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Peut-être sans le savoir (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



 

peut-être sans le savoir
nous ne sommes que les syllabes
de mots que nous commençons
mais nul n’a la phrase entière
le sens c’est seulement des bouts
de sens que nous sommes ce qui manque
pour faire la phrase c’est chez l’autre,
l’autre
l’autre

(Henri Meschonnic)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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DESOLATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

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DESOLATION

Hors de nous meurent les choses.
Ecoute ainsi qu’un murmure
Sortir des chemins que tu n’as pas foulés,
Les maisons que tu n’as pas visitées,
Les fenêtres que tu n’as pas ouvertes,
Les fleuves sur qui tu ne t’es pas penché pour boire,
Les bateaux sur lesquels tu n’as pas navigué.

Hors de nous meurent les arbres que nous n’avons pas connus.

Le vent traverse les forêts dévastées,
Des animaux meurent d’anonymat et les oiseaux de silence.

Les corps meurent lentement d’abandon
Avec nos vieux vêtements dans les bahuts.
De solitude meurent les mains que nous n’avons pas serrées.
Et les rêves que nous n’avons pas eus meurent d’un manque de lumière.

Hors de nous commence la solitude de la mort.

(Georges Themelis)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Serait-ce donc cela… (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Serait-ce donc cela…

Serait-ce donc cela la fleur de l’amitié
Le geste de douceur la larme sur la joue
Et puis cette tendresse infinie et donnée
Par delà ces chemins qui nous mènent vers où

Nous avons commencé de nous mettre en voyage
Vers l’autre que l’on aime ainsi que frère ou sœur
Ô ces conversations et le doux babillage
Où la voix des amis nous offre le bonheur

Indicible et suave en ses ravissements
Serait-il donc possible de croire en l’amour
En déployant une aile altière et tout grand

Étendue au-dessus des heures et des jours
Lesquels ressembleraient au rythme des amants
S’accompagnant en couple avec un pas si lent

(Jean-Claude Demay)

 

 

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L’âme close (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

L’âme close

Nous avons commencé, lorsque nous nous aimions,
Par nous conter sans fin toutes nos actions,
Nos rêves les plus fous et nos moindres pensées ;
Puis, des choses se sont dans le vague effacées…
Sans jamais nous mentir, nous ne disions pas tout,
Nous ne nous contions plus nos désirs jusqu’au bout,
Et la prudente peur vint des choses écrites.
Nous nous sentions tout près, tout près d’être hypocrites.
Puis, nous prîmes parfois un air indifférent,
Comme un masque divers qu’on quitte et qu’on reprend.
Et depuis, sans savoir, comme on se laisse vivre,
Notre âme à peine lue est close comme un livre.

(Albert Lozeau)

 

 

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Rosée (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
Rosée

Elle se lave les pieds
au reste de rosée. Seule au
monde dans le matin, le matin
lui appartient ; entre bleu et vert,
entre silence et plénitude des champs
où chante en se taisant la terre.
II est huit heures ; le ciel est clair
la vie commence enfin.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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La nouvelle harmonie (Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



batteur-de-tambour-ousmane-sow

Un coup de ton doigt sur le tambour
décharge tous les sons
et commence la nouvelle harmonie.

Un pas de toi, c’est la levée des nouveaux hommes et leur en-marche.

Ta tête se détourne : le nouvel amour !
Ta tête se retourne, – le nouvel amour !
(Rimbaud)

Illustration: Ousmane Sow

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Tout le mystère commence avec la chair (Henry Rougier)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



Tout le mystère commence avec la chair,
De hautaines saisons te foulent.
Tu les fouleras à ton tour,
jusqu’à cette arche vive
où des yeux clos tamisent le sang du péage.

(Henry Rougier)

Illustration: Andrey Kartashov

 

 

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Aimer c’est, à travers le corps, rencontrer l’âme (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Alex Alemany-50

Aimer c’est, à travers le corps,
rencontrer l’âme ; c’est aussi
par les sentiers de l’âme aller
à la découverte du corps.
Aimer, c’est mêler l’âme au corps,
le corps à l’âme, c’est encor
du bout des doigts au fond de l’être,
toucher, sentir et reconnaître
avec la chair, avec l’esprit
sans deviner lequel est pris
et lequel prend, sans pouvoir dire
qui se réveille et qui s’endort
lequel commence, où finit l’autre,
quel est le vif, quel est le mort.

(Liliane Wouters)

Illustration: Alex Alemany

 

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Toujours, encore, demain (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Alex Nabaum
    
Toujours, encore, demain, ces mots de peu,
de rien, jetés en passant, nous débordent.
Ils amassent dans les marges de nos vies
un sable lisse et sans

vertige, auquel nul ne prête attention
jusqu’à ce que le coeur soudain batte
de l’aile et commence à compter ses pas,
parce que tout est dit,

tout, il n’y a plus qu’à tirer la porte.
Mais elle résiste soudain et grince comme
la mémoire devant une montagne d’oublis :
ce tas de sable, ce

silence qui prend toute la place et qui crie.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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RESTE IMMOBILE, DORS DANS L’ACCALMIE (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



RESTE IMMOBILE, DORS DANS L’ACCALMIE

Reste immobile, dors dans l’accalmie, souffrant avec la blessure
Dans la gorge, qui brûles et fais retour. Toute la nuit à flot
Sur l’océan de silence nous avons perçu le son
Qui venait de la blessure enveloppée dans le drap de sel.

Sous la lune d’un mille au-delà, nous avons tremblé écoutant
Le bruit de l’océan couler comme sang de la blessure criante
Et quand le drap de sel se rompit en un ouragan de chants
Les voix de tous les noyés nagèrent dans le vent.

Ouvre un chemin à travers la triste lente voile,
Ouvres grandes au souffles les portes du bateau errant
Pour que commence mon voyage vers la fin de ma blessure,
Nous avons entendu le bruit de l’océan chanter, et vu le drap de sel scander.
Reste immobile, dors dans l’accalmie, cache la bouche dans la gorge
Ou nous devrons obéir, et chevaucher avec toi entre les noyés.

***

LIE STILL, SLEEP BECALMED

Lie still, sleep becalmed, sufferer with the wound
In the throat, burning and turning. All night afloat
On the silent sea we have heard the sound
That came from the wound wrapped in the salt sheet.

Under the mile off moon we trembled listening
To the sea sound flowing like blood from the loud wound
And when the salt sheet broke in a storm of singing
The voices of all the drowned swam on the wind.

Open a pathway through the slow sad sail,
Throw wide to the wind the gates of the wandering boat
For my voyage to begin to the end of my wound,
We heard the sea sound sing, we saw the salt sheet tell.
Lie still, sleep becalmed, hide the mouth in the throat,
Or we shall obey, and ride with you through the drowned.

(Dylan Thomas)

 

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