Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘composer’

J’ai beau composer de la poésie (Saigyo)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

J’ai beau composer de la poésie,
je n’y vois pas de la poésie composée.

(Saigyo)

 

 

Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

CHIMIE (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Illustration: Gerrit Greve
    
CHIMIE

des vents
des eaux
des rêves
des lumières
les mêmes mouvements composent et élucident
l’ampleur de la course sans dessein

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Air, arbres, corps et mer (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



Illustration: George Clair Tooker
    
Air, arbres, corps et mer,
cordes, cuivres et vents,
par nos mains et nos bouches,
la source sans racine
ni nom, ni lieu, ni toit,
compose la musique

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: PATMOS et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AU BORD DE L’OCÉAN (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018




    
AU BORD DE L’OCÉAN

Il est de fait que parfois
l’enfant au crépuscule
entend la brise
frôlant des plantes épineuses
une mère affable et mourante
lui conte une histoire
sur la plage un lévrier
allonge son pas précieux
qui marque d’empreintes
un sable pur
dans l’atelier de planches
l’imprimeur inlassablement
avec soin compose
le décret futur.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les fleurs me disent — adieu ! (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Rémy Disch
    
Les fleurs me disent — adieu !
penchant la tête un peu plus,
et que plus jamais ne verrai
ni son visage ni mon pays.

Ah ! mon aimée, que dire ! que dire !
Je les ai vues, j’ai vu la terre,
et même le frisson sépulcral
sera pour moi comme une caresse.

Pour autant que j’aie saisi la vie
passant en souriant mon chemin,
à qui veut l’entendre, je le dis :
Rien de nouveau sous le soleil.

C’est égal : un autre viendra,
il n’ôtera pas la peine de celui qui s’en va
mais à celle qui lui est chère, restée seule,
il composera un chant plus beau.

Lors, prêtant l’oreille dans le silence,
qui sait si l’aimée avec l’aimé
ne se souviendra pas de moi
comme d’une fleur sans égale.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le « to kalon » (Voltaire)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



Demandez à un crapaud ce que c’est que la Beauté, le grand beau, le « to kalon » !
Il vous répondra que c’est sa femelle avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête,
une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun.

Interrogez un nègre de Guinée ; le beau est pour lui une peau noire, huileuse, des yeux enfoncés, un nez épaté.

Interrogez le diable ; il vous dira que le beau est une paire de cornes, quatre griffes, et une queue.

Consultez enfin les philosophes, ils vous répondront par du galimatias ;
il leur faut quelque chose de conforme à l’archétype du beau en essence3, au « to kalon ».

J’assistais un jour à une tragédie auprès d’un philosophe. « Que cela est beau ! disait-il.
— Que trouvez-vous là de beau ? lui dis-je.
— C’est, dit-il, que l’auteur a atteint son but ».
Le lendemain il prit une médecine qui lui fit du bien.
« Elle a atteint son but, lui dis-je ; voilà une belle médecine » !
Il comprit qu’on ne peut dire qu’une médecine est belle, et que pour donner à quelque chose le nom de beauté,
il faut qu’elle vous cause de l’admiration et du plaisir.
Il convint que cette tragédie lui avait inspiré ces deux sentiments, et que c’était là le « to kalon », le beau.

Nous fîmes un voyage en Angleterre : on y joua la même pièce parfaitement traduite ;
elle fit bâiller tous les spectateurs.
« Oh ! oh, dit-il, le « to kalon » n’est pas le même pour les Anglais et pour les Français.
» Il conclut, après bien des réflexions, que le beau est très relatif,
comme ce qui est décent au Japon est indécent à Rome,
et ce qui est de mode à Paris ne l’est pas à Pékin ;
et il s’épargna la peine de composer un long traité sur le beau.

(Voltaire)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour la mer (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Illustration: Kurt Arrigo
    
L’amour la mer

Je voudrais être l’eau de mer quand vous nagez
Vous ensevelir entière dans le sel
L’iode et le goémon Le bleu qui ne peut pas finir
Pour vous couvrir je voudrais être drap des algues
Votre corps archipel serait mien Totalité
De matière qui se souvient et ohaque mouvement
Chaque esquisse de vous des bras des jambes
Serait appartenance à mon statut océanique
Vous sur la balance de la vague divagante
Tout le corps allégé l’âme liège qui flotte
La bouche respire au rebord La peau reprend en boucle
Partition de l’eau le corps enfin s’y raccorde
Et l’eau qui compose la chair se change en souffle
Fente d’air pur passage à l’extrême de soi
L’ oeil rame avec la vue Le coeur en battant crawle
À longs brassages de ressac et de cadences
L’amour la mer soudés profond en voyance scellés
Pour le voyage illuminé des revoyures.

Sans jamais recommencer
la mer est autre rive à la pensée
l’immense est un appel en vous.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des brindilles (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
Des brindilles composent sur la neige
des suites de signes discontinues
ça et là sur le lac la glace fendillée
laisse affleurer une langue d’eau tremblante
le chuchotis des flocons couvre
l’étendue silencieuse
tout veut parler
tout se tait

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES POÈMES (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2018



Illustration
    
LES POÈMES

Les poèmes vieillissent confusément,
Parlant encore de forêts, d’or et de roses. Toutefois
Quel sage aurait pu dans une seule fable
Serpentant au-dessus des hommes et des fleurs,
Dire comme la perle un peu l’attente
Qui est au creux du monde, et peut-être à la fin composer,
Pour un prince las du soleil et des livres,
Un autre chant qui ne vieillirait pas,
Qui parlerait sans fin de ce qui recommence,
Au gré des libellules bleues, des armoiries de l’onde ?

Alors l’image en ce poème serait plus limpide
Que le bruit continu de l’eau, plus sombre qu’un silence
Au pied de l’arbre à qui écoute
La nuit parfaire les saisons
En quête de sagesse nébuleuse et d’ordonnance.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Allusion aux poètes (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Illustration: Nicole Clouin
    
Allusion aux poètes

Désireux de tenir l’été dans ma demeure
je tue un lièvre gras et l’emporte au cellier.
Le goût de la saison s’y cache tout entier
avec l’odeur de l’herbe et ses voix les meilleures.

Sans doute, ce trésor sera bientôt pillé
et comme des raisins les mouches violentes
naîtront dans sa fourrure aujourd’hui rayonnante.
– Mais c’est une leçon qu’on ne peut oublier.

Car, mon ami, si tu implores les poètes,
ils vont te révéler de dangereuses fêtes :
puisant dans leur mémoire une vive beauté,

ils composent des vers où brille la souffrance
et montrent, orgueilleux de leur grande opulence,
quelque poème lourd comme un lièvre tué.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :