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Poésie

Posts Tagged ‘commencer’

L’ENTRÉE DU PORT (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Dorina Costras ethereal-thoughts-from-whispers-series

L’ENTRÉE DU PORT

Le brouillard
gâche son plâtre.
Une ville
se construit.

Des images
libérées
se redressent
dans tes yeux.

Sur une ombre
de ta joue
le sommeil
jette l’ancre.

Tu t’endors
délestée
des raisons
et des gestes.

Une vague
te commence,
une vague
te finit.

(Axel Toursky)

Illustration: Dorina Costras

 

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L’AMOUR ET SON TEMPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018




    
L’AMOUR ET SON TEMPS

L’amour est privilège de gens mûrs
étendus sur le plus étroit des lits,
qui se change en couche ample et verdoyante
frôlant le ciel du corps en chaque pore.

C’est cela, l’amour: le gain non prévu,
la prime souterraine et coruscante,
lecture d’un éclair énigmatique,
décodage après quoi plus rien n’existe

valant la peine et le prix du terrestre,
fors la minute dorée de la montre
minuscule vibrant au crépuscule.

L’amour est ce qui s’apprend en limite,
une fois archivé tout le savoir
hérité, reçu. L’amour tard commence.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Passionnaire (Alain Borer)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018




Illustration: Rene Magritte
    
Passionnaire
Noèmes

en un mot commençant
le temps mort d’écrire
entre nous soit dit

le désir
né du corps
meurt dans vie

la courbe devient femme
au bout du doigt de qui
se perd à dessein

condamné à vie
dans ce corps-là
je n’en sors qu’en toi

la nuit d’amour se prolonge
tandis que je sommeille au loin
changeant sans fin de position

d’un pont inemprunté

le bond d’amour:
arche pure
d’être à pensée

payse de la nuit
disparue
entre ma lampe et l’aube

nus au balcon
dans la nuit étoilée
jusqu’aux fleurs de midi.

(Alain Borer)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CHAQUE FOIS ON L’OFFRE (Maram Al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Berit Kruger Johnsen

CHAQUE FOIS ON L’OFFRE

Chaque fois on l’offre
oubliant ses anciennes douleurs
croyant qu’il va être sauvé cette fois-ci

On dissimule ses blessures avec de la couleur
on les décore avec des fleurs
et on le présente comme s’il était neuf
et commençait à battre
à l’instant

On jure
y croyant nous-mêmes
que nous n’avons jamais connu
de tels sentiments
tellement heureux de trouver
ce qui va
l’accepter
ce qui va
le chérir
et
peut-être
ce qui va le blesser
à nouveau.

(Maram Al-Masri)

Illustration: Berit Kruger Johnsen

 

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220 satoris mortels (François Matton)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Illustration

    

Quand ce serait l’heure d’y aller
mais qu’on n’y est pas du tout

Quand en sauvant un papillon
attaqué par des fourmis
on se prend pour un saint

Quand on est si loin de chez soi
qu’on finit par l’oublier

Quand on est couché dans son lit
et qu’on entend soudainement craquer
le plancher du grenier

Quand le spectacle de la Nature
devient le seul spectacle supportable

Quand on est heureux
et malheureux
simultanément
sans raison

Quand
OH Regarde

Quand un arc-en-ciel
une colline jaune
un lapin à deux pas

Quand la projection
est subitement suspendue

Quand on ne saurait dire
si le monde préexiste à la perception

Quand toutes les salles se vident
et que le silence revient

Qaund passer le balai
se révèle plus efficace
qu’avaler un anxiolytique

Quand on n’est plus personne
à l’instant où le petit oiseau va sortir

Quand tout paraît
bulles de savon
à la surface
et au-dedans

Quand un changement de focale
sauve du monde bavard des hommes

Quand on se demande bien
pourquoi
on n’a pas commencé par là

Quand la montagne
déplace la Foi

Quand on hésite à frapper
au seuil de l’Inconnu

Quand on jurerait être
déjà passé par là

Quand les mots s’espacent
à mesure que le souffle s’allonge

Quand la joie se réveille
au moment où
on s’y attend le moins

Quand toute votre enfance resurgit
du simple fait d’être
monté au grenier

Quand on s’arrête
soudainement
de se croire
un monstre

Quand ça chatouille les chakras
à travers la forêt
des plaisir sensoriels

Quand tout l’éclat du monde
se concentre sur un seul point

Quand on espère très fort
que ça n’est pas une mauvaise blague

Quand bêtement
d’un coup
on ne veut plus
mourir

Quand vous n’avez
plus de tête
et que vous ne
le regrettez pas

Quand on assiste
au retour inopiné
de figures
très aimées

Quand la joie descend
jusqu’aux orteils

Quand la tentation est trop forte
bien que le panneau soit énorme

Quand ça semblerait bien
pouvoir durer toujours

Quand Ouuuiii ii i iii i i i i

Quand on n’a plus
qu’une envie

Quand il fait si bon
si doux
si tout

Quand cet élan
qui nous prend
c’est le pur Amour

[…]

(François Matton)

 

Recueil: 220 satoris mortels
Traduction:
Editions: P.O.L.

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L’unique joie au monde (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Tatiana Deriy -   (33) [1280x768]

L’unique joie au monde est de commencer.
Il est beau de vivre car vivre c’est commencer, toujours, à chaque instant.
Quand ce sentiment fait défaut – prison, maladie, habitude, stupidité –
on voudrait mourir.

(Cesare Pavese)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Tatiana Deriy

 

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La voix intérieure (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
La voix intérieure

ma voix intérieure
ne conseille rien
n’interdit rien

elle ne dit ni oui
ni non

elle est peu audible
presque inarticulée

même en se penchant très profond
on n’entend que des syllabes
dénuées de sens

j’essaie de ne pas l’étouffer
j’ai des égards pour elle

je feins de la tenir pour égale
de la prendre au sérieux

parfois même
j’essaie de lui parler
—tu sais hier j’ai refusé
je n’ai jamais fait cela
je ne vais pas commencer

—glou — glou
– alors tu crois
que j’ai bien fait

– gua – guo – gui

c’est bien qu on soit d’accord

– ma – a

– repose-toi maintenant
nous reparlerons demain

elle ne me sert à rien
je pourrais l’oublier

je n’ai pas d’espoir
un peu de peine
quand elle repose
enveloppée de pitié
respire avec effort
ouvre la bouche
tente de soulever
sa tête sans force

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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ELSA (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Patrick Marquès
    
ELSA

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

O forte et douce comme un vin
Pareille au soleil des fenêtres
Tu me rends la caresse d’être
Tu me rends la soif et la faim
De vivre encore et de connaître
Notre histoire jusqu’à la fin

C’est miracle que d’être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu’autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois je tremble
Comme à son premier rendez-vous
Un jeune homme qui me ressemble

Pour la première fois ta bouche
Pour la première fois ta voix
D’une aile à la cime des bois
L’arbre frémit jusqu’à la souche
C’est toujours la première fois
Quand ta robe en passant me touche

Ma vie en vérité commence
Le jour où je t’ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m’a montré la contrée
Que la bonté seule ensemence

Tu vins au cœur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j’ai flambé comme un genièvre
À la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

(Louis Aragon)

 

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Etes-vous la nouvelle personne attirée vers moi ? (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

Jarek Puczel -11

Etes-vous la nouvelle personne attirée vers moi ?
Pour commencer sachez-le, je suis sûrement fort différent de ce que vous supposez ;
Supposez-vous que vous trouverez en moi votre idéal ?
Croyez-vous qu’il soit si aisé de me voir devenir votre amant ?
Croyez-vous que l’amitié mienne serait une satisfaction sans mélange ?
Croyez-vous que je sois sûr et fidèle ?
Ne voyez-vous pas plus loin que cette façade, cette manière à moi douce et tolérante ?
Vous supposez-vous en train d’avancer sur un sol véritable vers un véritable homme héroïque ?
N’avez-vous point le soupçon, ô rêveur, que ce peut être tout maya, illusion ?

(Walt Whitman)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Jarek Puczel

 

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Aux pierres sauvages (Sylvie Saliceti)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Illustration
    
Aux pierres sauvages
L’écho
Le silence, silence…

Aux pierres sauvages
Il y a le mystère jongleur des nombres
Et l’on tombe amoureusement de ses mains…

Va jusqu’aux pierres sauvages où tout commence.

(Sylvie Saliceti)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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