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C’était un jour d’été de rayons éclairci (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



Nikolay Butkovskiy  027

C’était un jour d’été de rayons éclairci,
J’en ai toujours au coeur la souvenance empreinte,
Quand le ciel nous lia d’une si ferme étreinte
Que la mort ne saurait nous séparer d’ainsi.

L’an était en sa force et notre amour aussi,
Nous faisions l’un à l’autre une aimable complainte,
J’étais jaloux de vous, de moi vous aviez crainte,
Mais rien qu’affection ne causait ce souci.

Amours, qui voletiez à l’entour de nos flammes
Comme gais papillons, où sont deux autres âmes
Qui redoutent si peu les efforts envieux ?

Où la foi soit si ferme ? où tant d’amour s’assemble ?
N’ayant qu’un seul vouloir, toujours d’accord ensemble,
Fors qu’ils se font la guerre à qui s’aimera mieux !

(Philippe Desportes)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

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MELANCOLIE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



MELANCOLIE

Que de cris, en l’automne, de sanglots !
Toute la forêt rugit, furieuse,
Sur les hauteurs un buccin fait écho
Et la complainte monte, douloureuse.

O viens mon aimée, écoute-moi bien,
Point ne pleure et chasse ta peur nouvelle,
Écoute l’appel profond, ancien
C’est la terre qui nous appelle à elle…

(George Bacovia)

Illustration: François Malespine

 

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COMPLAINTE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



COMPLAINTE

Les feuilles se traînent
Le vent se déchaîne
Parmi les rameaux.

Et je me rappelle
Nous deux, moi et elle
Dans le parc, si beau.

Avec le vent chantent
Aux vitres dormantes
Idéaux nouveaux…

(George Bacovia)

Illustration: Colin Marcoux

 

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Chanson du chiffonnier (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



chanson du chiffonnier

le chiffonnier du faubourg
que personne n’écoute
fait le tour de la ville
avec son poney bleu

il sait seules permises
les chansons sans paroles
et pourtant il fredonne
une complainte étrangère

à son passage les seins
des femmes ignorantes
s’émeuvent doucement
blanches bêtes captives

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Edouard Manet

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La folle complainte (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



homme _poussiere
    
La folle complainte

Les jours de repassage,
Dans la maison qui dort,
La bonne n´est pas sage
Mais on la garde encore.
On l´a trouvée hier soir,
Derrière la porte de bois,
Avec une passoire, se donnant de la joie.
La barbe de grand-père
A tout remis en ordre
Mais la bonne en colère a bien failli le mordre.
Il pleut sur les ardoises,
Il pleut sur la basse-cour,
Il pleut sur les framboises,
Il pleut sur mon amour.

Je me cache sous la table.
Le chat me griffe un peu.
Ce tigre est indomptable
Et joue avec le feu.
Les pantoufles de grand-mère
Sont mortes avant la nuit.
Dormons dans ma chaumière.
Dormez, dormons sans bruit.

Berceau berçant des violes,
Un ange s´est caché
Dans le placard aux fioles
Où l´on me tient couché.
Remède pour le rhume,
Remède pour le cœur,
Remède pour la brume,
Remède pour le malheur.

La revanche des orages
A fait de la maison
Un tendre paysage
Pour les petits garçons
Qui brûlent d´impatience
Deux jours avant Noël
Et, sans aucune méfiance,
Acceptent tout, pêle-mêle :
La vie, la mort, les squares
Et les trains électriques,
Les larmes dans les gares,
Guignol et les coups de triques,
Les becs d´acétylène
Aux enfants assistés
Et le sourire d´Hélène
Par un beau soir d´été.

Donnez-moi quatre planches
Pour me faire un cercueil.
Il est tombé de la branche,
Le gentil écureuil.
Je n´ai pas aimé ma mère.
Je n´ai pas aimé mon sort.
Je n´ai pas aimé la guerre.
Je n´ai pas aimé la mort.
Je n´ai jamais su dire
Pourquoi j´étais distrait.

Je n´ai pas su sourire
A tel ou tel attrait.
J´étais seul sur les routes
Sans dire ni oui ni non.
Mon âme s´est dissoute.
Poussière était mon nom.

(Charles Trenet)

 

 

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Toutes les images du monde (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



toutes les images du monde
je les vois vivre dans les livres
aussi celles d’un autre monde
bien plus réel que celui-ci

entre ce monde et l’autre monde
un rayon lumineux scintille
qui n’est ni celui du soleil
ni même celui de la lune

un chant vient mourir sur mes lèvres
je ne sais d’où ce chant s’élève
ni de quelle fable il est l’une
des complaintes d’une autre lune
qu’illumine un autre soleil

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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Complainte d’un certain dimanche (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Complainte d’un certain dimanche

L’homme n’est pas méchant, ni la femme éphémère.
Ah! fous dont au casino battent les talons,
Tout homme pleure un jour et toute femme est mère,
Nous sommes tous filials, allons!
Mais quoi! les Destins ont des partis-pris si tristes,
Qui font que, les uns loin des autres, l’on s’exile,
Qu’on se traite à tort et à travers d’égoïstes,
Et qu’on s’use à trouver quelque unique Évangile.
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.

Dans ce village en falaises, loin, vers les cloches,
Je redescends dévisagé par les enfants
Qui s’en vont faire bénir de tièdes brioches;
Et rentré, mon sacré-coeur se fend!
Les moineaux des vieux toits pépient à ma fenêtre,
Ils me regardent dîner, sans faim, à la carte;
Des âmes d’amis morts les habitent peut-être ?
Je leur jette du pain : comme blessés, ils partent!
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.

Elle est partie hier. Suis-je pas triste d’elle?
Mais c’est vrai ! Voilà donc le fond de mon chagrin!
Oh! ma vie est aux plis de ta jupe fidèle!
Son mouchoir me flottait sur le Rhin….
Seul. — Le Couchant retient un moment son Quadrige
En rayons où le ballet des moucherons danse,
Puis, vers les toits fumants de la soupe, il s’afflige…
Et c’est le Soir, l’insaisissable confidence…
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Faudra-t-il vivre monotone?

Que d’yeux, en éventail, en ogive, ou d’inceste,
Depuis que l’Être espère, ont réclamé leurs droits!
Ô ciels, les yeux pourrissent-ils comme le reste?
Oh! qu’il fait seul! oh! fait-il froid!
Oh! que d’après-midi d’automne à vivre encore!
Le Spleen, eunuque à froid, sur nos rêves se vautre!
Or, ne pouvant redevenir des madrépores,
Ô mes humains, consolons-nous les uns les autres.
Et jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Tâchons de vivre monotone.

(Jules Laforgue)


Illustration

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GLOSE (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



GLOSE

Nos vies sont les rivières,
qui vont s’achever dans la mer
du mourir. Qu’elle est belle
cette complainte!
Parmi mes poètes, Manrique
a pour lui un autel consacré.

Douce joie de vivre :
amère science de l’éphémère,
aveugle fuite vers la mer.

Derrière l’effroi du mourir
il est le plaisir d’arriver.
Qu’il est beau ce plaisir!
Mais… Et l’effroi de revenir?
Qu’elle est amère
cette douleur!

(Antonio Machado)

Illustration

 

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COMPLAINTE DU MARIN TROMPÉ (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Paul Perraudin
    
COMPLAINTE DU MARIN TROMPÉ

Quand j’ai quitté Nantes,
Sur mon bâtiment,
J’avais une amante
Pleine d’agrément,
Une souris blanche,
Un bijou charmant.

C’est Marie Jannick
De Landivisiau,
Qui tue les moustiques
Avec son sabot,
Fait danser les filles,
Chanter les oiseaux.

Qui m’a pris ma belle
Au dernier retour.
Moi qui n’aimais qu’elle,
Faut changer d’amour,
Pour moudre à ma vielle,
Pour cuire à mon four.

Sur « Le Roi-d’Espagne »
Ou sur « La Licorne »,
Je ferai campagne,
Va, jusqu’au cap Horn.
En manoeuvre au large,
Ça vaut davantage
Que d’être en Bretagne
Une bête á cornes.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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COMPLAINTE DE LA BELLE EN AMOUR (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration
    
COMPLAINTE DE LA BELLE EN AMOUR

De son château de Trébeurden,
On voit Tombelaine,
On voit Saint-Malo,
On voit la mer rouler sa peine,
On ne voit pas son matelot..

Son matelot est dans la mer,
Son matelot est sous le flot.
Son âme se plaint dans les mouettes
Avec leurs cris de rat-mulot.

— « Belle fille de Trébeurden,
Pourquoi pleurer ce matelot ?
Si vous vouliez vous seriez Parisienne
Avec des souliers talon haut,
Avec des bijoux sur le dos. »

— « Adieu, beau voyageur,
Retournez sur la terre.
Mon coeur est dans la mer
Et je n’ai plus mon coeur. »

— « Si jamais vous deveniez folle,
Je vous bercerais tout le jour,
Avec des chansons, des paroles
Qui sont le baume de l’amour… »

De son château de Trébeurden,
On voit Tombelaine,
On voit Saint-Malo,
On voit la mer rouler sa peine,
On ne voit pas son matelot.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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