil: Fenêtre sur Terre
Traduction:
Editions: Phébus

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Voici ce qui est donné par l’amour (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2022



    

Voici ce qui est donné par l’amour,
le lieu de la lumière,
la certitude de l insaisissable
qui nous sauve!

C’est dans un tel commencement
que tout est proche,
que tout est présent,
qu’il n’y a plus besoin
d’aucune flèche,
d’aucune parole,

parce que la cible
n’existe pas encore,
ni la distance
au bout de laquelle on pourrait
la dresser…

(Philippe Jaccottet)

Recueil: L’encre serait de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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Belle horloge (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




Belle horloge
sans aiguille ni chiffres,
qui nous montre le commencement
et la fin.

(Jean Joubert)

Illustration

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Instant sublime (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Instant sublime que le plus simple événement
nous réserve dans son surgissement d’arc-en-ciel !
Je songe à ce commencement qui étincelle dans un regard rencontré,
dans une lueur qui fraie son passage parmi les feuilles,
à ce qui annonce la venue du Vivant
d’un parfum d’herbe, d’un chant d’oiseau,
à ce qui chante la Présence
sans jamais prononcer de nom.

Il faut que le poète accepte cette présence
« auprès de laquelle la sienne n’est rien »,
comme l’écrit si justement Daniel-Rops.
Il faut lui laisser toute la place, qu’elle illuminera.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



Leopold Kupelwieser _1796- rois mages_jpeg

Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

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MER ÉTERNELLE (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



MER ÉTERNELLE

Nous disons que la mer n’a pas de commencement
Elle commence là où tu la rencontres pour la première fois
et vient de tous côtés à ta rencontre

***

MAR ETERNO

Digamos que no time comienzo el mar
Empieza donde to ballas por vez primera
y te sale al encuentro por todas partes

(José Emilio Pacheco)

Illustration: Thomas-Alexander Harrison

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Mezza voce (Linda Bastide)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



Mezza voce

Ils sont là.
Des millions de gens passés au fil de l’horreur,
depuis le commencement.
Et qui attendent.

Tu vois, c’est simple, ils sont là.
Je ne raconte pas une histoire ou un rêve.
Il ne s’agit pas d’un conte ou d’une folie.
Je te parle de ma vie.

Ça se passe sous mes yeux. Ils sont derrière moi
quand je marche dans la rue, ils envahissent
mon jardin au crépuscule, sans un bruit. Ils
s’allongent à perpétuité, et jonchent le sol de
leurs pauvres cadavres, si nombreux qu’ils
recouvrent l’herbe verte et s’entassent les uns
sur les autres. Les enfants au-dessus.

Souvent, ils se taisent, ruinés de fatigue. Ou bien
ils hurlent, ils sanglotent, ils geignent et se
déchirent, réclamant père ou mère en des
langues différentes et que je comprends toutes.
Ils traversent le temps, pour venir m’écorcer de
leurs caresses froides. On s’étouffe dans le sang
des promesses non tenues.

Je suis l’herboriste des expirations.
Aujourd’hui même, qui passera d’un souffle
l’autre, et de quelle façon ?
Choisis. Un homme, une femme, un enfant.
Choisis.
A toi de voir.

Pour le fardeau de mémoire, pour l’inconsolable
minute de silence, pour les veillées à venir, je
répète, je ressasse et j’insiste.

Tu vois, c’est simple. Ils sont là.
Et elles chanteront longtemps, ces voix
exténuées qui rampent et qui me hantent.
Si tu n’écoutes pas.

(Linda Bastide)

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