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LES TEMPS DIFFICILES (Jules Mougin)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2019




    
LES TEMPS DIFFICILES

Un marchand de canons
avait des soucis
(qui n’en a pas ?)
Son chiffre d’affaires
baissait, baissait
– était dérisoire, en somme.

Je ferais mieux de vendre
des scies ou des rasoirs,
disait-il à son président
président directeur général.

Et le monstre, honnête commerçant,
pour soulager
soulager sa peine et sa misère
faisait une prière
prière quotidienne
pour que
pour que la guerre
la guerre
la guerre enfin, quoi
la guerre arrange, mais oui,
arrange ses affaires
ses petites affaires
qui baissaient, qui baissaient
dans un monde
un monde si difficile,
si difficile à vivre
aujourd’hui.

(Jules Mougin)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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A quelle caste appartient un saint (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Il n’est pas besoin de demander à quelle caste appartient un saint.
Car le prêtre, le guerrier, le commerçant, et toutes les trente-six castes,
sont également en quête de Dieu.

Le barbier s’est mis en quête de Dieu,
la lessiveuse, le charpentier
Même Raidas s’était mis en quête.

Le Rishi Swapacha était tanneur d’après sa caste.
Hindus et Moslems tout de même ont achevé
cette fin où ne subsiste plus aucune marque de distinction.

***

It is needless to ask of a saint the caste to which he belongs;
For the priest, the warrior, the tradesman, and all the thirty-six castes,
alike are seeking for God.

It is but folly to ask what the caste of a saint may be;
The barber has sought God, the washerwoman, and the carpenter —
Even Raidas was a seeker after God.

The Rishi Swapacha was a tanner by caste.
Hindus and Moslems alike have achieved that
End, where remains no mark of distinction.

(Kabîr)

 

 

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Temps au soleil (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2015



Temps au soleil

Assis sur leur seuil prennent le soleil
de vieux commerçants sans clients.
C’est un soleil fait pour eux: mitigé,
peu empressé de brûler. Le soleil des vieux.

Il n’entre plus personne dans la boutique obscure
ou si l’on y entre, on n’y achète rien. Tout est cher
ou bien les marchandises ont oublié
de se montrer. Les vieux commerçants
ne veulent-ils plus les vendre? Une araignée
commence à tisser sur la pendule
murale. Et cette poussière sacrée sur les rayons.

Le soleil vient leur rendre visite. Le chapeau
sur la tête ils le reçoivent. S’il surgit
un acheteur inhabituel, quelle corvée.
Devoir se lever, prendre le mètre,
les ciseaux, déballer la pièce de toile,
répondre, informer, faire l’article.

Assis sur leur seuil, simples statues,
en savates et la barbe non rasée,
leur blanche tête ils remuent lentement
quand passe une connaissance. Qu’il ne s’arrête pas
pour parler des choses du temps. Le temps
est une chaise au soleil, et rien de plus.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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