Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘comparer’

Les joues d’Amaranthe (Pierre de Marbeuf)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



 

Les joues d’Amaranthe

Des roses et des lys filles et soeurs jumelles,
Qui sous un lait caillé doucement tremblotez,
Joues où l’amour joue en toutes privautés,
Et bâtit aux souris des demeures nouvelles,

Lors que vous rougissez, que vos roses sont belles,
Quand l’épine d’honneur veut armer vos beautés,
Le satin de vos lys montrant vos chastetés,
Donne aux amants la peur, et l’amour aux rebelles.

Petits creux, magasins et d’amours et d’appas,
La petite rondeur que vous avez en bas,
Fait que je vous compare aux pommes d’Atalante.

S’il faut pour ce beau fruit mourir, ou bien courir,
Ma course est inégale : il me faut donc mourir,
Si vous ne me donnez vos pommes, Amaranthe.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tous les bonheurs du monde (Shantideva)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



 

Tous les bonheurs du monde viennent
De la recherche du bonheur d’autrui ;
Toutes les souffrances du monde viennent
De la recherche de son propre bonheur.

… À quoi bon en dire davantage ?
Comparez seulement l’être puéril
Qui agit dans son propre intérêt
Et le sage qui œuvre au bien des autres !

(Shantideva)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LES COMPARAISONS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

LES COMPARAISONS

Bergeronnette, oiseau de Kypris , chante avec nos premiers désirs !
Le corps nouveau des jeunes filles se couvre de fleurs comme la terre.
La nuit de tous nos rêves approche et nous en parlons entre nous.

Parfois nous comparons ensemble nos beautés si différentes,
nos chevelures déjà longues, nos jeunes seins encore petits,
nos pubertés rondes comme des cailles et blotties sous la plume naissante.

Hier, je luttai de la sorte contre Melanthô mon aînée.
Elle était fière de sa poitrine qui venait de croître en un mois,
et, montrant ma tunique droite, elle m’avait appelée Petite Enfant.

Pas un homme ne pouvait nous voir, nous nous mîmes nues devant les filles,
et, si elle vainquit sur un point, je l’emportai de loin sur les autres.
Bergeronnette, oiseau de Kypris, chante avec nos premiers désirs !

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis sortie dans la forêt (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Je suis sortie dans la forêt,
je me suis assise au bord d’une source verte,
j’ai relevé ma tunique et j’ai écarté les cuisses
pour regarder ma vulve dans l’eau et pour la comparer aux choses.

Tout de suite, j’ai vu qu’elle était si belle
que pas une merveille de la forêt n’était merveilleuse autant qu’elle.
Elle semblait flotter sous l’eau comme une bête de chair molle.

En vain j’aurais cherché une fleur aussi douce qu’elle était douce,
aussi rouge qu’elle était chaude.
En vain j’aurais cherché un petit caillou rose
aussi dur qu’était mon bouton.

Mais la source me rendit jalouse.
Et je m’écriai en me couchant dans l’herbe :
« Oh ! qu’il vienne l’amant dont la bouche arrache à mon ventre
plus d’eau ruisselante qu’il n’en bouillonne de cette source. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce que l’homme appréhende (Hadewijch II)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Fan Ho (17)

Ce que l’homme appréhende dans la connaissance nue de
haute contemplation, cela est grand assurément, et n’est rien,
Si je compare ce qui est saisi à ce qui fait défait.
C’est dans cette déficience que doit plonger notre désir :
tout le reste est par essence misérable.
Ceux dont le désir pénètre toujours plus avant dans la haute
connaissance sans parole de l’amour pur,
Trouvent aussi la déficience toujours plus grande,
A mesure que leur connaissance se renouvelle sans mode
dans la claire ténèbre,
Dans la présence d’absence…
Là, chose simple lui est révélée
qui ne peut l’être : le Rien pur et nu.

(Hadewijch II)

Illustration: Fan Ho

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Encore aujourd’hui (Bilhana)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




Encore aujourd’hui
Dans ce monde
Où les manifestations de la beauté foisonnent,
Rivalisant d’excellence et de perfection,
Mon coeur, lui, sait
Que rien ne se peut comparer
A la grâce de celle
Qui à moi s’est abandonnée.

(Bilhana)

Illustration: Fabienne Contat

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PETITES FLEURS SE MOQUENT DES GRAVES SAPINS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration
    
LES PETITES FLEURS SE MOQUENT DES GRAVES SAPINS
Tin-Tun-Ling

Sur le haut de la montagne, les sapins demeurent sérieux et hérissés ;
au bas de la montagne, les fleurs éclatantes s’étalent sur l’herbe.

En comparant leurs fraîches robes, aux vêtements sombres des sapins,
les petites fleurs se mettent à rire.
Et les papillons légers se mêlent à leur gaieté.

Mais un matin d’automne, j’ai regardé la montagne :
les sapins, tout habillés de blanc, étaient là, graves et rêveurs.

J’ai eu beau chercher au bas de la montagne,
je n’ai pas vu les petites fleurs moqueuses.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si je compare (Chûnagon Atsutada)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



Si je compare
A mon coeur après
L’avoir rencontrée,
Autrefois, cette chose,
je ne l’avais pas comprise!

(Chûnagon Atsutada)


Illustration: Hokusaï

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

J’ai vu le menuisier (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



J’ai vu le menuisier
Tirer parti du bois.

J’ai vu le menuisier
Comparer plusieurs planches.

J’ai vu le menuisier
Caresser la plus belle.

J’ai vu le menuisier
Approcher le rabot.

J’ai vu le menuisier
Donner la juste forme.

Tu chantais, menuisier,
En assemblant l’armoire.

je garde ton image
Avec l’odeur du bois.

Moi, j’assemble des mots
Et c’est un peu pareil.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 1 Comment »

Nuages (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Nuages
À Jeanne Robeveille.

Assis sur le bord du chemin
Qui conduit tout droit au village,
J’aimais, lorsque j’étais gamin,
Regarder passer les nuages.

Au printemps, je les comparais
A de belles dentelles blanches
Dont le ciel se serait paré
Pour plaire aux vierges et aux anges.

Mais, quand les beaux jours sont partis,
Quand reviennent les vents d’automne,
Quand, sur le sol, les feuilles jaunes
Forment un immense tapis,

A l’horizon je croyais voir,
Dans un décor invraisemblable,
Debout sur leurs calèches, noirs,
Des diables.

… … … … … … … … …

Dix ans plus tard, le coeur joyeux,
Je suis revenu au village.
Aussi loin que portaient mes yeux
J’ai scruté l’immense ciel bleu.

Où étaient les vieilles images ?
Je n’ai vu que de gros nuages !

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :