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Ça Va Venir, Découragez-vous Pas (La Bolduc)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



 

Illustration: Karak   
    
Ça Va Venir, Découragez-vous Pas

Mes amis, je vous assure
Que le temps est bien dur
Il faut pas s’ décourager
Ça va bien vite commencer
De l’ouvrage, y va en avoir
Pour tout le monde, cet hiver
Il faut bien donner le temps
Au nouveau gouvernement
{Refrain:}
Ça va v’nir puis ça va v’nir mais décourageons-nous pas
Moi, j’ai toujours le coeur gai pis je continue à turluter
(Turlute)
On se plaint à Montréal
Après tout, on n’est pas mal
Dans la province de Québec
On mange notre pain bien sec
Y a pas d’ouvrage au Canada
Y en a ben moins dans les États
Essayez pas d’aller plus loin
Vous êtes certains de crever d’ faim
{au Refrain}
Ça coûte cher de c’ temps-ici
Pour se nourrir à crédit
Pour pas qu’ ça monte à la grocerie
Je me tape fort sur les biscuits
Mais j’ peux pas faire de l’extra
Mon p’tit mari travaille pas
À force de me priver d’ manger
J’ai l’estomac ratatiné
{au Refrain}

Me voilà mal amanchée
J’ai des trous dans mes souliers
Mes talons sont tout d’ travers
Et pis le bout qui r’trousse en l’air
Le dessus est tout fendu
La doublure toute décousue
Les orteils passent à travers
C’est toujours mieux que d’ pas en avoir
{au Refrain}
Le propriétaire qui m’a loué
Il est bien mal amanché
Ma boîte à charbon est brûlée
Et puis j’ai cinq vitres de cassées
Ma lumière disconnectée
Pis mon eau est pas payée
L’ont pas besoin de v’nir m’achaler
M’a les saprer en bas d’ l’escalier
{au Refrain}

(La Bolduc)

 

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Le ciel de la mémoire est ouvert comme une ombre (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2017



Le ciel de la mémoire
Est ouvert comme une ombre

Très loin court la rivière
Où passent les images

Un miroir est plongé
Dans l’étang des légendes

Et sur les bords du monde
L’attente a commencé

(Georges Jean)

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Nul ne connaîtrait la lumière (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2017



 

Nul ne connaîtrait la lumière
Si l’ombre n’existait pas
Ainsi la réalité commence
Où finit la réalité

(Marcel Béalu)

Illustration

 

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CIEL NOCTURNE ET CHUTE D’ÉTOILE (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



CIEL NOCTURNE ET CHUTE D’ÉTOILE

Le ciel, grand, plein de retenue splendide,
une provision d’espace, un excès de monde.
Et nous, trop loin pour nous laisser façonner,
trop près pour nous en détourner.

Là-bas une étoile tombe ! Et notre désir à la voir,
d’un regard bouleversé, rivé à elle et pressant :
Quelles choses ont commencé et lesquelles disparu ?
Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?

***

NACHTHIMMEL UND STERNENFALL

Der Himmel, groß, voll herrlicher Verhaltung,
ein Vorrat Raum, ein Übermaß von Welt.
Und wir, zu ferne für die Angestaltung,
zu nahe für die Abkehr hingestellt.

Da fällt ein Stern! Und unser Wunsch an ihn,
bestürzten Aufblicks, dringend angeschlossen:
Was ist begonnen, und was ist verflossen?
Was ist verschuldet? Und was ist verziehn?

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Le poème du Soleil (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

Le poème du Soleil,
a commencé il y a longtemps

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Seule (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017




    
Seule

Je vis solitaire
Avec le chant

Mes questions
Demeurent inachevées

Le ciel répond
Non
Oui

Je ne sais
Où la fin commence
Et le début s’achève

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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A… l’inconnue (Jan Hanlo)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
A… l’inconnue

Tu as produit un roucoulement perçant
comme si la fête allait commencer
Comme un coq — jeune fille — un vautour enchanté
un gnou en plein désarroi
de toutes façons quelque chose de sauvage

Tu t’es mis aussi à danser comme quelque chose de sauvage
un marabout excité ou quelque nom de bête
Toute en aiguilles et en saccades
Tu as pointé tes fesses dans tous les sens
mais surtout vers moi
Et dans tes yeux déjà l’inoubliable
Pourtant tu ne t’es pas jetée dans mes bras
car je n’ai pas dit Viens donc mon amour

(Jan Hanlo)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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QUESTIONNEMENT (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



 Illustration: Pierre Bonnard

    

QUESTIONNEMENT

Comment est le corps?
Comment est le corps de la femme?
Où commence-t-il: ici, par terre
ou dans la chevelure, d’où il descend?

Comment est la jambe qui monte,
et qui va montant jusqu’où?
En l’apercevant dans un éclair,
ça fait mal dans la poitrine,
la terre tremble.

On dit que dans la femme
il est des endroits splendide
et que jamais ils ne se révèlent.
Des moelleurs girondes.

Comment font-elles quand elles sont nues,
dans la baignoire, en se lavant
pour ne pas se voir nues nues nues ?

Pourquoi dans la robe beaucoup d’autres robes
et des blancheurs et du linge empesé, jusqu’où ?
Quand est-ce que sans vêtement
elle est elle-même, seulement femme ?

Et comment fait-elle quand fait-elle
pour autant qu’elle fasse
ce que nous faisons tous malproprement?

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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L’AMOUR ET SON TEMPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017




    
L’AMOUR ET SON TEMPS

L’amour est privilège de gens mûrs
étendus sur le plus étroit des lits,
qui se change en couche ample et verdoyante
frôlant le ciel du corps en chaque pore.

C’est cela, l’amour: le gain non prévu,
la prime souterraine et coruscante,
lecture d’un éclair énigmatique,
décodage après quoi plus rien n’existe

valant la peine et le prix du terrestre,
fors la minute dorée de la montre
minuscule vibrant au crépuscule.

L’amour est ce qui s’apprend en limite,
une fois archivé tout le savoir
hérité, reçu. L’amour tard commence.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Au-dessus du puits (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2017



    
Au-dessus du puits tout noir
je me penche; et j’y puis voir,
moi qui commence à vieillir,
un oiseau et un désir.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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