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Posts Tagged ‘compliment’

L’INNOMMABLE (Valéry Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration: Olivier Suire-Verley
    
L’INNOMMABLE

Quand je serai mort, quand je serai de nos chers morts
(Au moins, me donnerez-vous votre souvenir, passants
Qui m’avez coudoyé si souvent dans vos rues?)
Restera-t-il dans ces poèmes quelques images
De tant de pays, de tant de regards, et de tous ces
visages
Entrevus brusquement dans la foule mouvante?
J’ai marché parmi vous, me garant des voitures
Comme vous, et m’arrêtant comme vous aux devantures.
J’ai fait avec mes yeux des compliments aux Dames;
J’ai marché, joyeux, vers les plaisirs et vers la gloire,
Croyant dans mon cher coeur que c’était arrivé;
J’ai marché dans le troupeau avec délices,
Car nous sommes du troupeau, moi et mes aspirations.
Et si je suis un peu différent, hélas, de vous tous,
C’est parce que je vois,
Ici, au milieu de vous, comme une apparition divine,
Au-devant de laquelle je m’élance pour en être frôlé,
Honnie, méconnue, exilée,
Dix fois mystérieuse,
La Beauté Invisible.

(Valéry Larbaud)

 

Recueil: Les Poésies de A.O. Barnabooth
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dommage (Florian Jose Ordonez)(Olivio Laurentino Ordonez)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
Dommage

Allez, celle-là on la fait à l’ancienne
Oli, t’es prêt? Bien

Louis prend son bus, comme tous les matins
Il croisa cette même fille, avec son doux parfum
Qu’elle vienne lui parler, il espère tous les jours
Ce qu’il ressent au fond d’lui, c’est ce qu’on appelle l’amour
Mais Louis, il est timide et elle, elle est si belle
Il ne veux pas y aller, il est collé au fond d’son siège
Une fois elle lui a souri quand elle est descendue
Et depuis ce jour là, il ne l’a jamais revue

Ah il aurait du y aller, il aurait du le faire, crois-moi
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, c’est p’t’être la dernière fois »

Yasmine a une belle voix, elle sait qu’elle est douée
Dans la tempête de sa vie, la musique est sa bouée
Face à sa mélodie, le monde est à ses pieds
Mais son père lui répétait « trouve-toi un vrai métier »
Parfois elle s’imagine sous la lumière des projecteurs
Sur la scène à recevoir les compliments et les jets de fleurs
Mais Yasmine est rouillée, coincée dans la routine
Ça lui arrive de chanter quand elle travaille à l’usine

Ah elle aurait du y aller, elle aurait du le faire, crois-moi
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, c’est p’t’être la dernière fois »
Elle aurait du y aller, elle aurait du le faire, crois-moi
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, c’est p’t’être la dernière fois »

Diego est affalé au fond du canapé
Il engueule son p’tit frère quand il passe devant la télé (pousse-toi!)
Ses amis sont sortis, il ne les a pas suivi
Comme souvent seul, la lune viendra lui tenir compagnie
Diego est triste, il ne veut rien faire de sa nuit
Il déprime de ne pas trouver la femme de sa vie
Mais mon pauvre Diego, tu t’es tellement trompé
C’était à cette soirée que t’allais la rencontrer

Ah il aurait du y aller, il aurait du le faire, crois-moi
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, c’est p’t’être la dernière fois »

Pauline elle est discrète, elle oublie qu’elle est belle
Elle a sur tout le corps des taches de la couleur du ciel
Son mari rentre bientôt, elle veut même pas y penser
Quand il lui prend le bras, c’est pas pour la faire danser
Elle repense à la mairie, cette décision qu’elle a prise
À cet après-midi où elle avait fait sa valise
Elle avait un avenir, un fils à élever
Après la dernière danse, elle s’est pas relevée
Ah elle aurait du y aller, elle aurait du le faire, crois-moi
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, c’est p’t’être la dernière fois »
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, ah c’est dommage, ah c’est dommage »

« Ah c’est dommage, ah c’est dommage, ah c’est dommage, ah c’est dommage »
Elle aurait du y aller, elle aurait du le faire, crois-moi
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, c’est p’t’être la dernière fois »
Elle aurait du y aller, elle aurait du le faire, crois-moi
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, c’est p’t’être la dernière fois »

Elle aurait du y aller, elle aurait du le faire, crois-moi
On a tous dit « ah c’est dommage, ah c’est dommage, c’est p’t’être la dernière fois »
Vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets
Vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets
Vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets
Vaut mieux vivre avec des remords, c’est ça le secret

Bravo tout le monde, bravo!

(Florian Jose Ordonez)(Olivio Laurentino Ordonez)

Chanteurs Bigflo et Oli

 

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BAISER DE COMPLIMENT (Guillaume Colletet)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Francesco Hayez
    
BAISER DE COMPLIMENT

Source de mes plaisirs, belle et divine bouche,
Qui tirez d’une rose un air délicieux,
Dont vous charmez nos sens et parfumez ces lieux,
Et dont vous pourriez même animer une souche.
Lorsque vous permettez que ma lèvre vous touche,
Je suis dessus la terre ainsi que dans les cieux;
Je savoure un nectar si désiré des Dieux,
Qu’ils dédaignent au prix les plaisirs de leur couche.
Ce qui peut amoindrir pourtant cette faveur,
Ce baiser animé d’une aimable saveur
Qui me flatte les sens d’une si douce atteinte,
Belle bouche, où la grâce établit son séjour.
C’est que vous me donnez par respect et par feinte,
Ce que vous pourriez bien me donner par amour.

(Guillaume Colletet)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Mon cher Paul (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Je ne sais qu’un compliment,
Un compliment bien court,
Toujours le même
Mon cher Paul,
Je vous aime.

(Jacques Prévert)

Illustration: Alain DENEFLE

 

 

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L’ECUREUIL DE NOEL (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2016



 

L’ECUREUIL DE NOEL

LE vent sifflait pour les oiseaux
morts le jour sans lendemain
lorsque vint un orphelin
qui m’abrita dans son chapeau

Il m’emmena seul jusqu’à Londres
Une dame en me voyant
ébrécha sa tirelire
et m’offrit un sautoir d’argent

Des noisettes pour chaque dent
et des pommes près du feu

Mes yeux tiennent dans vos yeux
Belle dame des compliments

(Paul Gilson)

 

 

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Merci (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Merci

À ceux qui me font place dans le tramway
quand je ne sais d’où je les connais,

à ceux qui me disent adieu gentiment,
sans que je connaisse leur nom seulement,

à ceux qui me traitent de député
quand je ne suis pas même juré,

à ceux qui par bonté me bavent du: maître!
même quand ce que j’écris est piètre,

à ceux qui cousin germain me croient
du roi de la fève ou du maharajah,

à ceux qui m’imaginent riche à millions
quand je touche une augmentation

—et à ceux qui me refusent tout compliment
sans avancer le moindre argument,

à ceux qui ne savent pas que j’existe,
même lorsque je les assiste,

à ceux qui me font tête rébarbative
en tendresse avare et maladive,

à ceux qui d’ultrabéotisme taxaient
ma prétention d’avoir des ancêtres écossais,

à ceux qui vomissent (sic) mes poèmes,
dans les plus simples décelant des problèmes,

à ceux qui, si plus pauvre ils me voyaient,
un chiffon et un sou me refuseraient,

—j’adresse humblement mes remerciements
pour ces gestes divers et dissemblants,

grâce auxquels, sans crier gare,
tout comme la fumée des cigares,

tantôt je monte au firmament, tantôt terrestre je redeviens,
car tout et rien ne sont rien de rien.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Il y a des traîtres dans la maison (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2015



 

Alain Chayer    PROFILS BLEUS [1280x768]

Il y a des traîtres dans la maison…
Ils viennent quand je somnole, en m’offrant un compliment,
une histoire palpitante ou drôle, des fleurs et des friandises…
Ils parlent à la première personne, c’est ma voix que je crois entendre,
c’est ma voix que je crois émettre : « je suis…, je sais…, je veux… »

Mensonges ! Mensonges greffés sur ma chair !…

(René Daumal)

Illustration: Alain Chayer

 

 

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LA MAISON DES ENFANTS (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2015



 

Chateau_Vilmorin-1 [800x600]

La maison des enfants
Est livrée au grand vent
Leurs chambres sont désertes.
Le grand vent du matin
Ne dénoue au jardin
Nul ruban de soie verte.

Plus de mots hésitants
Et plus de compliments
Au midi de ma fête
Et plus de petits pas,
Plus de secrets tout bas
Ni de cris à tue-tête.

Loin de moi grandissez
Enfants de mon passé
Qui vivez en voyage,
Puis venez à mon coeur
Fontaine de mes pleurs
Y puiser votre image.

Usez de mon amour.
Votre jour est toujours
L’objet de mon envie.
Revenez à mes bras,
Ne vous éloignez pas
Du sein de votre vie.

Êtes-vous nés trop tôt
Rires de mes berceaux
A l’âge du quadrille?
Êtes-vous nés trop tard
Enfants de mes hasards,
Enfants petites filles?

Le jardin est pareil,
L’abeille et le soleil
Y font leur course à l’aise,
Mais sous les hauts sapins
Plus de jeux anciens
Plus de chansons françaises.

Plus de baisers le soir
Ni de peur dans le noir
Où vient rôder le diable,
Plus de jouets cassés,
Plus de genoux blessés
Ni de châteaux de sable.

Enfants, c’est mon passé
Passé que vous bercez
Au jardin de Verrières,
Car je riais aussi
Sous l’arbre que voici
Et que planta mon père.

Les jours sont abîmés.
Aurais-je trop aimé
Le pas qui déconcerte ?
Je suis seule à présent
Mes lointaines enfants
Devant la porte ouverte.

(Louise de Vilmorin)

Illustration

 

 

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