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Posts Tagged ‘compatissant’

LA SÉPARATION (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
LA SÉPARATION

À la vue d’un nuage vert foncé dans le ciel bleu,
une paire d’yeux sombres et moites me revient à l’esprit :
Les lèvres compatissantes,
Un regard muet
Poignant dans sa supplication,
Avant de se séparer…
la vue d’un nuage vert foncé dans le ciel bleu.

Il pleut sans répit avec des éclairs,
Affolé le vent chante dans les bois.
Quelque part dans mon être
S’attarde un gémissement,
Une voix familière
Vient retentir dans mon coeur
A la vue d’un nuage vert foncé dans le ciel bleu.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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STANCES A LA CHATELAINE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: John Duncan Fergusson 
    
STANCES A LA CHATELAINE

Madame, c’est moi qui viens.
Moi, cela ne vous dit rien !
Je viens vous chanter quand même
Ce que mon cœur a rimé
Et si vous voulez m’aimer ?
Moi : c’en est un qui vous aime !

Oh ! vos mains, dont les pâleurs
Bougent, en gestes de fleurs
Qu’un peu de brise caresse !
Oh ! vos beaux yeux impérieux !
Un seul regard de ces yeux
Dit assez votre noblesse !

Vos aïeules ont été,
Sous le grand chapeau d’été
Fleuries comme un jour de Pâques,
Marquises de Trianon,
Et moi, fils de gens sans nom,
J’ai des goûts à la Jean-Jacques !

Votre parc est doux et noir :
Il y ferait bon ce soir
Pour achever ce poème
Que mon cœur seul a rimé.
Donc, si vous voulez m’aimer,
J’y serai, moi qui vous aime !

– Je chantais cela tantôt,
Aux grilles de son château.
A la fin, compatissante,
Elle dit à son larbin :
« Joseph, portez donc du pain
Au pauvre mendiant qui chante ! »

(Gaston Couté)

 

 

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Elles ne demandent que de l’aide (Salvador Espriu)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Fra Angelico
    
Elles ne demandent que de l’aide
pour la tâche compatissante :
oindre d’arômes ce corps
qu’elles savent au tombeau.

« Quels doigts bougeraient
le grand poids de la dalle
à l’arrivée de l’aube ? Que viennent
nous consoler
de ce vide par nous veillé
des voix pleines de pitié ».

Immobiles, épouvantées,
elles regardent, écoutent et après
s’en retournaient à la ville.
Mais celle qui l’aime le plus
ressent soudain subtile douleur
en perdant, le voyant devant elle,
de fins alambics de solitude.

***

Elles demanen sols ajut
per acomplir la pietat
d’ungir d’aromes aquell cos
que dins el vas saben posat.

« Quins dits mourien
el gran pes de la liosa,
quan es l’alba ? Que vinguin
a consolar-nos
de la buidor vetllada
unes veus compassives. »

Del tot immòbils, amb espant
miren, escolten i després
ja se’n tornaven a ciutat.
Però la qui l’estima més
sent un subtil dolor sobtat
quand perd, veient-lo al seu davant,
fins alambins de soledat.

(Salvador Espriu)

 

Recueil: Cimetière de Sinera
Traduction: Mathilde et Albert Bensoussan et Denise Boyer
Editions: Ibériques

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Qu’envers les amoureux (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



 

Akzhan Abdalieva -   (7) [1280x768]

Qu’envers les amoureux Tu sois compatissant !
Leurs coeurs vaguant dans le labyrinthe d’amour

Le Jour de la Résurrection de leur amour est arrivé
Leurs âmes vont mettre leurs pas dans les pas de la guidance

Le choix prescrit : Paradis de l’Union perpétuelle
Ou flammes sans fin de la séparation des coeurs

(Râbi’a)

Illustration: Akzhan Abdalieva

 

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Les feuilles des noyers (Nicolas Bouvier)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



Les feuilles des noyers

Les feuilles des noyers sont brillantes de pluie
La brume monte du sol
Au fond du pré
deux vieilles cueillent de la dent-de-lion
Une fois cassées en deux
elles ne se relèveront plus
avant d’avoir rempli leurs cabas
Je vois leurs culs noirs
se déplacer comme des bestiaux essoufflés
indécis
et parfois le bref éclair
au ras du sol
du petit couteau de cuisine
Je fixe cette image
dans ma tête
en attente
Je suis dans un temps
où les choses ont cessé d’être
proches
intelligibles
compatissantes

(Nicolas Bouvier)

 

 

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PAON EPINGLE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



 

paon

PAON EPINGLE

Lié nu au plus vieux chêne de ta forêt
Paon de nuit piqué sur l’écorce
Je t’attends grande nocturne
Compatissante et tiède.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

 

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