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Poésie

Posts Tagged ‘compliquer’

Oui, tout est simple (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



    

Oui, tout est simple.
Ce sont les hommes qui compliquent les choses.

[…]

Une fois pourtant, dans un cloître baroque, à l’extrémité de la ville,
la douceur de l’heure, les cloches qui tintaient lentement,
des grappes de pigeons se détachant de la vieille tour,
quelque chose aussi comme un parfum d’herbes et de néant
fit naître en moi un silence tout peuplé de larmes
qui me mit à deux doigts de la délivrance.

(Albert Camus)

 

Recueil: L’Envers et l’Endroit
Traduction:
Editions: Folio

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Ô ma vraiment peu sage et catégorique dame (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration
    
ô ma vraiment peu sage et catégorique
dame aux mains de poupée mélancolique

(dont la nudité est pressée d’entourer
son dernier geste exquisément lubrique
d’un certain décorum acceptable et
petit)ô ma dame entièrement faite
pour l’amour
(et ce qui de moi subsiste
tes seins m’embrassant timidement le compliquent)

seul ton baiser toujours me saisira vraiment.

Toujours mes bras ne serrent complètement
dans la nuit effrayante et radieuse
que ta passionnante nudité affolée

—toujours je ressors seulement de quelque chose

de toi négligé magnifique et sans geste

***

o my wholly unwise and definite
lady of the wistful dollish hands

(whose nudity hurriedly extends
its final gesture lewd and exquisite,
with a certain agreeable and wee
decorum)o my wholly made for loving
lady
(and what is left of me
your kissing breasts timidly complicate)

only always your kiss will grasp me quite.

Always only my arms completely press
through the hideous and bright night
your crazed and interesting nakedness

—from you always i only rise from something

slovenly beautiful gestureless

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Je songe à la piété du sable (Louis Bertholom)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2015



Je songe à la piété du sable
la fable du temps
autant de feuilles jaunies
dans les fouilles de ma parcelle
où se reflète le monde

L’immensité profonde de l’infime
fonde et proclame en moi
la flamme intime du silence
de ce qui sera d’avoir été
si lent, si jaillissant

Grande mathématique de lumière
qui thésaurise le temps
qui trésorise, qui complique
me dilemme, me dilue
ici bas, si battu
si habité dans ma parcelle

J’ai de la rouille dans le coeur
et le corps plein de trouille
c’est dans l’excessive mélancolie
qu’évolue l’inaccessible aberration

J’interroge les abers et les flaques
ici bas, si habité dans la parcelle
aux élégiaques syllabes
de l’empreinte atlantique

(Louis Bertholom)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos

 

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