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Posts Tagged ‘complot’

L’AUTRE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

Ai Xuan bbb3

L’AUTRE

Mon autre
Mon semblable
En cette chair
Qui nous compose
En ce coeur
Qui se démène
En ce sang
Qui cavalcade
En ce complot
Du temps
En cette mort
Qui nous guette
En cette fraternité
De nos fugaces vies
Mon semblable
Mon autre
Là où tu es
Je suis.

(Andrée Chedid)

Illustration: Ai Xuan

 

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Le complot (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



aimer

 

Accours de tous tes membres
aux fenêtres du large

Reçois à face ouverte
le sel après les nuits

Dans le goulot des villes
invente les marées

Derrière chaque prunelle
dépiste le voyage

Ecarte les portes rêches
escorte celui qui sombre

Dénonce les mots de plomb
Bouleverse les guêpiers

Epèle dans l’argile
les syllabes du rêve

Partout
brise le complot

C’est Aimer
qui importe!

(Andrée Chedid)

Illustration: Salvador Dali

 

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Nul ne signe l’éclair (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Francisco de Goya 
    
Nul ne signe l’éclair.
Nul ne dit à l’ombre montante, arrête toi.
Quelque part s’organise un complot.
La destruction s’avance.
Les visages sont encore heureux.
N’explique pas, désarroi,
Ce qui pleure, ce qui a froid
Ce qui est noir est aussi l’azur.

(Jean Malrieu)

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LES PROMENEUSES (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Paul Delvaux

 

LES PROMENEUSES

Au long de promenoirs qui s’ouvrent sur la nuit
— Balcons de fleurs, rampes de flammes —
Des femmes en deuil de leur âme
Entrecroisent leurs pas sans bruit.

Le travail de la ville et s’épuise et s’endort :
Une atmosphère éclatante et chimique
Étend au loin ses effluves sur l’or
Myriadaire d’un grand décor panoramique.

Comme des clous, le gaz fixe ses diamants
Autour de coupoles illuminées ;
Des colonnes passionnées
Tordent de la douleur au firmament.
Sur les places, des buissons de flambeaux
Versent du soufre ou du mercure ;
Tel coin de monument qui se mire dans l’eau
Semble un torse qui bouge en une armure.

La ville est colossale et luit comme une mer
De phares merveilleux et d’ondes électriques,
Et ses mille chemins de bars et de boutiques
Aboutissent, soudain, aux promenoirs de fer,
Où ces femmes — opale et nacre,
Satin nocturne et cheveux roux —
Avec en main des fleurs de macre,
A longs pas clairs, foulent des tapis mous.

Et ses mille chemins de bars et de boutiques
Aboutissent, soudain, aux promenoirs de fer,
Où ces femmes — opale et nacre,
Satin nocturne et cheveux roux —
Avec en main des fleurs de macre’,
A longs pas clairs, foulent des tapis mous.

Ce sont de très lentes marcheuses solennelles
Qui se croisent, sous les minuits inquiétants,
Et se savent, — depuis quels temps ? —
Douloureuses et mutuelles.

En pleurs encor d’un trop grand deuil,
Tels yeux obstinés et hagards
Dans un nouveau destin ont rivé leurs regards,
Comme des clous dans un cercueil.

Telle bouche vers telle autre s’en est allée,
Comme deux fleurs se rencontrent sur l’eau.
Tel front semble un bandeau
Sur une pensée aveuglée.

Telle attitude est pareille toujours ;
Dans tel cerveau rien ne tressaille.
Quoique le coeur, où le vice travaille,
Batte âprement ses tocsins sourds.

J’en sais dont les robes funèbres
Voilent de pâles souliers d’or
Où son rêve d’État strict et géométrique
Tranquillisait l’aboi plaintif des lâchetés.

Il se sentait la force étroite et qui déprime,
Tantôt sournois, tantôt cruel et contempteur,
Et quand il se dressait de toute sa hauteur
Il n’arrivait jamais qu’à la hauteur d’un crime.

Planté devant la vie, il l’obstrua, depuis
Qu’il s’imposa sauveur des rois et de lui-même
Et qu’il utilisa la peur et l’affre blême
En des complots fictifs qu’il étranglait, la nuit.

Si bien qu’il apparaît sur la place publique
Féroce et rancunier, autoritaire et fort,
Et défendant encor, d’un geste hyperbolique,
Son piédestal massif comme son coffre-fort.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Paul Delvaux

 

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Tous ces archipels (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



Et tous ces archipels de globes éphémères
S’enchevêtrent poussant leurs hymnes éperdus
Et nul témoin n’entend, seul au-dessus des sphères,
Se croiser dans la nuit tous ces sanglots perdus!

Et c’est toujours ainsi, sans but, sans espérance…
La Loi de l’Univers, vaste et sombre complot
Se déroule sans fin avec indifférence
Et c’est toujours l’universel sanglot!

(Jules Laforgue)

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Maintenant tu vis ramassé (Diego Perez)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2016



Tu respirais
dans le complot des passions
lueurs debout
échardés de cris.
Maintenant tu vis
ramassé dans tes phrases
dans le dernier carré
nimbé par l’exigence.

(Diego Perez)


Illustration

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Tu es comme la vapeur (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2016



Le poème
Te sort du complot du poids et du temps
Pendant qu’en lui tu plonges.

Tu es comme la vapeur
Qui redevient eau,
Se refait vapeur.

(Guillevic)

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Tout est parfois un prétexte pour que puisse surgir une forme nouvelle (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



Tout est parfois un prétexte
pour que puisse surgir une forme nouvelle,
un complot pour que naisse
le miracle d’une autre formulation de l’ignoré.

Alors les couleurs qui meurent
vont teinter peu à peu une autre couleur,
les oiseaux se taisent
pour favoriser l’attente
et l’homme même appuie son oreille contre la terre
pour écouter le nouveau battement.

L’imminence se déprend
de son propre secret
et un bord du corps infini
se sépare telle une arête inaugurale,
pour alimenter le monde
comme si c’était la première fois.

(Roberto Juarroz)


Illustration: Île Nancy

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Nimbé par l’exigence (Diego Perez)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2015



Tu respirais
dans le complot des passions
lueurs debout
échardés de cris.
Maintenant tu vis
ramassé dans tes phrases
dans le dernier carré
nimbé par l’exigence.

(Diego Perez)


Illustration

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