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Posts Tagged ‘compas’

AIR DU COLPORTEUR (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



 

Steve Cieslawskis (17)

AIR DU COLPORTEUR

Pas d’échalotes pas de lacets
pas d’eau des saintes pas d’almanach
pas de petits paquets pour les femmes
pas de règles ni de compas lisses
pas de choux rouges pas de poison
pas d’adultères ni fer ni mousse
pas d’étoile de mer ni d’amour
pas de graines au pollen beurré
pas de nouvelles des nouveau-nés
Le monde est vide il n’y a rien à vendre.

(André Frénaud)

Illustration: Steve Cieslawskis

 

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REPIT (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020




    
REPIT

Nombreuses et grandes
Sont mes tentatives —
Dans les profondeurs et dans les hauteurs,
Entre les ténèbres et la lumière,
De l’atome aux galaxies,
Du premier baiser sur les lèvres
Au dernier baiser sur les paupières,
De la fleur au serpent,
Du pain au poison,
De la caresse au poignard,
Du rugissement du lion
Au chant de l’alouette,
De moi,
Saisi par les vrilles du temps,
A toi,
Qui laisses s’enrouler distraitement le temps
Dans ton giron, comme une pelote.
Du rivage de mes heures,
Je contemple les bords de tes éternités.
Mon compas
Elargit son angle
Jusqu’à 180°.
Je regarde,
Et les lointains que j’aperçois
Sont poussière de voie lactée.
Mes ères
Frappent avec des poings d’enfant
A ta porte d’azur
Cloutée d’étoiles.
Que faire ?
Je n’ai pas de bateau qui puisse
Me mener par-delà les frontières de mon être,
Et lorsque je reviens en moi-même, je vois toujours
Des immensités et des ports qui ne sont que rêves.
Ma halte
Est celle du vent
Que l’air délogera
D’entre deux branches frémissantes

(Mihai Beniuc)

 

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Nos mots (Luciole)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2020




    
Nos mots

Quand le silence hurle,
Se fait assourdissant
Que des sons minuscules
Se font cris de géants
Nos mots sont des compas,
Nous guident sur l’océan
Nos mots comme continents,
Il nous restera ça

Quand les nuages filent
Sans qu’on puisse les toucher
Dans le bleu tendres îles,
Impossible d’accoster
Nos mots sont des trois mâts
Naviguent dans ces nuées
Nos mots comme nos voiliers,
Il nous restera ça

Et quand le ciel pleure,
Se grise de sanglots
Que les sons, les couleurs
Se prennent dans les rouleaux
Nos mots à bouts de bras
Sont nos armes, nos flambeaux
Nos mots comme drapeaux,
Il nous restera ça

Quand les portes sont fermées,
Que l’on reste au-dehors
Quand on a beau frapper
De nos mains, de nos corps
Nos mots resteront là,
Gravés dans le décor
Nos mots comme trésor,
Il nous restera ça

Quand mes lèvres sont scellées,
que je ne sais que dire
Quand je ne sais que pleurer
quand je voudrais sourire
Mes mots glissent tous bas,
pour éviter le pire
Mes mots comme des soupirs,
il me restera ça

Quand on voudrait fixer
Chaque souvenir chaque nuit
Pour ne rien oublier
De chaque sensation
Les mots sont nos combats,
Les mots sont l’émotion
Nos mots comme chansons
Il nous restera ça
Il nous restera ça

(Luciole)

 

Paroliers : David Babin / Angelo Foley / Lucile Gerard

   

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Moi avec ma vie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Julia Perret   -le-grimpeur

Moi avec ma vie et mon compas de vie, je saute les précipices
en attendant le pont que je construirai prudemment
entre mes masques francs qui se connaissent et s’ignorent.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

Illustration: Julia Perret

 

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Ces pauvres choses (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Ces pauvres choses qui nous étaient
si proches, cartes et plumiers,
règles, compas, la nuit dispersée,
la confiance ancienne.

Aux quatre coins du monde,
les clameurs, les phares,
écoliers et chevaux, l’incroyable
beauté des rires et des voix.

Tout cela qui s’éloigne comme
un ballet d’éphémères, une feuille
au fil de l’eau flottant.

On ne voit plus devant soi
qu’abîme, une ombre, une autre,
des murs froids, des effondrements.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mouvante place des hommes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Mouvante place des hommes

Où sommes-nous ?

Dans la tempérance d’une rivière
Dans la démesure des torrents

Dans le compas de l’oeil
Dans les brumes de la chair

Dans l’attelage des monstres
Dans les mains sans épine

Dans les nasses du doute
Dans la force des granges

Dans l’angoisse qui mobilise
Dans la peur qui engloutit

Dans le foisonnement du corps
vivier qui fonde l’esprit

Dans le songe insulaire
Dans le rêve faiseur d’hommes

Dans la dissolution des mots
Dans le tissu de la parole

Dans les randonnées du sang
Dans la réunion du coeur ?

Où sommes-nous ?

Où aucun ciel ne peut prétendre !

(Andrée Chedid)


Illustration: Maryse Casol

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Dans le vent la pluie et dans le soleil (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (4)

Dans le vent la pluie et dans le soleil
moi vêtu de l’or de l’accomplissement
et vêtu de la brume du vide

dans le coucher du soleil dans la brise et dans la tempête
qui auréole ma barque la pousse ou la chavire

entre moi dans la pluie et moi dans la lune
qui donc établit le voyage sans itinéraire
qui sait mesurer la longueur de lance de sa parole
et qui sait peser le poids de son geste
et voir limpides l’élan et la blessure

le papillon est allègre au mur de sa mort hâtive
et la mante religieuse dévore sa passion avec sa mort

Moi avec ma vie et mon compas de vie je saute les précipices
en attendant le pont que je construirai rudement
entre mes masques francs qui se connaissent et s’ignorent

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Le bleu le plus profond (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Au milieu des échafaudages et des oiseaux
des mouettes et des orangers.
Le fabricant de compas
et le plongeur au scaphandre de cuivre
monteront
mesurer le bleu le plus profond
celui qui ne laisse échapper
aucun son.

***

Entre andamios y pájaros
gaviotas y naranjos.
El fabricante de compases
y el buzo de la escafandra de cobre
subirán
a medir el azul más hondo
el que no deja escapar
ningún sonido.

(Luis Mizón)

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Les Espaces Infinis (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Je reviens d’un séjour effrayant; n’y va pas!
Que jamais ta pensée, anxieuse, intrépide,
N’aille scruter le bleu du ciel, distrait et vide,
Et presser l’infini d’un douloureux compas!

Ne tends jamais l’oreille aux musiques des sphères,
N’arrête pas tes yeux sur ces coursiers brûlants:
Rien n’est pour les humains dans la haute atmosphère,
Crois-en mon noir vertige et mon corps pantelant!

[…]

– Puisque rien de l’espace, hélas! ne te concerne,
Puisque tout se refuse à l’anxieux appel,
Laisse la vaste mer bercer l’algue et le sel,
Et l’étoile entr’ouvrir sa brillante citerne,

Abaisse tes regards, interdis à tes yeux
Le coupable désir de chercher, de connaître,
Puisqu’il te faut mourir comme il t’a fallu naître,
Résigne-toi, pauvre âme, et guéris-toi des cieux…

(Anna de Noailles)

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Le compas (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2016



Le compas
A tourné plusieurs fois
Mais sur le papier
Rien qu’un demi-cercle

(Abbas Kiarostami)

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