Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘commerce’

Si au commerce du monde (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021



Illustration: Odilon Redon
    
Si au commerce
du monde il s’en faut beaucoup
que je me refuse,
n’est-ce pas vivre à part moi
qui fait mon contentement ?

(Ryôkan)

***

 

Recueil: Ô pruniers en fleur
Traduction: Alain-Louis Colas
Editions: Folio

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Le jardin extraordinaire (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



 

Le jardin extraordinaire

C´est un jardin extraordinaire
Il y a des canards qui parlent anglais
Je leur donne du pain ils remuent leur derrière
En m´disant  » Thank you very much Monsieur Trenet  »
On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour dit-on
Mais moi je sais que dès la nuit venue
Elles s´en vont danser sur le gazon
Papa, c´est un jardin extraordinaire
Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet
Ils vendent du grain des petits morceaux de gruyère
Comme clients ils ont Monsieur le maire et le Sous-Préfet

Il fallait bien trouver, dans cette grande ville maussade
Où les touristes s´ennuient au fond de leurs autocars
Il fallait bien trouver un lieu pour la promenade
J´avoue que ce samedi-là je suis entré par hasard
Dans dans dans

Un jardin extraordinaire
Loin des noirs buildings et des passages cloutés
Y avait un bal qu´donnaient des primevères
Dans un coin d´verdure deux petites grenouilles chantaient

Une chanson pour saluer la lune
Dès que celle-ci parut toute rose d´émotion
Elles entonnèrent je crois la valse brune
Une vieille chouette me dit:  » Quelle distinction!  »
Maman dans ce jardin extraordinaire
Je vis soudain passer la plus belle des filles
Elle vint près de moi et là me dit sans manières
Vous me plaisez beaucoup j´aime les hommes dont les yeux brillent!

Il fallait bien trouver dans cette grande ville perverse
Une gentille amourette un petit flirt de vingt ans
Qui me fasse oublier que l´amour est un commerce
Dans les bars de la cité :
Oui mais oui mais pas dans…
Dans dans dans

Mon jardin extraordinaire
Un ange du Bizarre un agent nous dit
Etendez-vous sur la verte bruyère
Je vous jouerai du luth pendant que vous serez réunis
Cet agent était un grand poète
Mais nous préférions Artémise et moi
La douceur d´une couchette secrète
Qu´elle me fit découvrir au fond du bois
Pour ceux qui veulent savoir où ce jardin se trouve
Il est vous le voyez au cœur de ma chanson
J´y vol´ parfois quand un chagrin m´éprouve
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination!

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

CROQUIS D’OLINDA (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



Olinda [800x600]

CROQUIS D’OLINDA

Entre mer et montagne
la ville établie dans les palmiers et le plaisir de durer.
Tout un commerce amoureux de choses vraies, malgré l’inconvenance de la misère.
Pluie ou soleil, les comités de manguiers délibèrent entourés du respect de tous.
Près du marché aux esclaves
j’ai froissé de l’index la lingerie fine de ton sourire.

(Paol Keineg)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE COMMERCE ADMIRABLE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020



LE COMMERCE ADMIRABLE

Dans la distance
la profusion.

Les arbres s’échangent
et les regards.

Les lèvres façonnent
leur béance.

Les failles les hasards
sont communion.

Le sans-don se donne.
à notre absence.

(Jean Mambrino)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Et cette fête du silence (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019




    
Et cette fête du silence
Ce fruit donné
Cette naissance
Combien de fois l’avons-nous refusée
Combien de fois l’avons-nous expulsée
Loin de l’auberge où nous menons commerce
Dans les remises de notre coeur

Mais là à même le sol de nos famines
Baume mêlé au feu glacé de nos déserts
Voilà qu’elle nous rejoint
Voilà qu’elle nous devine

Lumière nue aux carreaux de nos nuits
Lente poussée de joie au ventre du mystère
Appel en nous du Chant
Amour qui nous relève

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans l’homme existent un amour (Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Dans l’homme existent un amour, une douleur, une inquiétude, un appel,
de sorte que s’il possédait les cent mille univers,
il ne pourrait trouver le calme et le repos.

Les gens exercent tous les métiers, tous les commerces,
et procèdent à toutes sortes d’études : médecine, astronomie, etc…
mais ils ne peuvent trouver le repos, car leur but n’est pas atteint.

(Rûmî)

 

Recueil: Le Livre du dedans
Traduction:
Editions: Sindbad

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON DES MARINS DE NANTES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Gildas Flahault
    
CHANSON DES MARINS DE NANTES

C’est les marins de la marine
Qui mangent que des haricots,
N’ont que de l’eau salée z’à boire,
Pas un sou dans le boursicot.
Ho hisse hého.

C’est les marins de la marine
Qui prennent des coups de chicot,
Qui crèvent sous la discipline
Des quartiers-maîtres corsicots.
Ho hisse hého.

Nous, on a le pain et le vin,
Et le bordel et l’aventure
De la fille de premier grain
Et du roulis dans la mâture.
Ho hisse hého.

Nous, on est les marins de Nantes
Les marins du commerce ô gué,
Les gars de la « Julie-Galante »,

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CITÉS DISPARUES (Jaime Labastida)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018


 


 

Teotihuacán

CITÉS DISPARUES

Le plus certain : le bruit effrayant
du silence. Où est restée Troie ?
Ensevelie. Où est Teotihuacán ?
Objet de tourisme. Et le Parthénon ?
Et l’Acropole ? Pierres lépreuses,
un peu d’air entre des colonnes gangrenées.
Venise ? Ensevelie sous la vase et le commerce.
Ainsi moururent Thèbes, aux portes
inhospitalières, et Palenque
dans son luxuriant catafalque de verdure.
Les pierres souffrent du cancer. L’ère
du pétrole a succédé enfin
à celle du fer. Et ce Mexique-là,
d’il y a à peine quelques heures,
celui dans lequel on pouvait dormir
et respirer, dans quel puits
de sang et de bitume nous enfonce-t-il ?
Tant de cités mortes,
avalées par des mers de cendre ?
Qui a élevé les murs de Corinthe ?
Ses portes ne s’ouvraient, dit-on,
que pour faire entrer
les épices. Et, au déclin du jour,
les volets se rapprochaient et la clef
enfermait non seulement la cité
mais aussi le temps et le savoir.
Ceux qui arrivaient trop tard ne trouvaient pas
les paroles du repos : le pont
avait divisé les hommes.
L’eau était muraille. L’air durcissait
subitement comme une roche vive. C’était un temps
tranquille celui de la langue qui vibrait
dans sa conversation d’azur, cette voix
qui glissait les mots comme un écho
de l’écho du feu, près du foyer
domestique, attentif, dans la pénombre certaine
des fantasmes. Les questions trouvaient
réponse. On nous l’a raconté: l’eau était cristal.
Les volcans avaient cessé de jeter
leur feu. Seulement neige et douceur, seulement
lumière et silence. Ah ! cités somptueuses,
perroquets solennels ! Maintenant nous marchons
dans leurs os, peut-être
dans leur intestin. Où sont
les esclaves ? Les rameurs,
où sont-ils ? Il y eut un jour ici des lacs.
Maintenant ce sont égouts et pourriture.

Y aura-t-il un autre temps semblable, mensonger ?
Et d’autres cités moins dures?
Mangerons-nous alors autre chose
que le temps cruel
et la cendre? Et comme aujourd’hui,
nos fils lutteront-ils contre les assassins ?
Chichén Itzá éblouira-t-elle,
somnambule, mortelle ?

D’autres viendront creuser pour nous chercher.
On sourira en voyant nos crânes.
La cité se fera rouille.
Et la poussière révérencieuse fera tomber
avec douceur et clarté
sa queue de topaze
dans la colère rouge des heures.

(Jaime Labastida)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans mon métier, mon art morose (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



Dans mon métier, mon art morose
exercé dans la nuit silencieuse
quand la lune seule fait rage
quand les amants sont étendus
avec toutes leurs douleurs dans les bras,
je travaille, à la lumière du chant,
non par ambition ou pour mon pain
ni pour le semblant, ni par commerce
de charmes sur des scènes d’ivoire
mais pour le salaire ordinaire
du profond secret de leurs coeurs.
Ni pour le prétentieux, ignorant
la lune qui fait rage, j’écris
sur ces pages mouillées d’embrun,
ni pour les morts trop hauts
avec leurs rossignols et leurs psaumes
mais pour les amants, leurs bras
enlaçant les chagrins du Temps,
qui n’accordent ni attention, ni salaire
ni éloge à mon métier, mon art morose.

***

In my craft or sullen art
Exercised in the still night
When only the moon rages
And the lovers lie abed
With all their griefs in their arms,
I labour by singing light
Not for ambition or bread
Or the strut and trade of charms
On the ivory stages
But for the common wages
Of their most secret heart.
Not for the proud man apart
From the raging moon I write
On these spindrift pages
Nor for the towering dead
With their nightingales and psalms
But for the lovers, their arms
Round the griefs of the ages,
Who pay no praise or wages
Nor heed my craft or art.

(Dylan Thomas)


 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PASSAGES (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

PASSAGES

I
Océan violet voile de toile
étal où se joue
l’invisible commerce du vent.
*
Pirogue, arbre couché
privé de sève
qui rêve l’immobilité.
*

Ailleurs compliqué d’îles, de songes
où n’aborde jamais
qu’une ombre
l’homme

II
Habille-les, toi
les nervures de la feuille.
La chenille t’aimera
nu dans sa fourrure.
*
Assoiffé ô coeur aveugle
suis l’oiseau rapace
épiant pas à pas
la trace de sel des larmes.
*
Tu seras si lent
à parfaire ton silence.
Même au temps éteint opaque
quand l’os craque dans ta cendre
et trouble un passant.

III
Sable
ni vent ni pierre
Comme le temps
entre hier et peut-être.
*
Sable où tout s’efface
la grâce du feu te fond
dans la transparente idée.
*
Pierre opaque
naissance de l’immobilité
seul te change
un acte de la pensée.

IV
Temple, chambre
songe d’adobe ou refuge
autre corps nu habitable
un temps mesuré.
*
Pur, invisible coupure
le cristal sépare
la soif de l’eau.

(Claude Michel Cluny)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :