Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘commode’

Minuit Automne (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Minuit Automne
à Florence Delay

Des pattes fines sur le toit la nuit sans lune
Le bruit mat d’une pomme qui tombe dans l’herbe
Les pattes qui tricotent doux sûrement un loir
On entend très haut dans le ciel un très fin cri d’oiseau
Que font les grives mauvis à voler à cette heure?
Et moi qu’est-ce que je fais à ne pas encore dormir?

J’aimerais avoir des mains légères de lingère
Je plierais ma tristesse comme du linge frais
qui sent encore la bonne chaleur du fer à repasser
Je la rangerais dans le tiroir de la commode
et je serais tranquille simplement l’ami des loirs
qui ont des pattes si fines et le bout du museau rose
l’ami des grives qui ont le jabot piqueté de confettis noirs
Je serais sage comme une grosse pomme tombée dans l’herbe
Je dormirais comme la pomme J’aurais des rêves légers
où les jeunes filles d’autrefois la plupart maintenant mortes
me diraient gravement des choses sans gravité
et me regarderaient avec de grands yeux clairs

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fanée (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Christian Seybold  
    
Fanée

Légère, comme après sa mort,
elle a mis des gants, une écharpe.
Un parfum de sa commode
a chassé la chère odeur

à laquelle autrefois elle se découvrait.
Depuis longtemps elle ne s’interroge
plus : Qui suis-je ? (une parente éloignée),
et, perdue dans ses pensées,

elle s’affaire, prenant soin
de sa chambre inquiète qu’elle arrange
et ménage, parce que peut-être
la jeune fille d’autrefois l’habite encore.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Christian Seybold  

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Allons ! (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



La terre jamais ne fatigue,
La terre est rude, silencieuse, incompréhensible d’abord,
la Nature est rude et incompréhensible d’abord,
Ne te décourage pas, persévère, il y a des choses divines bien enveloppées,
Je te jure qu’il a des choses divines plus magnifiques que
les mots ne peuvent le dire.

 » Allons !  » il ne faut pas nous arrêter ici,
Si délicieuses que soient ces provisions amassées,
si commode cette demeure nous ne pouvons pas rester ici,
Si abrité que soit ce port et si calmes ces eaux
nous ne devons pas jeter l’ancre ici,
Si accueillante que soit l’hospitalité qui nous entoure
il ne nous est permis de la recevoir que peu de temps.

(Walt Whitman)

Illustration: Giacometti

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Toute la traversée (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018




    
Toute la traversée nous laissera mémoire
D’une chose sans beauté : la commode
Vieille qui a de la gaucherie,
Souvenir dédaigné et pris par mégarde
Par sommeil d’âme, dans la torpeur.
Du passé entier rejaillira la couleur.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est dans des chambres (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017




C’est dans des chambres à commodes bombées,
à crucifix de bois noir,
à albums de photographies reliés de cuir de couleur vieux vin
que les pères ont pu tordre les poignets
de leurs filles, ou des oncles ceux de leurs nièces;
ces femmes étant en crinoline soufre
et leurs amoureux en redingotes couleur feu d’enfer.
Sous des gravures représentant l’Ombrie,
les lacs suisses ou les Etats du Pape,
elles tombaient à genoux, le visage blanc,
et sur leurs bustes éclatants, dans la pénombre,
plus éclatants encore des esclavages d’or.

(Jean Follain)

Illustration: Albert von Keller

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Avec Fanon (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Fabienne Contat
    
Avec Fanon

C’est peut-être à coup de châtaigne qu’on devient marron
C’est peut-être à coup de bonbaine qu’on devient neutron
C’est peut-être à coup de canon qu’on se fait un bâton de maréchal
Une veuve joyeuse, une gueule cassée deux étoiles
C’est peut-être en débitant du saucisson qu’on fait fortune dans la chanson
Faudra que j’essaye avec Fanon…

C’est peut-être à petits coups de blanc qu’on devient poivrot
C’est peut-être à petits coup de dents qu’on devient salaud
C’est peut-être à coup de métro qu’on se fait une gueule de parigot
Qui ne pense plus qu’à sa voiture à son frigo
C’est peut-être en montrant le fond de son pantalon
Qu’on fait son trou dans la chanson
Faudra que j’essaye avec Fanon…

C’est peut-être par la calotte qu’on devient païen
C’est peut-être par la culotte qu’on devient putain
C’est peut-être par le calot qu’on devient crétin
par le culot qu’on devient quelqu’un
Qui ne fait rien de ses deux mains
C’est peut-être en chantant mon cul sur la commode

Qu’on se fait une chanson à la mode
Faudra que j’essaye avec Fanon…

C’est peut-être au chapeau qu’on voit l’homme d’affaires
C’est peut-être aux affaires qu’on voit le gangster
C’est peut-être à coup d’oseille qu’on se fait sa place au soleil
A coup de baise-main qu’on se fait un lit à baldaquin
C’est peut-être en marchant sur les mains des copains
Qu’on se fait un nom dans la chanson
Faudra que j’essaye avec Fanon…

C’est peut-être en forgeant qu’on devient forgeron
C’est peut-être en ahanant qu’on devient bûcheron
C’est peut-être en bourlinguant qu’on devient matelot
A coup de faucille qu’on devient marteau,
A coup de marteau qu’on fait le gros dos
C’est peut-être à coup de chansons sans concession
Qu’on fait sa petite révolution chez les rois loups de la chanson
C’est peut-être à cause d’une chanson
Qu’en une nuit comme des champignons
Poussent les amis qui font la rime à mes chansons.

(Maurice Fanon)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai cherché à le maintenir en vie (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



J’ai cherché à le maintenir en vie

Oh, avec quels
Soins infinis
J’ai cherché
A le maintenir en vie :
Chaque jour
Amoureusement
Je l’insultais,
Chaque jour
Je le vitupérais
Pour son oeuvre
Funeste.
Ciel, quelle fête,
Quelle belle théorie,
Comme c’était facile,
Comme c’était commode,
Comme c’était juste
A la mesure de l’homme !
Quand Dieu existait,
Non, il n’y avait
Pas de problèmes.
Mais après ?
Quel triste
Maudit
Etat.
Maintenant :
De tout
Je ne puis accuser que moi.

***
Ho cercato di mantenerlo in vita

Oh con quale
Cura infinita
Ho cercato
Di mantenerlo in vita :
Tutti i giorni
Amorosamente
Lo bestemmiavo,
Tutti i giorni
Lo vituperavo
Per l’opera sua
Funesta.
Cielo, che festa,
Che bell’assunto,
Com’era facile,
Com’era comodo,
Com’era, appunto,
A misura d’uomo !
Quando Dio era,
No, non si dava
Problema.
E invece
Che tristo
Dannato
Stato
Adesso :
Di tutto
Non posso dare colpa che a me stesso.

(Tommaso Landolfi)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Amour (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



Amour

La clef plaît à sa serrure
comme le tiroir plaît à la commode
mais le tiroir va tromper sa commode
car on dit que la clef lui plaît

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Comments »

Nous ne voulons pas être tristes (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



Nous ne voulons pas être tristes

Nous ne voulons pas être tristes
C’est trop facile
C’est trop bête
C’est trop commode
On en a trop souvent l’occasion
C’est pas malin
Tout le monde est triste
Nous ne voulons plus être tristes.

(Blaise Cendrars)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | 3 Comments »

Pourquoi fais-je des poèmes petits comme ça ?(Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



Pourquoi fais-je des poèmes petits comme ça ?

Parce que c’est plus commode en promenant les chats.

(Henri-Frédéric Blanc)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :