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Poésie

Posts Tagged ‘complice’

J’aime toute la vie (Philippe Garnier)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019


groseilles

J’aime toute la vie
la vie
la vie
sa beauté de groseille
éclatée
de sang perlé
à ton oreille
ses reflets d’or ensanglantés
la transparence
des jupes
qui est complice du soleil
J’aime les mots
qui pétillent
les mots très hauts
comme les étoiles écarquillées
les mots qu’on boit
lentement comme de la limonade
les yeux fermés tu sais
avec une paille
le style
le style
d’huile bouillante
et d’eau troublée
le style de perle nue
de coquillage
le style qu’on voit dans l’oeil des billes
celui qu’on boit tout cru
dans la bouche
des filles

 

(Philippe Garnier)

 

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Le cruel vent d’hiver (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2019




    
Le cruel vent d’hiver
arrache toutes feuilles
si je joue de la flûte
serai-je son complice

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIENS
Traduction:
Editions: Seghers

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Né En 17 à Leidenstadt (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Né En 17 à Leidenstadt

{Refrain:}
Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d’un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j’avais été allemand ?

Bercé d’humiliation, de haine et d’ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d’un torrent

Si j’avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d’une foi, d’une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir: tendre une main

Si j’étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

{au Refrain}

Et qu’on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D’avoir à choisir un camp

(Jean-Jacques Goldman)

 

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Déclaration (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



Didier Delamonica - French Mystical Fantasy painter -    (37) [1280x768]
Illustration: Didier Delamonica
    
Déclaration

Je déclare l´état de bonheur permanent
Et le droit de chacun à tous les privilèges.
Je dis que la souffrance est chose sacrilège
Quand il y a pour tous des roses et du pain blanc.
Je conteste la légitimité des guerres,
La justice qui tue et la mort qui punit,
Les consciences qui dorment au fond de leur lit,
La civilisation au bras des mercenaires.
Je regarde mourir ce siècle vieillissant.
Un monde différent renaîtra de ses cendres
Mais il ne suffit plus simplement de l´attendre :
Je l´ai trop attendu. Je le veux à présent.
Que ma femme soit belle à chaque heure du jour
Sans avoir à se dissimuler sous le fard
Et qu´il ne soit plus dit de remettre à plus tard
L´envie que j´ai d´elle et de lui faire l´amour.
Que nos fils soient des hommes, non pas des adultes
Et qu´ils soient ce que nous voulions être jadis.
Que nous soyons frères camarades et complices
Au lieu d´être deux générations qui s´insultent.
Que nos pères puissent enfin s´émanciper
Et qu´ils prennent le temps de caresser leur femme
Après toute une vie de sueur et de larmes
Et des entre-deux-guerres qui n´étaient pas la paix.

Je déclare l´état de bonheur permanent
Sans que ce soit des mots avec de la musique,
Sans attendre que viennent les temps messianiques,
Sans que ce soit voté dans aucun parlement.

Je dis que, désormais, nous serons responsables.
Nous ne rendrons de compte à personne et à rien
Et nous transformerons le hasard en destin,
Seuls à bord et sans maître et sans dieu et sans diable.

Et si tu veux venir, passe la passerelle.
Il y a de la place pour tous et pour chacun
Mais il nous reste à faire encore du chemin
Pour aller voir briller une étoile nouvelle.

Je déclare l´état de bonheur permanent.

(Georges Moustaki)

 

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POÈME PERPÉTUEL (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



POÈME PERPÉTUEL

De l’œil du doigt j’étudie des sourires
Le petit jour l’herbe endormie
Qui se lève à la vue des bêtes
La poitrine qui n’a plus faim
Qui n’a plus honte

La femme qui se fait complice
D’amours sans force et d’amours forcenées
La femme attentive à la vie
À la tempête d’un sanglot
À l’île verte du silence

De l’œil du doigt j’étudie des sourires
Je les reflète
Quels sont ces êtres caressants
Qui parlent selon mon repos
Sourires selon la rosée

Le soleil doux comme une taupe
Une boucle sur un front bas
La longue nuit immobile est rompue
Le beau masque désarçonné
La chaine usée

Une feuille qui se déplie
Un sourire qui continue
Mes yeux mes doigts
Notre jeunesse tendrement
Fait naitre l’aurore sur terre.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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SOIR COMPLICE… (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



Soir complice, soir triste où rôde le péché
— Ta fumée immobile au ras des toits penchés
Est là, comme un désir fiévreux que rien n’apaise.
Je suis l’enfant que trouble une pensée mauvaise
Dans l’éparse douceur d’énervants crépuscules
— Celui que j’ai connu, déchiré de scrupules,
Et qui fermait les yeux et secouait la tête…
Mais il sent mieux hélas! Que ta douceur persiste,
O chaud baiser du soir sur mon âme inquiète!
Et rêvant d’un amour qui le laisserait triste,
Et goûtant la langueur morte du paysage
— Il attend de brûlantes mains sur son visage…

(François Mauriac)

 

 

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Complices (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2019




    
Complices

Nous sommes les complices
d’une grande et belle évasion
il y a celui qui aime
celui qui lit
celui qui écrit
celui qui rêve
celui qui refuse
celui qui plante
celui qui marche
celui qui joue
celui qui nie
celui qui apprend
celui qui doute
celui qui se moque
celui qui se saoule
celui qui dit non
nous sommes tous les complices
d’une grande et belle évasion
nous creusons des tunnels
nous tressons des cordages
nous prenons des notes
nous rusons nous savons
que les détours sont nécessaires
qu’il faut esquiver l’ordre des choses
qu’au bout il y a dehors
demain
dedans

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Ton regard (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019




Illustration: Patrick Marquès
    
Ton regard se fait complice
des pierres et du soleil
pour une absence limpide.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Balafre (Marie-Célie Agnant)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



 Tiga 6

Balafre

Sur les rides du monde
pour conjurer l’oubli
je veux écrire

un long poème
Les ongles plantés dans l’écorce de la terre
au creux du mensonge
je veux écrire

des phrases-témoins

Sur tous les silences complices
je veux ma plume

Torrent cavalcade
je veux ma plume

Ciseau
je veux ma plume

Et réinventer ta vérité

Ô Monde

(Marie-Célie Agnant)

Illustration: Tiga

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